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"Livre vert" de l'abbaye de Saint-Denis., 1411

 

Type : source écrite

Titre : "Livre vert" de l'abbaye de Saint-Denis.
Date d'édition : 1411
Collation : p. 147-373

Localisation : Archives nationales, Paris
Cote : LL 1209
Service producteur : Service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis

site(s) ou édifice(s) documenté(s) :
château de Tremblay (Tremblay-en-France) [073s042]


Résumé : Le Livre vert de Saint Denis est rédigé à l'initiative de l'abbé de Saint-Denis Philippe en 1411, alors que débute l'affrontement des Armagnacs et des Bourguignons, prélude de la deuxième phase de la guerre de cent ans. Il s'agit d'une compilation de documents antérieurs, remontant parfois aux années 1330, donnant l'état des droits et des possessions de l'abbaye dans chacun de ses domaines. C'est ainsi un bilan de la restauration agricole entreprise depuis 1365, date à laquelle s'achève en Ile-de-France les combats de la première phase de la guerre de cent ans. Le Livre vert énumère en particulier les droits seigneuriaux de Tremblay-en-France, les fiefs relevant de la châtellenie et le contenu de la grange de Tremblay-en-France. Les droits seigneuriaux se révèlent fort divers dans leur nature, souvent complexes dans leur application et très variables dans leurs profits. Divers dans leur nature : aux cens, champarts et dîmes des grains s'ajoutent des prélèvement spécifiques sur les autres cultures - guède, chanvre, lin et sur certaines productions animales, un prélèvement sur le plâtre extrait, une redevance forfaitaire pour la collecte de chaume sur les terres de l'abbaye, une redevance proportionnelle au nombre des chevaux au titre du rachat de corvées, un cens collecté aux huitaines saint Denis, le tensement, la banalité du four, un prélèvement sur les chandelles offertes au curé de Tremblay à Noël et à la Chandeleur, un tonlieu, etc... Complexes dans leur application : le champart et la dîme sont de 18 gerbes pour 100, sauf pour les résidents de Vaujours, Villepinte et Roissy, qui n'en doivent que 14 ; les parcelles cultivées en guède supportent un prélèvement double, sauf si le tenancier en possèdent plusieurs, auquel cas la double redevance ne porte que sur l'une d'entre elles, à sa convenance, étant entendu que les résidents de Roissy ne paient toujours qu'une fois ; les amendes sont partagés entre l'abbé et le fermier, ou entre le fermier et l'abbé ou le maire, ou sont toute entière conservées par le fermier, etc... Variables dans leurs profits : la redevance pour le collecte du chaume - quatre deniers par chef de famille - ne rapporte que quelques livres quant le tensement, dont la plus grande part est acquitté en grains, doit avoir une valeur de 150 à 200 livres. De fait, au delà de son caractère énumératif, le Livre vert de Saint Denis se fait là l'expression d'une volonté éminemment conservatrice. La crise des années 1348-1365 et la restauration agricole ultérieure auraient pu être l'occasion d'une unification et d'une simplification des redevances seigneuriales. Il n'en a rien été, et, à l'inverse, l'abbaye s'attache par ce document à affirmer leur caractère permanent et intangible. Il convient toutefois de ne pas perdre de vue que dans la pratique, c'est le fermier de Tremblay qui collecte ces droits puisque leur perception lui est affermée par l'abbaye en même temps que la grange. Les fiefs, au nombre d'une vingtaine, à Tremblay-en-France et Villepinte bien sûr, mais également à Mitry et Compans, sont d'importance très variable, mais souvent de fort modeste contenance. Si le sire de Nantouillet tient ainsi un manoir et un domaine de 113 arpents, Regnault Sobier n'est vassal de l'abbaye à Villepinte que pour une masure et un quartier de terre et Jehan Culde à Mitry que pour une maison tandis que Guillaume de Mory tient la moitié des revenus du four banal de Villepinte. A certains fiefs - ceux de Millet Baillet ou Guillaume de Saint Germain à Tremblay, de Jehan Malaisie à Mitry ou de Jehan Fourey à Compans - sont attachés de petites censives. Plusieurs fiefs - ceux du sire de Nantouillet, de Millet Baillet, de Jehan de Pacy, de Guillaume de Saint Germain à Tremblay, de Jehan Malaisie et Jehan de Lusat à Mitry, de Jehan Fourey à Compans - ont été partiellement démembrés afin qu'une partie en soit elle-même inféodée. Les sources écrites du 14e siècle, fort riches en actes de foi et d'hommages, en aveux et dénombrements, révèlent en fait l'extrême instabilité de la géographie féodale tremblaysienne. La diversité et la pulvérisation qui en résultent, et dont témoigne précisément le Livre vert, est typique de la féodalité laïque francilienne caractérisée, dès le 12e siècle, par l'évanouissement, en fait sinon en droit, des principes d'indivisibilité et d'inaliénabilité. La description du contenu de la grange de Tremblay-en-France est de beaucoup antérieure à la constitution du Livre vert de Saint Denis puisqu'elle remonte aux années 1334-1335. On peut toutefois penser que sa taille n'est guère différente au début du 15e siècle car ni l'arpentage de 1491, ni la déclaration de 1521 ne fournissent de chiffres très différents. Avec environ 470 arpents, soit 190 ha de terres et 6 ha de pré, c'est une exploitation d'une taille exceptionnelle. C'est en fait le plus vaste domaine de l'abbaye dont la taille nous soit connue pour cette époque après La Loge-en-Brie. Près de la moitié de la superficie de la grange est constituée de seulement cinq pièces de terres, vastes coutures dont la plus grande contient 20 ha, superficie sans rapport avec celles des parcelles à champart qu'énumère également le Livre vert de Saint Denis, en moyenne un arpent. On peut toutefois s'étonner de la taille de cette grange qui excède du double la taille que l'on peut raisonnablement considérer comme limite pour une exploitation compte tenu des techniques agricoles du temps. A la fin de l'Ancien Régime encore, les exploitations excédant les 200-300 arpents demeureront rares. La taille de la grange de Tremblay doit être appréciée en regard de la superficie des tenures, environ 1180 ha, sachant que la grange de Mortières est vraisemblablement aussi vaste que celle de Tremblay-en-France.


indexation matière :
03 : histoire
  --- 03.02 : droit
    --- 03.02.02 : droit coutumier
      --- 03.02.02.01 : régime seigneurial
        --- 03.02.02.01.01 : statut du sol
          --- 03.02.02.01.01.01 : domaine seigneurial
          --- 03.02.02.01.01.02 : fief
        --- 03.02.02.01.02 : redevance seigneuriale
          --- 03.02.02.01.02.04 : champart

indexation chronologique :
08 : moyen age
  --- 08.03 : bas moyen age

Indexation commune :

Tremblay-en-France ; Villepinte

 
 
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