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monument ou site :

nom d'usage : cheminée de la Documentation française
commune : Aubervilliers
adresse : 124 rue Henri Barbusse
mode : inscription MH
datation : époque contemporaine ; 1er quart 20e siècle ; 1904
date de mise en place : 2005/05/01
code bureau du patrimoine : 001p05 (001inv004)

description et historique : En 1874, la Compagnie générale des allumettes chimiques, monopole d'Etat, rachète une fabrique d'allumettes installée à cet endroit depuis 1867. En 1900, la Direction générale des Manufactures d'Etat qui a repris le monopole de la production d'allumettes depuis 1890 décide de reconstuire entièrement l'ensemble dans le but d'adapter les installations aux nouvelles normes productives. Le chantier est confié à l'ingénieur Guerquin sous la direction de Clugniet, ingénieur en chef du Service central des constructions et appareils mécaniques des Manufactures de l'Etat. Dès 1904, le site d'Aubervilliers est doté des machines automatiques "Sévène et Cahen" (du nom de leurs ingénieurs) à grand rendement, dit continu. Cinq ans plus tard, de nouveaux bâtiments sont construits sur des parcelles nouvellement acquises. D'autre agrandissements seront réalisés en 1914, 1934, 1956 et 1957. Cette dernière extension provoque la fermeture du site de Pantin qui fonctionnait aux Quatre-Chemins depuis un siècle. En effet, cette Manufacture d'allumettes reconvertie en entrepôt dans les années 1930 s'est effacée face aux magasins modernes d'Aubervilliers, conçus sur les plans de Roland Boudier, architecte albertivillarien. Cinq ans après sa fermeture en 1962, le site est repris par la Documentation française pour y installer ses services techniques et logistiques. En 1990, les architectes François Leclerc et Fabrice Dusapin sont sollicités pour réaliser l'extension de locaux accolés aux bâtiments de 1904. Reprenant les principes du plan de masse d'origine, les architectes associent subtillement des matériaux modernes (aluminium, acier, verre) à la brique pour créer un édifice totalement intégré à son environnement.
Ce site est le dernier témoin des Manufactures d'allumettes de la région parisienne depuis la disparition de celles de Pantin. Son architecture caractéristique des grandes constructions industrielles du début du 20e siècle est particulièrement soignée et remarquablement mise en valeur depuis la réhabilitation de 1990. Son organisation initiale en U autour d'une cour a été conservée. On retrouve les deux pavillons de l'entrée qui dissimulent deux séries parallèles de magasins et ateliers. Au bout de l'allée centrale, les anciens laboratoires, les forges et la chaufferie ferment la cour. Là s'érige la dernière cheminée non tronquée de la SEITA en Ile de France (ISMH, 2005). Tous les bâtiments, à structures métalliques hourdies de briques polychromes subtilement utilisées pour les décors de façade, contrastent avec le grand magasin en béton couvert de 18 sheds. Ce bâtiment, en bon état, sert aujourd'hui de centre de formation pour les agents de La Poste. Les ingénieurs et architectes qui ont successivement travaillé à la construction du site se sont tous fait connaître pour avoir collaboré à la construction d'autres édifices de la SEITA. Ainsi Guerquin a été ingénieur associé à la réalisation de la Manufacture des tabacs de Marmande en Aquitaine. Clugniet, pour sa part, a réalisé le pavillon des tabacs de l'Exposition Universelle de 1889 avant de devenir ingénieur en chef des constructions des Manufactures d'Etat. Enfin, Boudier a effectué un parcours important au sein de la compagnie puisqu'il a réalisé pour leur compte le pavillon des tabacs lors de l'Exposition coloniale de 1931 puis celui de l'Exposition Universelle de 1937 en collaboration avec Mallet-Stevens, et enfin l'hôtel des tabacs du quai d'Orsay. Dans son ensemble, le site de l'ancienne manufacture des allumettes est remarquable et mérite un classement au titre des Monuments historiques.
notice complète du site : ici

évaluation de l'état de conservation : -
implication locale : forte
commentaire : -

 
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Usine d'allumettes SEITA  [1363]
Usine d'allumettes SEITA [1363]
Phot. A. Furio - © Département de la Seine-Saint-Denis
Usine d'allumettes SEITA, Documentation française  [1364]
Usine d'allumettes SEITA, Documentation française [1364]
Phot. A. Furio - © Département de la Seine-Saint-Denis
Usine d'allumettes SEITA, Documentation française  [1365]
Usine d'allumettes SEITA, Documentation française [1365]
Phot. A. Furio - © Département de la Seine-Saint-Denis
 
Usine d'allumettes SEITA, Documentation française  [1366]
Usine d'allumettes SEITA, Documentation française [1366]
© Département de la Seine-Saint-Denis
Documentation Française, vue de l'extension et des passerelles derrière lesquelles se devine la cheminée de briques  [13167]
Documentation Française, vue de l'extension et des passerelles derrière lesquelles se devine la cheminée de briques [13167]
Phot. A. Furio - © Département de la Seine-Saint-Denis
 

 
 
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