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église Saint-Sulpice (Aulnay-sous-Bois) [005s009]

 

Nord Ouest Est Sud noRd-ouest norD-est sUd-ouest sud-esT


Code du site Mérimée : PA00079928

Appellation : église Saint-Sulpice

Commune : Aulnay-sous-Bois
Adresse(s) : 2 rue de Sevran

Inventeur - Informateur -Enquêteur : Inconnu
Année de la découverte ou de l'enquête : 1845
Redacteur(s) : Héron Claude
Date de la rédaction : 29/10/1995
Organisme : Service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis
Etat à la découverte : sans objet
Niveau d'interprétation : site fonctionnel
Précision de l'emprise : localisation et extension connues
Type d'étude : carte archéologique de la Seine-Saint-Denis

Qualification de la datation : période(s) d'occupation
Date de construction : 1180-1190

Description : A-L’église Saint-Sulpice est mentionnée en 1078-1079 lorsqu’elle est donnée par Gautier d’Aunay à l’abbaye de Cluny. Au début du 13e siècle, la collation appartient aux moines de Cluny et au 15e siècle, à l’abbé de Cluny. Le plan cadastral de 1819 figure un édifice d’une quarantaine de mètres de long, à chevet plat; trois contreforts flanquent le bas-côté nord. le cimetière s’étend au nord de l’église, sur l’actuelle parcelle AF152; il est désafecté en 1836. Sur le mur du bas-côté nord, une pierre mentionne une remise en état en 1875 suite aux bombardements de la guerre de 1870. Un prieuré clunisien uni à la mense abbatiale est attesté en 1233 quoique sans doute fondé dès 1078-1079. Les statuts de l’ordre rédigés en 1571 font état d’un prieur et de neuf moines. L’union du prieuré à la mense abbatiale de Clunay est dissoute en 1613. Le prieuré est détruit en 1695. Les caves du presbytère pourrait conserver des vestiges de cet établissement. L’une, de 12 m sur 9 dans l’oeuvre est dotée d’une voûte en brique, récentes s’appuyant sur six piliers engagés quadrangulaire et un pilier central; celui-ci est composé d’une base octogonale de 0,50 m de hauteur, sur laquelle repose un fût cylindique de 0,90 m de hauteur surmonté d’une astragale et d’un tailloir. Une seconde cave, séparée de la première par la largeur d’un couloir, possède également des colonnes engagées, d’une facture toutefois différente de celles de la première; le mur qui la sépare du couloir est construit en un grand appareil soigné, à beau layage.
B-Découverte d’ossements à l’ouest de l’église lors de l’abaissement de la place.
C-Découverte d’ossements à l’ouest de l’église lors d’un nouvel abaissement de la place d’1 m.
D-Mises au jour de cinq épitaphes lors de la réparation du carrelage de l’église.
E-Mise au jour de sept inhumations en cercueils lors de travaux dans la chapelle Saint-Roch.
F-Mise au jour lors de travaux, d’une soixantaine de sépultures sous un hangar situé à une soixantaine de mètres au sud-ouest de l’église.
G-Mise au jour d’ossements lors du forage d’un puits artésien sur la place de l’église.
H-Mise au jour, lors de travaux, de six cercueils dont un en plomb avec une plaque au nom de Louis Le Clerc de Coitier, décédé le 25 février 1679, lors des travaux visant à dégager la base des piliers de l’église.
I-Découverte de trois cuves en pierre dans la chapelle de la Vierge et d’un muret en pierre dans le choeur à l’occasion de travaux de déblaiement.
J-Découverte, d’un four dans le mur de l'une des caves du presbytère, à l’extérieur de celles-ci. Collecte d’un tesson à pâte blanche et à engobe noire probablement gallo-romain.
K-La stratification observée dans un sondage réalisé dans l’angle formé par le choeur et le bras nord du transept comprend, de haut en bas : 0,10 m de terre végétale (1); 0,03 m de plâtras (2); 0,70 m de terre végétale contenant du plâtras et des tuiles (3); 0,80 m de terre végétale plus claire avec quelques fragments de plâtre (4); 1 m de terre végétale identique, mais sans plâtre (5). 12 sépultures ont été mises en évidence entre à,45 et 2,50 m de profondeur. Toutes sauf une, orientée nord-sud, étaient orientées est-ouest, tête à l’ouest à une exception près. Les inhumations ont été pratiquées en pleine terre (?) ou en cercueil. Les défunts avaient les mains jointes sur la poitrine et n’étaient accompagnés d’aucun mobilier funéraire. Sur toute la moitié ouest du sondage, une fosse profonde 0,70 m a été découvertes juste sous la pelouse. Elles contenaient les restes de 30 à 40 indidus sans doute rassemblés là lors des travaux de 1964. Du plâtras, des clous de cercueils, des fragments de sarcophages étaient mélangés aux restes humains. Un mur en grand appareil a été mis en évidence le long de la paroi ouest du sondage; il est recoupé par deux murs perpendiculaires, eux-mêmes recoupés par un mur étroit à appareil irrégulier; toutes ces constructions, situées entre 0,70 et 1,20 m de profondeur, sont liées au plâtre. Un deuxième sondage, éxécuté au sud de l’église, n’a livré qu’une sépulture d’enfant en bas âge que l’auteur l’attribue au 19e siècle; des blocs de pierre étaient placés aux quatre coins de la sépulture, une quinzaine de centimètres au-dessus du corps. Deux autres fosses ont été observées, mais pas fouillées. Les couches 2 et 3 ont livré des tessons de poteries datables du 16e au 20e siècle, en particulier de la glaçure verte. La couche 4 contenait de la céramique postmédiévale, mais également de la céramique flammulée, ainsi que de la poterie grise, noire. Un fragment de pot funéraire (un coquemar?) auquel adhéraient encore des charbons de bois y a également été mis au jour. De la céramique granuleuse a été collectées dans les couches 4 et 5. Un tesson de poterie antique noir provient de l’une ou l’autre de ces couches. Des fragments de tegulae et d’imbrex y ont également été découverts.
L-Un sondage éxécuté au nord de l’église a révélée la stratification suivante, de haut en bas : d’une couche argileuse grise de venant plus brune et plus compact vers le bas; d’une couche argileuse noire contenant beaucoup de charbons de bois. La couche la plus récente s’étendait au nord-est du sondage, la plus ancienne au sud-ouest. Quatres sépultures ont été mises au jour entre à,38 m et 0,64 m de profondeur. Il y a deux inhumations en pleine terre (?), une inhumation en cercueil, une inhumation en linceul et cercueil. L’une de ces sépultures est attribuable au début du 17e siècle. Dans l’angle formé par le contrefort et le mur du choeur se trouvait un massif de plâtre avec une empreinte de poteau. Au nord du sondage, coupant la couche grise, une fosse contenant des restes humais a par ailleurs été mise en évidence. Quatre sépultures en pleine terre ou en cercueil ont été mis au jour dans un sondage prolongeant celui pratiqué précédemment au nord de l’église. Découverte de nombreuses tuiles, de tessons de céramique flammulée, vernissée vert, vernissée jaune. L’une des sépultures a livré un denier tournois Louis XIII.
M-Découverte, dans un sondage, des fondations d’une abside semi-circulaire peut-être attribuable à l’église du 12e siècle.
N-La restauration du chœur s’est accompagnée, en 2005-2006, d’une étude archéologhique. L’église se présente aujourd’hui sous la forme d’un édifice au plan en croix latine orientée, de 40 m de longueur pour 20 m de largeur. La partie médiévale comporte le chœur, la croisée du transept et une travée de nef. Le choeur, à une seule travée, présente un chevet plat et une voûte sur croisée d’ogives. La croisée du transept est carrée et les bras peu débordants. Elle est surmonté d’un clocher. La travée de la nef qui précède le choeur est flanquée de bas côtés simples. Cette partie de l’édifice est couverte d’une voûte sur croisée d’ogives, à l’exception du bas-côté sud, voûté en berceau. La partie moderne de l’église comporte trois travées de nef sans bas-côtés. A l’extérieur, les contrebutements sont assurés par des contreforts plutôt massifs, jumelés au Sud, angulaires pour le bras nord du transept. Deux entrées permettent d’accéder à l’édifice soit à l’est, par le bras sud du transept, soit à l’ouest, par la nef signalant le double statut que possédait l’église, à la fois église priorale et église. Les plus anciens vestiges conservés témoigne d’une ambitieuse campagne de construction attribuable aux années 1140-1180. L’église le se présenterait alors sous la forme d’un édifice de 17 m de large et d’au moins 30 m de longueur. La nef aurait au moins deux travées de 7 m de côtés et serait flanquée de bas-côtés. Sa longueur exacte ne peut être restituée que de façon très hypothétique car l’étude archéologique s’est essentiellement attaché à la partie orientale de l’édifice. Le transept, légèrement débordant, serait notamment caractérisé par les absidioles terminant ses bras. Pour le chevet, deux restitutions peuvent être proposés sans qu’il soit possible de privilégier l’une à l’autre : soit un chevet plat, comme à Noisy-le-Grand, Montreuil, Neuilly-sur-Marne, soit un chevet terminé par une abside, comme à Montmartre, Auvers-sur-Oise, Marolles-en-Brie. L’élévation se développerait sur deux niveaux et rappelle celle de la cathédrale de Sens. Le premier niveau se composerait d’une grande arcature portée par des piliers et formant un mur aveugle supportant le voûtement en berceau des bas côtés. Cette arcature serait elle-même soutenue par une colonne ronde intermédiaire, la multiplication des supports permettant par ailleurs d’augmenter la surface du décor sculpté par le nombre de chapiteaux. Le second niveau aurait la même hauteur que la croisée du transept, avec une claire-voie d’une baie par travée surplombant l’arcature aveugle. Mais quant en est-il de l’église avant la campagne de construction du 12e siècle ? Force est de reconnaître que la documentation ne permet pas aujourd’hui de formuler la moindre hypothèse. Des ensembles sculptés couronnent les colonnes et les piles du chœur, de la croisée du transept et d’une travée de la nef. Il s’agit d’une part de chapiteaux à décor de figures le plus souvent fantastiques - sphynx, béliers ailés , hybrides à tête de félin et à corps de reptile ou à tête humaine et à corps d’oiseaun – d’autre part de chapiteaux à décor végétal – feuillages, acanthe, palmettes, parfois très stylisés, entrelacs de rinceaux. Seul un chapiteau est historié – c’est à dire figurant une scène – en l’occurrence Daniel dans la fosses aux lions. L’appareillage observé sur plusieurs des éléments de l’église du 12e siècle montre une superposition d’assises irrégulières composées de blocs architecturaux aux modules variables parfaitement dressés. La diversité des formats employés traduit une taille et une pose
réalisées au fur et à mesure de l’arrivage des matériaux. Ce type d’organisation demande une étroite synchronisation entre le travail du tailleur et celui du poseur puisque chaque bloc doit être ajusté. Les voûtes sont caractéristiques de cette période par la mise en oeuvre de claveaux de petit module, par l’absence de carreaux sommiers pour les arcs doubleaux et par l’emploi d’un bloc cruciforme pour la clef de la voûte du choeur, un système plutôt archaïque. On observe dans la construction de nombreux assemblages dans la construction, comme des tambours de colonne en deux parties ou des claveaux à deux faces associés. Ces indices sont révélateurs d’un chantier typique de cette époque, antérieur à la normalisation de l’exercice technique de la taille de pierre du 13e siècle. Les maçonneries utilisent indifféremment à l’intérieur et à l’extérieur un calcaire au grain fin et tendre qui se prête bien à la taille et à la sculpture. Les blocs destinés aux chapiteaux ont été selectionnés avec soin et sont tirés de lambourdes plus résistantes. L’homogénéité du matériau est forte : le chantier semble donc avoir été rapide t mené d’une seule traite. Une importante phase de chantier peut être attribuée à la fin du 15e siècle ou au début du 16e siècle. Les absidioles du transept sont démolies et remplacées par des murs droits ; le voûtement est repris, notamment dans le bras sud du transept ; on procède à des reprises et des copies maladroites de piliers et de chapiteaux, dont certains sont déplacés. Des baies sont percés au bars sud du transept, ainsi, peut-être qu’au bras nord, et certainement aux murs gouttereaux. A l’extérieur, les contrebutements sont changés et les contreforts repris.Une nouvelle campagne de construction a lieu au 18e siècle. L’édifice souffre de problèmes d’humidité qui sont alors attribués à la proximité des fossés du château. Les sols sont donc vraisemblablement rehaussés. Une nouvelle nef de quatre travées, à vaisseau unique, est ensuite édifiée à l’emplacement de la nef médiévale, dont seule la première travée est conservée, quoique son voûtement soit refait. La charpente de la nef présente un intérêt particulier. Les chevrons, les cerces – pièce courbe - et les pièces secondaires des fermes sont en effet des bois de réemploi. La plupart de ces réemplois provient de chevrons débités en deux, initialement destinée à une voûte lambrissée inscrite dans une charpente à chevrons-formant-fermes. D’après la section de ces chevrons réemployés, le fait qu’il s’agisse d’une structure à chevrons-formant-fermes et la patine de ces bois, il pourrait s’agir d’une charpente médiévale mise en place entre le 13e et le 16e siècle dans un bâtiment qui demeure inconnu. De nouveaux travaux ont lieu au 19e siècle : reprise des fenêtres du bas-côté ; reprise de la charpente (1836) ; déplacement de la chaire (1854) ; réparation des colonnes du mur du chevet (1868) ; restauration du clocher (1871) nord ; réfection des voûtes des bas-côtés (1874). Au 20e siècle, plusieurs campagnes de restauration aboutissent au décaissement du sol, à l’installation du chauffage, à la restauration du clocher


indexation matière :
indexation chronologique :
08 : moyen age
  --- 08.02 : moyen age classique
    --- 08.02.01 : 11e siècle
      --- 08.02.01.02 : 2e moitié 11e siècle
        --- 08.02.01.02.02 : 4e quart 11e siècle
    --- 08.02.02 : 12e siècle
    --- 08.02.03 : 13e siècle
  --- 08.03 : bas moyen age
    --- 08.03.01 : 14e siècle
    --- 08.03.02 : 15e siècle
09 : époque moderne
  --- 09.01 : 16e siècle
  --- 09.02 : 17e siècle
  --- 09.03 : 18e siècle
10 : époque contemporaine
  --- 10.01 : 19e siècle
  --- 10.02 : 20e siècle
  --- 10.03 : 21e siècle
    --- 10.03.01 : 1ère moitié 21e siècle
      --- 10.03.01.01 : 1er quart 21e siècle

dossier(s) rattaché(s) :
005s000  ---  005s009

protections MH:

Code protection : 005p06
Mode : classement MH
Date de mise en place : 1942/07/11
Objet : Les trois travées du chœur et les deux bras du transept sur parcelle cadastrale AF152. Le reste de l'édifice est à l'inventaire supplémentaire depuis 1926.
Notice complète : église Saint-Sulpice - classement MH (1942/07/11) - Aulnay-sous-Bois [005p06]


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Bibliographie :
 
 
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