Commune : Drancy
Adresse(s) : 16-20 rue Roger Salengro ; 2-20 rue Georges Ducerf ; 1-15 rue Berthe Tête ; 47-53 rue de la République
Inventeur - Informateur -Enquêteur : Haye Florence
Année de la découverte ou de l'enquête : 1997
Redacteur(s) : Héron Claude
Date de la rédaction : 15/11/1999
Organisme : Service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis
Etat à la découverte : structuré
Niveau d'interprétation : site fonctionnel
Précision de l'emprise : localisation et extension connues
Type d'étude : carte archéologique de la Seine-Saint-Denis
Qualification de la datation : période(s) d'occupation
Description : Après diagnostic, une surface de 1350 m2 révélant une forte concentration de vestiges a été fouillé. Les vestiges de trois phases d’occupation y ont été mis au jour. Un silo, trois fosses sont attribuables à la période augusto-tibérienne tandis qu’une cave maçonnée de 5,50 m de long sur 4,05 m de large est plutôt attribuable à la seconde moitié du 1er siècle après J.-C. Lors du diagnostic, une fosse et deux fossés repérés hors de l’emprise de la fouille, ont livré du mobilier attribuable à la seconde moitié du 2e et au 3e siècle, mais cette période n’est pas représentée sur l’aire décapée. Une fosse d’extraction de limon, un cellier, de petites excavations, plusieurs structures de combustion, un fossé ainsi que d’une vaste dépression occupent une fourchette chronologique allant de la fin du 4e au début du 5e siècle. Enfin, un four domestique, un puit et une fosse sont datables de la fin du 6e ou du début du 7e siècle. Seuls un silo et un fossé sont postérieures et attribuable, sous réserve, au 12e siècle. La qualification de cette occupation demeure délicate compte tenu de l’exiguïté de l’aire décapée. Les vestiges du Ier s. suggèrent-ils une dépendance de villa ? Ne sont-ils pas plutôt à associer à un habitat de paysans libres ? Les fouilles révèlent que, la plupart du temps, ce type d’établissement est constitué de quelques bâtiments dispersés sans ordre apparent, une seule construction étant maçonnée et dotée d’un toit de tuiles. Le caractère ténu des vestiges du 3e siècle n’autorise guère de considérations discursives. Y a-t-il alors déplacement de l’occupation au nord de l’aire décapée, comme en témoigneraient les quelques tessons de poterie attribuables à cette époque, collectées dans les tranchées d’évaluation réalisées là? C’est l’occupation de la fin du 4e et du début du 5e siècle qui apparaît - et de loin - comme la plus dense. La nature des vestiges (fosses d’extraction, cellier, structures de combustion, mare...) suggère un espace plutôt lié à l’agriculture et à l’élevage qu’à l’artisanat, à proximité d’un habitat non localisé. L’occupation des lieux cesse du début du 5e à la fin du 6e siècle ; mais s’agit-il d’une désertion du site de Drancy ou d’un simple déplacement de l’habitat? Du 7e au 12e siècle, l’aire décapée s’inscrit là encore à la périphérie d’un habitat, comme en témoigne la présence de structures domestiques - fosses, puits, fours, silo - mais l’absence de maison d’habitation. Dans la phase du Haut Empire, la sigillée est faiblement représentée, au détriment, de la terra nigra, de la terra rubra, de la dorée au mica, et surtout de la NPR et de la commune claire. Seuls quelques fragments d’amphores (Dressel 2/4 et Dressel 20)et un fragment de dolium ont été collectés. On note la présence de tessons résiduels de non-tournée. Au sein de la NPR, on note la présence de type Jobelot Vermeersch 34, 35, 130, 150. Les structures des 2e-3e siècles repérées dans une tranchée de diagnostic ont notamment livré une coupe en céramique sigillée, type Drag 35/36 issue des ateliers de Lezoux, quelques fragments de commune grise, et des fragments d’amphores en commune claire sans doute de fabrication régionale. Le lot de céramique de la phase du Bas Empire est essentiellement constitué de sigillée d’Argonne et de granuleuse. La principale forme de sigillée d’Argonne rencontrée est la coupe Chenet 320 à décor à la molette sur plusieurs registres, mais on note également la présence de coupes à collerettes Chenet 324, de plats Chenet 304, de coupes Chenet 319 et de quelques fragments de panses de mortiers et de formes fermées indéterminés. On remarque l’anbsence des plats Alzei 9/11 qui semblent apparaitre dans le second quart du 5e siècle pour se généraliser dans la seconde moitié du 5e siècle. Parmi les décors à la molette, on note plusieurs fragments attribuables au groupe I d’Hübener, soit au deuxième quart du 4e siècle, quoiqu’il s’agisse là des seuls éléments attribuables à cette période; trois fragments du groupe 2 (dont un de type UC 130) sont également présents (troisième quart du 4e siècle), ainsi que deux fragments du groupe 3, qui perdure jusqu’au troisième quart du 4e siècle, et surtout cinq fragments du groupe 5 (dont 1 UC122 et 1 NS 1105), qui perdure jusqu’au milieu du 5e siècle. Au sein de la céramique granuleuse se signale un groupe de tessons caractérisés par une pâte plus fine homogène de couleur grise à dégraissant fin. Le reste se rattache au groupe 3 de Barat 1993 et comprend des pots Alzzei 27/Petit III, des coupes Petit IIIb, la forme la plus courante, des pichets Alzei 30/Petit I, des assiettes Alzei 29/Chenet 304, des coupes/mortiers Metz 15, des coupes à collerettes et des mortiers. Dans les structures mérovingiennes, la granuleuse est encore omniprésente mais sous une forme plus fine et avec une pâte moins feuilletée qu’au Bas Empire. On distingue trois grands types de bords de pots : à lèvre débordante horizontale avec une extrémité triangulaire ménageant une gouttière permettant d’adapter un couvercle, comme à Villiers-le-Sec où elles sont datées du 7e et du début du 8e siècle; à lèvre éversée à extrémité arrondie et à légère gouttière; à lèvre éversée plus ou moins arrondie. Le puits a livré un décor à la molette sur au moins trois registres dans une pâte de couleur beige; le décor à la molette d’oves est du type de ceux rencontrés sur les céramiques fines lissées noires des phases C/D.E et D/E/F de Legoux, soit la deuxième moitié du 6e siècle et la première moitié du 7e siècle; mais ce décor sur ce type de pâte est inconnu en Ile-de-France, sauf sur quelques pièces de Villiers-le-Sec. Les structures les plus tardives ont livré de la céramique sableuse à décors de flammules du 12e siècle, mais aussi des fragments de céramique peinte rouge et lissée attribuables aux 9e-10e siècles et des fragments de granuleuse plutôt 10e, voir 11e siècle. Parmi le mobilier non-céramique, on remarque une monnaie d’imitation de la fin du 4e siècle, de type Ae4, un outil en bois de cervidé destiné à lier les bottes de paille, une fibule ansée symétrique à ardillon de fer de la fin du 6e ou du début du 7e siècle du groupe I d’Hübener, et un fragment de peigne en os avec rivet en fer attribuable au Haut Moyen Age.
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