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ville de Saint-Denis [066s020]

 

Nord Ouest Est Sud noRd-ouest norD-est sUd-ouest sud-esT


Appellation : ville de Saint-Denis

Commune : Saint-Denis

Inventeur - Informateur -Enquêteur : Wyss Michaël
Année de la découverte ou de l'enquête : 1996
Redacteur(s) : Wyss Michaël ; Héron Claude
Date de la rédaction : 17/03/2004
Organisme : Unité d'archéologie de Saint-Denis
Etat à la découverte : structuré
Niveau d'interprétation : site fonctionnel
Précision de l'emprise : localisation et extension connues
Type d'étude : carte archéologique de la Seine-Saint-Denis

Qualification de la datation : période(s) d'occupation

Description : Plusieurs sépultures attribuables au Bas Empire ont été mis au jour près de la basilique, en bordure sud d'une chaussée qui constitue sans doute l'un des premiers tronçon de la voie qui va à Chelles-Gournay. Il est de fait permis d'envisager en ce lieu l'édification d'une memoria au-dessus d'une tombe particulièrement vénérée. Quelques structures témoignent par ailleurs de la présence d'un habitat, peut-être une petire agglomération secondaire.
Vers 475, sainte Geneviève réédifie - ou agrandit le sanctuaire consacré à saint Denis. Au nord, une nécropole ad sanctos se développe à partir du 6e siècle. A sa périphérie se met en place un cadre monumental formé d'églises funéraires : Saint-Barthélémy, édifiée au 6e ou au 7e siècle, Saint-Pierre, édifiée au 6e siècle, Saint-Paul, Saint-Jean Baptiste. Le sanctuaire est desservi par une communauté séculière dotée. La nécropole accueille des membres de l'aristocratie franque, sont la princesse Arégonde, femme de Clotaire Ier, morte vers 565-570, ou vers 590-600. L'adjonction, au début de l'époque carolingienne, d'un grand bâtiment civil, peut être un palais, au chapelet d'églises funéraires pourrait être mis en relation avec la présence à Saint-Denis de Charles Martel, Pépin le Bref ou Etienne II. Une cinquantaine de mètres plus loin est construit, dans le courant du 8e siècle, un aqueduc alimentant trois bassin à partir d'une source attestée ultérieurement près de l'église Saint-Rémy. Le sanctuaire est reconstruit entre 768 et 775. L'hôtel dieu, attesté en 898, mais attribué à Dagobert par les Gesta Dagoberti, et les bâtiments conventuels, sur lesquels on ne sait rien, complètent la cité monastique. Aux abords du sanctuaire, on observe les traces d'un habitat à caractère rural, dont l'organisation demeure fluctuante. Une petite nécropole d'une vingtaine de tombes est ainsi implanté à l'extérieur de la nécropole, au détriment de l'habitat préexistant. En 869, Charles le Chauve fait entourer Saint-Denis d'une enceinte de bois et de pierre afin de protéger le site des incursions scandinaves. L'enceinte, percée de quatre portes, circonscrit une superficie de 12 hectares. Au nord du monastère, l'enceinte est bordée d'une zone non aedificandi d'une quarantaine de mètres de larges, limitée par une chaussée aménagée. Aux abords de l'église abbatiale, la séparation entre le secteur funéraire et la zone d'habitat civil se matérialise sous la forme d'une enceinte plus réduite. Les vestiges d'habitat accusent, comme précédemment, un fort caractère rural. On remarque les témoins d'une production artisanale de qualité - travail du fer (réduction et forge), fonte de plaque-boucles, broderie d'or - et d'une activité monétaire. On note également la présence de produits d'importation tels que la céramique de Tating, production qui jalonne les grands itinéraires des marchands frisons et saxons.
La basilique est agrandie sous l'abbatiat de Suger, puis reconstruite entre 1231 et 1281. Au nord de l'abbatiale, le groupement d'églises se complète à un rythme accéléré; cet accroissement des lieux de culte est vraisemblablement lié à la multiplication des paroisses : Saint-Michel du Degré est édifiée vers 1137, Sainte-Geneviève, Saint-Symphorien et Sainte-Croix au 13e siècle, La Madeleine, Saint-Jacques de Vauboulon attestée en 1242 et destinée aux serviteurs de l’abbaye. Les vestiges d'habitat n'enregistrent l'influence des techniques de construction mises en oeuvre dans l'ensemble monumental qu'à partir du 13e siècle avec l'emploi de moellons pour le soubassement des maisons et l'usage de la pierre de taille pour certaines caves et celliers. Parmi les constructions édifiées au 13e siècle et connues par les sources écrites, on note les halles, la geôle de la place Panetière, les granges du marché aux guesdes et des moulins. Les fossés de l'enceinte carolingienne, envasé dès les 10e-11e siècle, sont progressivement comblés. Des faubours se développent aux portes de l'enceinte, le long des quatre voies d'accès au castrum : à la porte Basoin, à la poterne Saint-Jacques, à la porte de la Boucherie et à la porte Compoise. Entre le 12e et le milieu du 14e siècle, un faubourg apparait ainsi de part et d’autre de la rue du port. L’habitat y apparait moins dense que dans le castellum. L’emplacement de l’église paroissiale, Saint-Nicolas des Aulnes, n’est pas connu. Cette église est attestée en 1242. Dans le pouillé du 14e siècle copiée en 1525, la chapelle Saint-Nicolas de Asinis ou Asticiis est à la collation alternative de l'abbé de Saint-Denis et de l'évêque de Paris. Toutefois, en 1411, elle est à la présentation de l’abbé de Saint-Denis. Le faubourg ne sera pas englobé dans l’enceinte construite à partir de 1356 ; il périclitera et disparaitra à la fin du 16e siècle à l’exception de la Maison de Seine, endommagée en 1567 puis reconstruite au 17e siècle sur un autre emplacement. L’église Saint-Nicolas sera ainsi abattue en 1589. Ces faubourgs rejoignent les faubourgs de l'Estrée, vers lequel l'espace bâti s'étend sur un plan orthogonal, de Saint-Marcel et de Saint-Rémy ou un fossé défensif est probablement aménagé avant 1356.
La ville de Saint-Denis commence à être fortifié à partir de 1356. Une partie des faubourgs, notamment le faubourg Saint-Rémy, est alors abandonnée. Le bourg monastique, l'Estrée et Saint-Marcel sont inclus dans l'enceinte, mais le jardin des moines, la Couture, y demeure extérieur. L'abandon d'une partie des faubourgs conduit, dans la seconde moitié du 14e siècle, à une densification du bâti à l'intérieur de l'enceinte, à moins que celui-ci ne soit du au privilège royal de 1368 qui favorise le peuplement de la ville par des drapiers. Durement affectée par la guerre dans la première moitié du 15e siècle, la ville retrouve un certain dynamisme à la fin du siècle, comme en témoigne la construction et le remaniement de nombreux moulins. La ville est à 17e siècle : la densité du bâti s'est allégée, une moitié des maisons est vide. Le nombre des paroisses se réduit en conséquence. Après la mise à sac de la ville par les Hugenots en 1567, seule une partie des édifices est reconstruite tandis qu'au nord de l'abbatiale, la succession des églises se démantèle : l'église des Trois Patrons, consacrée en 1627, réunie ainsi les cures de Saint-Barthélémy, Saint-Pierre et Saint-Michel du Degré. En 1728, les chanoines de Saint-Paul sont transférés au prieuré de Saint-Denis de l'Estrée. La vacuité de l'espace urbain est mise à profit par l'abbaye pour se doter de vastes jardins d'agrément et par des communautés religieuses pour implanter des couvents : Récollets en 1604, Carmélites en 1625, Ursulines en 1628, Annonciades Célestes en 1629, ordre de la Visitation Sainte-Marie en 1639.
Durant la première moitié du 18e siècle, la ville de Saint-Denis retrouve une activité de construction : reconstruction de l'abbaye, mise en chantier d'un nouvel hôtel-dieu en 1706, édification d'une caserne de Suisses en 1755. Entre 1724 et 1740, le percement de la rue d'Enghien contribue au remodelage du centre de la ville : en 1780, cet axe est bien bordé de maison, et très commerçant. Des industries s'implantent : teinture d'étoffe, impression sur toile.


indexation matière :
06 : occupation de l'espace
  --- 06.20 : forme de l'habitat
    --- 06.20.02 : agglomération
      --- 06.20.02.01 : agglomération secondaire antique
      --- 06.20.02.02 : bourg
        --- 06.20.02.02.02 : bourg monastique
      --- 06.20.02.16 : ville

indexation chronologique :
07 : antiquité
  --- 07.01 : haut empire
    --- 07.01.04 : 3e siècle
      --- 07.01.04.01 : 1ère moitié 3e siècle
        --- 07.01.04.01.02 : 2e quart 3e siècle
  --- 07.02 : antiquité tardive
      --- 07.02.01.01 : 2e moitié 3e siècle
    --- 07.02.02 : 4e siècle
    --- 07.02.03 : 5e siècle
08 : moyen age
  --- 08.01 : haut moyen age
    --- 08.01.01 : 6e siècle
    --- 08.01.02 : 7e siècle
    --- 08.01.03 : 8e siècle
    --- 08.01.04 : 9e siècle
    --- 08.01.05 : 10e siècle
  --- 08.02 : moyen age classique
    --- 08.02.01 : 11e siècle
    --- 08.02.02 : 12e siècle
    --- 08.02.03 : 13e siècle
  --- 08.03 : bas moyen age
    --- 08.03.01 : 14e siècle
    --- 08.03.02 : 15e siècle
09 : époque moderne
  --- 09.01 : 16e siècle
  --- 09.02 : 17e siècle
  --- 09.03 : 18e siècle
10 : époque contemporaine
  --- 10.01 : 19e siècle
  --- 10.02 : 20e siècle
  --- 10.03 : 21e siècle
    --- 10.03.01 : 1ère moitié 21e siècle
      --- 10.03.01.01 : 1er quart 21e siècle

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