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château Bleu (Tremblay-en-France) [073s026]

 

localisation
En application de l'article 69 du décret 2004-490 du 3 juin 2004, aucun élément précis de localisation ne peut être donné pour ce site archéologique.


Appellation : château Bleu

Commune : Tremblay-en-France
Adresse(s) : chemin des Saints-Pères

Inventeur - Informateur -Enquêteur : Piozzoli Christian
Année de la découverte ou de l'enquête : ca 1980
Redacteur(s) : Héron Claude
Date de la rédaction : 09/08/2000
Organisme : Service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis
Etat à la découverte : structuré
Niveau d'interprétation : site fonctionnel
Précision de l'emprise : localisation et extension connues
Type d'étude : carte archéologique de la Seine-Saint-Denis

Qualification de la datation : période(s) d'occupation

Description : A-Découverte, en prospection, en 1980, de tessons de céramique granuleuse. Des artefacts néolithiques ont également été ramassés, mais il semble au vu de B qu’ils soient résiduels.
B-Un établissement du Haut Moyen Age, repérée sur une surface d’au moins 25000 m2 a été décapée sur 4000 m2 en 1997-1998. 294 structures ont été repérées, 20% d’entre elles ont été fouillées. Une fosse et quatre fonds de cabane témoignent d'une première phases d'occupation, aux 6e-7e siècles. La présence d’artefacts antiques - tegulae, tubuli - témoigne de la récupération de matériaux sur un site antique proche. Aux 8e-9e siècles, l'occupation est plus dense, avec une mare et des drains associés, cinq grandes fosses circulaires, un puit et un fond de cabane. Mais l’absence de constructions sur poteaux semble témoigner, comme à l'époque précédente, d’une utilisation des lieux semblable à celle de la période précédente : l’aire décapée s’inscrirait toujours à la périphérie d’un habitat. Toutefois, sur la base des observations faites lors de l’évaluation, le centre de gravité de cet habitat serait peut être à localiser dorénavant autant au nord-est qu’au sud-est. D’autres structures pourraient, de façon hypothétique, être attribuées cette période, notamment des fours domestiques. La plus grande partie des structures fouillées est attribuable à la période comprise entre le 9e et le 10e-11e siècles. Deux fossés faisant retour à angles droits délimitent deux enclos emboîtés, l'un occupé vraisemblablement par une zone d'habitat - mais il n'a été que très partiellement exploré - l'autre par une zone domestique et artisanale. Celle-ci comprend deux bâtiments sur poteaux, trois, voir cinq, fonds de cabane, une éventuelle latrine, deux fosses d'extraction et six silos. Au-delà du 11e siècle, la surface de cet enclos est rendu à la culture. L'autre enclos subsiste toutefois puisque le fossé qui le limite est curé au 14e ou au début du 15e siècle. Son remblaiement ultérieur est rapide, mais on observe que l'aile nord-ouest du Château Bleu telle qu'elle nous est connue à partir du 18e siècle reprend le tracé de son tronçon sud-est - nord-ouest, du moins tel qu'on peut raisonnablement le restituer. On note également la découverte de trouis sépultures. Les remblais de deux d’entre elles ont livré du mobilier céramique datable des 8e-10e siècles. La quasi totalité du mobilier céramique mérovingien provient de fonds de cabane. L'ensemble de la poterie est tourné dans une pâte granuleuse, claire, révélatrice d'une atmosphère de cuisson oxydante. Parallèlement à cette première "fabric" destinée à la vaisselle de cuisson ou de conservation (le type le plus fréquent demeure la oule), est présente une autre production beaucoup plus soignée, à pâte grise ou noire mais à âme claire, représentée par des cruches et des gobelets. Pour l'époque carolingienne, on note la présence de potérie granuleuse, éventuellement peinte, et d'une production à pâte plus épurée, beige ou rosée, également peinte. Au 11e siècle se généralisent les productions semi-fines en pâte blanche et apparaît une "fabric" plus fine, sableuse, de couleur beige-rosée. Les formes sont également différentes : les pots tendent à devenir globulaires avec des fonds bombés; sur les cruches, le plus souvent à bec tubulaire, les anses viennent se rattacher désormais sous la lèvre alors que les tubes, simplement posés sur la panse, ne présentent plus de collerette de pâte intérieure ; les rebords éversés adoptent des profils plus carrés et sont confrontés à une nouvelle forme, le bord en bandeau. Le petit mobilier est peu abondant : on remarque néanmoins une anse d’amphore réutilisé comme pilon, un fragment de bracelet en sciste ardoisier du groupe Villeneuve Saint-Germain, deux pierres à aiguiser, l’une 6e, l’autre 11e-12e siècle, un poinçon en os 11e-12e siècle, un fragment de verre 6e-7e siècle, un lot de petites perles en verre Haut Moyen Age et 11e siècle, deux clés en fer 11e-12e siècle, une serpette 11e siècle et surtout une plaque en bronze de 2 cm sur 1,2, découverte dans une couche 11e-12e siècle et portant l’inscription A O I C A O + A. Celle-ci pourrait se lire + A W I[ÊESU]S A W +, à moins qu’il ne s’agisse d’une réminiscence de la formule antique, attestée sur des mosaïques, ISAONA, du grec eis aiona, " pour l’éternité ". L’étude des ossements animaux met en évidence un élevage qui semble surtout répondre à un besoin en force animale, plutôt voué à l’exploitation agricole des terres qu’à une production carnée. Cette dominante coïncide avec une couverture géologique particulièrement propice à l’agriculture céréalière (limon de plateau), sédiment de tous temps préféré aux “terres froides”, lourdes et difficiles à labourer. Bien qu’il soit impossible de quantifier la part des protéines animales au sein de l’alimentation ces arguments plaident en faveur d’un régime à dominante végétale. Un élevage à vocation bouchère n’est pas totalement à exclure, mais il correspondrait plus à une exportation d’individus sur pieds qu’à la satisfaction de besoins locaux. Cette prédominance de l’agriculture sur l’élevage semble se retrouver depuis l’époque mérovingienne jusqu’aux 11e-12e siècles avec toutefois une mutation lente mais continue des espèces exploitées. La chute des effectifs du boeuf au profit de ceux des équidés pourrait traduire une modification des techniques d’exploitation agricole, modifications attestées par les sources écrites à partir des 12e-14e siècles sur les plateaux picards.
C-Vers 1300, Robinet Dufaï avoue tenir de l'abbé de Saint-Denis une maison au Petit Tremblay avec jardins, un arpent de vigne, le tout clos de murs. Dans la première moitié du 17e siècle, les Bermond père et fils acquiert plusieurs parcelles attenantes au clos afin d'aggrandir celui-ci. En 1660, la duchesse de Picquigny, qui a acquis le lieu, qualifié depuis le début du 16e siècle de fief des Tournelles depuis le début du 16e siècle, obtient le droit d'enclore la rue qui traverse sa propriété sous réserve de créer une nouvelle rue permettant l'accès des habitants à la fontaine située au sud-est du clos. Le lieu est désormais connu également sous les noms de Château Bleu et de fief de Pécquigny. Un acte notarié de 1738 décrit le fief des Tournelles consistant en "un château qui a une cour principale avec issue sur la rue du village, la dite cour formant demi-lune vers son entrée aux deux côtés de laquelle sont deux tourelles. L’édifice en est à droite en entrant, pavillon en suite un grand corps de logis au fond de la dite cour avec deux pavillons au devant, basse cour à gauche de la dite principale cour. Aussi à gauche sont plusieurs édifices régnant le long de la rue du village de Tremblay, granges et autres édifices ycelles basse cour qui a pareillement issue sa principale entrée sur la dite rüe dudit château et basse cour. Un parc planté d’arbres, d’ormes et charmilles, pièces d’eau, terres labourables, espaliers, parterres et autrement le dit parc clos de murs à l’exception de la partie occupée par une allée à gauche de laquelle il y a un fossé". Les plans de la fin du 17e et du 18e siècle figurent de fait une cour de 70 m de long sur 35 de large à laquelle on accède par une entrée en demi-lune flanquée de deux tourelles. Le logis se trouve face à l’entrée; c’est un bâtiment à un étage flanqué de deux pavillons d’angle; la façade est orné d’un large fronton triangulaire. A droite de la cour se trouve un corps de bâtiment figuré par la carte de Delagrive (1740), mais par sur le plan terrier. Le long du Chemin des Saints-Pères et sur le côté gauche de la cour se trouve les bâtiments de la ferme. Le plan cadastral de 1819 donne des lieux une représentation légèrement différente; le logis est figuré en ruine, il sera démoli peu après par le nouveau propriétaire, Roulle, qui s’installera dans le corps de bâtiment ouest; le bâtiment situé le long du Chemin des Saints Pères a été amputé de son extrémité est; en revanche, un nouveau bâtiment est figuré à l’est de la ferme; il est déjà figuré sur le plan d’intendance de 1787. L’état des lieux est aujourd’hui sensiblement identique.


indexation matière :
06 : occupation de l'espace
  --- 06.01 : architecture agricole
    --- 06.01.01 : édifice agricole
      --- 06.01.01.02 : ferme
  --- 06.07 : architecture domestique
    --- 06.07.02 : édifice domestique
      --- 06.07.02.02 : demeure
        --- 06.07.02.02.03 : château

indexation chronologique :
08 : moyen age
  --- 08.01 : haut moyen age
    --- 08.01.01 : 6e siècle
    --- 08.01.02 : 7e siècle
    --- 08.01.03 : 8e siècle
    --- 08.01.04 : 9e siècle
    --- 08.01.05 : 10e siècle
  --- 08.02 : moyen age classique
    --- 08.02.01 : 11e siècle
    --- 08.02.02 : 12e siècle
    --- 08.02.03 : 13e siècle
  --- 08.03 : bas moyen age
    --- 08.03.01 : 14e siècle
    --- 08.03.02 : 15e siècle
09 : époque moderne
  --- 09.01 : 16e siècle
  --- 09.02 : 17e siècle
  --- 09.03 : 18e siècle
10 : époque contemporaine
  --- 10.01 : 19e siècle
  --- 10.02 : 20e siècle
  --- 10.03 : 21e siècle
    --- 10.03.01 : 1ère moitié 21e siècle
      --- 10.03.01.01 : 1er quart 21e siècle

dossier(s) rattaché(s) :
073s086  ---  073s026

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Bibliographie :
 
 
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