bandeau atlas du patrimoine
atlas du patrimoine bases documentaires > catalogue de sites / d'édifices > notices de sites / d'édifices >

église Saint-Médard (Tremblay-en-France) [073s046]

 

Nord Ouest Est Sud noRd-ouest norD-est sUd-ouest sud-esT


Code du site Mérimée : PA00079965

Appellation : église Saint-Médard

Commune : Tremblay-en-France
Adresse(s) : place de l'Eglise ; rue Louis Eschard

Inventeur - Informateur -Enquêteur : Rémy Arnaud
Année de la découverte ou de l'enquête : 2005
Redacteur(s) : Rémy Arnaud ; Héron Claude
Date de la rédaction : 07/08/2006
Organisme : Service du patrimoine culturel de la Seine-Saint-Denis
Etat à la découverte : structuré
Niveau d'interprétation : site fonctionnel
Précision de l'emprise : localisation connue et limites supposées
Type d'étude : carte archéologique de la Seine-Saint-Denis

Qualification de la datation : période(s) d'occupation

Description : A-Une sépulture en coffre maçonnée, attribuable aux 12e-15e siècles, a été découverte en 1986 contre le chevet de l’église, dans l’un des sondages pratiqués lors d’une campagne de restauration. Des ossements humains, des tessons de céramique flammulée, des cols en bandeau et des fragments de faïence, ainsi qu’un fragment de sigillée d’Argonne portant un décor à la molette ont été ramassés sur les déblais.
B-La fouille, en 2000, des parcelles AD18, 19, 20, 22, à l’angle nord-ouest du cimetière tel qu’il est connu par les plans des 18e-19e siècles, a livré une vingtaine de sépultures grossièrement disposées en rangées. Les tombes sont orientées est-ouest, tête à l’ouest ; les défunts sont inhumés en cercueils ou en pleine terre, dans des fosses aux contours parfois anthropomorphes, sans dépôt de mobilier funéraire. La datation de ces inhumations est délicate, mais semblent devoir trouver place entre l’époque carolingienne et le Bas Moyen Age. A l’époque moderne, cette partie du cimetière médiéval est occupée par des constructions. En bordure de la rue, un fossé apparemment parallèle à celle-ci, d’au moins 2 m de large matérialise peut-être une limite d’aire cémétériale.
C-L’église Saint-Médard est aujourd’hui constituée par la juxtaposition d’un chœur du 16e siècle de 5 travées et d’une nef classique de 3 travées, plus basses, terminée par un narthex de même hauteur surmonté d’un clocher. L’étude archéologique accompagnant la restauration de l’édifice a montré qu’en plusieurs endroits, et notamment au sud, les fondations s’appuient sur des sarcophages en plâtre d’époque mérovingienne. Le coin sud-ouest de l’église s’appuie sur des fondations particulièrement importantes en moellons liées au plâtre. Large de 1,5 m, arasée juste sous le niveau du sol actuel mais haute encore de 1,8 m, cette maçonnerie est constituée de deux massifs de fondations parallèles orientés est-ouest, selon une orientation différente de 8e vers le Sud de celle de l’église actuelle. Un retour se détache perpendiculairement du mur sud à la hauteur de la façade. Stricto sensu, ces fondations sont antérieures au 16e siècle. Mais il est possible qu’il faille les associer à un contrefort du 12e ou du 13e siècle, englobé dans la quatrième travée du mur du bas côté sud, qui contrebutait une construction située à l’Ouest.
On note que l’église est attestée en 1183 et qu’au début du 13e siècle, la présentation à la cure appartient à l’abbé de Saint-Denis.
Au 16e siècle, un vaste chœur est construit à l'est de l'édifice antérieur. C'est une construction homogène de six travées en style gothique renaissance, avec voûtes nervurées à clef pendantes. Le choeur est doté d’un chevet plat, percé d’une grande baie à menaux flamboyants ; les bas-côtés se terminent par un chevet oblique. Les voûtes de la nef, à nervures multiples et croisée d’ogives en étoiles à clés sculptées, reposent sur des pilastres à chapiteaux corinthiens, ou sculptés de chimères et de têtes de monstres. Les bas-côtés ont des croisées d’ogives à liernes et traceron ; les voûtes reposent sur des pilastres à chapiteaux sculptés de motifs allégoriques ou ésotériques. Les fenêtres qui s’ouvrent à chaque travée sont des arcs brisés à remplage à soufflet central. Quelques irrégularités dans le programme architectural témoignent néanmoins de l’évolution rapide des modes architecturales au moment de la construction. La baie du chevet est ainsi à remplages flamboyants d’apparence anachronique dans un édifice où toutes les autres sont dans un style caractéristique du milieu du 16e siècle avec arcs en plein cintre et mouchettes. Les bases des colonnes et leurs moulures sont octogonales au Nord tandis qu’au Sud les bases, également octogonales, supportent une moulure à deux tores. Quant aux chapiteaux, ils illustrent, dans l'évolution de leur décor, le passage du chapiteau de conception gothique à celui de style antique remis au goût du jour par la Renaissance. Au Nord, ils sont chargés de rinceaux, de feuillages et de dragons, d'animaux ou d'autres symboles organisés en registres étagés. En tournant autour du chœur dans le sens des aiguilles d'une montre, on voit apparaître des formes empruntées à l'architecture, ainsi que des guirlandes de fruits ou de draps. Le profil des moulures se complique. Puis un nouveau modèle se construit : la corbeille n'est plus composé que d'un seul registre de feuilles d'acanthe ou palmettes d'où partent des volutes qui soutiennent des cornes aux quatre coins. Les animaux ou personnages disparaissent. Enfin le dernier chapiteau de la série ressemble tout à fait à un chapiteau corithien antique.
La charpente du vaisseau central, à fermes et pannes, n’a presque pas été remaniée. Dans le mur nord de la première travée, une porte ouvre sur le cimetière. Les montants de la baie et les départs de son arc sont partiellement conservés dans l'épaisseur du mur. A la différence des autres travées, le mur est ici intégralement en pierre de taille. De son décor sculpté reste la trace d'un gâble arraché.
Les chevrons et la plupart des pannes ont été remplacés, avec une grande proportion de remplois. En revanche, la charpente des bas côtés a été presque intégralement remplacée par des maçonneries qui soutiennent directement les pannes de sorte que la configuration d’origine n’est plus conservée que sur une demi-ferme.
En dehors des indices stylistiques, plusieurs dates précises permettent de dater le début et la fin des travaux. L’imposte d’une colonne engagée dans l’angle nord du chevet porte la date de 1543. Les voûtains de la dernière travée de la nef portent les monogrammes d’Henri II (1519-1547-1559) et de Diane de Poitiers (1499-1566). La clef de voûte de l’avant dernière travée du chœur porte les armes du cardinal de Lorraine, abbé de Saint-Denis de 1557 à 1574. Les voûtes sont donc achevées entre 1557 et 1559, bien que la dédicace ne soit faire qu’en 1579. Des matériaux différents sont utilisés pour les fondations et les élévations. Du soubassement aux voûtes, toutes les élévations sont liées au mortier. Le soubassement, fait de trois assises de moyen appareil calcaire peu épais (de 0,14 à 0,17 m), avec empattements terminés par un glacis mouluré dans les angles des contreforts, est plaqué sur la base des maçonneries. Derrière ce soubassements, ainsi qu’autour de toutes les maçonneries en pierre de taille (piliers, encadrements des baies), les murs sont réalisés en moellons, parmi lesquels on trouve, en partie basse, un calcaire siliceux, du gypse, des moellons calcaires, quelques remplois et des déchets de taille. Les fondations sont toutes en gypse et plâtre et ont jusqu’à 3 m de profondeur. Le sol de l’église se trouve alors à 0,53 m sous le sol actuel.
A la fin du 16e ou au 17e siècle, le chœur est prolongé d'une nef de trois travées allongeant l'édifice aux mêmes dimensions qu'aujourd'hui. Cette nef nous est moins bien connue que le chœur car il n’en subsiste aucune élévation. Ses fondations sont liées au plâtre et n’utilisent pratiquement que des matériaux de récupération, dont des pierres de taille et des fragments de sarcophages de plâtre. La première travée supporte une tour-clocher massive dont un graffitti, dans la lucrane d'une maison du 17e siècle donnant sur l'église, fourni peut-être une représentation. La nef est dépourvue de contreforts. Ses voûtes d'arêtes, évoqués par Cellerier en 1781, sont maintenus par des tirants en fer, comme dans le chœur.
Une importante campagne de restauration a lieu au 18e siècle. Le soubassement du bas côté nord est repris en sous-œuvre, avec utilisation d’un mortier de tuileau, et quatre contrefort sont édifiés contre le mur du bas côté nord, au niveau de la partie occidentale de la nef.
La partie occidentale de la nef est reconstruite entre 1781 et 1785 par Cellerier. La construction est en grande partie réalisée avec les matériaux issus de la démolition de la nef et de la tour-clocher, liés avec un mortier de chaux. Seuls les colonnes, les pilastres et les arcs utilisent des pierres neuves de grand appareil. Les fondations sont reprises telles qu’elles et simplement renforcées en façade pour fonder le décrochement. La tourelle d’escalier, construite hors œuvre au sud entre les deux premières travées, s’appuie sur un massif en blocage fait de gravas, de moellons, voire de morceaux de maçonnerie pris en masse dans du plâtre, coulé derrière un parement lié du même mortier que les élévations. Les murs de la quatrième travée de la nef du 16e siècle sont conservés et intégrés à la nouvelle nef. Les parements extérieurs et intérieurs sont recouverts d’un enduit de plâtre avec faux appareil horizontal. Le couvrement est fait d’un berceau soutenu par trois arcs en plein cintre. Les bas côtés sont couverts d’un plafond à hauteur des clefs de voûte des bas côtés du 16e siècle. Une seule charpente, avec quatre arbalétriers d’un seul tenant, couvre la nef et les bas côtés. La première travée forme un bloc de façade qui soutient le clocher, aidé des deux premiers piliers. Elle est plafonnée au même niveau que les bas côtés. Le clocher a de fait été conçu comme une structure légère et économique, en charpente enduite de plâtre.
La sacristie est construite dans la même campagne. Adossée au bas côté sud, entre les contreforts de la huitième travée, ses murs sont montés dans leur prolongement. Elle est couverte d’un toit à deux pans et deux croupes, en tuiles plates, dont la charpente est conservée.
Entre 1818 et 1823, une campagne de restauration concerne le clocher et le fronton de la façade, qui est refait.
Entre 1854 et 1863 a lieu une nouvelle campagne de restauration, particulièrement importante. Le mauvais état de la structure du clocher amène la mise en place d’une seconde charpente à l’intérieur, reliées aux poteaux d’angle de l’ancienne par des barres de fer. Le dôme est remplacé par un toit à huit pans et une lanterne. Tous les latéraux sont repris au plâtre, à l’extérieur et à l’intérieur. Les contreforts nord sont reconstruits. Le chauffage est installé.
Par ailleurs, une tranchée creusée lors des travaux de restauration devant la façade de l'église a révélé une stratification de fines couches de sable clair et d'argile sombre indiquant des dépôts successivement rapides et lents. Durant les travaux de restauration, une trace persistante d'humidité a été observée sur les dalles de l'allée centrale. Ces deux indices pourraient suggérer que l'église est construite sur le tracé d'un ancien fossé : peut-être celui associé à l'enceinte du château de Tremblay.


indexation matière :
indexation chronologique :
08 : moyen age
  --- 08.02 : moyen age classique
    --- 08.02.02 : 12e siècle
      --- 08.02.02.02 : 2e moitié 12e siècle
        --- 08.02.02.02.02 : 4e quart 12e siècle
    --- 08.02.03 : 13e siècle
  --- 08.03 : bas moyen age
    --- 08.03.01 : 14e siècle
    --- 08.03.02 : 15e siècle
09 : époque moderne
  --- 09.01 : 16e siècle
  --- 09.02 : 17e siècle
  --- 09.03 : 18e siècle
10 : époque contemporaine
  --- 10.01 : 19e siècle
  --- 10.02 : 20e siècle
  --- 10.03 : 21e siècle
    --- 10.03.01 : 1ère moitié 21e siècle
      --- 10.03.01.01 : 1er quart 21e siècle

dossier(s) rattaché(s) :
073s086  ---  073s046

protections MH:

Code protection : 073p19
Mode : classement MH
Date de mise en place : 1939/04/12
Objet : Ensemble de l'édifice.
Notice complète : église Saint-Médard - classement MH (1939/04/12) - Tremblay-en-France [073p19]


Iconographie : cliquez ici pour voir toute l'iconographie se rapportant à ce site


Bibliographie :
 
 
Accueil

Outils Plan du site Contacts / Crédits / Mentions légales
 
cadre bas