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COLLÈGE VICTOR HUGO


55 rue Auguste-Renoir AULNAY-SOUS-BOIS
livraison 2000


programme : Collège 800 et Segpa
code site CG93 : 11700020000 Victor-Hugo/11C
code site IA : 0930891N
autre(s) collège(s) à Aulnay-sous-Bois : 7e collège en construction, Gérard Philipe, Le Parc, Pablo Neruda, Claude Debussy, Christine de Pisan



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architectes : Atelier Roland Castro, Sophie Denissof, Silvia Casi
Bureau d'étude technique : Pariente Ingenierie
Entreprise : Dumez
Acousticien : ACV SA


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre nette : 9094 m2
surface utile : 5923 m2
surface du terrain : 17200 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 24
salles de sciences : 4
salles de technologie : 4
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 3
CDI et locaux associés : 222 m2
salle d'EPS : 450 m2
SEGPA : 64 eleves
salle polyvalente : 197 m2
demi-pension : 334 m2
préau : 618 m2
plateau EPS : 4390 m2
logements de fonction : 6

Coûts

coût des bâtiments : 8 261 860 €


LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

Le collège Victor Hugo remplace un collège du même nom, construit en 1968, en même temps que le quartier de la Rose des Vents, initialement « Aulnay 3000 », avec ses 3132 logements. L’établissement d’origine, une construction métallique de type Filliod, étant devenu vétuste, le Conseil Général lance, en 1996, un concours pour la construction d’un nouveau collège sur le même site.

Le collège se situe dans le périmètre du programme de développement du Grand projet urbain (GPU) aujourd’hui Grand projet de ville* (GPV), qui regroupe plusieurs quartiers au Nord de la commune. Ce dispositif, créé en 1993 par le Comité interministériel à la ville (CIV), concerne environ 25 000 habitants et son programme s’articule autour d’objectifs ambitieux qui ont fait l’objet d’une convention avec l’Anru* en 2004:

- Réaménagement de la Route nationale 2 (RN 2), travail sur le maillage et la taille des îlots afin de désenclaver le secteur et relier les quartiers.
- Requalification résidentielle, création d’équipements, clarification des domaines publics et privés, restructuration des espaces extérieurs.
Revitalisation des pôles de centralité avec la restructuration du centre commercial Le Galion et de la place publique centrale.

Situé à l’extrémité nord du quartier de la Rose des vents, le collège bénéficie de la qualité paysagère du Parc municipal Robert-Ballanger et de la proximité des équipements sportifs contigüs. Il fait également partie d’un pôle regroupant un nombre important d’équipements scolaires et de services, comme le Café-musique en face. Non loin, à l’est, s’étend le Parc départemental du Sausset.


Le parc Robert-Ballanger
© Caue 93
 
ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) : l'Agence nationale pour la rénovation urbaine est un établissement public créé par la Loi d'Orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août 2003 pour assurer le financement et la mise en oeuvre du programme national de renouvellement urbain.


La rue Alain-Mimoun, le complexe sportif
© Caue 93
 
Grand projet de ville (GPV) : le GPV est un projet global de développement social et urbain relevant de la Politique de la ville et poursuivant l'action des GPU (Grand projet urbain). Un même GPV concerne les quartiers de plusieurs communes voisines. Mené en concertation avec les habitants, il combine actions à court terme et opérations lourdes de requalification visant à redynamiser un quartier et à valoriser son image.

desserte, accès

L’entrée principale du collège se situe rue Auguste-Renoir. Elle s’effectue par un large parvis dont une partie, limitée par la clôture, appartient à l’enceinte du collège, l’autre, à l’espace public, permettant l’accès des élèves en toute sécurité en retrait de la rue.
La desserte des logements de fonction, et les livraisons s’effectuent à l’arrière, par la rue Alain-Mimoun.

 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

implantation sur le terrain

Les architectes se sont attachés à recréer un lieu représentatif des valeurs républicaines et humanistes de l’enseignement public pour tous. Ils ont voulu un lieu protégé, propice à l’étude et à la réflexion, à l’abri de l’agitation extérieure. Pour cela, ils ont centré la composition sur une vaste cour de récréation bordée d’une pergola, habile clin d’oeil au « cloître républicain », une typologie caractéristique des écoles de la IIIe République. En effet, les grandes aspirations qu’étaient à l’époque la scolarisation pour tous et l’égalité des chances se sont alors traduites par des constructions à l’identité très forte. Les écoles étaient souvent inspirées de l’architecture conventuelle reprenant ainsi le thème du cloître : une vaste cour enserrée dans les bâtiments d’enseignement. Cette typologie a été conservée au cours des périodes suivantes.
Ici, l’espace est clos sur seulement trois côtés et visuellement ouvert sur le parc Robert Ballanger. Cette typologie est permise par l’implantation du bâtiment à l’alignement sur la rue Renoir et le long du terrain mitoyen à l’est, libérant ainsi un vaste espace pour la cour de récréation et les terrains de sport.
Les logements de fonction, à l’écart dans la composition, font face au parc Robert-Ballanger.


Plan masse
© Atelier Castro-Denissof-Casi
 
pergola : structure à claire-voie constituée de traverses supportées par des poteaux, disposée le long d'une façade, au-dessus d'une terrasse ou d'une allée.


Logements de fonction
© Caue 93
 

La cour, vue d'ensemble
© Caue 93
 
cloître : terme issu de l'architecture conventuelle. espace clos, carré ou rectangulaire bordé par une galerie couverte ou par extension par des bâtiments.

composition architecturale

Roland Castro, Sophie Denissof et Silvia Casi ont opté pour un retour aux sources de « La Laïque ». Les murs de brique rouge alliée à une géométrie simple, la mise en oeuvre de volumes qui s’étirent en longueur, donnent une impression de rigueur, celle que l’on retrouve à l’origine dans l’architecture des groupes scolaires. Ces éléments sont là pour rappeler que l’école représente des règles à respecter.
Cependant, les décrochements de toitures et les nombreux redans*, l’utilisation ponctuelle de la courbe et des avancées de façades pour signaler les espaces singuliers (CDI, salle polyvalente, etc.), l’enduit blanc en partie haute, enlèvent toute sévérité et qualifient l’ensemble d’une réelle élégance. Le traitement d’ensemble n’est pas sans rappeler l’esthétique moderniste des Années 30.
La composition offre un ensemble homogène et cohérent, d’une échelle adaptée à l’environnement les architectes ayant voulu rendre le bâtiment  « présent sans ostentation, calme sans effacement ».
Le traitement singulier du CDI l’affirme comme un signal, permettant d’identifier le collège.
La galerie-pergola qui longe la cour de récréation est un dispositif à la fois esthétique et fonctionnel : esthétique car elle anime et unifie les façades, accentuant l’effet de cloître ; fonctionnel, car elle permet d’atténuer l’ensoleillement excessif sur la façade.


La cour de récréation
© M. Vaye/Atelier Castro-Denissof-Casi

Détail de façade
© M. Vaye/Atelier Castro-Denissof-Casi
 
redan ou redent : le redan ou redent désigne un décrochement, une avancée ou un retrait, dans un ouvrage en maçonnerie.


La salle polyvalente
© M. Vaye/Atelier Castro-Denissof-Casi
 

La salle eps
© M. Vaye/Atelier Castro-Denissof-Casi
 

Les salles d'enseignement artistique
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLEGE

L’organisation des différents lieux est claire et rationnelle. À travers ce projet, les architectes proposent une réflexion sur l’enseignement.
L’entrée s’effectue par un parvis généreux menant à un hall sur un double niveau conçu comme « une rue intérieure » desservant les salles de classe du collège, et ceux de la SEGPA, chacun dans une aile et les locaux administratifs. L’ensemble forme un plan en « U » refermé sur trois côtés et visuellement ouvert sur le parc Robert Ballanger. Le hall, comme la cour de récréation, est un lieu de rencontre puisqu’il dessert les classes du collège comme celles de la SEGPA. Une des idées directrices était en effet d’intégrer cette section sans la différencier.
Au point de rencontre entre les deux ailes d’enseignement du collège et de la Segpa sont regroupés le CDI, les locaux de la vie scolaire, de l’administration, la salle polyvalente.
Les salles de classe sont réparties autour d’une large circulation sur deux niveaux. Un éclairage zénithal diffuse la lumière naturelle. De grandes baies s’ouvrent sur le préau et la cour.
Le principe des espaces de circulation et distribution (hall, couloirs) larges et lumineux génère une organisation fluide des espaces, permettant une surveillance aisée.
Le principe de distribution de l’administration par une rampe d’accès aux personnes à mobilité réduite, permet aussi d’absorber la différence des niveaux tout en créant une sorte de limite privative.


Plan du rez-de-chaussée
© Atelier Castro-Denissof-Casi

Plan de l'étage
© Atelier Castro-Denissof-Casi
 

Le CDI
© M. Vaye/Atelier Castro-Denissof-Casi
 

Le hall d'entrée
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 

Le hall, rue intérieure
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 

L'aile de l'enseignement général
© Caue 93
 

Coupe sur les salles de cours
© Atelier Castro-Denissof-Casi
 

Coupe sur le CDI
© Atelier Castro-Denissof-Casi
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

Structure : poteaux poutres en béton armé
Murs en béton avec la face extérieure en briques rouges apparentes, avec parties traitées en enduit blanc
Menuiseries extérieures en aluminium laqué gris, portes en profil acier prélaqué
Couvertures en bac-acier couleur aluminium proche du zinc
Pergola en bois sur poteaux en briques posés selon une trame régulière.


Détail de façade sur cour
© M. Vaye/Atelier Castro-Denissof-Casi
 

Pergola
© M. Vaye/Atelier Castro-Denissof-Casi
 

 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

Roland Castro, Sophie Denissof, Silvia Casi

Le travail de ces trois architectes est orienté sur la question urbaine. Leur domaine d’activité concerne aussi bien la réalisation de logements sociaux, d’équipements et espaces publics que la création de « morceaux de ville » ou la requalification des grands ensembles des années 60 dans différents sites de province et de banlieue parisienne .
L’usine Thomson réalisée en Lorraine leur a valu un grand prix d’architecture.
Roland Castro est notamment l’auteur d’un projet national « Banlieues 89 », de développement et d’embellissement des périphéries des grandes villes. Il est également président de l’association « Mouvement pour la civilisation urbaine » créée en 2000, il enseigne depuis 1970 et publie des ouvrages d’architecture.

Sélection de réalisations :

Logements à Lognes, Ville nouvelle de Marne-la-Vallée, 1983
Centre national de la bande dessinée à Angoulême 1990
Lycée à Hérouville Saint-Clair 1995
Requalification de quartiers de grands ensembles, à Lorient (1996), Dunkerque (2002), Argenteuil (2002), Villeneuve-la-Garenne (La Caravelle, 2000-2003) et Boulogne-sur-Mer (quartier du Chemin-Vert, 2006-2007)
Logements, zac Jean-Rostand à Bobigny, 2004
Logements, quartier des Trois Rivières à Stains, 2005

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Victor Hugo
1802-1885

La vocation du grand écrivain, à la fois, romancier, dramaturge et poète est précoce. Il a dix-neuf ans et fréquente encore le Lycée Louis-le-Grand, lorsque paraît son premier recueil de poèmes, Odes.

En 1822, il épouse Adèle. Ils auront cinq enfants parmi lesquels Léopoldine dont la mort tragique lors d’une promenade en barque sur la Seine à Villequier lui inspire le poème « Demain dès l’aube ». Sa seconde fille Adèle sera seule à survivre à son père, mais elle connaîtra de longues années en maison de santé.
A partir de 1933 Victor Hugo entretient une liaison avec l’actrice Juliette Drouet qui lui consacrera sa vie et l’accompagnera dans son exil.

Engagé en politique et grand orateur, partisan d’une démocratie libérale et humanitaire, abolitionniste convaincu de la peine de mort, il est élu député de la Deuxième République en 1848 et soutient Louis-Napoléon Bonaparte élu président de la République avec qui il rompt en 1849. Condamnant son coup d’état de 1851 marquant l’avènement du second empire, Hugo s’exile à Bruxelles, à Jersey puis à Guernesey. Il fait partie des proscrits qui refusent l’amnistie et ne revient en France qu’après la chute du Second empire, après 20 ans d’exil.
Il sera alors une figure tutélaire de la République jusqu’à sa mort en 1885, et, lors de ses funérailles nationales, une foule immense l’accompagne au Panthéon.

De son oeuvre monumentale se détachent des romans emblématiques au service de grandes causes comme Les Misérables, Notre-Dame de Paris, Quatre-Vingt-Treize et Le dernier jour d’un condamné.
Hernani et Ruy Blas marqueront son oeuvre pour le théâtre. Ses poésies abordent les thèmes familiers aussi bien que les genres lyrique ou épique dans un style classique ou audacieux, jusqu’à son chef-d’oeuvre « La légende des siècles ».

 

 
 
 
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