bandeau atlas des collèges
atlas du patrimoine dossiers > atlas des collèges > notice de collège >
COLLÈGE GEORGES POLITZER


52 rue Jules-Ferry BAGNOLET
livraison 1992


programme : Collège 600 et Segpa
code site IA : 0931181D
autre(s) collège(s) à Bagnolet : Travail Langevin



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architecte : Francis Gaussel
Architecte assistant : Nicolas Buisson
Bureau d'études techniques : GET Ingénierie
Economiste : Jean-Pierre Tohier
Charpente bois : Weisrock


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre nette : 7351 m2
surface utile : 6842 m2
surface du terrain : 22 200 m2

Coûts

coût global de l'opération : 63,4 millions F


Ce collège remplace un précédent établissement, une construction métallique de 1970, aujourd’hui démoli dont il reprend le nom et qui se trouvait 129 rue Sadi-Carnot.
Le terrain sur lequel a été construit le collège actuel, rétrocédé à la commune de Bagnolet par le Conseil général, appartenait initialement à la ville de Paris qui l’utilisait comme dépôt de pavés. La ville de Paris avait en effet installé en 1897 un dépôt de matériaux d’une superficie de 17000 m2 donnant sur l’actuelle rue du Lieutenant-Thomas (ancienne rue Bel-Air) et qui employait une quarantaine d’ouvriers. Y étaient stockés les anciens pavés déposés ainsi que les pavés neufs destinés aux réfections de chaussée des XIe et XIIe arrondissements de Paris. Par an, il entrait au dépôt environ 1 million de vieux pavés et autant de pavés neufs. L’ancien collège démoli a laissé place à un espace vert qui agrandit le parc du Château de l’étang.

 

Entrée principale
© d.kasten/college Politzer
 
LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

Au sud de la commune, au cœur du quartier dit des Coutures, un quartier qui s’est développé parallèlement à l’ancien village de Bagnolet, à proximité de la porte de Montreuil et du boulevard périphérique, le collège occupe, avec un square attenant, l’angle des rues Jules-Ferry et du Lieutenant-Thomas. Il se situe dans un grand îlot défini par ces deux voies et par l’avenue de la République. Le tissu urbain du quartier est plutôt disparate. Il se présente sous la forme d’un tissu mixte mêlant habitat et activités, situation caractéristique dans la première couronne parisienne, dans les anciens secteurs de tradition ouvrière, et en particulier ceux limitrophes de Paris. Le quartier compte aussi des équipements comme les écoles primaire et maternelle Jules-Ferry, une crèche, un centre de PMI, un gymnase.

La présence du square Jules-Ferry jouxtant le collège et occupant la pointe de l’îlot constitue un élément original du programme. L’accès des élèves s’effectue en effet par cet espace boisé qui joue ainsi le rôle d’espace de transition entre le monde extérieur plus bruyant et le collège, lieu protégé et calme dans son « écrin» de verdure.
La desserte des logements de fonction, de même que celle de la cour de service de la Segpa et de la restauration est assurée par la rue du Lieutenant-Thomas.


Plan masse détaillé
Caue d'après F. Gaussel - Gaussel
 

vue aérienne
© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 

Terrasse et vues environnantes
Caue 93
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

L’architecte propose un parti architectural et urbain original dans un quartier marqué par l’hétérogénéité. Plutôt que de faire dialoguer le bâtiment avec son environnement urbain assez disparate, il a centré son travail sur la création d’un paysage dont l’architecture est partie prenante. Du contexte environnant, il utilise ainsi la présence du square boisé attenant pour proposer une composition inédite qui mêle architecture et nature, où le bois, matériau peu fréquemment utilisé en milieu urbain trouve ici toute sa place, sans être incongru.
Un des objectifs de l’architecte a également été de se démarquer des modèles de l’architecture scolaire des périodes antérieures pour offrir aux collégiens non pas un espace banalisé, mais un établissement personnalisé, offrant les qualités d’accueil d’un lieu chaleureux et familier.
L’échelle, les matériaux, la présence de la nature sont les principaux éléments avec lesquels le concepteur du collège a composé son projet. Le collège est constitué de plusieurs bâtiments qui s’articulent autour d’une grande cour de récréation et autour de patios plantés. L’architecte a opté pour des bâtiments plutôt bas et l’ensemble se déploie largement sur le terrain, l’occupant généreusement, animé par le jeu des volumes et des toitures.
La construction en bois établit, par son principe même, une relation avec la nature et l’organisation du plan en patios permet de mêler architecture et nature, faisant pénétrer celle-ci jusqu’au cœur du collège, grâce à des espaces plantés soignés. Ce dispositif auquel s’ajoute le traitement de l’accès au collège par le square que la cour de récréation prolonge visuellement, donne l’impression d’un collège dans la nature, le tout constituant un ensemble qui se lie et se lit avec le square.
La volonté de l’architecte est également de proposer une architecture animée (jeux des volumes et toitures, rythme diversifié des ouvertures), colorée (menuiseries extérieures rouge-vif) non dénuée de fantaisie, mais aussi apaisante, rassurante et empreinte de modestie.
Le choix des matériaux et la proximité du parc ne sont pas sans évoquer l’architecture de l’Europe du nord, scandinave et finlandaise en particulier. Ces références ainsi que les toitures découpées, les petites unités structurées autour des patios, et aussi des détails comme les grosses chaînes de reprise des eaux de pluie, qualifient l‘ensemble d’une note pittoresque et créent une atmosphère dotée d’une réelle force d’évocation.
Les façades sont traitées avec sobriété, la plupart des ouvertures y sont disposées selon un rythme régulier dans une composition équilibrée, leur teinte rouge apportant une note gaie à l’ensemble. L’accent est mis sur les façades abritant les points forts du collège comme l’entrée entièrement vitrée faisant du hall un espace lumineux, ou le CDI avec ses panneaux vitrés au rythme resserré, le principe étant de privilégier les apports de lumière naturelle, la transparence et les vues.
Les menuiseries sont disposées au nu* extérieur des façades, dans la continuité du revêtement en pin. Ce choix est à la fois esthétique et technique : il permet de faire l’économie des encadrements* et tableaux* de fenêtres, en simplifiant la mise en œuvre de l’isolation et de l’étanchéité des façades. Il dessine en outre une façade lisse, sans les multiples renfoncements des ouvertures.

La conception architecturale renforce le sentiment de communauté scolaire, avec ses toits, ses patios, sa volumétrie proche de celles de maisons groupées, d’échelle familière, tandis que l’entrée du collège avec son traitement plus monumental signale son statut d’équipement public.

La situation des logements de fonction sur la rue du Lieutenant-Thomas leur permet de s’inscrire par leur échelle et leur implantation à l’alignement sur rue dans la logique du tissu pavillonnaire et de petits immeubles des îlots riverains au sud du collège. Ils reprennent toutefois le langage architectural mis en œuvre pour l’ensemble du collège.


Patio, détail
Caue 93
 

Façade sur patio
Caue 93
 
isolation : ensemble des techniques et matériaux mis en oeuvre pour empêcher les déperditions calorifiques dans un bâtiment


Façade sur un patio
Caue 93
 
étanchéité : ensemble des techniques et matériaux mis en oeuvre pour empêcher l'infiltration de l'eau (pluie, ruisselement,etc) dans un bâtiment.


Patio, détail
Caue 93
 
nu : ce terme correspond à la surface d'un mur ou d'une paroi. Disposer un élément au nu d'une façade, c'est le placer dans le même alignement que celle-ci.


Façade sur cour
© d.kasten/college Politzer
 
encadrement, tableau de fenêtre : éléments et parties en retour assurant le raccordement entre une fenêtre (ou une ouverture) et la paroi extérieure du mur où elle s'inscrit.


Détail de façade
Caue 93
 
ORGANISATION DES ESPACES

L’entrée marquée par son grand débord de toit incliné se prolonge par le hall qui signale sa fonction d’accueil et son importance par une double hauteur. Autour du hall s’articulent les principales unités fonctionnelles du collège : l’administration, les locaux à vocation collective comme la salle polyvalente, et une partie des salles de classes, qui se développent autour des patios. Les espaces de la vie scolaire et à vocation collective se développent, quant à eux, autour de la cour de récréation et du préau.
Le parti pris de distribution des classes et des locaux est ici d’abandonner le traditionnel couloir rectiligne et plus ou moins sombre au profit de galeries éclairées au jour naturel qui s’agencent autour de patios. La plupart des locaux profitent de vues ou d’échappées sur jardins, cours, patios ou même à l’étage sur des terrasses plantées. La desserte des différents locaux du collège se veut aussi une promenade architecturale à travers des espaces diversifiés. Cependant la richesse des espaces proposés génère en contre-partie une complexité au détriment parfois de leur lisibilité.


Coupe
Caue d'après F. Gaussel - Gaussel
 

Entrée
Gaussel
 

Façade sud sur cour
© d.kasten/college Politzer
 
Au rez de chaussée

Les salles de classes sont réparties par pôles et disciplines, les salles de classes du rez-de-chaussée sont dédiées à l’enseignement des lettres et des langues, les salles de sciences, de mathématiques, et à l’informatique sont situées aux étages.


Plan du rez de chaussée
Caue d'après F. Gaussel - Gaussel
 

Le hall d'entrée, détail
Caue 93
 

Galeries de distribution
Caue 93
 
À l’étage

L’étage accueille les salles de sciences, d’informatique, les salles et ateliers de la Segpa ainsi que quelques salles d’enseignement général. Le logement du gardien est directement accessible depuis la loge au rez-de-chaussée.
La plupart des classes à l’étage donnent sur des terrasses plantées, poursuivant ainsi le principe mis en oeuvre au rez-de-chaussée d’imbrication des espaces et de la nature au sein même du collège.
Seules trois salles de technologie constituent le deuxième étage, qui représente plus un signal ponctuel qu’un étage à part entière.


Plan du 1er étage
Caue d'après F. Gaussel - Gaussel
 

Plan du 2e étage
Caue d'après F. Gaussel - Gaussel
 

Une salle de classe
Caue 93
 

Terrasse plantée d'origine
Gaussel
 
ESPACES INTÉRIEURS

Chaque lieu est identifiable par sa forme, son échelle, son ambiance et sa lumière propres.
Le CDI et les salles de classes offrent pour la plupart des volumes intérieurs peu traditionnels, abrités sous les grands pans obliques des toitures.
Les circulations, souvent traitées comme des promenades ou des parcours, bénéficient du jour naturel et offrent des vues diversifiées. La présence des patios qualifie les espaces d’une ambiance calme.
Les espaces de distribution généreux et variés génèrent cependant quelques conflits d’usage, leur conception les rendant, pour certains, difficiles à surveiller.


Le CDI
Caue 93
 

Dedans-dehors
Caue 93
 

Galeries de distribution
Caue 93
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

Le nombre de matériaux mis en oeuvre est limité, avant tout le bois, sous différentes formes, la brique et un matériau de type ardoise. Ce choix a été effectué en raison d’une part de la connotation chaleureuse de ces matériaux, de leur mélange heureux avec l’élément végétal et d’autre part en raison de leur durabilité.
Ainsi la charpente du toit et une partie des structures porteuses, constituées de portiques, sont en bois lamellé-collé*, tandis que les autres éléments de la structure sont des murs de refends* porteurs en béton. Le cloisonnement intérieur et une partie des murs ont été élevés en brique. Les parois extérieures ont un parement* en lames de pin sur une ossature bois et les menuiseries extérieures sont en bois teinté en rouge. L’emploi d’un nombre limité de matériaux et couleurs permet en outre d’assurer la cohérence et l’homogénéité d’une architecture à la volumétrie fragmentée et caractérisée par l’imbrication complexe des espaces.


Galeries, détail de structure
Caue 93
le bois dans l'architecture : le bois est un matériau naturel et biodégradable, mais aussi durable comme le prouvent les structures en bois, retrouvées dans des tombeaux de l’ancienne Égypte. Économique, écologique, résistant et esthétique, le bois dispose de nombreux atouts pour s’inscrire dans une construction résolument tournée vers l’avenir, respectueuse du développement durable. Il a trouvé tout naturellement sa place en Seine-Saint-Denis, territoire d’expérimentations architecturales et urbanistiques, avec des réalisations utilisant le bois en structure, ou en revêtement. Il s’adapte facilement à différents types de programmes, comme des équipements scolaires, culturels, de loisirs ou sportifs, et même pour des bâtiments d’activité, des parkings.

architectures de bois en Seine-Saint-Denis : exemples d'architecture en bois en Seine-St-Denis: Collège Sémard, Bobigny et cité Sémard Blanc-Mesnil, I. Buczkowska, architecte Écoles maternelles A. France (S. Brout architect)e et La Venelle (G. Le Penhuel, architecte) Epinay-sur-Seine Résidence Jeanne Hornet Bagnolet, J. Harari architecte 4 maisons groupées aux Lilas, Euvremer, architectes Cirque Zingaro, Aubervilliers, et Académie Fratellini, St-Denis, Bouchain architecte

 
lamellé-collé : poutre en bois ou élément de charpente réalisée par contre-collage de lames de bois. Cette technique permet de fabriquer des éléments porteurs extrêmement légers et résistants, indéformables et de grande portée.


Détail de façade est
Caue 93
 
refend : mur porteur dans un bâtiment, en général perpendiculaire à la façade.


Détail descente d'eau puviale
Caue 93
 
parement : face apparente d'un élément de construction lui donnant son aspect de finition


 
L'ARCHITECTE DU COLLÈGE

Francis Gaussel

Auteur de nombreux logements essentiellement situé en première couronne parisienne - Ivry-sur-Seine, Saint-Denis (Îlot Basilique), Chaville - il a aussi construit dans le Nord à Villeneuve d’Ascq et la Somme à Amiens.
Il est également l’auteur de l’extension restructuration du collège Henri-Barbusse à Saint-Denis, réalisation de l’architecte André Lurçat

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Georges Politzer
1903-1942

Né en Hongrie Georges Politzer se passionne très tôt pour la langue et la littérature françaises. Il quitte son pays, s’installe à Paris en 1921 et obtient son agrégation de philosophie en 1926. Figure emblématique de l’intellectuel engagé, défendant la « dignité de l’esprit » il anime la résistance universitaire et intellectuelle à partir de 1940. Arrêté et remis aux Allemands, il est fusillé par ces derniers le 23 mai 1942 au Mont Valérien. Sa femme, Maï Politzer, internée à Romainville fut déportée à Auschwitz dont elle ne revint pas.

 

 

1-3 sur 38 images


page 1 sur 13
 
page 1 sur 13
 
 
Accueil

Outils Plan du site Contacts / Crédits / Mentions légales
 
cadre bas