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COLLÈGE NELSON MANDELA


11 allée des Droits-de-l'Homme LE BLANC-MESNIL
livraison 1994


programme : collège 600
code site IA : 0930611J
autre(s) collège(s) au Blanc-Mesnil : 5e collège en construction, Aimé & Eugénie Cotton, Marcel Cachin, Descartes



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architecte mandataire : Pierre Lombard
Architecte associée : Agnès Bertholon
Bureau d'études techniques : Pariente
Entreprise générale : SAEP
Bureau de contrôle : AINF


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 11 158 m2
surface hors-oeuvre nette : 6 481 m2
surface utile : 5 117 m2
surface du terrain : 9 948 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 18
salles de sciences : 3
salles de technologie : 3
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 259 m2
salle d'EPS : 254 m2
salle polyvalente : 109 m2
demi-pension : 464 m2
cour : 630 m2
plateau EPS : 2 211 m2
logements de fonction : 6

Coûts : non connus

Le collège Nelson Mandela affiche une architecture qui joue sur le contraste entre une expression épurée au nord avec une façade lisse et plus démonstrative au sud avec une volumétrie fragmentée, des toitures arrondies formant de larges auvents, tout à la fois préaux et protection solaires. Également dans l’intention de créer un contraste dans la volumétrie générale du projet, les salles d’enseignement artistique et la salle polyvalente déclinent en la citant la silhouette du château d’eau tout proche.


façade sud, à la livraison
© Pierre Lombard
 

vue d'ensemble au nord
© Caue 93
 

LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

Au nord de la commune, le collège se situe à la limite d’un quartier de logements collectifs et d’une étendue pavillonnaire, dans un secteur par ailleurs bien doté en équipements scolaires et sportifs, et en espaces verts, puisqu’il jouxte le parc Jacques Duclos, vaste espace paysager de 24 hectares. L’établissement se trouve ainsi au coeur d’une zone où s’articulent, autour du parc urbain, à l’ouest, des ensembles de logements (cités Bournonville, Tillleuls...), à l’est, la Ferme Notre-Dame, les serres municipales, la zone artisanale du Coudray ; au sud-est la cité Notre-Dame puis, au-delà, des équipements publics autour du Forum culturel. Enfin au nord, au-delà de l’avenue Descartes, s’étendent la zone d’activités Garonor, le centre d’affaires Paris-Nord et le cimetière.
L’accès principal du collège se situe sur l’allée des Droits de l’Homme, une allée d’accès au parc. La desserte des logements de fonction, du parking du personnel et de l’accès de service s’effectue par l’avenue Suzanne-Bouquin


Photo aérienne
SPC - © CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 

vue depuis le parc au nord
© Caue 93
 

allée des Droits de l'homme
© Caue 93
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Les données du site en particulier la vaste étendue du parc qui permet au collège de bénéficier à la fois d’une présence végétale de grande qualité et d’une ouverture dégagée au Nord et la présence du château d’eau ont été des éléments déterminants du parti architectural..

Un grand et long volume couvert d’une grande toiture courbe en bac acier*, forme l’épine dorsale du projet sur lequel s’articule une volumétrie plus libre et fragmentée couverte par des toitures en sheds*: le parti adopté par les architectes est également un jeu sur les contrastes entre les deux faces du projet. D’un côté se développe au nord une grande « barre » lisse de 3 étages qui joue sur la transparence et une certaine verticalité ; de l’autre, des volumes travaillés au sud plus opaques, traités en béton et métal. Les toitures courbes viennent également adoucir la rectitude de la « barre ».
Au nord, « côté parc » la grande façade est simple comme celles des bureaux qui lui font face, et joue sur la matière lisse, transparente, parfois translucide du verre ainsi que sur les apports de couleurs des murs de classes que l’on voit par transparence. Au sud, par contraste, la façade est animée par une volumétrie découpée, fragmentée, plus ludique et exubérante. Elle est aussi plus opaque avec des matières à textures (béton, bardage, etc.). La structure est également mise en valeur comme élément plastique (poteaux, grands tirants* métalliques, large toiture courbe) et soutient notamment la toiture conçue comme élément autonome, tel un grand parapluie. Le langage architectural résolument moderne revêt une connotation « high-tech* » dans l’utilisation de matériaux « industriels » comme le verre, le métal, le béton brut ou peint.

Ainsi le projet propose t-il des jeux d’échelle qui permettent aussi d’inscrire le bâtiment dans son site et de lui conférer la visibilité indispensable à tout équipement public. L’ensemble du projet est cependant assez compact, et l’implantation des bâtiments permet de faire de la cour de récréation un lieu calme et ensoleillé profitant de l’ambiance végétale du parc tout en ménageant au nord suffisamment d’espace au sol pour les installations sportives.

Le grand volume est dédié et adapté à l’enseignement proprement dit sur 4 niveaux (rez-de-chaussée et trois étages). Un hall-forum, coeur de l’établissement, relie cette aile d’enseignement aux espaces inscrits dans les volumes fragmentés qui accueillent les autres fonctions du collège. Parmi eux, deux grands volumes cylindriques, évoquent et reprennent la volumétrie du château d’eau, une figure familière, quasi emblématique du Blanc-Mesnil où la mémoire de l’eau est très présente puisqu’une nappe phréatique - à plus de 100 m de profondeur - permet d’alimenter la commune en eau potable depuis les années 20. C’est en effet à cette époque que furent réalisées les premières constructions de captage et la construction du premier château d’eau date de 1928. On retrouve aussi cette figure familière place de la Libération sur l’esplanade précédant l’équipement du Forum Culturel.
Le bâtiment dédié aux logements de fonction, adopte un traitement architectural similaire mais décliné à une autre échelle. Chaque logement dispose d’un grand balcon.
À l’intérieur, l’aile enseignement accueillant les salles de classes est traitée simplement et sobrement par un mur régulièrement percé d’ouvertures identiques. De couleur noire et en béton côté hall d’accueil, il délimite les espaces dévolus à l’enseignement et ceux dédiés à la détente et à la circulation. Dans le grand hall-forum qui s’élève sur toute la hauteur du bâtiment s’agencent librement escaliers et passerelles qui deviennent des éléments d’architecture et d’animation de cet espace, comme d’ailleurs les volumes arrondis des « cylindres » abritant salle polyvalente et salles d’arts.
L’architecture propose ainsi des séquences différenciées permettant de faire du collège un lieu de vie aux ambiances riches et diversifiées, un lieu qui participe d’une pédagogie des espaces et de l’architecture pour les enfants qui la pratiquent au quotidien.


plan masse
© CG 93

façade sud, détail
© Pierre Lombard
 

vue panoramique au sud
© Caue 93
 

façade sud, à la livraison
© Pierre Lombard
 

vue perspective
© Pierre Lombard
 
bac-acier : panneaux de tôle d'acier rigidifié par des plis ou des nervures utilisés pour les couvertures de bâtiments


auvent-préau
© Caue 93
 
sheds : terme anglais pour nommer le toitures à redents successifs parallèles avec un côté à forte pente et l'autre à faible pente surtout utilisé en toiture des bâtiments industriels , les faces à pente raide étant généralement vitrées pour permettre d'introduire la lumière zénithalement dans les locaux.


croquis d'étude
© Pierre Lombard
 
tirants : terme générique pour nommer une pièce qui travaille en traction c'est à dire qui retient les éléments solidaires à ses deux extrémités (souvent en acier, fer ou câble).


façade est détail
© Caue 93
 
high-tech : terme anglo-saxon pour désigner une architecture dont la réalisation fait appel à la technologie avancée (souvent en métal).


les logements de fonction
© Caue 93
 
ORGANISATION DES ESPACES

Passé l’entrée, abritée par un auvent, le « hall-forum » distribue l’ensemble des espaces du collège. Cet espace large et lumineux se déploie sur un double niveau dans une première partie, un triple niveau pour la partie enseignement.
Le bâtiment dédié aux salles de cours est orienté nord-sud, permettant ainsi de maîtriser les contraintes d’ensoleillement nécessaire à tout bâtiment d’enseignement et de faire profiter les salles de classes des vues sur le parc. En effet, celles-ci sont distribuées d’un seul côté et orientées au nord à tous les étages sauf au dernier où l’orientation est double.

 

le hall-forum
© Pierre Lombard
 
Le rez-de-chaussée

Le rez-de-chaussée reçoit les fonctions d’encadrement, accueil, administration, vie scolaire et l’ensemble des locaux à vocation collective, demi-pension, salle polyvalente, salle d’EPS, CDI…et la salle d’arts plastiques dans un des deux cylindres. Les espaces sont à la fois séparés par pôles et articulés par des patios* (CDI/administration, CDI/demi-pension). Ces patios apportent de surcroît un supplément de lumière au coeur des espaces du collège et dans les parties les plus éloignées des façades du fait de l’épaisseur du bâtiment.


plan du rez-de-chaussée
© CG 93
 

coupe sur l'aile enseignement
© Pierre Lombard
 
patio : à l'origine le patio ou atrium qualifie la cour centrale d'une maison dans l'antiquité. Mais on retrouve aussi cette forme architecturale dans différentes cultures et tout au long de l'histoire, utilisée dans différents types d'édifices pour désigner une cour intérieure le plus souvent carrée ou rectangulaire et souvent bordée d'une galerie.


la salle de sport
© Pierre Lombard
 
Le premier étage

A ce niveau sont distribués par les galeries et passerelles animant le hall-forum, la salle d’arts plastiques, les salles d’enseignement technologique et d’informatique, orientées au nord. Les locaux des professeurs bénéficient d’une terrasse à l’instar du logement de gardien légèrement à l’écart pour plus d’intimité.


plan du 1er étage
© CG 93
 

le hall-forum
 
Le 2ème étage

Cet étage regroupe les salles d’enseignement scientifique et deux salles d’enseignement général également exposées au nord.


plan du 2e étage
© CG 93
 

la cour
© Caue 93
 

façade nord, détail
© Caue 93
 
Le 3ème étage

À ce niveau, l’aile enseignement est entièrement dédiée à l’enseignement général, avec des salles de classes distribuées de part et d’autre d’un couloir central, les salles orientées au sud étant protégées du soleil par les avancées de la toiture.


plan du 3e étage
© CG 93
 

façade nord
© Caue 93
 
ESPACES ET USAGES

Le projet propose des espaces différenciés, créant ainsi des ambiances variées réunies sous le vaste « parapluie » de la toiture métallique.
Il témoigne également de la démarche didactique de l’architecte dans la conception de ses projets. Ainsi l’ensemble bâti, à l’extérieur comme à l’intérieur, adopte une géométrie franche et contrastée de cylindres, droites, obliques, angles vifs, courbes où les espaces aux formes souples et courbes ou circulaires, caractérisent les espaces liés à la détente ou à l’art, et la géométrie plus orthogonale les espaces dévolus à l’enseignement. À titre d’exemple, le grand mur noir rectiligne, régulièrement percé de petites fenêtres du bâtiment enseignement, avec sa géométrie et sa rigueur affichées, marque la limite entre les espaces de détente et les espaces d’enseignement. Ces espaces s’articulent cependant entre eux avec fluidité par un jeu d’escaliers et de passerelles savamment mis en scène distribuant classes et étages.
Le traitement des espaces intérieurs témoigne d’une maîtrise de la lumière naturelle et d’un souci de l’éclairage des locaux (des patios qui permettent d’éclairer les parties plus centrales du bâtiment). Le projet se caractérise également par une générosité des espaces de distribution, notamment du vaste hall qui conduit au forum central.


le hall-forum
© Pierre Lombard
 

le hall-forum et l'aile enseignement
© Pierre Lombard
 

la salle polyvalente
© Pierre Lombard
 

le hall-forum
© Pierre Lombard
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

Le traitement architectural résolument moderne articulé autour de la trilogie métal, verre, béton, est d’expression «high-tech*»: les matériaux sont utilisés dans leur connotation « industrielle » comme le bardage* métallique, l’acier, le béton brut ou teinté parfois même dans des tons audacieux (noir). Le « high-tech* » est caractéristique d’un courant d’architecture apparu vers la fin des années 70, issu de nouveaux procédés constructifs et technologiques dus à l’innovation des ingénieurs et dont un bâtiment des plus pionniers et marquant est le centre Pompidou à Paris (1977).
L’usage de matériaux bruts est aussi une référence explicite aux bâtiments industriels comme ici le bardage métallique pour l’allège du 3e étage et pour les logements, le bac-acier* pour les auvents, sheds*, couvertures métalliques retenus par de grands tirants* métalliques.
La structure est en béton avec une finition lasurée* teintée ou non : naturelle pour un des cylindres, jaune pour le second, noire pour le grand mur intérieur de l’aile enseignement, bleue pour les poteaux de structure. Outre ces éléments, à l’intérieur, l’usage de la couleur se fait par touches, notamment pour les cloisons des classes séparatives des couloirs, peints en couleurs « primaires », qui donne à la façade nord sa couleur par transparence derrière le verre.
Celle-ci est une façade rideau* classique. De fines parcloses* délimitent des éléments modulaires vitrés en longueur, les modules transparents alternant avec des modules opaques blancs. Les parties ouvrantes comptent un module plus petit


vue nocturne
© Pierre Lombard
 

entrée et salle poyvalente détail
© Caue 93
 
bardage : revêtement d'un mur extérieur avec un matériau de couverture dans de nombreux cas le revêtement de façade permet d'interposer une lame d'air ou un isolant thermique entre lui et le mur ou la structure porteuse du bâtiment.

lasure : produit d'imprégnation et de revêtement s'appliquant sur les ouvrages en bois et béton notamment de teinte naturelle ou colorée et laissant voir la matière par transparence.

façade-rideau : la façade-rideau ou mur-rideau est une façade légère qui ne participe pas à la stabilité de l'édifice. Elle est en général constituée de matériaux tels que panneaux métalliques, verre, panneaux de bois, de fibres, etc.

parclose : profil en bois, métal ou plastique qui permet de maintenir un vitrage dans son châssis sans utiliser de mastic.


façade nord, détail
© Caue 93
 

 
L'ARCHITECTE DU COLLÈGE

Pierre Lombard

C’est encore étudiant que Pierre Lombard débute sa carrière, au sein de l’Atelier d’architecture d’Avoriaz (AAA) qui réunit autour de l’architecte J. Labro, J.-J. Orzoni et J.-M. Roques, également étudiants en architecture. Créé en 1964, l’AAA a pour mission l’étude de la future station de sports d’hiver d’Avoriaz puis la réalisation de ses premières constructions. En 1969 l’AAA devient le Collectif Architecture, lui-même dissous en 1978.
Après la création de sa propre agence en 1973, P. Lombard oriente son activité vers les équipements publics, en particulier les bâtiments scolaires. Il est ainsi l’auteur de nombreux lycées et collèges en Île-de-France ainsi qu’en Région (Normandie, Rhône-Alpes, Pays de Loire) qu’il a réalisés seul ou pour certains avec Agnès Bertholon. Il a aussi à son actif des programmes de logements, bâtiments d’activités et équipements sportifs. Il enseigne à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais depuis 2000.
Le collège a été inauguré le 13 mai 1995 en présence de l’ambassadrice d’Afrique du Sud.

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Nelson Mandela

Né en 1918, Nelson Rolihlahla Mandela est une personnalité majeure de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud dont il sera le premier président noir entre 1994 et 1999, à la suite des premières élections non raciales de ce pays.
En 1991, la fin de l’apartheid et l’établissement d’une démocratie non raciale en Afrique du Sud marque le terme d’une période sombre marquée par la politique ségrégationniste du parti national Afrikaner depuis 1948 et par le combat et la résistance menés par les victimes de cette oppression.
La lutte pacifique de l’African National Congress (ANC) qu’il avait intégré en 1944 ayant mené à une impasse, Mandela avait créé à l’intérieur du mouvement une branche armée en 1960 qui lui avait valu la condamnation à l’emprisonnement à perpétuité en 1962. En 1990 au bout de 27 ans, il est libéré, par le président de Klerk. Il dirige alors l’ANC de nouveau légalisée, oeuvrant alors à une Afrique du Sud unie et en particulier à la création d’un parlement élu sur une base non raciale. Mandela sera ensuite élu à la présidence au suffrage universel en 1994. Le prix Nobel de la paix lui fut décerné en 1993 en même temps qu’à de Klerk. Il est aujourd’hui engagé dans la lutte contre le SIDA.

 

 

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Bibliographie :
 
 
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