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COLLÈGE AUGUSTE DELAUNE

programme d'origine : groupe scolaire
programme actuel : collège 600
code site IA : 0931195U
autre(s) collège(s) à Bobigny : Jean-Pierre Timbaud, République, Pierre Sémard


CHRONOLOGIE

LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage (1962) : Ville de Bobigny
Architecte (1962) : Georges Auzolle
Entreprise (1962) : Verganti et fils
Maître d'ouvrage (2006) : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué (2006) : Sodedat 93
Architecte (2006) : Christine Rousselot
Bureau d'étude technique (2006) : BECSI EIC
Entreprise (2006) : Bouygues


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 10 282 m2
surface hors-oeuvre nette : 6 086 m2
surface hors-oeuvre nette de l'extension : 4 900 m2
surface du terrain : 5 954 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 20
salles de sciences : 3
salles de technologie : 3
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 200 m2
salle polyvalente : 140 m2
demi-pension : 220+230 m2 (restaurant + cuisine)
préau : 370 m2
cour : 1200 m2
logements de fonction : 5
places de stationnement : 1260 m2 enterré

Coûts

coût global de l'opération : 13,2 millions € (2005)


1962 construction

Maître d'ouvrage : Ville de Bobigny
Architecte : Georges Auzolle
Entreprise : Verganti et fils


Le groupe scolaire Delaune, initialement dénommé groupe scolaire du Chemin du Tonneau, est édifié en 1962 par l’architecte de la ville de Bobigny, Georges Auzolle qui le conçoit sur le même modèle que le groupe scolaire Paul-Langevin dont il est aussi l’auteur. Cette opération a été commandée en urgence pour répondre aux besoins des habitants récemment installés dans les nouveaux logements construits aux alentours. À l’origine, le programme comprend une école maternelle, une école de filles et une école de garçons.


Plan masse
Georges Auzolle - ayant droits G. Auzolle
 

1970 création et installation du collège


En vue de pallier le manque d’établissements secondaires dans le quartier, il est décidé en 1970 d’installer un collège (CES) dans les locaux de l’école des garçons, l’ensemble de la section élémentaire étant alors regroupée dans celle des filles. Avec la création du collège, 14 des 30 classes de l’école élémentaire lui sont ainsi affectées.
Cette disposition devait être provisoire, le projet étant à terme de créer sur un autre site un établissement qui aurait regroupé les élèves des collèges Delaune et Jean-Pierre Timbaud. Mais ce projet a finalement été abandonné au profit de deux établissements distincts. Le collège s’est donc maintenu dans ses locaux, complété par des bâtiments préfabriqués jusqu’à sa récente restructuration.

 

Emprise initiale du college
Caue 93 d'après G. Auzolle - ayant droits G. Auzolle
 

2006 restructuration-extension du collège

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architecte : Christine Rousselot
Bureau d'étude technique : BECSI EIC
Entreprise : Bouygues


Le programme prévoyait la démolition d’une grande partie des bâtiments, la restructuration d’un bâtiment conservé et une extension comprenant outre les locaux d’enseignement, ceux de la restauration, 5 logements de fonction et un parking de 50 places.
Les opérations se sont déroulées en plusieurs phases depuis la livraison d’un collège provisoire en septembre 2004, jusqu’au collège définitif en septembre 2006 pour le bâtiment d’enseignement, suivi de la restauration et des logements en novembre de la même année.

 
LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

Situation du collège, contexte urbain

Le collège s’inscrit dès l’origine dans un complexe scolaire assez vaste comportant une école primaire, une école maternelle et un gymnase. Cet ensemble est implanté dans un secteur pavillonnaire verdoyant de la commune, marqué par la présence d’équipements sportifs communaux importants comme le stade et le centre nautique.


vue aérienne
© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 

L'environnement
Caue 93
 
Desserte, accès

L’accès principal de l’établissement se situe rue de la Paix où un petit parvis est aménagé signalant l’entrée. La rue de la Paix dessert également le parking des personnels et professeurs. Les livraisons et l’entrée des logements s’effectuent par la rue Delaune.


Perspective, rue de la Paix
Marc Bringer

Façade rue de la Paix
Christine Rousselot
 

Articulation sur l'existant
Caue 93
 

Entrée du collège
Christine Rousselot
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Implantation sur le terrain

Un des enjeux importants du projet a été d’inscrire le collège dans le site, de redéfinir son image, tout en affichant son caractère d’équipement public.
Le parti d’aménagement mis en oeuvre est un ensemble de trois bâtiments implantés en « U », qui créent une continuité bâtie sur les rues de la Paix et Delaune, de part et d’autre du gymnase existant. Les constructions implantées sur les limites séparatives des écoles primaire et maternelle, s’organisent ainsi sur 3 côtés autour de la cour de récréation. Le quatrième côté est constitué d’une banquette végétale dont le bord offre une assise en béton au dessin soigné.


Plan de situation
Christine Rousselot

Vue générale
Christine Rousselot
 

Demi-pension et logements
Caue 93
 

La cour
Caue 93
 

Limite avec l'école maternelle
Caue 93 - Christine Rousselot
 
Composition architecturale

L’ensemble bâti développe autour de la cour de récréation un bâtiment d’enseignement en « L » articulant deux ailes de trois niveaux et un bâtiment isolé d’un seul niveau abritant la demi-pension elle-même attenante aux logements de fonction donnant sur la rue Delaune.
Le bâtiment d’enseignement comporte deux ailes orthogonales, l’une sur la rue de la Paix et restructurée, l’autre entièrement nouvelle, en retour sur la cour. L’architecte a conservé le bâtiment des classes de l’ancien collège, une longue « barre » parallèle à la rue de la Paix, pour la remodeler et la doubler côté rue de la Paix d’une extension au plan en « peigne ». Le plan en peigne permet d’accompagner le long bâtiment d’un premier plan de volumes plus petits et plus bas pour mieux respecter l’échelle du bâti pavillonnaire environnant.
Le parti astucieux d’adosser l’extension sur l’ancienne façade de la rue de la Paix a par ailleurs permis de transformer celle-ci en paroi d’une rue intérieure éclairée par un jour zénithal sur toute la longueur du bâtiment. A cet effet, l’ancienne façade a été dénudée et les anciennes menuiseries remplacées par des protections en forme de claustras* en bois laissant passer la lumière.
Si le parti architectural et la volumétrie simple de l’ensemble du projet adoptent un langage moderne (volumes affirmés aux angles vifs, lignes horizontales franches, toits terrasses), l’expression architecturale n’est pas dénuée d’accents aux références brutalistes*. En témoignent les lignes horizontales contrecarrées par les volumes cubiques fragmentés des salles d’art de l’aile neuve, des salles de technologie, et des logements, l’oblique en incise à l’entrée, les matériaux bruts (bois des claustras, acier, béton), les grands à plats de béton en façade affirmant la matière brute avec insistance.
Cependant, la volumétrie ainsi découpée confère à l’ensemble une échelle adaptée au tissu pavillonnaire environnant, tout en permettant au bâtiment de jouer son rôle de bâtiment public identifiable comme tel dans son quartier.
Dans une logique fonctionnaliste où la forme doit résulter de la fonction, le traitement architectural des bâtiments est l’expression à l’extérieur, de la simplicité du parti de fonctionnement et d’aménagement des volumes à l’intérieur du collège, et, en particulier, des circulations et liaisons fluides entre ses différents espaces.
Une attention particulière a été portée au traitement des espaces extérieurs.


Façade cour, détail
A. Lejarre/CG 93

Façade cour et CDI
A. Lejarre/CG 93
 

Les deux ailes l'ancienne et la nouvelle
A. Lejarre/CG 93
 

Aile neuve conservée
Caue 93
 
claustra : paroi, mur ou clôture ajouré réalisée en éléments de terre cuite, céramique ou béton.


Le hall et la rue intérieure
A. Lejarre/CG 93
 
brutalisme : ce mouvement né dans les années 50 dans la suite du Mouvement moderne prône la simplicité des formes et des volumes en architecture ainsi que la mise en évidence d'une vérité constructive par l'utilisation de matériaux bruts apparents comme la brique, le béton, le métal, en jouant sur leur confrontation et en mettant en avant leur assemblage. Le brutalisme affirme et exalte la présence de la matière dans sa vérité y compris ses imperfections.


Façade, détail
Caue 93
 
ORGANISATION DES ESPACES

Depuis le hall, accessible après l’entrée sous porche dans le prolongement du parvis, le principe de fonctionnement est clair et lisible. Il attribue le rez-de-chaussée aux fonctions générales, collectives et de direction (vie scolaire, administration, CDI, etc.), aisément accessibles depuis le hall et les étages aux salles de classes, regroupées par disciplines. Certains locaux ou salles sont par ailleurs ouverts sur des patios ou des terrasses (art, technologie, salle des professeurs)

Le bâtiment principal, le bâtiment d’enseignement en «L», se développe sur 3 niveaux. L’aile située le long de la rue de la Paix, véritable « épine dorsale » du projet, est affectée à l’enseignement général, à l’exception des salles de technologie du rez-de-chaussée. Celles-ci, avec leurs patios, constituent un « pôle » dédié à cette discipline. Dans cette aile, la disposition des classes s’effectue de part et d’autre d’un couloir central qui se développe dans les étages autour du vide du hall grâce au jeu des passerelles.
Sur cette aile s’articule perpendiculairement un bâtiment de 3 niveaux également, dédié à l’enseignement spécialisé aux étages et au CDI au rez-de-chaussée. À la différence du principe de distribution adopté dans l’aile principale, le couloir éclairé naturellement en façade distribue une seule rangée de classes.
Côté rue Delaune, un ensemble bâti de trois niveaux abritant les logements s’implante en retrait de la rue. Adossés à celui-ci, les locaux de la restauration viennent refermer la cour, bordés par une galerie couverte formant préau et offrant une liaison à couvert avec les autres bâtiments du collège. La cour de récréation est au centre de la composition, et au coeur de l’îlot. L’aménagement proposé en permet une utilisation diversifiée : traitée en enrobé simple au centre, en enrobé gravillonné en périphérie pour différencier la partie sous la galerie
Les logements, en duplex*, sont accolés en bande le long de la rue Delaune. Leur volumétrie découpée permet d’attribuer à chaque logement sa propre terrasse et en fait un ensemble à l’échelle du quartier pavillonnaire.


Plan du rez-de-chaussée
Christine Rousselot

Coupe sur l'aile restructurée
Christine Rousselot

Coupe sur l'aile restructurée
Christine Rousselot
 

Plan du 1er étage
Christine Rousselot
 

Plan du 2e étage
Christine Rousselot
 

Préau
Caue 93
 
duplex : appartement sur deux étages reliés par un escalier intérieur


Patio
A. Lejarre/CG 93
 
espaces intérieurs

Une attention particulière a été portée au traitement des volumes intérieurs et à l’éclairage naturel de la plupart des locaux, classes, CDI, demi-pension, circulations, grâce à des dispositifs d’éclairage diversifiés (zénithal, en façade, etc.).
Ayant mis à profit la conservation de l’ancienne aile, grâce au doublement de celle-ci, l’architecte a ainsi choisi d’interposer l’espace généreux et lumineux d’une « rue intérieure » entre l’aile ancienne et son extension. Ce parti pris astucieux a permis de créer un espace de distribution animé par les effets contrastés des jeux de hauteur et de lumière naturelle grâce à un jour zénithal sur toute la longueur du bâtiment.
La demi-pension est un espace clair grâce à sa façade largement vitrée et à son toit-terrasse perforé de lanterneaux rond. Tout en étant ouverte sur la cour, elle en est protégée par un espace planté.
Grâce à la création de petits espaces conçus sur le principe de patios, l’architecte parvient tantôt à préserver l’intimité de locaux comme la salle des professeurs, l’administration, légèrement en retrait et donnant sur un espace planté qui la protège de la cour, soit à offrir des points de vues diversifiés sur des jardinets (salles de technologie, demi-pension) ou même sur l’environnement du quartier (terrasses de l’enseignement artistique).


Le hall
A. Lejarre/CG 93
 

Le restaurant
Christine Rousselot
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

À l’extérieur, les façades « pleines » sont réalisées tantôt en béton coulé en place, tantôt en maçonnerie de briques beiges. Le béton initialement laissé brut de décoffrage a reçu une finition en peinture.
Les façades sud et ouest sont équipées de brise-soleil en bois.
L’ensemble des toitures neuves du collège est réalisé tantôt en toiture terrasse protégée par étanchéité multicouche et finition gravillonnée tantôt en couverture bardage acier présentant l’aspect du zinc prépatiné.
Les éléments vitrés des façades sont réalisés à partir de profils en aluminium laqué.


Façade cour
A. Lejarre/CG 93
 

Façade sud, détail
Christine Rousselot
 

Circulation, détail
Christine Rousselot
 

 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

Christine Rousselot

Christine Rousselot développe son activité d’architecte essentiellement en Île-de-France dans le domaine de l’architecture publique, plus particulièrement les équipements liés à l’éducation et au logement. Elle est l’auteur d’un nombre important de constructions scolaires, crèches écoles maternelles et lycées, à Paris ainsi qu’en région parisienne, dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis.

En Seine-Saint-Denis, outre la restructuration du collège Delaune, elle réalise la rénovation-restructuration du lycée Léo Lagrange à Bondy.

 
Georges Auzolle

Né en 1900 dans une famille d’architectes, il reçoit sa formation à l’École Eyrolles et dans l’agence de son père. Il devient architecte communal de Bobigny en 1933, puis de Gennevilliers en 1937 ainsi qu’architecte-conseil de la caisse régionale d’assurance maladie en 1947. Il réalise à la fois des équipements publics (marché couvert de Bondy, salle des fêtes, stade municipal et piscine à Gennevilliers…), des équipements scolaires (groupes scolaires Paul Langevin et Auguste Delaune à Bobigny, groupe scolaire des Agnettes à Gennevilliers…) et des logements (2500 logements H.L.M à Gennevilliers). Pour la construction du groupe scolaire Auguste Delaune, il collabore avec sa fille Jacqueline Auzolle architecte diplômée en 1952.

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Auguste Delaune
1908-1943

Originaire de Seine-Maritime, Auguste Delaune, ouvrier soudeur, adhère aux Jeunesses communistes en 1924 dont il devient l’un des dirigeants. Sportif, il est nommé, en 1931, secrétaire de la Région parisienne de la Fédération sportive du travail (FST, puis FSGT) et, l’année suivante au secrétariat général et national et au Comité exécutif de l’Internationale rouge des sports.
Sous le Front populaire, il devient membre du Conseil supérieur des sports. Il est ensuite élu membre du Comité régional Paris-Nord du Parti communiste en 1937.
Pendant la Seconde guerre mondiale, fin 1940, il est arrêté. Interné dans plusieurs lieux de rétention, il parvient à s’évader fin 1941. Il entre alors dans la résistance communiste, dont il est un des responsables en Picardie, Normandie et Bretagne. Blessé par la police française en juillet 1943 au Mans, il est torturé et meurt en septembre. De nombreux équipements sportifs lui sont dédiés.

 

 
 
 
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