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COLLÈGE JEAN-PIERRE TIMBAUD


15 rue Jean-Pierre-Timbaud BOBIGNY
livraison - extension 1996-2005


programme : collège 500
code site IA : 0930900Y
autre(s) collège(s) à Bobigny : République, Auguste Delaune, Pierre Sémard



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodédat 93
Architectes : Lipa et Serge Goldstein
BET Fluides : CET Curtet
Economiste : J.-P.-Tohier
Entreprise : SICRA (société industrielle de constructions rapides)


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface du terrain : 9500 m2 (avant extension) 13000 m2 (après extension)

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 22
salles de sciences : 3
salles de technologie : 2
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
salles audiovisuelles : 90 m2
CDI et locaux associés : 200 m2
salle d'EPS : 300m2
salle polyvalente : 140 m2
foyer des élèves : 75 m2
logements de fonction : 5

Coûts

coût global de l'opération : 10,7 millions €


Ce collège remplace sur le même site un ancien collège métallique de 1968 devenu inadapté.

 
LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

Le collège Jean-Pierre Timbaud est implanté à l’est de la commune, dans un secteur de la ville marqué au sud et à l’est par de grandes voies de communication comme l’A 86, la RN 186, ainsi que par le canal de l’Ourcq. Il se situe également non loin du grand ensemble de l’Abreuvoir.
Enserré dans un tissu d’habitat pavillonnaire, il est au coeur d’un îlot formé par les rues Paul-Vaillant-Couturier, Jean-Pierre Timbaud, la rue de Leningrad et l’allée Gabrielle.


vue aérienne
© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 
desserte, accès

L’accès principal se situe rue J.-P.-Timbaud, il est marqué par un retrait de la clôture ménageant un parvis pour les élèves.
L’accès des logements de fonction et du stationnement du personnel donne sur l’allée Gabrielle, tandis que la cour de service est accessible par la rue de Leningrad.
Un espace de stationnement a été aménagé sur la rue Jean-Pierre Timbaud lors de l’extension du collège, réalisée en 2005.
Le logement de gardien présente une façade sur la rue Jean-Pierre-Timbaud reprenant l’échelle familière du tissu pavillonnaire de banlieue caractéristique de ce quartier.


Vue d'ensemble côté cour
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 

Façade rue J.-P. Timbaud, détail
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

implantation sur le terrain

Le bâtiment se cale sur les limites de la parcelle dans le respect des règles d’urbanisme dans la partie la plus étroite du coeur d’îlot. Cette disposition permet de libérer la partie la plus large du terrain pour organiser d’un seul tenant l’entrée, la cour et les terrains de sports permettant ainsi de mettre en oeuvre l’idée directrice du projet de créer un paysage. Dans cette optique, la pente naturelle du terrain depuis la rue J.-P.-Timbaud vers le coeur de l’îlot est également mise à profit. La dénivellation a ainsi été légèrement accentuée pour mettre en valeur la perspective en offrant une vue légèrement surplombante du paysage ainsi créé.
La clôture soignée rue J.-P.-Timbaud (barreaudage laqué noir sur muret revêtu de faïence noire) reprend l’alignement.


Façade sur la rue J.-P. Timbaud
Lipa & Serge Goldstein
 

Plan de masse
Lipa & Serge Goldstein
 
composition architecturale

A l’origine, lors du projet de construction du collège les contraintes du site - qui ne sont plus visibles aujourd’hui depuis la réalisation de l’extension - ont amené les architectes à résoudre un paradoxe. Comment en effet faire jouer au collège le rôle de signal attendu d’un équipement public avec une parcelle très peu ouverte sur la rue et dont la disposition enclavée dans le tissu pavillonnaire disait alors la visibilité potentielle de l’établissement dans son quartier ?
La réponse des architectes a dès lors été, non pas de proposer une vue frontale large sur le bâtiment, mais une perspective et, selon leurs propres termes, de « proposer un paysage plutôt qu’un bâtiment ». Ainsi, le principe retenu a été de rendre le collège perceptible au travers le rideau végétal d’un massif de bouleaux, comme un filtre entre la rue et la cour de l’établissement.

Aujourd’hui, les parcelles et leur bâti situés des deux côtés de l’entrée du collège ont été acquises et l’extension réalisée, augmentant le linéaire du terrain en façade sur la rue J.-P.-Timbaud et changeant ainsi la perception du collège. La nouvelle configuration a ainsi permis de part et d’autre de l’accès du collège, l’installation de l’extension, d’un côté, et la création d’un parking pour le personnel, de l’autre.

Peu visible depuis les grands axes, le collège ne joue pas véritablement un rôle de repère visuel dans le quartier. C’est par une architecture résolument forte qu’il signale son statut d’équipement public. Les architectes ont ainsi choisi le parti du contraste avec l’architecture environnante proposant un bâtiment insolite, en particulier avec ses trois volumes en inox élancés vers le ciel qui attirent le regard. L’affirmation d’une relation forte entre ses espaces intérieurs et ses espaces extérieurs constituant l’autre point fort du projet.

Un élément important de la composition d’ensemble est la rampe d’accès accompagnée d’un auvent. Largement dimensionnée, celle-ci sinue entre les bouleaux, décrivant par sa courbe un parcours. La rampe a non seulement un rôle fonctionnel (accès des personnes à mobilité réduite), mais aussi une fonction plastique car elle met en scène l’accès au collège, proposant un cheminement progressif, une transition entre la rue et l’établissement, évitant une rupture brusque entre l’extérieur et l’intérieur. Avec la rampe « promenade », on est déjà dans l’architecture, selon des principes esthétiques et fonctionnels proches de ceux mis en oeuvre par Le Corbusier* pour qui « l’extérieur est aussi un intérieur ».

Si l’architecture du collège est conçue, selon les architectes, à partir de l’idée d’un lieu « autant paysage qu’architecture », privilégiant une relation forte entre espaces intérieurs et extérieurs, par un travail des volumes et du plan, elle est aussi pensée pour enrichir l’expérience d’espaces utilisés quotidiennement par les collégiens.
Dans ce sens, le lyrisme de l’expression s’allie à la rigueur de la composition pour constituer un ensemble cohérent. Les bâtiments sont ainsi composés de jeux de lignes, de plans et de volumes inhabituels, aux formes affirmées (volume tronconique, parois vitrées inclinées, éléments de murs ou de structure biais ou obliques), et qui culminent avec les trois volumes en inox strié aux pointes élancées. Dans cette architecture où dominent les lignes droites et obliques, les seuls éléments en « rondeurs » sont la courbe de la rampe d’accès et « l’agora » en amphithéâtre, signalée par son volume tronconique, et par sa couleur (le vert).

Comme l’expliquent les architectes, « le rez-de-chaussée est conçu comme un socle sur lequel viennent se poser trois objets de formes insolites et étrangères à l’architecture environnante. Les volumes qui émergent du volume général se veulent de gros rochers. »
Les deux premiers objets contiennent, l’un le logement du gardien, l’autre une extension de l’aile d’enseignement général. Le troisième abrite l’enseignement général sur deux niveaux.
Les hauteurs plus importantes (deux étages) sont au coeur de la parcelle, tandis qu’en périphérie, là où les bâtiments se rapprochent des pavillons, ils ne dépassent pas un niveau pour mieux se relier à l’échelle du tissu environnant. Ainsi le bâtiment se démarque-t-il plus par le lyrisme et l’expressivité de son architecture que par son échelle qui opte pour la fragmentation des volumes et des hauteurs plus importantes au coeur du collège qu’en périphérie.
L’articulation avec l’extension se fait dans une parfaite continuité, même si le choix a été pour celle-ci une volumétrie plus épurée où prime la ligne droite. L’unité est apportée par les matériaux, et par les couleurs.


Le collège côté cour
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 

Le "paysage"
© André Lejarre/CG 93
 

Vue sur la façade côté cour
© André Lejarre/CG 93
 

Vue perspective sur l'entrée
© Lipa & Serge Goldstein
 

La rampe
© Caue 93
 

Vue sur le volume de l'agora
© André Lejarre/CG 93
 

Façade rue J.-P. Timbaud
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 
Le Corbusier : d'origine suisse, Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier, est un des architectes emblématiques du Mouvement Moderne, actif de 1917 à sa mort en 1965.

ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

La conception des espaces tant en volume qu’en plan permet de mettre en oeuvre l’interpénétration des espaces intérieurs et extérieurs voulue par les architectes. Le plan se développe autour de jardins et patios tandis que le jeux des volumes et la silhouette découpée des bâtiments composent avec le ciel.
Le bâtiment offre au sud sa façade principale sur laquelle s’appuie la cour de récréation dans le prolongement direct de l’entrée et du préau. A l’arrière les différents locaux du collège s’organisent autour de patios ou espaces extérieurs diversifiés dans leur traitement.

 

Salle de permanence et patio
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 
au rez-de-chaussée

Dans le « socle » et autour du hall se situent tous les lieux à vocation collective du collège : l’amphithéâtre, le CDI, le foyer des élèves, la restauration et les locaux de la vie scolaire et l’administration et même le préau, dans une subtile transition entre l’intérieur et l’extérieur. Le CDI est au coeur de l’établissement, visible dès l’entrée au collège, Il se signale par une verrière. Son sol décaissé de 0,50m a permis d’en augmenter le volume.
La demi-pension est ouverte à la fois sur la cour et le préau, avec un espace plus intime pour les enseignants, ouvert sur un patio.
Les espaces de la vie scolaire comme l’infirmerie sont légèrement à l’écart à proximité d’un patio.


Plan du rez-de-chaussée
Lipa & Serge Goldstein
 

Le hall, croquis
© Lipa & Serge Goldstein
 

Le CDI, croquis
© Lipa & Serge Goldstein
 

Le restaurant
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 
au premier étage

Cet étage est entièrement dévolu à l’enseignement général et artistique.


Plan du premier étage
Lipa & Serge Goldstein
 

Vue d'ensemble, croquis
© Lipa & Serge Goldstein
 
au deuxième étage

Ce niveau est entièrement affecté aux disciplines scientifiques. Y sont regroupées les salles de sciences, l’une bénéficiant d’une serre, les salles de technologie, la salle informatique, ainsi que trois salles banalisées.


Plan du deuxième étage
Lipa & Serge Goldstein
 

Façade rue J.-P. Timbaud
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 

Façade rue J.-P. Timbaud, vue frontale
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 
ESPACES ET USAGES

Une attention particulière a été apportée aux espaces de distribution du collège. Les circulations larges, le hall d’une hauteur de 4m, son prolongement par l’agora, les transparences sur le parvis et la cour, donnent de l’ampleur aux espaces.
La prise en compte de la lumière naturelle, en particulier zénithale, a été une préoccupation constante des architectes. Celle-ci se traduit par exemple dans le hall par un liseré de lumière dessinant son volume.
Les espaces intérieurs ont également été conçus pour entretenir une relation forte avec l’extérieur. Ainsi de nombreux locaux bénéficient d’un prolongement extérieur, simplement visuel ou encore accessible, comme le parvis dans la continuité du hall donnant sur un jardin sur lequel s’ouvre également le CDI ou encore les locaux des professeurs donnant sur un patio.
Aux étages, de grandes baies vitrées tant dans les classes que dans les circulations offrent une multiplicité de vues sur la cour et sur l’environnement plus lointain.
Le traitement des salles de cours (dessin des faux-plafonds intégrant l’éclairage, choix des couleurs, ouvertures…) témoigne de l’attention portée aux détails avec le souci, toutefois, d’une cohérence d’ensemble.


Hall de l'extension
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 

Le hall
© Caue 93
 

Circulation
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

Les matériaux et couleurs (pierre, inox, enduit clair, menuiseries métalliques noires…) participent pleinement à la réalisation du « paysage » et de l’ambiance voulus par les architectes, riches d’événements, de contrastes et d’expériences visuelles et tactiles. Une des idées directrices était également de trancher avec la banalité des matériaux environnants.
Ainsi des tôles d’inox parfaitement usinées ont été mises en oeuvre sur les formes futuristes des frontons en forme d’éclats ; les parois de verre aux lignes épurées en façade contrastent avec l’aspect plus brut des roches qui se nichent contre les volumes bâtis.
L’utilisation des matériaux et couleurs vient aussi conforter des notions comme la solidité pour l’assise du collège matérialisée par la pierre, le béton, la céramique, tandis que le verre et les éléments en inox dans les parties supérieures du bâtiment soulignent l’idée d’élévation et de légèreté.

La polychromie* que l’on retrouve à l’intérieur et à l’extérieur est établie à partir des noirs, gris, du blanc et du vert. Elle contribue à l’unité de l’ensemble. Dans l’extension, l’utilisation à l’intérieur de tons rouge-brun apporte une note chaleureuse.


Hall de l'extension
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 

Façade côté cour, vue frontale
© André Lejarre/CG 93
 

Sanitaires
Stephan Lucas - © S. Lucas/Goldstein
 
polychromie, polychrome : résultat de l'association d'une variété de couleurs


 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

Lipa et Serge Goldstein

Ce tandem d’architectes, frères dans le civil, ont installé leur agence à La Courneuve en 1982 et conçoivent leurs oeuvres à deux, dirigent à deux, suivent les chantiers à deux. Lauréats du concours PAN (Programme architecture nouvelle) en 1980, ils accèdent à leurs premières commandes, sur le thème du logement, à Reims, puis réalisent des programmes en Seine-Saint-Denis, en banlieue parisienne et en province.
Leur expérience, d’abord établie sur leur savoir-faire en matière de logements, s’est élargie depuis dans le domaine des équipements publics, notamment scolaires.
Élaborée dans le souci du contexte où elle prend place, et surtout de créer de véritables lieux de vie, leur architecture explore différentes directions depuis les réalisations épurées dans la veine du Mouvement moderne - jusqu’à celles d’inspiration plus expressionniste ou futuriste, revendiquant l’ornementation, comme à Reims l’immeuble de logements « Goldorak », sorte de machine chromée et ludique.

Logements en banlieue parisienne, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne
Réhabilitation de logements à La Courneuve, rue Joliot-Curie - 1991
Logements à La Courneuve, rue Saint-Just - 1993
Logements à La Courneuve, îlot rue Parmentier, rue St-Just, rue H.-de-Balzac, bd Pasteur, ZAC de l’Orme-Seul – 1996
Logements à Drancy, rue Sadi-Carnot, rue Raymond-Lefebvre, 1997
Logements à Saint-Ouen, 169 bd Victor-Hugo - 2001
Logements à Tremblay-en-France, Vert-Galant, 2001
Rénovation de la Cité Salvador-Allende à Villetaneuse réalisée par Adrien Fainsilber en 1974, 2005
Logements à Arcueil rue Raspail, 1999
Logements à Arcueil rue du Général de Gaulle, 2008

Équipements en banlieue parisienne, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne
Collège Jean-Pierre-Timbaud à Bobigny, 1995 et 2006
Conservatoire régional de musique, Aubervilliers-La Courneuve, 1989
Collège Jean-Moulin à Montreuil, rue Jean-Moulin, 2004
Groupe scolaire Jean-Louis Marquèze, Limeil-Brévannes, rue J.-M.-Prugnot, 2007

Réalisations en province
Logements, rue des Moulins, Reims,1993
Logements, Laon Blavier, Reims,1997
Logements, rue Jan Pallach, rue du Mt d’Arène, rue Ernest-Renan, Reims,1988
Médiathèque Croix-Rouge, Reims, 2003
Réhabilitation du théâtre de Saint-Lô, 2000
Pôle d’activités et de services, boulevard de la Paix, Amiens, 2002
Rénovation-extension de l’hôtel de ville de Trélazé, Angers, 2004
Médiathèque de Limay, 2007

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Jean-Pierre Timbaud
1904-1941

Ouvrier fondeur et syndicaliste, il est élu au poste de secrétaire du Syndicat des métallurgistes parisiens en 1931.
Militant communiste actif durant les années qui précèdent le Front populaire, il rejoint la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Arrêté en 1940, il est détenu au camp de Chateaubriant (Loire-Atlantique). En 1941, en représailles à l’exécution d’un officier allemand à Nantes, il est l’un des "27 martyrs de Chateaubriant" avec le jeune Guy Môquet et Charles Michels, désignés parmi une liste de détenus fournie par le secrétaire d’État à l’Intérieur du gouvernement de Vichy et qui seront fusillés par les allemands le 22 octobre 1941.

 

 
 
 
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