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COLLÈGE JEAN VILAR

programme d'origine : Collège 1200
programme actuel : Collège 700
code site CG93 : 24700030000 Jean-Vilar/24C
code site IA : 0931429Y
autre(s) collège(s) à La Courneuve : Georges Politzer, Raymond Poincaré


CHRONOLOGIE

LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage (1973) : Ministère de l'éducation nationale
Architecte (1973) : Jacques Kalisz
Entreprise (1973) : SNCI
Maître d'ouvrage (1998-2002) : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué (1998-2002) : Sodedat 93
Architectes (1998-2002) : Jacques et Serge Kalisz
Bureau d'étude technique (1998-2002) : Berim


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 10940 m2
surface hors-oeuvre nette : 6798 m2
surface utile : 5579 m2
surface du terrain : 18537 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 24
salles de sciences : 4
salles de technologie : 4
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 4
CDI et locaux associés : 150 m2
salle d'EPS : 124 m2
demi-pension : 280 m2
préau : 250 m2
cour : 2750 m2 dont préau
plateau EPS : 1400 m2
logements de fonction : 6

Coûts

coût global de l'opération : 7 177 750 € valeur 2000


1973 construction du collège 1200

Maître d'ouvrage : Ministère de l'éducation nationale
Architecte : Jacques Kalisz
Entreprise : SNCI


PROGRAMME DU COLLÈGE D’ORIGINE

Le programme d’origine était un collège d’une capacité d’accueil de 1200 élèves, organisé en 5 bâtiments séparés, chacun abritant une fonction définie, selon le principe fonctionnaliste* en vigueur à l’époque :
- Un bâtiment d’enseignement
- Un bâtiment regroupant l’administration, l’infirmerie et le CDI
- Un bâtiment demi-pension
- Un bâtiment logements de fonction
- Un pavillon de gardien

 
urbanisme fonctionnaliste, fonctionnalisme : principe d'organisation spatiale identifiant et séparant chaque fonction dans la ville (habiter, travailler...), par extension localisant les fonctions d'un collège (enseigner, se restaurer...) dans des bâtiments séparés .

SITUATION DU COLLÈGE, CONTEXTE URBAIN

Le collège se situe sur un terrain délimité par les rues de la Gare, Émile-Zola et Jollois. Il s’inscrit à l’origine dans un projet de ZAC* comportant un ensemble de logements, des bureaux, un ensemble sportif (gymnase Antonin Magne) et une école (groupe scolaire Charlie-Chaplin).
Au moment de sa construction, le collège s’intègre au quartier encore peu construit en affirmant son identité propre. Par sa conception, par sa géométrie et par le choix des matériaux de façades, il s’inscrit dans une relative indépendance vis-à-vis du cadre environnant.


L'environnement urbain
© Caue 93
 

Le collège d'origine, vue d'ensemble
© Kalisz
 
ZAC (zone d'aménagement concerté) : procédure d'urbanisme opérationnel qui associe l'État les collectivités locales, les organismes aménageurs et les propriétaires privés .


L'environnement urbain
© Kalisz
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Architecture et industrialisation

Construit en 1973, le collège Jean-Vilar présente les principales caractéristiques des établissements scolaires de cette époque : préfabrication, ici métallique et bâtiments séparés.

Les études de Kalisz pour ce collège comme de manière plus générale les recherches de l’AUA (Atelier d’urbanisme et d’architecture) pour les équipements scolaires poursuivent un double objectif : d’une part créer des espaces favorisant les nouvelles pédagogies d’alors ; d’autre part, utiliser au mieux les procédés industrialisés pour une architecture plus variée, différente des constructions scolaires industrialisées austères de cette période, souvent de simples parallélépipèdes.
La recherche de solutions techniques adaptées est donc à la base de cette architecture réalisée à partir de composants industrialisés du procédé GEEP Industries*.
Les éléments de construction, un peu à la manière d’un gros « meccano » sont des composants industrialisés, constitués de poteaux en acier disposés selon une « trame » carrée de 7m20 x 7m20, qui correspond aux dimensions d’une salle de classe standard.
Ces poteaux constituent l’ossature du bâtiment sur laquelle s’accrochent les grosses poutres métalliques qui soutiennent les planchers ainsi que les façades-rideaux*.

La mise en oeuvre de procédés industrialisés permettait en général l’exécution des bâtiments dans des délais très rapides : pour ce collège par exemple 8 mois sont prévus au dossier de marché.

 

Le collège d'origine, détail de structure
© Kalisz
 
GEEP Industries : procédé de construction métallique industrielle dite industrialisation légère, sorte de meccano, permettant la réalisation rapide des bâtiments en simplifiant la mise en oeuvre des matériaux et éléments de construction par leur montage sur le chantier.

Composition architecturale

Cette architecture faite d’éléments standardisés revendique une esthétique minimale et fonctionnelle. Elle exclut les éléments décoratifs si ce n’est l ‘expression à l’extérieur des bâtiments de la structure porteuse : l’animation en façade est créée par les poteaux et les contreventements*, des profilés en acier destinés à assurer la stabilité de l’ensemble et formant des triangles superposés.
Les façades sont des murs-rideaux*, pleins ou vitrés selon leur destination. Le projet est unifié par la couleur blanche de l’ensemble des panneaux de façades pleins des différents bâtiments. La fonction de chaque bâtiment est néanmoins identifiable, en plus de leur forme propre, par des bandeaux de couleur exprimés en façade au niveau des planchers d’étage.
La couverture des bâtiments est plate et en bacs-acier avec une étanchéité.


Le collège d'origine, structure et panneaux de façade, détail
© Kalisz
 
contreventement : ensemble des éléments permettant d'empêcher la déformation latérale d'une ossature.


Structure et panneaux de façade avant
© Kalisz
 
façade-rideau : la façade-rideau ou mur-rideau est une façade légère qui ne participe pas à la stabilité de l'édifice. Elle est en général constituée de matériaux tels que panneaux métalliques, verre, panneaux de bois, de fibres, etc.

Implantation des bâtiments sur le terrain

Les bâtiments du collège sont en retrait par rapport aux limites séparatives de sa parcelle. La fonctionnalité semble avoir été un critère privilégié dans le projet. En effet, l’implantation des bâtiments a été motivée au moment de la construction du collège par la zone de bruit généré à terme par l’autoroute alors en projet, dont le tracé passe au nord du terrain. Le parti adopté a alors été de placer les salles de classes ainsi que les logements de fonction au sud de la parcelle pour les protéger des nuisances sonores.

 

Plan masse d'origine
© Kalisz
 
ORGANISATION DES ESPACES

Les salles de classes sont regroupées dans un bâtiment d’enseignement à deux « branches » articulées sur le hall d’accueil. Le bâtiment comporte trois niveaux : un rez-de-chaussée et deux étages. Les classes sont desservies de part et d’autre d’un espace de distribution avec un bloc central abritant les sanitaires.
Le hall d’accueil spacieux est exprimé dans un volume indépendant. Il est relié aux trois niveaux de salles de cours par des escaliers et des passerelles métalliques conçus comme des éléments transparents et légers, ménageant un vide sur un triple niveau.
Le bâtiment regroupant l’administration, l’infirmerie et le CDI s’élève sur un rez-de-chaussée et un étage en retrait. Un hall central généreux distribue les différents locaux.

Le bâtiment de la demi-pension ne comporte qu’un rez-de-chaussée, le bâtiment des logements de fonction et le pavillon du gardien, un rez-de-chaussée et un étage.


Le collège d'origine, plan du rez-de-chaussée
© Kalisz

Le collège d'origine détail d'escalier
© Kalisz
 

Le collège d'origine, plan du premier étage
© Kalisz
 

Le collège d'origine, plan du deuxième étage
© Kalisz
 

Le collège d'origine, salle de classe
© Kalisz
 

Le collège d'origine, l'administration
© Kalisz
 

Le collège d'origine, détail du hall
© Kalisz
 
LE « 1% » ARTISTIQUE

Réalisé après l’achèvement du collège, en 1977, le bronze du sculpteur Jean Cardot est un hommage au grand homme de théâtre Jean Vilar qui a donné son nom au collège. La sculpture figure un rideau de théâtre derrière lequel on devine les silhouettes d’un homme et d’une femme s’apprêtant à entrer sur scène.


Sculpture de J. Cardot
© Kalisz
 

1998-2002 rénovation lourde

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architectes : Jacques et Serge Kalisz
Bureau d'étude technique : Berim


LA RÉNOVATION DU COLLÈGE

Le fait que le collège ait été une construction de meilleure qualité que la plupart de ses homologues de l’époque et que son architecture témoigne de techniques novatrices a permis d’envisager sa rénovation.
Il a ainsi été décidé de conserver la structure, le plan d’ensemble ou plan masse, et certains éléments majeurs comme les escaliers en acier.
Le collège a été totalement « déshabillé », « désamianté » et remis aux normes de sécurité. Les surfaces, l’affectation des bâtiments, sont restées identiques, tandis que l’organisation des espaces a été repensée et restructurée à l’intérieur des locaux.

 
LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

Le collège jouxte aujourd’hui le périmètre du Projet urbain de la Gare destiné à transformer ce secteur destructuré par la coupure de l’autoroute A 86, par la présence de friches et la cohabitation de constructions d’échelles et d’aspect hétérogènes.
Le projet bénéficie de l’installation des Archives du ministère des Affaires étrangères sur le site. Il est accompagné par l’aménagement de l’espace public et par la réalisation d’un programme dotant le quartier de logements, commerces, d’une résidence étudiante, et d’une résidence pour personnes âgées dépendantes. Ces réalisations, en apportant une cohérence jusqu’alors inexistante, vont permettre de faire de ce secteur, bien desservi par le RER et bien doté en équipements, un véritable quartier de vie.


Le projet urbain du quartier de la Gare
© Ville de la Courneuve
 

La couverture de l'A 86
© Kalisz
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Le parti pris de la rénovation semble avoir été de poursuivre l’idée du projet initial : mettre en oeuvre des matériaux résolument contemporains.
Elle vise aussi à donner un aspect plus actuel au collège, notamment par le choix des matériaux comme l’acier-inox et l’aluminium, évoquant l’architecture high-tech*.
Ainsi, sur le bâtiment d’enseignement, les panneaux de façades sont en acier-inox et les poteaux ont été carrossés par des profils arrondis également en inox.
Le dessin vif de la structure porteuse en acier est exprimé en noir et les panneaux de façade des autres bâtiments sont en aluminium.


Le collège renové, structure, poteaux et contreventements
© Kalisz

Le collège renové, structure et panneaux de façade
© Kalisz
 
high-tech : terme anglo-saxon pour désigner une architecture dont la réalisation fait appel à la technologie avancée (souvent en métal).


Le collège renové, structure, poteaux et contreventements
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 

Le collège renové, le bâtiment d'enseignement
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

Si les surfaces, l’affectation et le principe général de distribution des bâtiments n’ont pas été modifiés, espaces et locaux ont été réorganisés, en particulier les espaces de distribution (hall et couloirs) et la répartition des salles de cours dans le bâtiment d’enseignement.
Les couloirs rectilignes ont été remplacés par des espaces de distribution où domine la courbe. De nouveaux cloisonnements et des blocs sanitaires centraux de forme ovoïde ont été aménagés.

L’infirmerie a été déplacée, pour plus de confidentialité, à l’arrière du bâtiment de la demi-pension.
La loge a été démolie et reconstruite et un préau créé.


Le collège renové, plan du rez-de-chaussée
© Kalisz
 

Le collège renové, plan du premier étage
© Kalisz
 

Le collège renové, plan du deuxième étage
© Kalisz
 

La demi-pension aujourd'hui
© Caue 93
 
ESPACES INTÉRIEURS

Le traitement des espaces intérieurs épouse tout en l’adoucissant la rigueur de l’architecture à l’extérieur avec ses volumes aux lignes orthogonales et aux angles vifs et avec la couleur relativement uniforme, gris métal.
Le hall d’accueil du bâtiment d’enseignement, exprimé dans un volume spécifique, a été conservé avec ses escaliers métalliques et ses passerelles, mais le traitement des sols et des murs a été revu, avec les fresques murales évoquant le Petit Prince de Saint-Exupéry et avec un revêtement de sol aux motifs ludiques et aux couleurs vives.


Le collège renové, le hall, détail
© Kalisz
 

Espace de distribution
© Kalisz
 

Le collège renové, la fresque
© Kalisz
 

Le CDI
© Caue 93
 

 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

Jacques Kalisz
1926-2002

De 1963 à 1973, Jacques Kalisz est membre de l’AUA (Atelier d’urbanisme et d’architecture), véritable « pépinière » d’architectes qui réalisent des projets surtout en banlieue. Il poursuit ensuite sa carrière en solo, installant son agence à Aubervilliers dans une de ses réalisations. Il enseigne en même temps à l’Unité pédagogique d’architecture n°1 à Paris.
Une de ses réalisations majeures est le Centre administratif de Pantin, construit en 1972, actuel Centre national de la Danse, que l’adaptation respectueuse des architectes Antoinette Robain et Claire Gueysse ont remis en valeur. On peut considérer ce bâtiment avec sa mise en oeuvre spectaculaire du béton comme un des exemples de l’architecture « brutaliste ».

Un autre axe de recherche de Kalisz concerne les structures « proliférantes » en acier, dont le collège Jean-Vilar constitue un témoignage. En effet, l’ambition de Kalisz a été, tout en utilisant les techniques contemporaines, de parvenir à travers celles-ci à  exprimer « une certaine poésie de la rigueur architecturale ».
« L’acier en tant que tel, par sa texture, est l’un des matériaux symbolisant notre temps. Par ailleurs, les possibilités conceptuelles contemporaines trouvent en l’acier l’outil technique le plus apte à répondre à l’imaginaire contemporain. Par son emploi dans le domaine bâti, on peut retrouver toute la force symbolique des objets courants métalliques, la « ligne » de la voiture, de la moto, de l’avion : l’aérodynamique… Toutes ces formes qui préfigurent le futur. »
Soucieux du rôle social de l’architecture, il n’oublie pas non plus la dimension didactique « Je souhaiterais qu’on apprenne à l’école à « lire sa rue », que les gens apprennent à déchiffrer leur rue comme ils lisent un livre et qu’ils aient une imagination, un goût, une volonté, des exigences concernant la rue ! »

Réalisations en Seine-Saint-Denis :
Pantin, Groupe scolaire et collège « Les Allumettes », aujourd’hui Jean-Lolive, 1970
Pantin, Bibliothèque Elsa-Triolet, avec Jean Perrotet, 1972
Pantin, Centre administratif, 1969-72, projet de diplôme, actuel Centre national de la Danse
Aubervilliers, Centre nautique
Noisy-le-Grand, Champy, lycée Flora-Tristan
La Courneuve, collège Jean Vilar, 1973
Drancy, collège Jorissen, 1971

Réalisations en France :
Albertville, Patinoire olympique, 1968
Nanterre, École d’architecture de Paris La Défense, 1969
Trappes, CES « Plaine de Neauphle »
Choisy-le-Roi Bibliothèque
Saint-Quentin-en-Yveline, Centre administratif de la Ville Nouvelle
Aubervilliers, Saint-Omer, logements sociaux, avec Jean Perrotet

 
Jacques et Serge Kalisz

Serge et Jacques Kalisz :
Clermont-Ferrand, Stade Gabriel-Montpied, 1995

Serge Kalisz 
Collège Felix-Éboué, Petit Bourg, Guadeloupe (97)
Collège des Saintes, Terre-de-Bas, Guadeloupe (97)
Direction départementale des services techniques du Conseil général,
à Basse-Terre, Guadeloupe (97)
Logements à Vitry-sur-Seine (94)
Lycée professionnel privé, Jouy-le-Moûtier (95)

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Jean Vilar
1912-1971, Acteur et metteur en scène du TNP, créateur du Festival d’Avignon

Après des études de lettres et une formation d’acteur auprès de Charles Dullin, Jean Vilar se consacre entièrement à son métier de comédien. Il crée sa propre troupe en 1943 et interprète les grands rôles du répertoire classique.
En 1947, il crée le Festival d’Avignon avec « La tragédie du roi Richard II » dans la cour d’honneur du Palais des Papes. En 1951, il est nommé à la direction du Théâtre national de Chaillot où il créera pendant douze ans 80 spectacles qui accueilleront plus de 5 millions de spectateurs. Il fait du TNP (Théâtre national populaire) un lieu de création et d’innovation ambitieux qu’il revendique accessible et ouvert à un large public notamment grâce à un prix des places peu élevé. Son rêve étant en effet celui d’ « un théâtre pour le peuple, pour l’ouvrier des villes, aussi bien que pour celui des campagnes isolées », le TNP se déplaçait ainsi dans les banlieues et en province. Du TNP sont issus de grands acteurs comme Gérard Philipe, Jeanne Moreau, Daniel Sorano, Philippe Noiret, Georges Wilson.

 

 
 
 
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