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COLLÈGE JACQUES JORISSEN



48-68 rue des Martyrs de Chateaubriant DRANCY
livraison 1971


programme : collège 650 et Segpa 100
code site IA : 0931377S
autre(s) collège(s) à Drancy : Anatole France, Paul Langevin, Pierre Sémard, Paul Bert, Liberté



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : ministère de l’Education nationale
Architectes : Jacques Kalisz et Jean Perrottet
Entreprise : Coignet


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 13585 m2
surface hors-oeuvre nette : 8433 m2
surface utile : 6993 m2
surface du terrain : 10550 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 28
salles de sciences : 3
salles de technologie : 4
salles d'informatique : 2
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 256 m2
salle d'EPS : 370 m2
SEGPA : 570 m2
demi-pension : 388 m2
préau : 310 m2
cour : 3023 m2
logements de fonction : 7

Coûts : non connus

Le collège Jorissen est situé au sud-est de la commune de Drancy, dans le quartier du Village parisien, un secteur d’habitat individuel limitrophe de Bobigny. L’arrière du collège lui-même donne sur une voie en impasse, la rue Robespierre située sur la commune de Bobigny.

La parcelle qui se développe en profondeur est enchâssée dans le tissu urbain pavillonnaire environnant, rendant discrètes la présence et la lisibilité du collège dans le quartier, d’autant qu’il n’existe pas de véritable parvis ou d’aménagements spécifiques à l’entrée du collège. L’établissement se compose de trois unités : un bâtiment principal pour l’enseignement au cœur de la parcelle et un bâtiment plus petit parallèle à la rue des Martyrs de Chateaubriant pour la demi-pension et la SEGPA. Un troisième bâtiment accueille les logements à l’angle avec la rue de la Coopération
Afin de répondre aux besoins liés à l’augmentation importante des effectifs scolaires des années 60-70, le collège a été construit comme la plupart des établissements d’alors avec un procédé industrialisé* et selon les principes fonctionnels alors en vigueur : les différentes fonctions sont abritées dans des bâtiments séparés (enseignement, demi-pension, logements) et les structures et façades ont été réalisés en préfabrication lourde*. Soucieux cependant d’éviter la monotonie des collèges-types de cette période, les architectes ont voulu le distinguer des ses homologues en concevant à partir du système constructif industrialisé retenu, le procédé Coignet, un collège qui réponde à des objectifs qualitatifs architecturaux aussi bien que pédagogiques. Ainsi, à partir d’un plan masse très contraint par la configuration de la parcelle enclavée, un des enjeux a été pour les architectes de proposer – tout en utilisant un procédé industrialisé – une volumétrie singulière qui offre une lisibilité du collège comme équipement public dans le paysage urbain environnant. Ainsi le bâtiment enseignement avec ses trois étages sur rez-de-chaussée et d’orientation NE/SO a été composé selon un schéma pyramidal symétrique, dégageant à chaque niveau des terrasses qui prolongent les classes. Ces terrasses étaient à l’origine prévues pour permettre des activités extérieures à la belle saison. Mais en dépit du parti adopté, le bâtiment principal du collège reste peu visible dans le quartier du fait du fait de sa situation au cœur de la parcelle, les bâtiments sur rue étant quant à eux d’une échelle plus proche du pavillonnaire environnant.
Un autre enjeu a été le traitement des façades dont le principe d’animation réside dans le dessin des fenêtres et leur coloration ainsi que dans l’introduction d’un modèle de panneau différencié pour les garde-corps.
Au niveau de l’organisation fonctionnelle, le parti pris du plan a été de développer les classes autour d’un espace central de distribution accueillant les escaliers et couloirs. Cet espace central qui abrite le hall d’accueil au rez-de-chaussée a été conçu comme lieu de rencontre des élèves. Traité en gradins reliant le rez-de-chaussée et le premier étage, il est pénalisé par un manque de lumière naturelle.

 

bâtiment principal, vue d'ensemble
CAUE 93/AP - ©Kalisz/Perrottet
 

le collège dans le quartier
CAUE 93/AP - ©Kalisz/Perrottet
 

bâtiment principal, pignon
CAUE 93/AP - ©Kalisz/Perrottet
 

bâtiment principal, détail façade
CAUE 93/AP - ©Kalisz/Perrottet
 

 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

Jacques Kalisz (1926-2002) et Jean Perrottet

Les deux architectes furent membres de l’AUA (Atelier d’urbanisme et d’architecture, 1960-1986), Perrottet en est l’un des fondateurs. Cette structure pluridisciplinaire rassembla architectes, urbanistes, plasticiens, paysagistes, engagés dans la fonction sociale de l’architecture, et exerçant surtout en banlieue et enseignant en école d’architecture. En Seine-Saint-Denis Perrottet et Kalisz réalisèrent ensemble à Pantin, le groupe scolaire et collège des Allumettes (1970) et la Bibliothèque Elsa-Triolet (1972). A partir de 1973 Kalisz poursuivit sa carrière en solo, tandis que Perrottet associé à Fabre se spécialisa dans l’architecture du spectacle.
L’ambition de Kalisz fut, tout en utilisant les techniques les plus contemporaines, de parvenir à travers celles-ci à exprimer « une certaine poésie de la rigueur architecturale ». Une de ses réalisations majeures reste le Centre administratif de Pantin (1972) où la mise en oeuvre spectaculaire du béton en fait un témoignage exemplaire de l’architecture « brutaliste ». Réhabilité par Antoinette Robain et Claire Guieysse, c’est aujourd’hui le Centre national de la Danse. Il est également l’auteur d’un autre collège dans le département : le collège Jean Vilar à La Courneuve (1973) .
Perrottet et Fabre sont reconnus pour leurs restructurations de théâtres parisiens et de banlieue renommés. Ils ont construit la MC 93 à Bobigny

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Jacques Jorissen
1918-1942

Jacques Jorissen fut secrétaire des Jeunesses communistes de Drancy pendant la seconde guerre mondiale. Il fut aussi le premier résistant drancéen dénoncé et arrêté le 6 novembre 1940. Interné au camp de Choisel à Châteaubriant lors d’une désignation d’otages ayant refusé de parler, il est fusillé le 23 avril 1942 à l’âge de 23 ans, six mois après l’exécution des 27 Martyrs de Châteaubriant, parmi lesquels figuraient Guy Môquet, Jean-Pierre Timbaud, Charles Michel et Jules Auffret. Sans être une figure majeure de la résistance, il en fut un exemple pour son courage.

 

 
 
 
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