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COLLÈGE ÉVARISTE GALOIS



12 rue des Beatus EPINAY-SUR-SEINE
livraison 1982


programme : Collège 600
code site IA : 0931207G
autre(s) collège(s) à Epinay-sur-Seine : Roger Martin Du Gard, Robespierre, Jean Vigo



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 7243 m2
surface hors-oeuvre nette : 3917 m2
surface utile : 2922 m2
surface du terrain : 10795 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 16
salles de sciences : 3
salles de technologie : 2
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 263 m2
salle d'EPS : 994 m2
demi-pension : 356 m2
préau : 279 m2
logements de fonction : 3

Coûts : non connus

LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

À la charnière entre les quartiers pavillonnaire et résidentiel et le pôle d’équipements publics du centre ville, le collège Evariste Galois bénéficie de la présence du site naturel privilégié des bords de Seine. Il profite aussi de la proximité du parc des Béatus qui offre une liaison verte avec le centre ville. Le collège est desservi par la rue des Béatus. Quoique tous situés sur cette rue, les accès de l’établissement sont différenciés. L’entrée des élèves s’effectue par un parvis, une entrée de service permet l’accès des livraisons et du parking des personnels, les logements ont leur propre accès. Une des limites du terrain est bordée par un chemin d’accès aux bords de Seine.


Vue aérienne
SPC - © CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)

Les berges de Seine
Caue93/AP
 

Rue Guynemer
Caue93/AP
 

Rue Quetigny
Caue93/AP
 

Parc des Béatus
Caue93/AP
 

Parc des Béatus
Caue93/AP
 
LE PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Implantation sur le terrain

Le terrain du collège présente deux parties distinctes, une première en «plateforme» que prolonge une pente. La pente correspond en fait au coteau des bords de Seine et se poursuit au-delà des limites de l’établissement jusqu’au chemin de halage longeant le fleuve. Le bâtiment est implanté sur la partie supérieure et horizontale du terrain, tandis qu’une plateforme en contrebas, créée dans la pente, accueille le terrain d’EPS, absorbant ainsi la différence de niveau. Le reste du terrain est végétalisé avec soin et se lie visuellement avec la végétation environnante, pour créer un cadre naturel de qualité.


Plan de masse
Caue 93
 

Vue depuis la cour
Caue93/AP
 

la cour et le terrain de sport
Caue93/AP
 

Les berges de Seine
Caue93/AP
 
Composition architecturale

La fin des années 70 marque un tournant dans la conception des collèges et une rupture avec la conception des établissements de la « génération » précédente, celle des constructions industrialisées. La nouvelle génération de collèges va progressivement traduire un changement dans les orientations architecturales, visant à faire de chaque établissement un lieu singulier. Cette nouvelle approche sera pleinement développée avec les lois de Décentralisation.

Si le système de constructions industrialisées* agréées par l’Éducation nationale est encore, comme ici, en vigueur, la conception fonctionnaliste des bâtiments séparés par fonction est abandonnée au profit d’un seul bâtiment qui regroupe l’ensemble des locaux, à l’exception des logements de fonction.
Les architectes ont conçu un bâtiment étendu sur son terrain mais de faible hauteur, ne comportant qu’un étage pour ne pas barrer ni refermer le paysage vers les bords de Seine. Le parti adopté a été d’exprimer la structure du bâtiment établie à partir de la trame carrée « Éducation nationale » de 7,20 m*. Celle-ci se donne à lire tant dans la conception du plan (elle correspond aux dimensions d’une classe) que de la façade (les poteaux ronds de la structure porteuse sont apparents à rez-de-chaussée, la façade file devant à l’étage). La volumétrie du bâtiment, étirée au rez-de-chaussée, est constituée à l’étage de deux parallélépipèdes de plan carré, emboîtés et positionnés en diagonale selon un axe de symétrie qui règle les grands principes de la composition (mais s’en éloigne pour traiter la demi-pension). Ce parti architectural génère un développé de façade important, avec retraits, avancées et terrasses, dont l’une abrite le préau.
Le traitement des façades différencie le rez-de-chaussée et l’étage, le premier, plus léger, tranche avec le second plus massif. Au rez-de-chaussée, pour favoriser l’ouverture sur l’extérieur les façades sont réalisées en panneaux menuisés soit pleins et de ton clair, soit vitrés, qui se glissent derrière les poteaux de structure. En revanche, l’épaisseur des façades d’étage réalisées en panneaux de préfabrication lourde confèrent au bâtiment une certaine monumentalité qu’accentuent la finition des panneaux en béton gravillonné de ton foncé avec leurs allèges* pleines, les fenêtres bandeaux et acrotères*, identiques sur le pourtour du bâtiment.

Les logements de fonction se situent dans un pavillon d’écriture moderne. Ils s’inscrivent dans la continuité du tissu pavillonnaire existant sur la rue des Béatus et disposent de leur accès propre.


Vue d'ensemble
Caue93/AP

Panneaux de façade
Caue93/AP

Façade sud
Caue 93
 
procédé industrialisé, industrialisation : dès les années 60 la construction des établissements scolaires des premier et second degrés s'inscrit dans un contexte de forte poussée démographique qui contraint l’État, avec le Ministère de l’Éducation nationale d'entreprendre une politique de rationalisation de la construction: il faut construire vite, beaucoup et le plus économiquement possible. Un certain nombre d'entreprises du bâtiment s'engagent alors sur la voie de l’industrialisation et développent chacune leur propre procédé. Des bâtiments-types sont ainsi définis et agréés par le Ministère de l’Éducation nationale et réalisés dans le cadre des programmes de constructions scolaires industrialisées .


Façade cour, détail
Caue93/AP
 
trame "Education nationale" : une trame est un réseau constitué en plan de la répétition d'éléments de dimensions égales, formant une sorte de quadrillage, correspondant soit à un simple dessin au sol, soit comme ici aux points d'appui de la structure porteuse d'un bâtiment. La trame "Éducation nationale" de 7m20 remplace dans les années 70 la tramede 1m75, plus rigide, qui a prévalu dans les années 60. Elle correspond à de nouvelles conceptions de l'espace scolaire adaptées à l'évolution de la pédagogie. Cette trame à "large maille" avec un point d'appui seulement tous les 7m20, dégage des surfaces importantes entre poteaux et correspond à la surface d'une classe. Elle permet aussi un aménagement intérieur plus souple voire un remodelage des cloisons. La trame permet également de simplifier la construction et d'en réduire les délais et les coûts


Façade restauration détail
Caue93/AP
 
allège : élément construit situé entre le plancher et l'appui d'une fenêtre


Façade et structure, détail
Caue93/AP
 
acrotère : élément de façade situé au-dessus du niveau de la toiture en périphérie d'un bâtiment et formant des rebords ou des garde-corps pleins ou à claire-voie. La fonction de l'acrotère est non seulement esthétique mais technique car elle permet de traiter les relevés d'étanchéité d'une toiture en terrasse.

ORGANISATION INTÉRIEURE

Le parti général opte pour un système de distribution compact et une organisation rationnelle des locaux, de manière à éviter les longs couloirs et à faciliter les déplacements. La distribution s’organise de façon claire depuis le hall d’entrée qui comporte également les deux escaliers d’accès aux étages. Le rez-de-chaussée est réservé aux locaux à vocation collective, et à l’enseignement technologique et musical ; les autres enseignements sont regroupés à l’étage. L’entrée, le hall et le préau se situent en continuité et le hall traversant ménage des vues aussi bien vers le parvis que vers le préau et la cour de récréation

La conception du plan est élaborée à partir de la trame de 7,20m* qui est à la fois trame de l’ossature et module correspondant à l’espace d’une classe, ainsi libérée de tout point porteur. Elle est ainsi particulièrement lisible à l’étage qui regroupe l’ensemble des salles de classe. Les autres locaux sont des subdivisions de la trame pour les plus petits soit des multiples pour les plus grands (hall, CDI…) laissant apparaître les poteaux de la structure.

Au rez-de-chaussée, les locaux sont répartis symétriquement de part et d’autre du hall avec, à l’ouest, le CDI et la salle polyvalente, l’administration, les locaux des professeurs, le pôle médico-social et la salle de musique. À l’est se trouvent la demi-pension, le pôle technologie, la salle d’EPS, l’atelier et le logement du gardien. Les salles de musique et informatique sont également à rez-de-chaussée.
L’étage est entièrement dédié aux salles de classe, réparties dans les deux volumes imbriqués de plans carrés, conçus comme des multiples de la trame de 7,20 m. Chaque carré est constitué en plan d’un « noyau » central comportant les sanitaires, les distributions verticales (escaliers) et un local utilisé en classe ou archives, autour duquel se développe une circulation distribuant les salles de classes disposées le long des façades. Un des « carrés », accueille l’enseignement général et littéraire, l’autre, l’enseignement scientifique et les arts plastiques.

Le principe de distribution des espaces et le grand développé de façade généré par le parti architectural permettent un bon éclairage naturel des locaux.
Le CDI et la demi-pension illustrent l’attention nouvelle portée aux lieux de vie commune, à partir des années 80. Ils proposent des espaces aux volumes plus travaillés, sur deux niveaux largement ouverts sur les espaces extérieurs au sud.


Plan du rez-de-chaussée
Caue 93

Plan de l'étage
Caue 93
 

Le hall
Caue93/AP
 

La salle de restaurant
Caue93/AP
 

Le salle de restaurant
Caue 93/AP
 

Le CDI
J.-T.Maillioux
 

Le CDI
J.-T.Maillioux
 

Coupe transversale sur le hall
Caue 93
 
STRUCTURE, MATÉRIAUX, COULEURS

La technique de construction par préfabrication lourde* d’éléments en béton armé reprend les caractéristiques définies à l’époque du plan type agréé par la ministère de l’Éducation nationale en l’adaptant au projet.
L’ossature est constituée de poteaux et dalles en béton armé avec les poteaux disposés selon la trame de 7,20 m. Les façades ne sont pas porteuses, constituées d’allèges filantes en béton préfabriqué surmontées de fenêtres en bandes, filantes également. Cependant, dans le cadre de cette nouvelle politique de modèles, la finition des façades d’étage restait à l’initiative des architectes qui l’ont réalisée avec un parement* de gravillon lavé*.
Du fait de la nature du terrain, les fondations ont été réalisées par puits*.


Vue depuis la cour
Caue93/AP

Coupe longitudinale sur le hall
Caue 93
 
préfabrication lourde : procédé qui consiste à fabriquer en usine des éléments de construction en béton de dimensions importantes qui seront ensuite assemblés et montés sur le chantier (panneaux de façade, prédalles, escaliers, travées de ponts, etc.)


Façade, détail
Caue93/AP
 
parement : face apparente d'un élément de construction lui donnant son aspect de finition

gravillon lavé : finition en gravillons obtenue lors du coulage d'une pièce en béton en plaçant des gravillons en fond de moule ou à la surface de la pièce à réaliser. Ceux-ci pris dans le ciment seront ensuite dégagés après la prise par lavage au jet

fondation par puits : lorsque le sol superficiel n'est pas d'une qualité suffisante pour supporter la charge d'un bâtiment par fondations superficielles, on créé des fondations profondes, par puits ou pilotis, jusqu'au sous-sol dur pour assurer une assise stable


 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Évariste Galois
1811-1832

Génie précoce, Évariste Galois consacra sa courte vie aux mathématiques. Il publia ses premiers travaux en 1829, mais ses idées républicaines et son intransigeance politique lui valurent non seulement l’hostilité de ses pairs, mais aussi d’être emprisonné pour quelques mois. Il poursuivit néanmoins sans relâche ses travaux en prison, mais mourut, peu après sa libération, à la suite d’un duel alors qu’il n’avait que 21 ans.
Il fallut attendre dix ans après sa mort pour que soit levée l’incompréhension entourant ses recherches et reconnue l’importance de sa contribution aux mathématiques grâce notamment à la présentation de ses travaux à l’Académie des Sciences par le mathématicien Joseph Liouville.

 

 
 
 
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