
COLLÈGE PABLO NERUDA | ![]() |
programme d'origine : Collège 1200 métallique
programme actuel : Collège 600
code site IA : 0930858C
autre(s) collège(s) à Gagny : Madame De Sévigné, Théodore Monod
Maître d’ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d’ouvrage délégué : Sodedat 93
Architectes D.P.L.G. : Jacques Ripault, Syril Travier assistant
Bureau d’études techniques : Berim
Economiste : Jean-Claude Drauart
Acousticien : LASA
BET HQE : Cap Terre
Entreprise : SAEP
surface hors-oeuvre nette : 5918 m2
salles d'enseignement général : 19
salles de sciences : 4
salles de technologie : 3
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
salle polyvalente : 150 m2
logements de fonction : 5
Ce collège remplace un ancien établissement à ossature métallique « GEEP » construit en 1968. C’est l’un des 18 collèges reconstruits par le Département dans le cadre du programme de remplacement des collèges de ce type, également nommés « CES Pailleron ». Le collège d’origine, comme de nombreux établissements de l’époque, comptait 1200 élèves, le programme actuel de taille plus humaine a une capacité de 600 élèves, la répartition des effectifs s’effectuant entre ce collège-ci et Théodore Monod. Le chantier s’est déroulé en deux phases, la première a permis de livrer le collège proprement dit, la seconde les logements de fonction, les locaux EPS et les aménagements extérieurs. |
LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER |
Au nord-est de la commune, le collège se situe dans sa partie haute dans un secteur limitrophe de Montfermeil, presque sur le plateau. Son terrain est en effet adossé à un secteur d’anciennes carrières de gypse occupant une superficie importante de la commune, dont une partie - actuellement un espace naturel - est destinée à une urbanisation future, l'autre ayant accueilli le Bois de l'Etoile et son arboretum. Le quartier environnant est essentiellement un secteur d’habitat pavillonnaire, type d'habitat dominant d'ailleurs dans la commune. À proximité, les lycées Gustave Eiffel et Jean-Baptiste Clément constituent avec le collège Neruda un pôle local d’établissements scolaires publics du second degré. |
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN |
L’implantation du collège sur le terrain et son organisation selon un plan en «T» permet de définir un parvis au sud-est en vis-à-vis du gymnase, un parking à l’ouest ainsi qu’une cour de récréation et un terrain de sport à l’arrière, adossés au plateau. Pour des raisons de sécurité liées à la circulation, l’entrée principale s’effectue par une voie en impasse donnant sur la rue de Franceville desservant aussi le gymnase. Un parvis traité avec soin en béton lavé de mignonette* sert d’espace de transition entre la rue et le bâtiment du collège proprement dit. Le nom du collège gravé dans le béton en façade signale l’établissement. Le CDI exprimé en façade par un grand arrondi blanc en souligne l’entrée et lui offre un auvent. | béton lavé : béton dont la surface visible laisse apparaître les granulats une fois ceux-ci débarassés du liant superficiel par lavage en début de prise avec un jet d'eau fin. mignonette : petit gravillon calibré et roulé. On en fait en particulier des revêtements lavés à la surface de panneaux préfabriqués ou de sols. |
Le projet est conçu avec des volumes simples et identifiables dialoguant avec l’environnement et le paysage ; il se compose d’un seul corps de bâtiment d’un rez-de-chaussée et un étage (sauf pour les logements de fonction qui en comportent deux). La volumétrie générale franche aux lignes nettes est travaillée de manière à mettre en relief la fonction spatiale et symbolique des espaces et à exprimer la diversité des lieux d’enseignement. Elle articule ainsi plusieurs volumes différenciés par leurs formes et leurs couleurs, donnant clairement à lire les grandes fonctions du collège : volume principal de l’accueil, bloc assez opaque de la salle de sport, volume allongé de l’aile enseignement, volume vitré de la demi-pension. Le collège présente son plus petit côté sur la rue de Franceville. C’est celui que l’on perçoit en premier lorsqu’on découvre le collège. Sur ce côté, la fragmentation des volumes, la bichromie (ocre/blanc), la hauteur (r+1 sauf pour les logements) permettent au bâtiment de s’insérer délicatement dans l’échelle du quartier pavillonnaire tout en apparaissant clairement comme un bâtiment public. | Mouvement moderne : Le Mouvement Moderne désigne la nouvelle architecture de la première moitié du XXe siècle et dont les principes fondamentaux sont les formes plutôt cubiques et lisses, le fonctionnalisme et le rejet de l'ornement. Le Corbusier : D'origine suisse, Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier, est un des architectes emblématiques du Mouvement Moderne, actif de 1917 à sa mort en 1965. villa Savoye : Manifeste de l'architecture moderne et une des œuvres majeure de Le Corbusier, la villa Savoye du nom de son commanditaire, illustre en particulier sa théorie des 5 points qu'elle rassemble de manière emblématique: pilotis, toit-terrasse, fenêtre en longueur, plan libre, façade libre. brise-soleil : dispositif développé par les architectes du Mouvement moderne formé de lamelles de béton ou métal, servant à amortir le rayonnement direct du soleil sur une façade. Le brise-soleil permet aussi un contact moins radical de la façade avec l'extérieur. gabion : Caisson en grillage métallique rempli de caillasse, utilisé en particulier à l'origine pour stabiliser et pour protéger des éboulements les sols en pente et les berges de cours d'eau. |
ORGANISATION DES ESPACES |
Outre une délimitation claire des espaces extérieurs, l’organisation du collège selon un plan en « T » permet de distinguer les deux parties principales de l’établissement et d’en proposer un fonctionnement lisible. D’une part un corps de bâtiment rectangulaire épais orienté nord-est/sud-ouest regroupe les fonctions à vocation collective du collège autour du hall principal. D’autre part, un bâtiment linéaire orienté sud-est/nord-ouest est dédié à l’enseignement avec des salles de classes distribuées de part et d’autre d’un couloir central. Ce principe d’implantation et de distribution des espaces permet de plus de situer le terrain de sports dans le prolongement direct de la salle EPS, d’articuler les espaces du préau, de la permanence et de la demi-pension autour de la cour de récréation. |
Au rez-de-chaussée Les différentes fonctions du collège sont distribuées autour du hall d’entrée, afin de rapprocher les lieux d’enseignement et d’éviter les longs couloirs. |
Au premier étage Le CDI, lieu de référence du collège participant à son identité, développe sa façade en éventail comme un signal au-dessus de l’entrée. |
ESPACES ET USAGES |
Le hall est un espace clair et permettant un repérage aisé des différents espaces du collège, un « escalier monumental » en béton ocre y est mis en valeur. La présence chaleureuse d’une frise photographique qu’accompagne un poème de Pablo Neruda lui donne une ampleur particulière. En hommage au poète chilien, dédicataire du collège, l’architecte a en effet choisi de mettre en regard quelques vers de son poème « Macchu Picchu » dédié aux hommes qui ont édifié cette ancienne cité parfois au prix de leur vie et une frise rassemblant les portraits des ouvriers qui ont construit le collège. Ces portraits ont été réalisés par le photographe Patrick Müller. Outre sa dimension artistique, cette oeuvre a une visée didactique qui permet dès l’entrée de comprendre le collège comme lieu de transmission de culture et de savoirs et aussi comme édifice réalisé par des hommes. | Pierre dans la pierre, l’homme où était-il ?... : Je t’interroge sel des chemins, /
Montre-moi la truelle ; laisse-moi, architecte, /
User avec un pauvre bâton les étamines de pierre, /
Monter toutes les marches de l’air jusqu’au vide, /
Gratter l’entraille jusqu’à toucher l’homme. /
Pablo Neruda
Hauteurs de Machu Picchu – 1943 |
MATERIAUX ET COULEURS |
Le bâtiment principal est réalisé en béton lasuré*, de teinte ocre. Les espaces spécifiques du collège sont traités avec des matériaux différents : salle polyvalente et socle en profilés de verre armé, CDI et logements en béton blanc et enduit. |
J. Ripault et D. Duhart ont à leur actif des réalisations dans les domaines du logement et des équipements culturels aussi bien que du secteur sanitaire et social ou encore industriel. S’ils ont construit des opérations de logements et des programmes scolaires de tous degrés surtout à Paris, en banlieue et en Île-de-France, ils ont réalisé des programmes universitaires et des programmes culturels aussi bien à Paris qu’en région. |
Pablo Neruda 1904-1973 |
Avant tout engagé dans son œuvre d’écriture, le grand poète chilien a également mené une carrière diplomatique. Né Neftali Ricardo Reyes, il signe dès 1920 ses poèmes du nom de Pablo Neruda - qu’il adoptera légalement en 1946 - en l’honneur du poète tchèque Jan Neruda (183-1891). Sa carrière de diplomate le mène entre autre en Espagne en 1935. C’est là qu’il rencontre Federico Garcia Lorca dont l’influence sur son œuvre sera importante. Après le putsch de Franco et l’assassinat de Garcia Lorca, Neruda prend parti pour la République espagnole. Il est alors révoqué de son poste de consul et rentre au Chili, mais son engagement au parti communiste chilien en 1945 le contraindra à s’exiler en Europe jusqu’en 1952. Son œuvre majeure Le Chant général (El Canto general), écrite dans la clandestinité, sera interdite au Chili après sa parution en 1950. Neruda soutiendra fidèlement Salvador Allende qui sera élu président en 1969 puis le nommera ambassadeur en France en 1969. L’année 1972 marquera toutefois son retour triomphal au Chili, honoré d’un Prix Nobel de littérature décerné en 1971. Le coup d’état militaire du 11 septembre 1973 renverse le président Allende et installe la dictature de la junte et de Pinochet. La maison de Neruda à Santiago est saccagée et ses livres détruits lors d’un autodafé. Neruda meurt le 23 septembre. |
