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COLLÈGE JEAN JAURÈS


43 avenue Jean-Jaurès MONTFERMEIL
livraison 1993


programme : Collège 800
code site CG93 : 307000100000Jean-Jaurès/30C
code site IA : 0931546A
autre(s) collège(s) à Montfermeil : Pablo Picasso



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architectes : Renée Gailhoustet, Pascale Buffard
Bureau d'étude technique : Nikos Chatzidakis (structure) OET (fluides)
Economiste : J.-P. Tohier


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 11144 m2
surface hors-oeuvre nette : 6256 m2
surface utile : 4204 m2
surface du terrain : 14400 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 18
salles de sciences : 4
salles de technologie : 2
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 3
CDI et locaux associés : 270 m2
salle polyvalente : 180 m2
demi-pension : 240 m2
foyer des élèves : 50 m2
préau : 257 m2
logements de fonction : 5
places de stationnement : 30 places

Coûts

coût global de l'opération : 49 451 000 francs HT valeur décembre 1991


LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

Le collège Jean-Jaurès est au coeur d’un quartier pavillonnaire peu dense, et non loin du grand ensemble des Bosquets, il accueille des élèves de ces deux quartiers. Ce collège remplace, sur un autre site, un ancien collège métallique de 1963 démoli.
Par sa situation le long des avenues Jean-Jaurès et Daniel-Perdrigé, le collège bénéficie d’une bonne visibilité ainsi que d’un accès aisé par un parvis généreux à l’angle des deux avenues. Celui-ci, en pavé de béton bicolore, forme un dessin circulaire au sol qui n’est pas sans rappeler le thème de la courbe et du cercle qui a inspiré l’architecture du collège.
A proximité, le château d’eau et sa rigoureuse structure en béton, repère et signal urbain monumental, est un des éléments marquants du paysage environnant.

 

Plan de situation
© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

implantation des bâtiments sur le terrain

L’implantation imposée des bâtiments à l’angle et le long des deux avenues Jean-Jaurès et Daniel-Perdrigé permet d’offrir une bonne visibilité du collège que vient appuyer le traitement de l’entrée. Celle-ci est en effet signalée et mise en scène grâce au volume de la salle polyvalente ainsi qu’à la façade qui épouse la courbe du parvis, invitant à entrer.

Les parois vitrées du hall et surtout le principe adopté de bâtiments reposant sur des portiques-pilotis* permettent de ménager des vues vers la cour de récréation laissant deviner la diversité des espaces du collège. Ce principe permet aussi d’établir une transition entre le monde extérieur et les activités au sein de la communauté scolaire.

L’implantation des bâtiments, plutôt situés en périphérie du terrain, libère le centre de la parcelle pour une vaste cour de récréation. L’organisation des bâtiments et leurs formes courbes permettent de définir des espaces extérieurs aux ambiances différenciées : le traitement plus minéral dans la partie centrale, avec les installations sportives , est plus libre et plus végétal vers le fond du terrain, limitrophe des pavillons.
La disposition des locaux permet aussi de réserver un espace extérieur plus privatif, pour les enseignants et le personnel du collège.

 

Plan masse
© R. Gailhoustet
 
composition architecturale

Le bâtiment affiche bien son rôle de bâtiment public tout en affirmant une architecture originale et personnelle qui ne s’apparente en rien à celle environnante. L’architecte a voulu un bâtiment immédiatement identifiable comme équipement et accueillant pour la communauté des élèves.

Les bâtiments qui composent le collège opposent en effet à la rectitude des « barres » du quartier des Bosquets, le dessin sinueux de ses courbes. La volumétrie d’ensemble introduit de plus une échelle intermédiaire, plus familière, entre celle des maisons du quartier pavillonnaire et les immeubles de la cité des Bosquets.

Ici, comme dans d’autres projets de R. Gailhoustet, une part d’utopie a guidé la conception du collège : offrir des espaces se démarquant de ceux des collèges traditionnels souvent marqués par la ligne droite, notamment en mettant en oeuvre des formes souples et généreuses.
L’objectif de l’architecte est aussi d’introduire richesse et poésie dans les espaces dédiés à l’enseignement. Cette intention vient cependant parfois contredire la lisibilité des espaces intérieurs et la nécessité de la surveillance des élèves.

Les éléments du programme du collège sont répartis dans les trois bâtiments en forme de couronnes qui structurent la composition et sur lesquels s’articule un jeu de volumes secondaires d’une grande variété.
L’unité du projet est cependant assurée par la continuité du principe de distribution de l’ensemble des locaux, reliant chacune des « unités » d’enseignement ainsi que par l’utilisation d’une même famille de formes courbes et circulaires. Le recours à ces formes n’est pas non plus sans évoquer les formes maternelles et protectrices, pour faire du collège un lieu rassurant et convivial.

Le vocabulaire architectural mis en oeuvre s’inscrit pour une grande part dans la tradition du Mouvement moderne* avec ses lignes tendues, ses poteaux et portiques-pilotis*, ses fenêtres bandeaux qui soulignent les grandes façades courbes. En effet, les portiques-pilotis* comptent aussi parmi les éléments qui permettent d’instaurer le jeu des volumes et des transparences. Ces portiques se transforment parfois en arcs-boutants* lorsque les façades sont fermées. L’architecte met aussi en oeuvre une autre dimension chère aux “Modernes” et que l’on retrouve dans la plupart de ses projets : l’intégration de la nature dans l’architecture. Ici, une jardinière est intégrée dans l’épaisseur des bâtiments, agrémentant ainsi les façades.
L’architecture des logements de fonction avec ses lignes droites et épurées, ses façades lisses, se différencie de celle, souple et en “décrochés” du collège. Ce choix confère aux logements une certaine autonomie, confirmée par leur situation à l’écart des bâtiments d’enseignement.


Parvis et entrée, vue perspective
© R. Gailhoustet

Pilotis
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 
pilotis, portique-pilotis : terme utilisé par l'architecte Le Corbusier pour désigner les piliers, poteaux ou supports en béton sur lesquels repose une construction. Dans l'architecture traditionnelle de certains pays (Mélanésie, Indonésie, Madagascar…) les maisons sont édifiées sur des pilotis en bois.


Les bâtiments courbes sur la cour
© P. Tourneboeuf
 
Mouvement moderne : le Mouvement Moderne désigne la nouvelle architecture de la première moitié du XXe siècle et dont les principes fondamentaux sont les formes plutôt cubiques et lisses, le fonctionnalisme et le rejet de l'ornement.


Parvis et entrée principale
© P. Tourneboeuf
 
arc-boutant : à l'origine élément de l'architecture gothique servant à consolider un mur en s'opposant aux forces exerçant une poussée latérale par un élément de construction en forme d'arc rejeté à l'extérieur de la construction.


Entrée, détail
© R. Gailhoustet
 

Pilotis et façade des classes
© P. Tourneboeuf
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

Les salles de classes sont réparties par secteur et par discipline (salles d’histoire, salles de langues, de français, etc.) dans chacun des bâtiments. Les espaces sont conçus de manière à privilégier le plus possible l’éclairage naturel des locaux. Ainsi, la forme courbe des bâtiments permet-elle d’accroître le « développé » de façade qui se déploie comme un éventail du côté convexe du bâtiment et de bénéficier d’un grand apport de lumière.
Les classes y trouvent ainsi naturellement leur place prenant une forme légèrement trapézoïdale. Elles diffèrent ainsi des salles rectangulaires traditionnelles, bénéficiant de plus, pour certaines, d’une hauteur sous-plafond généreuse intégrant un apport de lumière supplémentaire. Leur distribution s’effectue par un couloir latéral du côté concave de la courbe, profitant, lui aussi, de la lumière naturelle.

Le CDI apparaît comme le lieu privilégié au coeur du collège. Conçu sur deux niveaux, l’étage inférieur est d’accès libre, la mezzanine est réservée à la lecture et aux travaux encadrés par les professeurs. Cet espace lumineux est éclairé au nord par une vaste verrière, à l’opposé, une paroi de pavés de verre courbe diffuse une lumière tamisée.

La salle polyvalente Robert-Boudet, du nom d’un ancien professeur du collège, comme un signal à l’angle des deux avenues, est traitée différemment des autres bâtiments du collège. Une belle charpente en bois lamellé-collé* soutient sa toiture en forme de pointe de diamant. Equipée de gradins amovibles, elle accueille les spectacles de théâtre et de danse réalisés au sein du collège.


Plan du rez-de-chaussée
© R. Gailhoustet

Plan de l'étage
© R. Gailhoustet

Le CDI sur deux niveaux
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 
lamellé-collé : poutre en bois ou élément de charpente réalisée par contre-collage de lames de bois. Cette technique permet de fabriquer des éléments porteurs extrêmement légers et résistants, indéformables et de grande portée.


Façade du CDI et des classes
© P. Tourneboeuf
 

Une salle de classe
© O. Pasquiers/Le Bar floréal
 

Coupe sur salles de classes
© R. Gailhoustet
 

Coupe sur le hall d'entrée
© R. Gailhoustet
 

Plan du rez-de-chaussée, détail
© R. Gailhoustet
 

Plan de l'étage, détail
© R. Gailhoustet
 

La salle polyvalente
© P. Tourneboeuf
 

 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

Renée Gailhoustet, Pascale Buffard

Renée Gailhoustet a essentiellement consacré sa carrière d’architecte au logement. Le collège Jean-Jaurès est le premier équipement scolaire qu’elle réalise avec l’architecte Pascale Buffard.

Ses opérations sont empreintes d’utopie sociale. Dans le domaine de l’habitat, elles témoignent également des recherches originales pour faire évoluer les espaces du logement en proposant un autre modèle d’habitat collectif que celui des grands ensembles. Ces nouveaux modèles s’appuient sur la recherche de volumétries complexes. Ils veulent réhabiliter le plaisir d’habiter et ont pour objectif de favoriser la sociabilité.
Ses recherches et son parcours d’architecte restent étroitement liés à ceux de Jean-Renaudie dont elle partage les convictions. Nombre de leurs opérations de logements s’inscrivent dans la mouvance du courant dit « proliférant » (système qui s’organise sur la base de modules assemblables selon une variété de combinaison, dont la répétition donne naissance à la complexité).
Renée Gailhoustet a été l’architecte en chef de la rénovation du centre-ville d’Ivry-sur-Seine où elle a réalisé des opérations de logements: le Liégat, Raspail, Lénine, Casanova, Jeanne- Hachette.
Elle est aussi l’auteur des réalisations suivantes :
logements de la Maladrerie, Aubervilliers (1974-1984), logements de l’îlot basilique, Saint-Denis (1985), logements rue Etienne-Fajon, Villetaneuse (1996), logements à Villejuif (1981 et 1988) et à Gentilly (1993).
Elle a également construit la maison de quartier Jacques Brel à Romainville et des bureaux, Les Ateliers de la Montjoie, à La Plaine Saint-Denis.

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Jean Jaurès
1859-1914, une figure emblématique du socialisme

Après des études brillantes au Lycée Louis-le-Grand, puis à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, Jaurès, jeune professeur agrégé de philosophie, retourne enseigner dans sa région d’origine du sud-ouest à laquelle il est resté attaché. Il y embrasse une carrière politique à partir de 1893.
Député du Tarn à 25 ans, modéré, fils spirituel de Jules Ferry, il ne s’engage pas d’emblée auprès des socialistes qu’il trouve trop radicaux.
En 1898, s’opposant à Jules Guesde, il prend la défense de Dreyfus. En 1904, il fonde l’Humanité et devient l’année suivante l’un des principaux artisans de la fusion des deux partis socialistes à l’origine de la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière). S’il reconnaît la lutte des classes, cet héritier de 1789, auteur de nombreux ouvrages politiques, pense que seule une révolution démocratique non violente alliant les ouvriers et la bourgeoisie saura faire triompher les valeurs fondamentales de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Violemment opposé à la guerre, très impopulaire parmi les nationalistes, il est assassiné par Raoul Villain au Café du Croissant à Paris le 31 juillet 1914, trois jours avant le déclenchement des hostilités.

 

 
 
 
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