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COLLÈGE PAUL ELUARD

1 rue Paul-Eluard MONTREUIL
livraison 2004


programme : collège 600
code site IA : 0931448U
autre(s) collège(s) à Montreuil : Jean Jaurès, Jean Moulin, Georges Politzer, Marcelin Berthelot, Marais de Villiers, Lenain de Tillemont, Colonel Fabien, 9e collège en construction



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architectes : Louis et Annie-Brigitte Soria
Chef de projet : Patrick Monnin
Entreprise générale : DUMEZ
Bureau d’études : BERIM
Economiste : ZOZZETTO


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre nette : 6546 m2
surface utile : 6204 m2
surface du terrain : 4849 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 20
salles de sciences : 4
salles de technologie : 3
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 210 m2
salle d'EPS : 300 m2
cour : 1814 m2
plateau EPS : 536 m2
logements de fonction : 5

Coûts

coût global de l'opération : 16 260 000 € TTC
coût des travaux : 10 900 000 € HT


LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

Cet ancien collège a été reconstruit au coeur du Bas-Montreuil dans le périmètre de la ZAC* Garibaldi. Il s’inscrit dans un quartier mixte, au tissu urbain relativement dense, composé d’habitations et d’ateliers, d’anciens bâtiments d’activité industrielle, et de petites entreprises.
Le quartier se caractérise aussi par la présence d’équipements comme la bibliothèque municipale, le centre nautique, ainsi que le cinéma Méliès et le hall d’exposition qui accueille annuellement le Salon du livre de la jeunesse, manifestation au large rayonnement culturel.


© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 
ZAC (zone d'aménagement concerté) : procédure d'urbanisme opérationnel qui associe l'État les collectivités locales, les organismes aménageurs et les propriétaires privés .

Desserte, accès

L’accès des élèves s’effectue par un large parvis, un espace traité en creux dans le bâtiment, dans le prolongement de l’espace public mais clôturé. Le parvis repose sur un socle avec emmarchements ; ce dispositif permet de rattraper la différence du niveau du terrain entre le nord et le sud du terrain, tout en donnant une importance accrue à l’entrée de l’établissement. Le traitement monumental de l’entrée du collège voulu par les architectes, permet ainsi de signifier sa fonction et son importance dans la ville en tant que bâtiment public.

Les accès de service sont regroupés au nord du terrain, donnant sur la nouvelle rue Kenny-Clarke, sauf celui concernant l’entretien de la cour, situé rue Arago.
Le stationnement du personnel est entièrement souterrain de même que celui des logements de fonction, également accessibles par la rue Kenny-Clarke.
Les logements disposent par ailleurs de leur propre entrée, comme dans une situation urbaine ordinaire.


Façade ouest
© Soria architectes
 

Le porche d'entrée
© Stephan Lucas / Soria architectes
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Implantation sur le terrain

Le terrain du collège occupe l’essentiel de l’îlot défini par les rues Raspail, Arago et Kenny-Clarke, une rue nouvellement percée dans le cadre de la ZAC.
Le collège est composé de deux bâtiments contigus dont les façades, édifiées à l’alignement sur rue, structurent l’îlot. Le quartier est en effet fortement caractérisé par un tissu urbain avec continuité du bâti sur rue, traduisant, comme l’expriment les architectes « une forme urbaine qui a occupé tout l’espace disponible pour la production et l’activité économique ».
Outre les impératifs réglementaires et les caractéristiques du site, la faible superficie du terrain a dicté le parti d'implantation. Cette contrainte les a conduits à reprendre le principe de la continuité sur rue. Les bâtiments du collège sont ainsi implantés à l’alignement des rues dans le but de libérer le coeur de la parcelle de toute construction, pour le réserver à la cour et aux espaces extérieurs.
La salle de sport complète et ferme le site à l’est, le long de la rue Arago.
Dans le prolongement de l’aile de l’enseignement général, mais indépendants du collège, les logements de fonction sont conçus dans la continuité morphologique et fonctionnelle des immeubles voisins qui occupent le reste de l’îlot.


plan masse
© Soria architectes
 

Angles des rues Raspail et Arago
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

Façade rue Diderot
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

Vue perspective
© Soria architectes
 
composition architecturale

Le parti adopté résulte du respect des exigences du programme et des contraintes du site (petite taille du terrain et règles d’urbanisme). Il impose de ce fait une distribution compacte des fonctions dans le bâtiment, dans le but de ménager une qualité des espaces tant intérieurs qu'extérieurs.
Pour répondre à ces impératifs les architectes énoncent ainsi les principes directeurs du projet : « assurer une distribution simple et claire, propice au calme et à la concentration, lui associer des espaces plus complexes qui suscitent curiosité et imagination »

Les différentes fonctions du collège se développent en deux ailes compactes autour d’une belle cour que le parvis - grâce au hall largement vitré - laisse deviner par transparence. L’intention est ainsi de donner un recul et de créer un sentiment d’espace et de profondeur qui n’existe pas initialement du fait de la relative étroitesse de la rue.

Le bâtiment repose sur un soubassement de meulière. Par cette référence à une pierre caractéristique des pavillons de banlieue anciens, le collège vient s’ancrer dans le quartier. Le bâtiment est ensuite décollé de son socle-soubassement par un mince bandeau de fenêtres. Ce dispositif permet, outre un apport de lumière naturelle, d’introduire un changement de registre et ainsi de passer de l’emploi de la meulière, une référence au tissu pavillonnaire, à celui du béton blanc associé à un traitement architectural dans la veine du Mouvement moderne*.
Les architectes affirment en effet leur préférence pour le Mouvement moderne* - et en particulier l’architecture de Le Corbusier*. Ils en adoptent certains des principes essentiels : composition asymétrique, effet de décollement du sol des volumes avec les pilotis* (salle EPS) ou avec des bandes vitrées supportant des volumes simples et nets (parvis et hall d’accueil), prédilection pour les lignes horizontales, les arêtes vives, les fenêtres-bandeaux, façades lisses et blanches, volumes en saillie (CDI).
Les architectes du collège mettent en oeuvre également certains des 5 points emblématiques de l’architecture moderne énoncés par Le Corbusier : plan libre, façade libre, toit-terrasse, pilotis, etc. Le principe du plan libre est en effet adopté (système où les poteaux, non les murs, portent les planchers, permettant de libérer les planchers des murs porteurs et de placer ainsi librement murs ou cloisons. Il en est de même pour les façades les longs bandeaux de fenêtres qu’aucun élément de maçonnerie ne vient interrompre).  Sur ses pilotis, la salle d’eps dialogue avec le bâtiment principal, tout en permettant de libérer l’espace au sol pour les activités de plein air.
La plupart des détails sont également des références au Mouvement moderne comme les brise-soleil*, les menuiseries en métal de couleur sombre affirmant les vides par contraste avec les « pleins » des façades lisses et blanches.
D’autres références explicites sont également le traitement sculptural de l’enveloppe du bâtiment conçu comme un bloc creusé, évidé ; l’expression de la structure à l’extérieur de l’enveloppe du hall avec les portiques en béton (référence au Palais des Soviets de Moscou de Le Corbusier, projet de 1931 non réalisé) ; et la volumétrie traitée comme un jeu d’emboîtements.


Angles des rues Arago et Diderot
© Stephan Lucas / Soria architectes

Façade sur la cour, vue vers le hall
© Stephan Lucas / Soria architectes
 
Mouvement moderne : le Mouvement Moderne désigne la nouvelle architecture de la première moitié du XXe siècle et dont les principes fondamentaux sont les formes plutôt cubiques et lisses, le fonctionnalisme et le rejet de l'ornement.


Entrée du collège
© Stephan Lucas / Soria architectes
 
Le Corbusier : d'origine suisse, Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier, est un des architectes emblématiques du Mouvement Moderne, actif de 1917 à sa mort en 1965.


Aile "EPS", façade sur cour
© Stephan Lucas / Soria architectes
 
brise-soleil : dispositif développé par les architectes du Mouvement moderne formé de lamelles de béton ou métal, servant à amortir le rayonnement direct du soleil sur une façade. Le brise-soleil permet aussi un contact moins radical de la façade avec l'extérieur.


Façade rue Diderot, détail
© Stephan Lucas / Soria architectes
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

Les espaces du collège, hormis la salle de sport, sont accueillis dans les deux ailes orthogonales s’élevant sur 3 niveaux (un rez-de-chaussée et deux étages) et articulées au niveau du hall d’accueil du collège. Largement vitré et sur une double hauteur, celui-ci donne en effet accès à toutes les divisions du collège et permet de « percevoir celui-ci comme une totalité fonctionnelle cohérente. »


coupes
© Soria architectes
 

Le hall
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

Au rez-de-chaussée, l’aile ouest accueille la demi-pension et l’aile sud, les locaux de la vie scolaire. La salle polyvalente dispose d’un accès individualisé par le parvis, ce qui lui donne une autonomie permettant une utilisation en dehors des heures de fonctionnement du collège.


Plan du rez-de-chaussée
© Soria architectes
 

Façade sur la cour, de nuit
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

Vue perspective sur la cour
© Soria architectes
 

Angles des rues Arago et Diderot, de nuit
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

Vue perspective sur l'entrée du collège
© Soria architectes
 

Dans les étages, l’aile ouest regroupe les salles d’enseignement général et artistique, tandis que l’aile sud accueille, au 1er étage, le CDI avec, à proximité, les locaux des professeurs et l’administration et, au 2e, l’enseignement scientifique et technologique.


Plan du premier étage
© Soria architectes
 

Plan du deuxième étage
© Soria architectes
 

Les salles de classe sont distribuées de part et d’autre d’un couloir central. Des prises de lumière latérales et des élargissements ponctuels, sortes de petits paliers, permettent d’éviter la monotonie des longs couloirs uniformes.
Les espaces « forts » de la vie du collège, et, en particulier le CDI, occupent une position centrale stratégique dans le collège. Celui-ci est situé à l’étage à proximité des salles de cours, de la salle des professeurs et de l’administration. Il est exprimé en façade par un volume légèrement saillant occupant le centre de la façade et répondant au creux du parvis adjacent.

La salle d'EPS est à l’étage d’un bâtiment spécifique sur pilotis, l’espace libre et ouvert sous pilotis dans le prolongement de la cour permettant les activités sportives à l’abri.
Deux préaux encadrent la cour et de l’un à l’autre, la clôture sur rue ménage des transparences et des apports de lumière naturelle depuis les rues adjacentes, de manière à accroître la sensation d’espace.


Façade rue Raspail
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

Façade sud
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

Façade sur la cour
© Stephan Lucas / Soria architectes
 
Espaces intérieurs

Un soin particulier a été apporté à l’organisation interne du collège, notamment à la qualité des espaces communs et de circulation.
Le hall est un espace vaste sur une double hauteur et dont la transparence, en permettant d’appréhender de façon claire les différents pôles du collège, facilite son fonctionnement. Les circulations et couloirs largement dimensionnées contribuent également au bon fonctionnement en rendant plus aisés et fluides les déplacements
L’apport de lumière naturelle est également une préoccupation majeure dans la conception des bâtiments. L’ensemble des circulations et des espaces communs reçoivent la lumière naturelle largement diffusée par diverses sources, contribuant à offrir la sensation de l’espace: fenêtres en bandeau, parois vitrées, escaliers, etc.
Les principes mis en oeuvre issus du Mouvement moderne*, comme le plan libre et la façade libre, se traduisent dans le traitement des espaces intérieurs du collège comme, par exemple, celui du hall entièrement vitré et avec ses pilotis soutenant une galerie à l’étage
La salle d’EPS, un vaste espace à la structure apparente, est équipée d’un mur d’escalade.


hall d'entrée
© Soria architectes

Le hall d'entrée
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

Salle d'EPS
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

La salle de restaurant
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

Détail de structure de la salle EPS
© Stephan Lucas / Soria architectes
 
Matériaux, couleurs

Dominante du béton blanc sur un soubassement formant un léger fruit*, traité en pierre meulière avec des moellons appareillés avec de gros joints, comme un rappel de l’habitat environnant plus ancien.

Les menuiseries extérieures sont métalliques en aluminium sombre.


Aile avec hall d'entrée, façade sur la cour
© Stephan Lucas / Soria architectes
 

Soubassement, détail
© Stephan Lucas / Soria architectes
 
fruit : inclinaison d'un mur telle que l'épaisseur de ce mur diminue de la base vers le sommet de ce mur.


 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

Louis et Annie-Brigitte Soria

Louis et Annie-Brigitte Soria ont développé leur activité d’architectes essentiellement en Île-de-France dans les domaines de l’Éducation et du logement. Ils sont les auteurs d’un nombre important d’équipements scolaires, de la maternelle au lycée ainsi que de logements sociaux dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis.

Sélection de réalisations en Seine-Saint-Denis:

Programmes scolaires :
Collège Paul-Eluard, 16 rue Raspail, Montreuil – 2005
École maternelle des Drapiers, École élémentaire Gutenberg, 9 rue de la Montjoie, Saint-Denis – 2005
Reconstruction du lycée Hélène-Boucher à Tremblay-en-France

Logements :
Bagnolet, rue René-Alazard – 2004
Saint-Denis, La Plaine, Zac Cristino Garcia – place de la Gare – 2006

Bureaux :
Montreuil, Zac Valmy - 1994

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Paul Éluard
1895-1952

Eugène Grindel est le véritable nom du poète Paul Éluard qui choisit de porter le nom de sa grand-mère maternelle lorsqu’il écrit ses premiers recueils de poèmes. Durant la Première guerre mondiale, il est envoyé sur le front. En 1917 il épouse Gala, rencontrée lors de séjours en sanatorium en Suisse, qui deviendra sa muse. Après la guerre, il participe activement au mouvement Dada, fondé en 1916 par le poète roumain Tristan Tzara, puis au Surréalisme dont il sera une des figures les plus marquantes.
Proche de Louis Aragon, André Breton, de Soupault, il côtoie, Picasso, Chirico, Max Ernst et aussi Dali pour lequel Gala le quittera en 1930. Il se remarie en 1934 avec Nusch (Maria Benz), qui sera son inspiratrice jusqu’à sa mort prématurée en 1946.
Il milite au Parti communiste entre 1926 et 1933.
Éluard s’inscrit dans l’histoire littéraire comme un des grands poètes du XXe siècle. S’il incarne surtout la figure du poète de la Résistance, avec, notamment, son célèbre poème "Liberté", ses poésies exaltent l’amour et les idées pacifistes. Son style personnel et limpide, qui se veut accessible à tous, touche un large public.

 

 
 
 
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