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COLLÈGE VICTOR HUGO


2 allée Elsa Triolet NOISY-LE-GRAND
livraison 1985


programme : Collège 900
code site CG93 : 34700040000 Victor-Hugo/34C
code site IA : 0931978V
autre(s) collège(s) à Noisy-le-Grand : Antoine de Saint-Exupery, Clos Saint Vincent, Jacques Prévert, François Mitterrand, International en construction



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Ville de Noisy-le-Grand
Maître d'ouvrage délégué : Epamarne
Architecte : Georges Pappas
Entreprise : Quillery
Programmiste : Quaternaire Education


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 7224 m2
surface hors-oeuvre nette : 6948 m2
surface utile : 6722 m2
surface du terrain : 16600 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 23
salles de sciences : 5
salles de technologie : 4
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 3
CDI et locaux associés : 386 m2
salle polyvalente : 326 m2
demi-pension : 304 m2
plateau EPS : extérieur
logements de fonction : 3

Coûts

coût des travaux : 34 868 400 francs TTC-valeur 1985


LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

Le collège se situe dans le Quartier du Pavé neuf, à Noisy-le-Grand, ville de la deuxième couronne de la banlieue parisienne ainsi que la plus ancienne des communes de la Ville nouvelle de Marne-la-Vallée.
Marne-La-Vallée est l’une des 4 villes nouvelles de la région parisienne conçues pour structurer le développement de la région parisienne en arrêtant le processus d’étalement de l’urbanisation en « tache d’huile » autour de Paris et pour rééquilibrer le développement urbain à l’Est de la capitale. L’aménagement de la Ville nouvelle est porté par 4 grands principes fondateurs:
un développement linéaire vers l’est
une urbanisation discontinue avec des unités urbaines autonomes et successives
des communications privilégiant les transports en commun
la création d’un centre urbain régional doté d’une certaine autonomie avec Paris.
Avec sa position à la charnière entre Paris (à 10 km) et l’urbanisation nouvelle devant se développer vers l’Est, Noisy-le-Grand a rapidement eu vocation de constituer un centre urbain régional répondant aussi bien aux besoins engendrés par l’urbanisation nouvelle qu’à ceux de la banlieue existante sur laquelle elle appuie son développement.
La ville nouvelle a ainsi accueilli des équipements d’influence régionale voire nationale, (centre commercial régional, université et établissements d’enseignement supérieur) ainsi que des équipements, services, bureaux et logements répondant sur place aux besoins de la population.

Le quartier du Pavé neuf fait partie de la première « tranche » de la ville nouvelle, c’est le quartier le plus ancien. Son organisation spatiale s’inscrit encore dans la tradition d’un urbanisme fonctionnaliste* séparant notamment les circulations des piétons et des véhicules. L’objectif était de favoriser les cheminements piétonniers et ainsi de rendre plus agréables les déplacements piétons dans la ville. Le quartier du Pavé neuf est ainsi un des axes privilégiés et principaux définis dès les débuts de la ville nouvelle avec le sculpteur Ervin Patkaï.
Le caractère urbain y est fortement marqué par la présence du bâti concentré autour de la place Pablo-Picasso et de son ensemble de logements emblématique, non dénué de gigantisme,« les Arènes de Picasso » de l’architecte M. Nunez.

 
urbanisme fonctionnaliste, fonctionnalisme : principe d'organisation spatiale identifiant et séparant chaque fonction dans la ville (habiter, travailler...), par extension localisant les fonctions d'un collège (enseigner, se restaurer...) dans des bâtiments séparés .


Le quartier du Pavé Neuf
© Epamarne-Epafrance/P. Guignard
 
Contraintes urbaines et insertion du projet

Dans le dossier de consultation du concours pour la construction du collège Victor-Hugo, des directives architecturales précises étaient énoncées. Celles-ci concernaient en particulier l’implantation du collège sur son terrain dont le plus petit côté s’ouvrait sur la place Pablo-Picasso, la place octogonale autour de laquelle se développent « les Arènes de Picasso ». Une des principales contraintes était l’implantation du collège par rapport à cette place et au projet des « Arènes de Picasso » : il s’agissait en fait avec le collège d’en refermer un des côtés, tout en respectant l’unité de composition, son caractère « d’amphithéâtre », la circulation piétonne couverte en périphérie, les perspectives et axes de symétrie des Arènes et de la place. Ceux-ci constituent en effet un ensemble urbain à la composition symétrique de part et d’autre d’un axe nord-sud reliant la place P. Picasso à la rue de l’Université, avec à l’est le collège et à l’ouest le groupe scolaire Jules-Verne. En contrepoint, la sculpture « Ode » conclut l’axe et la perspective au sud.
Dans le but de respecter l’ensemble de ces contraintes, l’architecte, selon ses propres termes, a utilisé « pour la réalisation de la façade de cette partie du collège, les éléments préfabriqués de l’opération voisine (les Arènes de Picasso). Les percements ont été adaptés aux exigences de fonctionnement et d’éclairement des locaux concernés. »


La composition urbaine et la sculpture de Nissim Merkado, "Ode"
© Epamarne-Epafrance/P. Martin
 

Le college et les "Arènes de Picasso"
© Epamarne-Epafrance/E. Morency
 

Façade sur la place Pablo-Picasso et allée d'accès au collège
© Caue 93
 
Procédure et conduite de l’opération

Ce collège, construit avant les lois de décentralisation donnant aux départements la responsabilité des collèges, a fait l’objet d’un concours d’ingénierie lancé par l’Établissement public d’aménagement de la ville nouvelle de Marne-La-Vallée (Epamarne), à l’issue duquel Georges Pappas a été désigné maître d’oeuvre.

 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Implantation du college

Le collège ne bénéficie pas de visibilité sur la place Pablo-Picasso du fait de la faible dimension de sa façade donnant sur cet espace. Dès lors, la volonté de relier cet établissement, en tant qu’équipement public à la place Pablo-Picasso a fortement orienté le parti architectural.
L’entrée du collège se situe dans le prolongement de l’axe visuel défini par le passage sous l’arcade nord-ouest : l’allée piétonne Elsa-Triolet, traitée en placette, constitue l’espace d’accueil d’origine du collège. L’axe se prolonge ensuite à l’intérieur du collège pour devenir une « rue intérieure » ample et lumineuse, largement éclairée par une verrière, qui constitue le moment fort du projet.

La rue intérieure se développe perpendiculairement au côté de la place octogonale sur laquelle elle se greffe, définissant ainsi l’implantation quasi linéaire du collège sur son terrain et libérant une vaste cour de récréation au sud-ouest et au nord-est un parking privatif.


Plan masse
© Georges Pappas
 

Principe d'unité des façades sur la place Pablo-Picasso
© Caue 93
 

Entrée du collège et sculpture de Victor Roman
© Caue 93
 

La rue intérieure
© Caue 93
 
Composition architecturale

Selon les termes mêmes de l’architecte, « l’architecture se veut simple, robuste et calme, en contrepoint aux débordements architectoniques des immeubles environnants ». Elle privilégie la ligne droite, les angles nets et la franche affirmation des horizontales soulignée par les ouvertures en bandeaux.
La lumière joue un grand rôle dans la composition d’ensemble à la fois pour qualifier l’ambiance et pour assurer un éclairage naturel maximum des locaux.

Les différentes sources de lumière, zénithale (en provenance de la verrière), latérale (en provenance du patio) et du préau, avec l’élément majeur de la conception du collège : la rue intérieure contribuent à enrichir la perception de l’espace.
L’utilisation d’une palette de couleurs aux tons chauds vient appuyer le travail de composition avec la lumière.


Façade sur la cour
© Epamarne-Epafrance
 

Façade sur la cour
© Caue 93
 

La rue intérieure, la coursive
© Caue 93
 

Source de lumière
© Caue 93
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

Le collège s’organise sur deux niveaux : un rez-de-chaussée et un étage. Il est l’un des premier réalisé sur le principe d’une distribution par rue centrale couverte d’une verrière.
Les locaux d’enseignement sont répartis en unités ou pôles regroupant une même fonction ou une même discipline.

La rue intérieure structure l’organisation des différents espaces du collège et en facilite la lisibilité et l’accessibilité. Elle dessert également l’étage grâce au principe de coursive* qui, se développant le long de la rue intérieure, renforcent la notion recherchée  de rue.

Celle-ci est accompagnée au nord-est d’un patio qui permet d’accroître le développé de façade bénéficiant du jour naturel. C’est un espace calme et l’intime, contrepoint à la rue intérieure dédiée, à l’opposé, à la sociabilité et au mouvement des élèves.
Le parti architectural adopté permet ainsi de développer les locaux du collège autour d’espaces aux ambiances et aux qualités diversifiées selon leur fonction (espace animé de la rue intérieure avec un traitement minéral, espace calme et végétal du patio, référence urbaines pour la placette d’accès au collège, cour aux espaces variés : jardin botanique-cour minérale- espace plus libre au sud).
De plus, des serres, annexées aux quatre salles de sciences, servent de support à l’enseignement (plantations, etc.).


Plan du rez-de-chaussée
© Georges Pappas

Plan de l'étage
© Georges Pappas

Au premier plan, le terrain eps
© Epamarne-Epafrance
 
coursive : galerie intérieure ou extérieure desservant plusieurs locaux ou logements.


Coupe longitudinale sur la rue centrale
© Georges Pappas
 

Rue intérieure et galerie
© Caue 93
 

Patio
© Caue 93
 

Au premier plan, la restauration
© Epamarne-Epafrance
 

Façade sur la cour
© Epamarne-Epafrance
 

Entrée du collège et sculpture de Victor Roman
© Caue 93
 

Façade, détail sur les serres
© Caue 93
 

Le CDI
© Caue 93
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

à l’extérieur

La sobriété de l’architecture est renforcée par l’emploi de la brique en parement* sur l’ensemble des façades et la mise en oeuvre de menuiseries en aluminium anodisé noir.
Hormis les éléments préfabriqués qui reprennent, autour de la place P.-Picasso, le motif des Arènes de Picasso, le collège a été réalisé en construction traditionnelle. Un des objectifs a été l’économie dans la gestion et les dépenses d’entretien. Cet objectif a guidé les choix de la technique, de certains des matériaux et de leur mise en oeuvre.
Le principe du mur composite a été adopté, avec, de l’intérieur vers l’extérieur : un mur en béton, un isolant thermique, un vide d’air et un mur de brique en parement, les deux murs étant reliés par des agrafes en acier. L’objectif était à la fois d’assurer une isolation thermique performante, et par l’emploi de la brique à l’extérieur d’assurer un bon vieillissement ne nécessitant pas de ravalements.
La présence environnante de bâtiments plus élevés que le collège, entraînant des vues plongeantes sur le toit de ce dernier a conduit l’architecte à traiter à l’origine la toiture-terrasse* « comme une fresque représentant la Rose des vents réalisée grâce à l’emploi de gravillons de différentes couleurs ». Ce dispositif n’est aujourd’hui plus en vigueur.


La demi-pension
© Caue 93
 
parement : face apparente d'un élément de construction lui donnant son aspect de finition


Façade, détail
© Caue 93
 
toiture-terrasse, toit-terrasse, terrasse : couverture d'un bâtiment dont la pente est inférieure à 15% au-dessus la toiture est dite inclinée.


Principe d'unité des façades sur la place Pablo-Picasso
© Caue 93
 
à l’intérieur

La qualité d’aspect et la durabilité des matériaux à l’intérieur du collège ont également guidé les choix. Ainsi, le sol de la rue intérieure est traité en « granito* » de ton clair avec un motif sobre et un caniveau permet recueil des eaux usées de nettoyage.
Les bancs traités dans le même matériau sont dotés d’une simple assise en bois. Les murs et les pieds de poteaux reçoivent une protection, en carrelage, d’entretien aisé.


Rue intérieure, les matériaux
© Caue 93

La rue intérieure, détail du traitement de sol
© Caue 93
 
granito : matériau réalisé le plus souvent en dallage et réalisé avec un mortier composé de granulats de marbre et d'un liant souvent coloré.


Détail : pavé de verre
© Caue 93
 

Matériaux, détail
© Caue 93
 

Salle informatique
© Caue 93
 
ESPACES EXTÉRIEURS

Le collège est lauréat depuis quatre ans du Premier prix des collèges fleuris. Un soin particulier est apporté à l ‘entretien du jardin fleuri situé dans la cour, auquel participent les élèves et à celui du patio. L’entretien végétal de ces espaces favorise également la présence d’oiseaux (partenariat avec la LPO – Ligue pour la protection des oiseaux). En outre, la présence des serres permet la culture des futures plantations.


Le jardin pédagogique
© Caue 93
 

 
L'ARCHITECTE DU COLLÈGE

Georges Pappas

Architecte dplg, Georges Pappas créé son agence en 1974, et enseigne à l’École nationale supérieure des Beaux-arts, à l’Unité pédagogique d’architecture n°1 de 1974 à 1979. Il est également architecte-conseil auprès du Collège de France de 1989 à 1991, ainsi qu’auprès de l’association des Maires de France.
Au cours de sa carrière d’architecte, il construit essentiellement en région parisienne, dans les villes nouvelles de Cergy, Marne-la-Vallée, Evry, et en province dans le Maine-et-Loire. Il construit de nombreux équipements et logements sociaux remarqués. En 1984, il est lauréat du Prix départemental d’architecture de Seine-et-Marne pour un ensemble de logements individuels et collectifs à Lognes, Les Nymphéas.

En Seine-Saint-Denis, à Noisy-le-Grand, il réalise, à la suite du collège Victor-Hugo, le gymnase Louison-Bobet (1987), l’Espace culturel Michel-Simon (1989) et réhabilite la résidence Le Cormier (1996). Ces projets s’inscrivent après une première série de réalisations dans la commune : le groupe scolaire Van-Gogh (1977), les logements du Champy-Nesles (1980) et du Champy (1982) dans la ZAC du Champy), une opération de logements (Pla) et le centre médical Marie-Curie (1983)

Dans chacun de ses projets G. Pappas, s’attache à répondre à trois exigences, selon lui  indissociables:
- une organisation fonctionnelle des espaces
- des formes créatrices de sens
- une véritable prise en compte des contraintes économiques et techniques

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Victor Hugo
1802-1885

La vocation du grand écrivain, à la fois, romancier, dramaturge et poète est précoce. Il a dix-neuf ans et fréquente encore le Lycée Louis-le-Grand, lorsque paraît son premier recueil de poèmes, Odes.

En 1822, il épouse Adèle. Ils auront cinq enfants parmi lesquels Léopoldine dont la mort tragique lors d’une promenade en barque sur la Seine à Villequier lui inspire le poème « Demain dès l’aube ». Sa seconde fille Adèle sera seule à survivre à son père, mais elle connaîtra de longues années en maison de santé.
A partir de 1933 Victor Hugo entretient une liaison avec l’actrice Juliette Drouet qui lui consacrera sa vie et l’accompagnera dans son exil.

Engagé en politique et grand orateur, partisan d’une démocratie libérale et humanitaire, abolitionniste convaincu de la peine de mort, il est élu député de la Deuxième République en 1848 et soutient Louis-Napoléon Bonaparte élu président de la République avec qui il rompt en 1849. Condamnant son coup d’état de 1851 marquant l’avènement du second empire, Hugo s’exile à Bruxelles, à Jersey puis à Guernesey. Il fait partie des proscrits qui refusent l’amnistie et ne revient en France qu’après la chute du Second empire, après 20 ans d’exil.
Il sera alors une figure tutélaire de la République jusqu’à sa mort en 1885, et, lors de ses funérailles nationales, une foule immense l’accompagne au Panthéon.

De son oeuvre monumentale se détachent des romans emblématiques au service de grandes causes comme Les Misérables, Notre-Dame de Paris, Quatre-Vingt-Treize et Le dernier jour d’un condamné.
Hernani et Ruy Blas marqueront son oeuvre pour le théâtre. Ses poésies abordent les thèmes familiers aussi bien que les genres lyrique ou épique dans un style classique ou audacieux, jusqu’à son chef-d’oeuvre « La légende des siècles ».

 

 
 
 
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