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COLLÈGE RENÉ CASSIN

programme d'origine : groupe scolaire Baudin-Charcot
programme actuel : collège 350
code site IA : 0931883S
autre(s) collège(s) à Noisy-le-Sec : Jacques Prévert, Olympe de Gouges


CHRONOLOGIE

1932-1933 : construction du groupe scolaire Baudin-Charcot
1944 : destruction partielle par les bombardements du 18 avril 1944
1947 : approbation du projet de reconstruction par le MRU
1948-1951 : reconstitution par tranches successives des parties détruites
1954 : extension-surélévation du groupe scolaire
1956-1957 : reprise et fin des travaux de reconstruction-surélévation
1976-1977 : installation provisoire du collège Baudin dans l'école des garçons
1982-1985 : réouverture progressive du collège de la 6ème à la 3ème
1989-1990 : le collège Baudin prend le nom de René-Cassin


LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage (1932-1933) : ville de Noisy-le-Sec
Architecte communal (1932-1933) : A. Chevallier
Maître d'ouvrage (1954-1957) : ville de Noisy-le-Sec
Architecte communal (1954-1957) : A. Pasqueron
Maître d'ouvrage (1989-1990) : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué (1989-1990) : Sodedat 93
Architecte (1989-1990) : Yann Brunel
Bureau d'études techniques (1989-1990) : cabinet Artec 20
Economiste (1989-1990) : Cabinet Monsaint
Entreprise (1989-1990) : Fougerolles


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre nette : 4590 m2
surface utile : 2680 m2
surface du terrain : 3782 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 12
salles de sciences : 2
salles de technologie : 2
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 81 m2
salle polyvalente : 77 m2
demi-pension : 246 m2
foyer des élèves : 54 m2
cour : 1266 m2
logements de fonction : 4

Coûts

coût global de l'opération : 20 Millions de Francs


1932-1933 construction du groupe scolaire Baudin-Charcot

Maître d'ouvrage : ville de Noisy-le-Sec
Architecte communal : A. Chevallier


À sa construction, le groupe scolaire est implanté sur une parcelle en longueur rejoignant la rue Baudin - qui lui donne son nom - et le passage du Renard, une voie alors non viabilisée (la future rue du Dr-Charcot). Au début des années 30, le quartier est encore peu construit, il se développera véritablement après la Seconde Guerre.

Le groupe scolaire est composé des deux écoles, Baudin pour les garçons, Charcot pour les filles, dans le prolongement l’une de l’autre mais séparées, selon le principe de la non mixité alors en vigueur. Elles forment un seul corps de bâtiment en longueur couvert d’un toit à deux pentes, terminé par un pavillon à chaque extrémité. L’implantation du groupe scolaire, calée sur un côté du terrain, libère l’espace au sud-est pour les deux cours de récréation des garçons et des filles.
Tandis que l’école des garçons était desservie par la rue Baudin, l’accès de celle des filles se faisait alors par la rue du Dr Charcot.

Comme la plupart des établissements scolaires de cette époque, le bâtiment offre une composition symétrique en plan, lisible en façade. Il s’élève sur un étage sauf pour les deux pavillons d’about* qui comportent deux étages.
Les écoles étant séparées, la disposition symétrique permet de placer au centre du bâtiment les services communs aux deux écoles et de les rendre accessibles depuis chacune d’elles. Situés au rez-de-chaussée, les services communs se composent du service médical et de la cuisine, donnant sur chacun des préaux, des espaces clos et couverts où sont pris les repas. Chaque préau a une surface de 334 m2.

Au rez-de-chaussée, chaque école comporte aussi un vestibule (ou entrée privée) donnant accès au parloir, au logement du gardien, à l’escalier privé des logements des directeurs et directrices.
Au 1er étage, chacune des écoles dispose de 5 classes et d’une grande salle, consacrée au dessin pour les garçons, aux arts ménagers pour les filles.
Le 2e étage des pavillons est réservé aux logements de fonction.
Le sous-sol accueille les bains-douches (15 cabines et 30 déshabilloirs)


Plan de 1932, rez-de-chaussée
Caue 93 - © Yann Brunel
 
rationalisme : en architecture, courant né à la fin du XIXe siècle et dont la démarche consiste à élaborer la conception et la réalisation des bâtiments en fonction des nouvelles données de la civilisation industrielle


groupe scolaire Baudin en 1931, façade cour
ville de Noisy-le-Sec
 
allège : élément construit situé entre le plancher et l'appui d'une fenêtre


mobilier scolaire
ville de Noisy-le-Sec
 
pavillon d'about : extrémité d'un bâtiment lorsque celle-ci est traitée en pavillon


Le pavillon d'about
AP - © Caue 93
 

Chaque classe mesure 7,87m par 6,80m et est éclairée par 3 ouvertures groupées de 1,80m chacune. Les classes sont distribuées sur une seule rangée par un large couloir de 3,60m. Cette disposition permet de privilégier une orientation des classes au sud, côté cour, ainsi que d’éclairer naturellement les couloirs.
Le souci de ménager de grandes ouvertures dans les classes, et, plus largement, de laisser pénétrer le plus possible l’air, le soleil, et la lumière dans l’ensemble des locaux d’enseignement n’a cessé d’être une préoccupation de l’architecture scolaire dès le tournant du siècle et marque particulièrement les premières décennies du XXe siècle. Air, lumière, soleil, hygiène et confort, restent en effet les thèmes majeurs d’une époque encore frappée par la tuberculose, et marquée par l’inconfort ou l’insalubrité de nombre de logements. En témoigne ainsi l’installation de bains-douches ainsi que du chauffage central dans l’école.

L’architecture du groupe scolaire est ici fidèle aux principes d’une architecture rationaliste, fonctionnelle et rigoureuse, celle qui dicte et normalise à chaque époque la conception des établissements scolaires, tout en intégrant progressivement un langage architectural évoluant vers le modernisme. Les principes de l’architecture moderne, déjà largement diffusés dans les années 30, sont ici esquissés. L’écriture soignée de la façade sur cour est ici empreinte de classicisme et le bâtiment possède un toit à pentes. Mais des éléments comme les ouvertures, qui occupent plus de place dans la façade, l’affirmation des lignes horizontales dans le dessin de celle-ci, en particulier la mise en oeuvre de la brique, annoncent le style des années 30. Les joints des briques soulignés par leur traitement en creux, contribuent en effet à une accentuation des lignes horizontales, en particulier en allège*.
La façade principale sur cour, entre les deux pavillons d’about*, comporte 10 travées* identiques, rythmées par des pilastres* : le dessin régulier et répétitif des fenêtres des classes donne à lire la fonction des espaces à l’intérieur. Chaque travée correspond à une classe et comporte un groupe de 3 ouvertures permettant de faire pénétrer largement la lumière. L’axe de symétrie qui règle la composition du bâtiment est marqué par une travée plus petite, correspondant au bureau des adjoints à l’étage.
Les façades sont en brique apparente (de Mitry-Mory) agrémentées de frises décoratives en brique, la couverture est en tuile mécanique.
Sur la façade sud, une marquise vitrée, au dessin fin et régulier aujourd’hui disparue, permettait alors un accès couvert aux sanitaires dans la cour de récréation qui était traitée en bitume.
Si la façade sur cour a été dessinée avec soin, la façade arrière n’a pas été l’objet d’une recherche de traitement. Elle donne simplement à lire les ouvertures éclairant les espaces de distribution : cages d’escalier et couloirs de desserte des classes. Les percements ne jouent ici qu’un rôle fonctionnel.
Du fait de son implantation perpendiculaire à la rue, la visibilité de l’école est faible depuis celle-ci. Seul le pavillon donnant sur la rue Charcot reçoit un traitement qui indique sa fonction d’équipement public. Sa façade en brique est agrémentée de linteaux et appuis de fenêtres en béton de teinte claire et du traditionnel bandeau, comme un cartouche, portant la devise républicaine et indiquant sa fonction.

 
travée : division d'un bâtiment déterminée par l'emplacement de ses éléments de soutien, le terme désigne en particulier l'espace entre deux points d'appui du bâtiment, dont la répétition donne le rythme par exemple en façade


Le pavillon d'about
Caue 93
 
pilastre : élément saillant d'un mur en maçonnerie et présentant l'aspect d'un pilier engagé dans la paroi


Le bâtiment d'origine
AP - © Caue 93
 

1948-1951 de la reconstruction à la surélévation


Les bombardements aériens du 18 avril 1944 ont touché presque les 3/4 de la commune. Les dommages sont importants. Sur 4 113 immeubles recensés en 1939, entre 750 et 1300 sont totalement démolis, 1 500 partiellement endommagés, dont une partie de l’école Baudin, à cause de la proximité de la gare de triage, prioritairement visée par les bombardements alliés. Noisy-le-Sec est déclarée « ville sinistrée », un plan de reconstruction et d’aménagement est élaboré entre 1945 et 1948 soutenu par le MRU*.
La reconstruction au titre des dommages de guerre de l’école Baudin s’inscrit dans ce programme. Suite aux bombardements, il reste une partie de l’école des filles, et une partie des pavillons d’extrémité a été touchée.
La « reconstitution » des parties détruites sera entreprise en 1948, permettant dans un premier temps de rétablir la continuité bâtie préexistante entre les écoles. Les travaux de reconstruction seront réalisés en plusieurs tranches et nécessiteront presque dix ans. Une première campagne de reconstitution s’échelonne de 1948 à 1951. Une surélévation permet ensuite de créer 7 classes supplémentaires en 1954. Enfin, une dernière campagne parachève la surélévation et les travaux de 1956 à 1957. Les différentes restructurations sont d’ailleurs lisibles sur la façade notamment par les différents matériaux en parement (brique ou enduit)


traitement de la séparation entre l'école et le collège
©M.-C. Bordaz
 
MRU : ministère de la reconstruction et de l'urbanisme, qui organise à partir de 1944, la reconstruction en France des sites dévastés par la Seconde guerre mondiale


Détail de façade de l'école primaire
AP - © Caue 93
 

Façade de l'école primaire
AP - © Caue 93
 

groupe scolaire Baudin après les bombardements de 1944
ville de Noisy-le-Sec
 

1989-1990 restructuration-extension du collège Baudin

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architecte : Yann Brunel
Bureau d'études techniques : cabinet Artec 20
Economiste : Cabinet Monsaint
Entreprise : Fougerolles


LA CRÉATION DU COLLÈGE

Ce n’est qu’après sa restructuration et son extension de 1990 que le collège Baudin reçoit la dénomination de collège René Cassin.
L’établissement est d’abord et provisoirement installé dans l’école des garçons jusqu’en 1977. Il ferme entre 1977 et 1982, année qui voit sa réouverture dans l’école des filles avec l’installation des classes de 6e la première année, les classes suivantes ouvriront ensuite progressivement au rythme d’un niveau par année avec les 5e en 1983, les 4e en 1984 et enfin les 3e en 1985. L’école des garçons devenue école élémentaire mixte prend le nom d’école Quatremaire, en mémoire de Henri Quatremaire (1899-1982), maire de la ville entre 1945 et 1947 puis de 1959 à 1971.

 

vue aérienne
SPC - © CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 
LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER AUJOURD’HUI

Le collège Cassin se situe dans le quartier dit du Petit Noisy, limitrophe de Bondy à l’Est, qui s’est développé, surtout après la Seconde Guerre, au nord de la commune, entre les voies ferrées et le canal. Le quartier est séparé du sud de la ville par le complexe ferroviaire, il est de plus entouré et marqué par des axes importants (A3, avenue Gallieni)
L’environnement est essentiellement constitué de pavillons et d’immeubles collectifs, et compte aussi des activités et des équipements. Il se caractérise ainsi par des discontinuités urbaines brusques (de l’immeuble-barre au pavillon) qui témoignent de l’évolution de l’architecture et des techniques de construction. C’est cependant sur la rue du Dr-Charcot qui dessert le collège que sont concentrés la plupart des immeubles collectifs du secteur.
Le collège s’inscrit également dans un pôle d’équipements scolaires qui comprend l’école primaire Quatremaire, l’école maternelle Bayard, et le gymnase Visinoni. Bien que tous les accès soient situés sur la rue du Dr-Charcot, l’entrée des piétons et l’entrée de service sont différenciées.

 

La rue du Dr-Charcot
AP - © Caue 93
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Que ce soit à l’échelle du quartier, ou de l’école, l’extension s’insère dans son site par un travail rigoureux sur la volumétrie, l’échelle et les matériaux.

Le parti adopté est celui d’un bâtiment compact et sobre qui donne à lire trois pavillons*, reliés par des éléments vitrés, en rappel et en continuité du pavillon années 30 existant, donnant sur la rue Charcot et sur lequel il s’articule. Celui-ci est pris en effet comme élément volumétrique de référence par l’architecte pour concevoir le bâtiment neuf. La liaison entre l’extension et le bâtiment existant est réalisée par une passerelle, construite en pont au-dessus de l’entrée du collège. Le principe d’implantation retenu pour l’extension, perpendiculaire au bâtiment ancien, referme la cour de récréation tout en la préservant.

Si dans son principe de composition l’extension reprend l’échelle du pavillon de la rue Charcot, sa volumétrie générale est à l’échelle des immeubles d’habitation environnants.
L’architecture du bâtiment neuf propose une volumétrie épurée, aux lignes géométriques franches, aux arêtes vives, travaillée par plans, que soulignent les grands aplats de brique ou les panneaux vitrés. L’importance donnée au mur et à la brique, au travail sur la volumétrie avec les emboîtements, les avancées et retraits, certains éléments de structure apparents, permet d’affirmer la présence de la matière. Assez massif, sans jamais être lourd, ce bâtiment s’inscrit pleinement dans la tradition des réalisations en briques du Mouvement moderne.
Son écriture est aussi une évocation de l’architecture des années 30 : fenêtres-bandeaux affirmant les lignes horizontales, ailettes en béton clair formant garde-corps, grandes parois vitrées verticales contrebalancées par le rythme horizontal des vitrages qui les composent, mise en oeuvre soignée de la brique soulignant le dessin des linteaux et les planchers en façades.
La brique est un matériau très présent dans le quartier. Son utilisation est donc ici une référence non seulement à l’architecture des années 30, époque de construction du groupe scolaire d’origine, mais aussi aux constructions environnantes. L’architecte a aussi voulu donner à la brique un sens tout à fait symbolique pour un équipement scolaire, en référence au matériau originel – la brique crue – où les hommes gravèrent les premières écritures et signes écrits (Mésopotamie).

Les deux modalités de traitement architectural côté rue et côté cour sont voulus en opposition. La volumétrie est plus affirmée et plus libre sur la cour avec des jeux d’avancées, de retraits, et de courbes. Sur la rue, elle propose une architecture structurée, rythmée, rigoureuse et plus contenue, s’inscrivant dans la tradition rationaliste des constructions scolaires où s’expriment les notions de régularité, d’ordre, de calme. À l’origine l’implantation à redans* du bâtiment neuf, de même que le retrait du rez-de-chaussée, permettait de dégager entre la rue et le collège un petit parvis initialement conçu pour appuyer, accompagner et signaler l’entrée du collège ; les jeux de décalage permettant, en outre, de ménager des vues latérales. Le principe d’implantation n’est cependant plus lisible aujourd’hui depuis la création de la clôture.


La volumétrie côté cour
©M.-C. Bordaz

Plan masse
Caue 93 - © Yann Brunel
 
pavillon : outre son acception commune ce terme désigne aussi une partie de bâtiment dans un ensemble bâti qui se distingue par des caractéristiques particulières : plan souvent proche du carré, hauteur, toiture, forme, avancées ou retraits.


Vue d'ensemble
Caue 93
 
redan ou redent : le redan ou redent désigne un décrochement, une avancée ou un retrait, dans un ouvrage en maçonnerie.


Vue depuis la rue avant installation de la clôture
©M.-C. Bordaz
 

Entrée du collège
©M.-C. Bordaz
 

vue depuis le parvis
©M.-C. Bordaz
 

volumétrie côté cour
©M.-C. Bordaz
 

volumétrie côté rue
Caue 93
 
ORGANISATION DES ESPACES

Le parti de l’architecte a été de dédier le bâtiment ancien à l’enseignement général, respectant en cela leur ancrage respectif dans la tradition, tandis que le bâtiment neuf doit évoquer et soutenir la notion de modernité en accueillant - entre autres - les locaux liés aux technologies modernes (enseignement scientifique et technologique) et aux domaines plus innovants de l’enseignement.
Le bâtiment neuf a été réalisé dans une première phase, suivie de la réhabilitation du pavillon existant. La jonction entre l’existant et l’extension est assurée par une passerelle qui absorbe par un escalier la différence de niveaux entre les deux bâtiments.


Plan du rez-de-chaussée
Caue 93 - © Yann Brunel
 

La passerelle entre l'existant et l'extension
AP - © Caue 93
 

Aile existante, escalier
AP - © Caue 93
 
Existant

La partie existante est dédiée à l’administration et aux salles d’enseignement général et aux logements de fonction.
Au rez-de-chaussée, l’aile préexistante abrite l’administration, le préau, le foyer des élèves, la salle d’art plastique.
Au 1er étage, les salles d’enseignement général et les locaux des professeurs
Au 2e étage les salles d’enseignement général et un logement de fonction conservé.

 

Aile existante, préau
AP - © Caue 93
 
Extension

Le programme de l’extension est consacré à l’enseignement scientifique et technologique et aux espaces communs comme le CDI, la salle polyvalente et la demi-pension avec des logements au dernier niveau.
Au rez-de-chaussée sont distribués la demi-pension, la salle de musique et les salles de technologie, les locaux de la vie scolaire,
Au 1er étage, le CDI et la salle informatique, une salle banalisée
Au 2e étage, la salle polyvalente ou salle audiovisuelle, les salles de sciences
Au 3e étage, les logements de fonction. Ceux-ci bénéficient de terrasses. Leur façade en retrait leur confère une certaine autonomie volumétrique et fonctionnelle.


Plan du premier étage
Caue 93 - © Yann Brunel

Plan du deuxième étage
Caue 93 - © Yann Brunel
 

Coupe transversale sur extension
Caue 93 - © Yann Brunel
 

Plan du troisième étage
Caue 93 - © Yann Brunel
 

La demi-pension
©M.-C. Bordaz
 

façade cour
©M.-C. Bordaz
 

Extension, vue depuis les espaces de distribution
AP - © Caue 93
 
ESPACES ET USAGES

Que ce soit dans l’extension ou dans le bâtiment ancien restructuré, l’intervention de l’architecte se caractérise par le soin apporté aux espaces collectifs (demi-pension, CDI) et de distribution (couloirs) dans lequel le traitement de la lumière naturelle et des vues joue un rôle primordial.
Le principe de décalage adopté dans le bâtiment neuf permet d’éviter les longs couloirs en les fractionnant. Ce principe allié à la disposition des circulations en façade sur rue permet de leur faire profiter à la fois de la lumière naturelle et des vues. Les apports de lumière sont en effet assurés par des ouvertures diverses dans leur forme et leur dimension offrant de multiples échappées sur l’environnement ou sur le collège lui-même : panneaux vitrés, fentes verticales dans les couloirs, fenêtres basses, etc.
La rigueur constructive exprimée dans la conception du collège est adoucie dans les espaces à vocation collective comme le CDI, la salle polyvalente et la demi-pension, tous traités en courbes ainsi identifiables tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du bâtiment. Dans la demi-pension, un éclairage zénithal*, des fenêtres en bandeau accompagnent la courbe de la façade permettant à chacun depuis sa table de profiter des vues sur la cour plantée. Dans le CDI, l’utilisation de la courbe conjuguée à la présence du bois lui confère chaleur et intimité. Le traitement de ces espaces en courbes n’est pas sans évoquer l’architecture de Alvar Aalto*.

Grâce à la lisibilité et la fluidité de ses espaces, à ses circulations aisées et lumineuses, au soin apporté aux usages, le collège se propose comme un lieu alliant à la fois la rigueur de l’organisation fonctionnelle et de la conception architecturale et l’ambiance chaleureuse de ses espaces.


salle de restaurant
©M.-C. Bordaz

Le CDI
AP - © Caue 93
 
éclairage zénithal : nom générique désignant les sources d'éclairage naturel vertical


Aile existante, couloir
AP - © Caue 93
 

Extension, espaces de distribution
AP - © Caue 93
 
Alvar Aalto : (1898-1976) Architecte finlandais dont l'oeuvre remarquable et originale se situe dans la mouvance du Mouvement moderne tout en étant profondément atypique et indépendante.


Extension, espaces de distribution
AP - © Caue 93
 
STRUCTURE, MATÉRIAUX ET COULEURS

Le système constructif mis en oeuvre est une structure mixte comportant de l’intérieur vers l’extérieur un mur en béton, un isolant, un vide d’air et un mur de briques de 11 cm pour les trois niveaux, le dernier étant construit en briques porteuses de 22 cm.
Les menuiseries, originellement en bois laqué blanc, ont été en partie remplacées par des menuiseries en aluminium laqué de même ton (1999).
A l’extérieur, le choix des couleurs affirme une volonté de contraste : le rouge de la brique, le blanc des ouvertures.
À l’intérieur la finition claire des murs permet de réfléchir et diffuser la lumière. Le ton clair des murs et sols est agrémenté de touches de couleurs (portes et menuiseries).


façade cour
©M.-C. Bordaz
 

Extension, détail
AP - © Caue 93
 

Façade cour, détail
©M.-C. Bordaz
 

 
L'ARCHITECTE DU COLLÈGE

Yann Brunel

Yann Brunel, architecte DPLG, est diplômé en 1976 et crée son agence en 1979. Installé en Seine-Saint-Denis, il réalise ses projets en banlieue parisienne et en région, aussi bien qu’à Paris, dans des domaines aussi variés que le logement ou les équipements hospitaliers et de santé, scolaires, culturels.
Architecte consultant au CAUE de la Sarthe de 1980 à 1985, il est aujourd'hui architecte conseil du département de l’Eure. Depuis 1997, il enseigne à l’école d’architecture de Paris-Val de Seine et donne de nombreuses conférences y compris hors de France.
Sa formation en Finlande et sa collaboration avec des architectes finlandais lui ont permis de développer un intérêt particulier pour le bois.

À Noisy-le-Sec, outre le collège René-Cassin, il est l’auteur du Théâtre des Bergeries (2000) et de la médiathèque Roger-Gouhier (1998) œuvre originale en brique et verre couverte d’une vaste toiture en zinc, ondulante.

Selection de réalisations

Ecole de Musique de Guyancourt (2009) et Conservatoire national de Limoges (2008)
Conservatoire de musique et de danse de Malakoff (2002)
Logements à Paris 11e, 15e,19e et 20e
Logements à Aubervilliers (1999) ZAC du Pont-Tournant
Restructuration et extension des Lycées La Bruyère à Versailles (2003-2005) et Claude-Nicolas Ledoux à Pavillons-sous-Bois, 93 (2000)
Logements à Saint-Pierre et Miquelon (1998-2000)

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

René Cassin
1887-1976

« Il n’y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l’homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit »
Avocat au Barreau de Paris, agrégé de droit, René Cassin est gravement blessé lors de la Première Guerre mondiale. Tout en menant une carrière d’universitaire, à Aix, Lille puis Paris, il s’engagera tout au long de sa vie, en faveur de la Défense des droits de l’homme à travers les plus hautes instances nationales et internationales. Delégué de la Société des Nations (SDN) de 1924 à 1938, il refusera de siéger à Genève après sa dénonciation publique des accords de Munich. En 1940, il rejoint la France Libre à Londres comme conseiller de de Gaulle. À la Libération, il poursuit son engagement et son action sans relâche et reste le principal inspirateur et rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée par l’ONU en 1948
En 1959, il est membre de la Cour européenne des Droits de l’Homme qu’il préside de 1965 à 1968, année où il reçoit le Prix Nobel de la Paix.

 

 
 
 
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