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COLLÈGE JEAN JAURÈS

programme d'origine : Groupe scolaire
programme actuel : Collège 500
code site CG93 : 36700030000 JEAN-JAURES 36/C
code site IA : 0931216S
autre(s) collège(s) à Pantin : Joliot Curie, Jean Lolive, Lavoisier


CHRONOLOGIE

LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maîtres d'ouvrage (1959-1960) : Ministère de l'éducation nationale et Ville de Pantin
Architecte (1959-1960) : émile Aillaud
Bureau d'étude technique (1959-1960) : COGITEC - Compagnie générale de travaux et de construction
Artiste céramiste et coloriste (1959-1960) : Fabio Riéti
Entreprise (1959-1960) : SERPEC - Société d'étude et réalisation de procédés économiques de construction
Architectes (1988-1989) : François et Laurent Hess
Maître d'ouvrage (2004) : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué (2004) : Sodedat 93
Architecte (2004) : Véronique Lours
Bureau d'étude technique (2004) : INCET
Entreprise (2004) : SEE Siméonio


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 9741 m2
surface hors-oeuvre nette : 4483 m2
surface hors-oeuvre nette de l'extension : 1900 m2
surface utile : 3351 m2
surface du terrain : 5333 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 16
salles de sciences : 3
salles de technologie : 4
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 158 m2
demi-pension : 319,50 m2
cour : 1800 m2 dont préau
parvis : 290 m2
logements de fonction : 2

Coûts

coût global de l'opération : 9 000 000 €
coût des bâtiments : 7 000 000 €


1959-1960 construction du groupe scolaire

Maîtres d'ouvrage : Ministère de l'éducation nationale et Ville de Pantin
Architecte : émile Aillaud
Bureau d'étude technique : COGITEC - Compagnie générale de travaux et de construction
Artiste céramiste et coloriste : Fabio Riéti
Entreprise : SERPEC - Société d'étude et réalisation de procédés économiques de construction


PROGRAMME DU GROUPE SCOLAIRE D'ORIGINE

Le programme du groupe scolaire comportait à l’origine une école maternelle de 6 classes, une école primaire de filles et une école primaire de garçons de 7 classes chacune, les services communs, réfectoire, chaufferie, afférents, et 5 logements de fonction. La création d’un cours complémentaire* avait également été prévue. Un gymnase accompagnait le groupe scolaire.

 
cours complémentaire : classes ayant existé jusqu'en 1959, entre le certificat d'études primaire et le brevet élémentaire.

UN ÉQUIPEMENT SCOLAIRE DE LA CITÉ DES COURTILLIÈRES

Le Groupe scolaire Jean-Jaurès, initialement dénommé groupe scolaire des Courtillières ou encore « École jaune », a été construit en 1960 pour remplacer des classes provisoires mises en place en 1955 dans le quartier des Courtillières, un grand ensemble conçu et édifié entre 1957 et 1964 par l’architecte Émile Aillaud au nord de la commune. Cette opération, avec son édifice emblématique, le Serpentin, un bâtiment de plus d’un kilomètre de long (791 logements) qui enserre dans ses courbes un parc urbain paysager de près de 4 hectares, a largement contribué à la renommée d’Émile Aillaud. Au coeur de cet espace, la crèche, une oeuvre majeure de l’architecte, elle aussi toute en courbes, dialogue avec le Serpentin.

Le groupe scolaire fait alors partie d’un programme d’équipements collectifs accompagnant la réalisation des 2033 logements de ce nouveau quartier. Ce programme comprenait en outre la réalisation du groupe scolaire du Pont de pierre, l’« École verte » (actuelles écoles primaire M.-Cachin et maternelle J.-Quatremaire), de deux gymnases (Hasenkrantz et Rey-Golliet), d’une crèche, halte-garderie, PMI, d’un centre de sécurité sociale, et d’une poste.
En 1971, le collège est créé dans les locaux du Groupe scolaire, en lieu et place de l’école des garçons ; l’école primaire des filles garde sa vocation tout en devenant mixte.
Le groupe scolaire Jean-Jaurès peut être considéré comme un prototype. Plusieurs établissements ont été ensuite construits selon ce modèle par Émile Aillaud comme les écoles du Pont-de-pierre à Pantin, une école maternelle à Epinay, en Seine-Saint-Denis, une cité scolaire à Coulommiers, un CEG et gymnase à Claye-Souilly, à Nangis et un CES à Tournan-en-Brie, en Seine-et-Marne, un CET à Arnouville-lès-Gonesse dans le Val-d’Oise, un lycée et collège à Tourcoing, dans le Nord.

 

Vue aérienne des Courtillières
© DAF - CAP/Centre d'archives d'architecture du XXe siècle
 

L'école et le gymnase
© DAF - CAP/Centre d'archives d'architecture du XXe siècle
 
PARTI ARCHITECTURAL, COMPOSITION D'ENSEMBLE

Dans un contexte de pénurie de logements qui était celui d’alors, le chantier du grand ensemble des Courtillières devait permettre de réaliser une « opération économique de main-d’oeuvre, de construction rapide prévue en deux ans ». Il s’agissait donc d’aller vite tant pour la construction des logements que pour celles des équipements les accompagnant. La construction du groupe scolaire a ainsi été réalisée grâce au « chemin de grue »* qui garantissait une exécution plus rapide.
Ceci explique pour une part le parti adopté par l’architecte de créer un grand bâtiment abritant les classes, de 140 mètres de long pour l’ensemble du groupe scolaire.
Sur ce long bâtiment viennent se greffer perpendiculairement des bâtiments d’un niveau accueillant les espaces de service (réfectoire, cuisine..) et les préaux, atténuant ainsi l’effet d’une grande barre d’un seul tenant. Ce parti d’implantation en « peigne » permet également de définir et refermer un espace clos, distinct pour chaque école, chacun ayant sa cour de récréation.


Vue d'ensemble
© DAF - CAP/Centre d'archives d'architecture du XXe siècle
 
chemin de grue : grue installée sur des rails facilitant les déplacements de cette dernière et permettant d'augmenter la rapidité d'exécution du chantier.


Le chantier de construction
© DAF - CAP/Centre d'archives d'architecture du XXe siècle
 
TRAITEMENT ARCHITECTURAL ET INDUSTRIALISATION

Comme le plus souvent dans ses opérations Émile Aillaud tire ici profit des procédés de construction industrialisés pour introduire souplesse et originalité dans son projet.
S’il utilise pour le groupe scolaire, le procédé de construction Camus*, également mis en oeuvre pour la construction des logements, il propose une architecture toute autre avec un traitement original des structures en béton des petits bâtiments abritant services communs et préaux. D’élégants poteaux en forme de « Y » soutiennent des couvertures constituées de voûtes en berceau* cylindriques (de 2,92m d’ouverture) légères, fabriquées sur le chantier.

La préfabrication n’a pas non plus empêché le soin du détail : les descentes d’eau de pluie ont été incorporées dans les poteaux en « Y » au moment du coulage du béton. Le même principe de structure abrite ainsi les préaux, de simples abris ouverts décorés de faïence pour les préaux, et les réfectoires qui reçoivent des façades en mosaïques de pâte de verre.
Pour la façade de la longue « barre » de 3 niveaux, l’architecte ne choisit ni une façade-rideau*, ni de simples panneaux béton préfabriqués, mais il met en oeuvre un traitement original. La disposition des ouvertures, comme « serties » dans une trame de béton, confère à la façade l’aspect d’un claustra*, lui apportant légèreté et raffinement en dépit de sa longueur. Cette façade-claustra permet d’établir une transition subtile entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment et surtout de tamiser la lumière. Pour Aillaud, il s’agit en effet d’« éviter les grandes surfaces vitrées d’un seul tenant qui rendent les écoles inhabitables au moindre soleil».
Pour la composition des ouvertures, l’architecte a joué sur trois hauteurs différentes. Les panneaux de façades préfabriqués comportent en effet des ouvertures basses et médianes pour les enfants, selon qu’ils sont assis ou debout et hautes pour les adultes, le principe étant de « diviser les parties vitrées en bandes discontinues et régulièrement réparties » et de donner ainsi « l’impression d’une ruche pleine d’enfants » (Aillaud cité par B. Pouvreau, Point de Repères du CAUE 93 consacré à Émile Aillaud).
Les panneaux de façades sont revêtus de carreaux de grès cérame de 5x5 cm jaunes (ce qui est vraisemblablement à l’origine du nom de « l’École jaune »)
À l’intérieur du grand bâtiment des classes, la distribution des salles s’effectue par un couloir latéral. Ce principe permet à ces dernières de bénéficier de la lumière naturelle.
Le système de chauffage de l’ensemble est à air chaud.


Le bâtiment des classes
© DAF - CAP/Centre d'archives d'architecture du XXe siècle
 
procédé de construction CAMUS : les panneaux sont fabriqués en usine où l’on y intègre le plus possible d’équipements et de finitions : châssis de fenêtres, tubes de chauffage, canalisations électriques, ainsi que la finition de la façade sur un des côtés. Ces éléments, pouvant peser jusqu'à 7 tonnes sont transportés jusqu'au chantier puis mis en place à l'aide d'une grue.


Vue depuis la cour et structure des préaux
© DAF - CAP/Centre d'archives d'architecture du XXe siècle
 
voûtes en berceau : ouvrage en maçonnerie de forme demi-cylindrique ou proche du demi-cylindre.

façade-rideau : la façade-rideau ou mur-rideau est une façade légère qui ne participe pas à la stabilité de l'édifice. Elle est en général constituée de matériaux tels que panneaux métalliques, verre, panneaux de bois, de fibres, etc.


Salle de classe d'origine
© DAF - CAP/Centre d'archives d'architecture du XXe siècle
 
claustra : paroi, mur ou clôture ajouré réalisée en éléments de terre cuite, céramique ou béton.


1971 création du collège


CRÉATION DU COLLÈGE JEAN-JAURÈS

En 1971, le collège est créé. Il s'installe dans les locaux de l’école des garçons, qui, avec l’introduction de la mixité dans les classes en 1966, ont rejoint l’école des filles mitoyenne, pour ne constituer qu’une seule école primaire.
Du fait du plan d’origine « en peigne » définissant des écoles mitoyennes mais distinctes, chacune autour de sa cour, l’école des garçons fut aisément adaptable à sa nouvelle fonction de collège sans grandes modifications. Le collège dut néanmoins occuper aussi le dernier niveau de l’école primaire.


Localisation du collège dans le groupe scolaire
© Caue 93
 

Localisation du collège dans le groupe scolaire
© Caue 93
 

1988-1989 modification des façades

Architectes : François et Laurent Hess


MODIFICATION DES FAÇADES

Une première intervention en 1988 consistant en des travaux de surélévation de la maternelle et d’isolation thermique de l’ensemble des bâtiments a notoirement modifié l’architecture d’origine.
Le parti alors adopté d’une isolation thermique extérieure et du remplacement des menuiseries par des fenêtres en matériau synthétique, le PVC, a radicalement modifié en la banalisant la façade du grand bâtiment des classes, qui, aujourd’hui, n’est plus lisible.


La rue Édouard-Renard
© Véronique Lours

Pignon du collège rue E.-Renard
© Véronique Lours
 

Transformation de 1988 de la façade d'origine et préau
© Véronique Lours
 

Transformation de 1988 de la façade d'origine
© Véronique Lours
 

Les préaux
© Véronique Lours
 

2004 rénovation et extension

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architecte : Véronique Lours
Bureau d'étude technique : INCET
Entreprise : SEE Siméonio


LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

Le collège, situé à l’extrémité nord du quartier des Courtillières, est également à la limite communale avec Bobigny et Drancy. Le quartier environnant est constitué d’un ensemble pavillonnaire et d’un secteur en mutation composé de terrains actuellement en friches destinés à un programme de pavillons groupés.

La rénovation-extension du collège a été parallèle à la démarche de renouvellement urbain* du quartier des Courtillières.
Le projet de renouvellement urbain entrepris par la ville, comporte en particulier des actions de réaménagement de l’espace public et du maillage de voirie, des actions en faveur des équipements, (par exemple, création d’un gymnase) et de l’ouverture du quartier, plus proche du sud-ouest de Bobigny que du reste de Pantin, à cause des deux coupures du fort d’Aubervilliers et du cimetière.


Le collège et son environnement, à l'arrière plan les tours en étoile
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 
ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) : l'Agence nationale pour la rénovation urbaine est un établissement public créé par la Loi d'Orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août 2003 pour assurer le financement et la mise en oeuvre du programme national de renouvellement urbain.


Situation du collège Jean-Jaurès
© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 

La Cité des Courtillières avant le projet de renouvellement urbain, vue axonométrique
© L'AUC - D. Klouche, C. Poulain, F. Decoster
 
desserte, accès

Le collège est desservi par la rue Édouard-Renard et par l’actuelle « Voie F », où se situe son entrée principale.
On accède au collège par un parvis. L’espace public du parvis et l’espace privé de la cour du collège sont clairement définis, séparés par une clôture : une grille sur un muret en brique. L’entrée du collège est mise en scène par un porche « monumental », « l’arche », qui invite à entrer tout en signalant clairement sa fonction.
Un accès à l’arrière du bâtiment dessert le parking du personnel du collège.
La livraison de la demi-pension s’effectue par la rue E.-Renard.


L'entrée du collège
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 

La voie "F"
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 
PARTI ARCHITECTURAL

Le collège, partie intégrante du groupe scolaire, n’était pas jusqu’à présent identifiable en tant que tel. Un des objectifs de l’architecte a été de lui donner une identité propre aussi bien au sein du groupe scolaire que dans le quartier.
La composition articule les deux bâtiments, existant et nouveau, tous deux édifiés sur trois niveaux (rez-de-chaussée et deux étages). L’extension adopte le parti du contraste tout en s’inscrivant en douceur.
Celle-ci a remplacé un préau couvert de voûtes en béton et une annexe de la bibliothèque municipale, à l’alignement rue Édouard-Renard. Le nouveau bâtiment est implanté perpendiculairement au bâtiment existant dont il reprend le gabarit général, mais dont il se différencie délibérément par le traitement de la volumétrie.
À la géométrie rigoureuse et au développement monumental des longues horizontales du bâtiment existant, le nouveau bâtiment répond en effet avec une volumétrie fragmentée (retraits, saillies, courbes de la toiture, ouvertures multiples et différenciées), à lire, selon les intentions de l’architecte, comme une succession de pavillons « réunis par un rez-de-chaussée qui fait socle ».
Le parti pris est également d’introduire la courbe pour adoucir les lignes droites dominantes (toitures, auvent de l’entrée, porche du collège, etc.), principe adopté par Aillaud lui-même dans son projet, mais avec un vocabulaire architectural différent (couvertures en voûtes cylindriques, etc.).


Le bâtiment existant et l'extension
© Véronique Lours
 

L'extension rue E.-Renard
© Véronique Lours
 

Préau restructuré
© Véronique Lours
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

Le parti de fonctionnement adopté a été d’accueillir dans le bâtiment existant restructuré les fonctions d’accueil, vie scolaire, administration et le CDI, tout en maintenant les fonctions d’enseignement à l’étage, tandis que le nouveau bâtiment abrite la restauration et l’ensemble des salles spécialisées.

 
Extension

La restauration (cuisine et self) et la salle polyvalente occupent le rez-de-chaussée.
Dans les étages les salles spécialisées (musique, arts plastiques, sciences, informatique et technologie), sont distribuées par un couloir central.
À l’angle des deux rues, à l’extrémité du nouveau bâtiment, et un peu à l’écart, les deux logements de fonction sont identifiables et « privatisés » comme un pavillon. Ils disposent de leur propre toiture et de leur propre cage d’escalier. Celle-ci, en retrait mais exprimée en façade, souligne la séparation des logements et des autres fonctions du collège. Les logements sont des 4 pièces, l’un est de plain-pied, l’autre en duplex*. Ils bénéficient d’un accès et de boxes de stationnement propres.


Le collège rénové, plan du rez-de-chaussée
CAUE 93 - © Véronique Lours

Le collège rénové, plan du premier étage
CAUE 93 - © Véronique Lours
 
duplex : appartement sur deux étages reliés par un escalier intérieur


Coupe longitudinale sur l'extension
© Véronique Lours
 

Entrée de la demi-pension
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 

Les logements à l'extrémité du bâtiment
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 

Le collège rénové, plan du deuxième étage
CAUE 93 - © Véronique Lours
 
Le bâtiment existant restructuré

Celui-ci comporte au rez-de-chaussée le hall d’accueil qui distribue le CDI, l’administration et la vie scolaire, et dans les étages, les salles banalisées et les salles des professeurs. Dans ce bâtiment plus étroit que le nouveau, le principe d’origine des salles de cours distribuées par un couloir latéral éclairé naturellement est maintenu.
Le hall d’environ 60 m2 a été aménagé, largement ouvert sur la cour et signalé par un auvent* traité dans le même esprit que le porche « monumental » d’entrée du collège.
Dans le prolongement du hall se trouve le CDI, implanté dans l’ancien préau, directement visible depuis la cour.
La loge et le logement de gardien ont été maintenus à l’entrée du collège


Le bâtiment restructuré, entrée
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 
auvent : petit toit en saillie sur une façade, lorsqu'il est en verre c'est une marquise

MATÉRIAUX ET COULEURS

À l'extérieur

Le choix de couleurs fortes aux tonalités chaudes joue un rôle important dans la composition d’ensemble. Elles contrastent avec celles de l’ensemble de logements à proximité. Le choix de l’ocre jaune vient néanmoins rappeler le choix initial de l’architecte Aillaud et du coloriste Fabio Rieti, un jaune clair, qui avait valu au groupe scolaire d’être nommée « L’École jaune » avant qu’il ne reçoive le nom de Groupe scolaire Jean-Jaurès.
Les menuiseries extérieures sont en aluminium laqué. Les toitures du bâtiment neuf sont en bac acier nervuré vert soutenu par une charpente en bois lamellé-collé.


L'extension, matériaux et couleurs
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 
À l'intérieur

La mise en couleurs à l’intérieur du collège est conçue comme une signalétique* et permet le repérage des différents espaces par les élèves.
Les revêtements de sols ont été choisis en fonction de leur qualité acoustique comme les sols textiles pour des locaux comme le CDI, les salles d’informatique, de musique et de réunion. Ils l’ont été aussi pour leur facilité d’entretien pour les autres locaux (sols pvc, linoleum).
Le sol du hall d’entrée est en grès cérame, posé selon un motif décoratif.


Matériaux et couleurs
© André Lejarre/Département de la Seine-Saint-Denis
 
signalétique : ensemble des éléments d'une signalisation


 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

Émile Aillaud
1902-1988

Aillaud appartient à la génération d’architectes formés auprès des maîtres modernes comme Le Corbusier, Lurçat, Beaudouin, Lods, Pingusson qui, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, s’engagent dans le vaste chantier de la reconstruction. Les conditions économiques exceptionnelles de l’Après-guerre permettront la généralisation des procédés de construction industrialisés, pendant que les ingénieurs les plus créatifs (Sarger, Nervi, Prouvé…) développeront des techniques innovantes.
C’est dans ce contexte qu’Aillaud poursuit une voie personnelle, hors des écoles et hors des styles, construisant essentiellement des ensembles de logements sociaux, les plus connus étant La Grande borne à Evry (91), les ensembles de l’Abreuvoir et des Courtillières à Pantin (93), les tours de Nanterre (92).
Architecte-conseil du ministère de l’Éducation nationale dès les années 50, il réalise aussi des équipements scolaires et pour la petite enfance (Crèche et groupes scolaires des Courtillières, Cet à Dugny, aujourd’hui Lycée Professionnel R.-Schuman).
À travers les détours et les courbes de ses bâtiments de logements comme aux Courtillières, Aillaud propose une alternative aux alignements des tours et des barres, tout en exploitant les techniques d’industrialisation innovantes et les modes de composition moderne. Pour cet architecte, si l’industrialisation avait pour objectif d’innover pour abaisser les coûts de construction, l’innovation devait aussi s’exercer au profit de la qualité architecturale. L’ensemble des Courtillières lui vaudra une renommée internationale.

 
Véronique Lours

Architecte dplg, et spécialiste de feng-shui*, Véronique Lours exerce en libéral depuis 1991 et en société depuis 1996. Elle fonde sa démarche sur l’influence qu’exerce l’espace extérieur constituant notre cadre bâti sur ceux qui l’habitent.
Elle est l’auteur d’équipements publics ainsi que de programme de logements collectifs en Seine-Saint-Denis parmi lesquels, outre l’extension du collège Jean-Jaurès à Pantin, le collège Camille-Claudel à Villepinte (1997), un centre municipal de santé à Stains (1997) et 50 logements p.l.u.s. à Villetaneuse (2005). Elle a également réalisé les restructurations des collèges Léon-Jouhaux et Édouard-Herriot à Livry-Gargan (2005).

 
feng-shui : d'origine chinoise, le feng-shui,qui signifie littéralement "énergie vitale", cherche à harmoniser les rapports entre l'homme et son environnement en particulier à travers des dispositifs spatiaux spécifiques.


 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Jean Jaurès
1859-1914, une figure emblématique du socialisme

Après des études brillantes au Lycée Louis-le-Grand, puis à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, Jaurès, jeune professeur agrégé de philosophie, retourne enseigner dans sa région d’origine du sud-ouest à laquelle il est resté attaché. Il y embrasse une carrière politique à partir de 1893.
Député du Tarn à 25 ans, modéré, fils spirituel de Jules Ferry, il ne s’engage pas d’emblée auprès des socialistes qu’il trouve trop radicaux.
En 1898, s’opposant à Jules Guesde, il prend la défense de Dreyfus. En 1904, il fonde l’Humanité et devient l’année suivante l’un des principaux artisans de la fusion des deux partis socialistes à l’origine de la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière). S’il reconnaît la lutte des classes, cet héritier de 1789, auteur de nombreux ouvrages politiques, pense que seule une révolution démocratique non violente alliant les ouvriers et la bourgeoisie saura faire triompher les valeurs fondamentales de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Violemment opposé à la guerre, très impopulaire parmi les nationalistes, il est assassiné par Raoul Villain au Café du Croissant à Paris le 31 juillet 1914, trois jours avant le déclenchement des hostilités.

 

 
 

Bibliographie :
 
 
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