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COLLÈGE JEAN LOLIVE



34 rue Cartier-Bresson PANTIN
livraison 1970


programme : Collège 600
code site IA : 0931218U
autre(s) collège(s) à Pantin : Jean Jaurès, Joliot Curie, Lavoisier



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d’ouvrage : Ville de Pantin, ministère de l’Education nationale
Architectes : Jacques Kalisz, Jean Perrottet (pour l’école maternelle)
BET : ingénieurs Richard Slama, Miroslav Kostanjevac, (structures) Jean Venturelli (fluides)
Entreprise : SNCI, Geep Industries (Paul Chaslin)
Artiste 1% : Philippe Thill


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 7859 m2
surface hors-oeuvre nette : 4817 m2
surface utile : 2774 m2
surface du terrain : 27539 m2

Coûts : non connus

Du nom du maire de Pantin en fonction de 1959 à 1968 qui fut l’initiateur du projet, le collège Jean Lolive fait partie d’un ensemble scolaire initialement nommé les « Allumettes » en raison de sa situation sur un ancien terrain de la Manufacture des allumettes de la SEITA. L’établissement s’inscrit dans un quartier mixte d’habitat et d’activités fortement marqué par la présence d’infrastructures industrielles et ferroviaires. Le programme comprend dès l’origine une école maternelle, un groupe primaire, un collège (CES 600), une cuisine commune et 6 réfectoires, 9 logements de fonction (répartis dans deux bâtiments).

Le collège, comme les deux écoles constituant cet ensemble, est issu d’une démarche expérimentale sur l’évolution du programme et du « plan-type Education nationale » menée en 1965 par les architectes du projet, Kalisz et Perrottet en concertation avec le ministère de l’Education nationale à travers MM. Logeais et Le Meur respectivement inspecteur général et ingénieur en chef.
Le projet du groupe scolaire et du collège Jean Lolive suivait deux objectifs. D’une part la création d’espaces favorisant le développement de nouvelles pédagogies et une organisation fonctionnelle plus souple n’excluant pas une certaine polyvalence. D’autre part, la recherche d’une expression architecturale renouvelée, plus vivante que celle des constructions scolaires de l’époque, tout en utilisant des procédés industrialisés*, ici le métal.
Ainsi, ce collège illustre une double approche, pédagogique d’une part, et technique de l’autre à travers l’industrialisation* des composants métalliques et un montage à sec sur le chantier.

Une des particularités du projet réside dans l’organisation des locaux autour d’un atrium/patio* qui s’élève sur toute la hauteur du bâtiment et le long duquel se développent rampes et galeries permettant de distribuer les étages et les classes.
Le bâtiment comporte 3 niveaux.
Le rez-de-chaussée accueille l’administration, les locaux médico-sociaux avec attente et sanitaires avec aujourd’hui 2 salles de sciences et une de technologie.
La demi-pension initialement commune avec l’école primaire n’existe plus dans sa forme d’origine mais a été déplacée dans un bâtiment séparé.
Au premier étage prennent place la majorité des classes isolées par des éléments tampons (réserves, blocs sanitaires ou petites salles ), aujourd’hui 3 classes d’enseignement général, 2 classes de sciences, 1 classe de technologie, 1 d’informatique et 1 de musique mais aussi le CDI et les locaux des professeurs.
Au 2e étage, les salles d’arts (musique et arts plastiques), les locaux des professeurs et une permanence d’origine ont laissé place aux salles banalisées.
Les locaux techniques sont au sous-sol.

L’architecture de l’ensemble scolaire est homogène dans son principe. Elle permet toutefois d’individualiser chaque établissement témoignant ainsi d’une maîtrise de l’échelle en adéquation avec chacun des programmes et des degrés (l’école primaire se développe de façon linéaire, le collège autour de son atrium et avec ses niveaux en retrait sur deux façades opposées).
L’architecture se veut didactique par la mise en évidence volumétrique des fonctions et des modes de construction comme l’expliquent les architectes « les volumes des classes sont mis en avant (…) l’ossature porteuse en acier (reportée à l’extérieur) est traitée en « Y » renversé pour mieux suggérer la stabilité. Les boulons assurant la liaison sont peints de couleur différente de l’ossature ». L’ossature porteuse en acier permet une portée de 7m20, cette dimension correspondant à la nouvelle trame l’Education nationale qui a été adoptée à partir des années 70, c’est à dire à la dimension d’une classe. Les murs rideaux* en panneaux de tôle d’aluminium laquée et gaufrée en façade, au calepinage soigné et aux proportions réussies intègrent avec finesse les menuiseries et garde corps des terrasses conférant à l’ensemble élégance et cohérence.
La sculpture de l’atrium a également une portée pédagogique puisqu’elle évoque les allumettes produites par l’ancienne Manufacture occupant le site à l’origine.

Aujourd’hui inadapté, le collège sera à terme reconstruit sur un autre site, le principe d’une restructuration de l’établissement ayant dû être abandonné. Les solutions techniques risquaient en effet d’entraîner une altération importante de l’architecture de cet ensemble scolaire emblématique des avancées pédagogiques et techniques des années 70, période qui a permis à l’AUA d’imprimer sa marque dans le paysage architectural, en alliant richesse des recherches fonctionnelles et des solutions technologiques et constructives.

 

façade sud-est détail
CAUE 93/AP - CAUE 93
 

façade ouest
CAUE 93/AP - CAUE 93
 

vue d'ensemble
CAUE 93/AP - CAUE 93
 

hall détail
CAUE 93/AP - CAUE 93
 

angle nord-ouest
CAUE 93/AP - CAUE 93
 

détail structure
CAUE 93/AP - CAUE 93
 
SOURCES

Service du Patrimoine, DCPSL, Conseil général de la Seine-Saint-Denis, Marc Couronné, note architecturale et technique, le groupe scolaire Edouard-Vaillant/Jean Lolive
Service du Patrimoine, DCPSL, Conseil général de la Seine-Saint-Denis, Benoît Pouvreau, note historique, le groupe scolaire Edouard-Vaillant/Jean Lolive
Blin, Pascale, AUA mythes et réalités, l’atelier d’architecture 1960-1985, Electa Moniteur, Paris 1988
Technique et architecture n°308, 1976

 

 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

Jacques Kalisz (1926-2002) et Jean Perrottet

Les deux architectes furent membres de l’AUA (Atelier d’urbanisme et d’architecture, 1960-1986), Perrottet en est l’un des fondateurs. Cette structure pluridisciplinaire rassembla architectes, urbanistes, plasticiens, paysagistes, engagés dans la fonction sociale de l’architecture, et exerçant surtout en banlieue et enseignant en école d’architecture. En Seine-Saint-Denis Perrottet et Kalisz réalisèrent ensemble à Pantin, le groupe scolaire et collège des Allumettes (1970) et la Bibliothèque Elsa-Triolet (1972). A partir de 1973 Kalisz poursuivit sa carrière en solo, tandis que Perrottet associé à Fabre se spécialisa dans l’architecture du spectacle.
L’ambition de Kalisz fut, tout en utilisant les techniques les plus contemporaines, de parvenir à travers celles-ci à exprimer « une certaine poésie de la rigueur architecturale ». Une de ses réalisations majeures reste le Centre administratif de Pantin (1972) où la mise en oeuvre spectaculaire du béton en fait un témoignage exemplaire de l’architecture « brutaliste ». Réhabilité par Antoinette Robain et Claire Guieysse, c’est aujourd’hui le Centre national de la Danse. Il est également l’auteur d’un autre collège dans le département : le collège Jean Vilar à La Courneuve (1973) .
Perrottet et Fabre sont reconnus pour leurs restructurations de théâtres parisiens et de banlieue renommés. Ils ont construit la MC 93 à Bobigny

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Jean Lolive
1910-1968

Ouvrier cimentier et membre du Parti communiste, Jean Lolive fut arrêté pendant la Seconde guerre mondiale puis déporté au camp de Mauthausen en 1943. A son retour de déportation à la fin de la guerre, il commence une carrière politique. Conseiller général du 5e secteur de la Seine de 1953 à 1959, avant la création du département de la Seine-Saint-Denis, et brièvement membre du Conseil de la République en juin 1958, il est élu député en 1958 rejoignant le petit groupe des 10 députés communistes. Il est ensuite maire de Pantin de 1959 jusqu’à sa mort accidentelle en 1968 au début de son quatrième mandat et l’année de la création effective du Département de la Seine-Saint-Denis.

 

 
 
 
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