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COLLÈGE ERIC TABARLY


30-32 avenue Albert-Thomas LES PAVILLONS-SOUS-BOIS
livraison 1999


code site IA : 0930100D
autre(s) collège(s) aux Pavillons-sous-Bois : Anatole France



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodédat 93
Architecte : Elisabeth Dousset
Bureau d'études : GET Ingénierie
Economiste : Jean-Pierre TOHIER S.A.
Acousticien : Delage & Delage
Scénographe : Yves Samson
Eclairagiste : Gérard Karlikov
Bureau de contrôle : CEP
Entreprise générale : Nord-France


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre nette : 6529 m2
surface du terrain : 5500 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 16
salles de sciences : 2
salles de technologie : 2
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 250 m2
salle d'EPS : 360 m2
salle polyvalente : 186 m2
logements de fonction : 5

Coûts

coût global de l'opération : 10,13 millions €


Le collège Eric Tabarly remplace sur un autre site l’ancien collège La Basoche, une école primaire datant de 1893 aujourd'hui reconvertie.

 
LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

Le collège s’inscrit dans un quartier pavillonnaire verdoyant du sud de la commune, le tissu pavillonnaire couvrant l’essentiel du territoire pavillonnais. Il jouxte un vaste ensemble d’équipements sportifs, le Stade Léo-Lagrange, également utilisé par l’établissement.


vue aérienne
© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 

Le quartier pavillonnaire
© Caue 93
 
desserte, accès

La desserte principale du collège s’effectue par l’avenue Albert-Thomas, l’accès de service par l’allée des Fauvettes.


Le parvis et l'entrée
© Christophe Demonfaucon
 

Perspective sur le parvis
© Elisabeth Dousset
 

Façade sur la rue des Fauvettes, logements
© Elisabeth Dousset
 

Façade de l'aile enseignement
© Elisabeth Dousset
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

L’un des enjeux de ce projet a été pour l’architecte de réaliser « un lieu à l’échelle spatiale et temporelle de la vie, dans un collège avec des circulations faciles d’un pôle à l’autre », ainsi que de répondre aux « exigences originales d’un établissement ouvert sur la musique, les arts et la ville ».

 

Façade avenue Albert-Thomas
© Elisabeth Dousset
 
composition architecturale

L’exiguïté du terrain (5500m2 contre 10 000 m2 environ habituellement) a conduit l’architecte à adopter le parti d’un projet compact.
Malgré les fortes contraintes du site, l’architecte a répondu au programme tout en réalisant un ensemble à l’échelle du quartier pavillonnaire environnant, offrant la visibilité attendue de tout équipement public dans sa ville et son quartier.
Si le parti adopté a été de créer un équipement compact, l’organisation des volumes et des niveaux n’est pour autant ni lourde ni massive.

L’ensemble s’articule autour d’un espace d’accueil et de distribution, conçu comme une « rue intérieure  qui conduit du parvis à la cour, distribuant les différentes fonctions du collège accueillies de part et d’autre, dans deux unités principales. L’une est constituée de trois plots, sortes de gros pavillons dédiés à l’enseignement, l’autre unité, de forme effilée, abrite les fonctions complémentaires.
La rue intérieure est traitée en pente douce. La distribution se veut ainsi, au-delà de son rôle fonctionnel, un cheminement qui propose un parcours et un paysage comme une promenade architecturale, reliant le parvis urbain de l’entrée à la cour belvédère et au toit-jardin.

À travers la fragmentation des volumes (les plots,..) et l’imbrication des éléments construits et « naturels » la composition génère une architecture à l’échelle adaptée à l’environnement pavillonnaire dont elle reprend précisément le principe de « tissage » des éléments bâtis et végétaux, comme par exemple, les petits patios entre les plots. À cet égard la toiture est conçue comme un véritable espace à vivre où se mêlent, éléments construits (édicules, sorties en toitures) et naturels (le jardin planté d’essence simples et rustiques).

L’originalité du projet réside avant tout dans le principe de superposition de deux lieux de rencontre: le hall-rue intérieure tourné vers le collège et la ville et le jardin extérieur qui surplombe le paysage.
La conception générale du collège peut aussi être qualifiée d’ouverte, car les divers éléments du programme sont précisément articulés autour d’espaces ouverts, bénéficiant largement de la lumière naturelle et ménageant de nombreuses vues sur l’extérieur. Ce principe est pensé pour se déjouer de l’exiguïté du terrain et donner un sentiment d’espace.
Il en est ainsi de l’articulation des espaces autour de patios et jardins, de la transparence du hall sur rue et de la rue intérieure conçue comme un prolongement naturel de l’espace public du parvis jusque, à l’intérieur du collège, à la cour de récréation et au jardin suspendu qui surplombe le paysage.

La volonté d’inscrire le collège dans le tissu pavillonnaire n’en fait pas moins négliger sa fonction d’équipement public. Cette fonction est clairement rappelée par le parvis sur lequel ouvre une grande façade vitrée, par l’expression affirmée de l’escalier extérieur comme un signal, et par son échelle dominant légèrement le tissu pavillonnaire environnant.
La volonté d’offrir une architecture riche, foisonnante et stimulante pour les élèves génère en contrepartie une complexité qui contredit parfois la lisibilité des espaces.


le pôle enseignement et ses plots.
© Christophe Demonfaucon
 

Le toit-jardin
© Christophe Demonfaucon
 

Logement de fonction, détail de façade
© Christophe Demonfaucon
 

Le toit-jardin, détail
© Christophe Demonfaucon
 

Façade d'un plot
© Christophe Demonfaucon
 

Les plots, pôle enseignement
© Christophe Demonfaucon
 

Façade sud
© Elisabeth Dousset
 

Le toit-jardin
© Christophe Demonfaucon
 
implantation sur le terrain

L’exiguïté de la parcelle ayant orienté l’architecte vers un parti compact, le collège est implanté légèrement en retrait de la rue de manière à ménager à l’avant le parvis, et, à l’arrière la cour de récréation.
Le projet est également implanté de manière à préserver l’intimité des logements de fonction qui disposent d’un accès et d’une adresse indépendants. Deux maisons de ville abritant respectivement deux et trois logements flanquent l’aile effilée du collège. Leur échelle rejoint celle des pavillons voisins. Cette disposition remplit deux fonctions : d’une part celle de transition entre l’échelle des pavillons et celle de l’équipement public, d’autre part, celle de séparer les espaces publics et privés. Les logements, des duplex, bénéficient d’une double exposition nord-sud, tout en n’offrant aucune vue directe sur les pavillons voisins.


Plan masse
© Elisabeth Dousset
 

La cour
© Christophe Demonfaucon
 

Logements de fonction
© Christophe Demonfaucon
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

Le collège s’organise sur trois niveaux dont deux s’articulent en demi-étages avec le rez-de-chaussée. Le hall et la rue intérieure séparent les activités d’enseignement accueillies dans les bâtiments plots et les espaces dédiés à la vie scolaire (CDI sur un double niveau) et péri-scolaire (administration) situées dans le bâtiment effilé.
Le travail d’adaptation et de nivellement du terrain naturel, ainsi que le principe de la rue intérieure en pente a permis en créant des demi-niveaux d’encaisser légèrement les plots constituant l’unité d’enseignement pour aménager trois niveaux de classes tout en respectant les règles d’urbanisme et en évitant des bâtiments trop élevés.
Le toit du grand hall est traité en terrasse plantée qui enjambe la cour jusqu’à l’extrémité de la parcelle où la demi-pension et salle d’eps semi-enterrées se font face.
Les salles de cours situées dans les trois plots sont groupées par trois ou quatre par niveau et disposées autour de patios s’intercalant entre chaque plot.
Dans les étages les espaces dédiés aux salles de cours sont reliés par deux passerelles aux fonctions collectives (administration, salle polyvalente, CDI).


Plan du rez-de-chaussée bas
© Elisabeth Dousset
 

Coupe longitudinale sur le hall
© Elisabeth Dousset
 

Coupe transversale sur le hall
© Elisabeth Dousset
 

La rue intérieure
© Christophe Demonfaucon
 

La rue intérieure, détail
© Christophe Demonfaucon
 
au rez-de-chaussée bas

Au niveau bas sont regroupées les salles de technologie et de sciences dans les plots. La salle d’éducation physique et sportive et la demi-pension sont toutes deux disposées autour de la cour basse traitée comme un patio.


Plan du rez-de-chaussée haut
© Elisabeth Dousset
 

Jardin entre deux plots
© Christophe Demonfaucon
 

Une salle de classe
© Caue 93
 
au rez-de-chaussée haut

Au niveau du rez-de-chaussée haut sont regroupées les salles d’enseignement général dans les plots, tandis que la loge du gardien, les espaces de la vie scolaire sont au même niveau que le hall d’accueil


Plan du premier étage
© Elisabeth Dousset
 

Articulation des différents niveaux
© Christophe Demonfaucon
 

Espace de distribution, entre les plots
© Christophe Demonfaucon
 
à l’étage

De part et d’autre de la rue intérieure et reliés par une passerelle sont accueillies les salles d’enseignement général et artistique dans les plots ; les locaux des professeurs, l’administration, le CDI et la salle polyvalente dans le corps de bâtiment effilé. Le foyer des élèves apparaît comme un volume animant le hall.


Plan du deuxième étage
© Elisabeth Dousset
 
ESPACES INTÉRIEURS

Le principe de distribution générale se « greffant » sur la rue intérieure avec, en particulier, les bâtiments en « plots » accueillant les salles de classes, permet d’éviter les longs couloirs.
Les salles de classes sont spacieuses et habillées de tons chauds.
Les apports de lumière naturelle ont été étudiés et traités avec soin ; le hall et la rue interieure bénéficient de diverses sources de lumière (puits de lumière et panneaux vitrés en façade), et chaque salle de classe bénéficie d’un éclairage zénithal.
Un des éléments originaux du programme du collège est la salle polyvalente. Initialement prévue pour une utilisation ouverte aux classes du conservatoire de musique, elle a été traitée comme un véritable auditorium et une attention particulière a été portée à sa qualité acoustique.
Le jeu des volumes et des formes abritant les locaux de la vie scolaire, le foyer comme en suspension dans le hall, les passerelles, apporte une dimension ludique.


La salle polyvalente, la scène
© Christophe Demonfaucon
 

L'entrée et le foyer
© Caue 93
 

Salle EPS, lave-mains et puits de lumière
© Caue 93
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

Une palette diversifiée de matériaux a été mise en oeuvre : le béton pour la structure, le bardage métallique pour la salle EPS, le métal brut pour les garde-corps, le verre et le métal pour les façades rideaux, l’aluminium pour les menuiseries et l’enduit clair pour les façades.

À l’intérieur, le métal brut des passerelles et garde-corps est réchauffé par la présence du bois pour le foyer des élèves et pour les mains courantes des garde-corps, ainsi que par les couleurs.
A l’origine le traitement intérieur du collège était prévu en béton brut, en contraste avec le bois du foyer, le verre de la grande façade d’entrée et le métal largement présent. L’usage a fait préférer une mise en couleur, dans une gamme de tons gais et lumineux qui semblent avoir toujours fait partie de l’établissement. Les escaliers ont reçu des peintures murales réalisées par les élèves et leurs professeurs d’art plastique.


Entrée, détail de façade
© Christophe Demonfaucon
 

Façade rue Albert-Thomas
© Caue 93
 

Fresques
© Caue 93
 

 
L'ARCHITECTE DU COLLÈGE

Elisabeth Dousset

Orientant son activité en priorité sur la commande publique, Elisabeth Dousset structure son activité autour d’une approche pluridisciplinaire. Auteur d’équipements scolaires, elle réalise également des projets pour des acteurs associatifs et pour des particuliers. Elle compte aussi à son actif des études urbaines, des études de programmation et des aménagements dans le cadre événementiel.

Sélection de réalisations :

Création d’un équipement associatif, Broyes (60)
Restructuration et extension d’une école élémentaire, Paris
Aménagement pour les États-généraux de la Culture, Parc de la Villette, Paris, 1992
Maison d’artiste, Villanova, Corse, 1998
Siège social d’une entreprise multimédia, Toulon, 2002
Rénovation d’un ancien garage P&T, atelier et bureaux, Toulon, 2002

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Éric Tabarly
1931-1998

Éric Tabarly se passionne très tôt pour la navigation à voile. D’abord engagé dans la Marine nationale (1952), officier de l’aéronavale, il se consacre ensuite à la course au large.
Il construit et perfectionne la série des « Pen-Duick », des voiliers de compétition novateurs avec lesquels il remporte des courses prestigieuses comme la transatlantique en solitaire. Navigateur populaire, il aura marqué plusieurs générations de skippers comme Alain Colas, Olivier de Kersauzon, Marc Pajot, Titouan Lamazou, qui sauront eux-mêmes s’illustrer dans la course au large
Dans la nuit du 12 au 13 juin 1998 il disparaît en mer d’Irlande.

 

 
 
 
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