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COLLÈGE JEAN-JACQUES ROUSSEAU



24-26 rue Émile-Augier LE PRÉ-SAINT-GERVAIS
livraison 1985


programme : collège 600
code site IA : 0931219V



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Ministère de l'éducation nationale, Ville du Pré-St-Gervais
Architecte : Reuven Vardi
Entreprise : SAE


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 10 484 m2
surface hors-oeuvre nette : 5797 m2
surface utile : 3450 m2
surface du terrain : 7828 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 22
salles de sciences : 2
salles de technologie : 2
salles d'informatique : 2
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 183 m2
salle d'EPS : 300 m2
salle polyvalente : 140 m2
demi-pension : 370 m2
logements de fonction : 3

Coûts : non connus

LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

Le collège a été construit à la limite sud-ouest de la commune sur un terrain limitrophe de Paris, situé en contrebas du boulevard périphérique et de la rue Sigmund-Freud qui longe ce dernier. L’établissement se situe à proximité immédiate du centre ville, avec ses commerces, son pôle d’équipements publics autour de la Mairie et ses ensembles de logements.
Le site est fortement marqué par la proximité du boulevard périphérique en surplomb sur cette section et par un relief contrasté, ces deux contraintes se cumulant pour matérialiser d’autant plus fortement la coupure entre Paris et Le Pré-Saint-Gervais
Les deux caractéristiques majeures du site du collège sont en effet une situation encaissée en bas du coteau dont le point haut culmine côté Paris, accentuée par la présence du périphérique ; et une situation enclavée à l‘extrémité de la commune dans un îlot défini par deux voies dont l’une, desservant le collège, est en impasse. A proximité immédiate du collège, le bâti est constitué de maisons de ville anciennes et de petits immeubles donnant sur la rue Emile-Augier.
Au nord du collège, le tissu urbain est plus dense, les constructions plus hautes essentiellement constituées d’ensembles d’habitat collectif en brique rouge, desservis par la rue Anatole-France.


© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 

Le porche signale le collège rue Emile-Augier
© Caue 93
 

Le porche monumental, matérialisation de l'axe vers le centre-ville
© Caue 93
 
Desserte, accés

La desserte principale du collège s’effectue par la rue Emile-Augier -en impasse- dans la continuité des équipements publics existants (école maternelle Anatole-France, crèche-garderie, etc.). L’entrée du collège est située à l’extrémité de la rue, traitée en placette (place Giengen-sur-Brenz).
Les logements de fonction sont également desservis par la rue Emile-Augier, l’accès de service et l’accès du personnel du collège, par la rue Anatole-France .
Un sentier longe le terrain du collège et permet la liaison piétonne avec Paris par un passage sous le boulevard périphérique.

 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Implantation sur le terrain

Le parti d’implantation, comme le parti architectural marquent la volonté, à partir d’une situation urbaine initiale peu favorable, d’insérer le plus possible le collège dans le centre urbain. Un des objectifs du parti d’implantation était de désenclaver le terrain malgré sa situation en limite communale ainsi que de mettre à profit les fortes contraintes du site dues au relief et à la proximité du périphérique.

Le terrain d’assiette est défini par la limite communale qui suit au sud la trajectoire du périphérique, par la rue Emile-Augier, par la rue Anatole France et par les équipements existants adjacents.
L’implantation du bâtiment principal du collège, calé au sud vers la limite de parcelle dégage un espace libre au coeur de la parcelle suffisamment vaste pour les espaces extérieurs de l'établissement. Le relief du terrain naturel est utilisé pour créer deux niveaux d’espaces extérieurs différenciés : l’un dédié à la cour de récréation au niveau bas, l’autre au terrain EPS au niveau supérieur.
A l’extrémité de la rue Emile-Augier, la disposition des bâtiments en retrait permet un traitement en placette, atténuant l'effet d'impasse.
L’implantation des bâtiments sur la parcelle de forme triangulaire génère quelques espaces extérieurs résiduels. Traités en amphithéâtre et en piste de course et végétalisés, ils accompagnent l’architecture .
L’implantation du bâtiment de la demi-pension reprend l’alignement rue Anatole-France sans pour autant constituer un front bâti.


Plan de masse
Reuven Vardi
 

Coupe de principe
Reuven Vardi
 

Vue axonométrique du collège
Reuven Vardi
 
COMPOSITION ARCHITECTURALE

Principes de composition

La situation enclavée du collège avec son terrain à l’extrémité ouest de la commune, et son accès principal en impasse, ainsi que sa position légèrement encaissée, en contrebas et adossée au talus ne confère que peu de visibilité à l’équipement. Cette configuration a guidé les principes architecturaux et urbains mis en oeuvre par l’architecte.

Le parti adopté a ainsi été de tourner le dos au boulevard périphérique pour ouvrir le collège et ses espaces extérieurs sur le quartier et sur la ville.
Sa situation en contrebas a conduit l’architecte à affirmer la visibilité du collège, en proposant un bâtiment principal à la volumétrie très présente.
Sa situation enchâssée dans le tissu urbain et à l’extrémité d’une voie en impasse a déterminé le traitement de l’entrée dans un registre monumental, fermant la perspective depuis la rue et signifiant le rôle d’équipement public du collège. Cette disposition est confirmée par le traitement de l’impasse en placette. De plus, la placette (place Giengen-sur-Brenz) faisant partie de la composition architecturale et urbaine du collège, permet ainsi à l’établissement de marquer son appartenance au pôle d’équipements publics à proximité.

Le principe de composition s’appuie également sur une volumétrie assurant une transition entre les différences d’altitude du périphérique surplombant le collège côté Paris et des constructions du quartier environnant le collège en contrebas.
La composition articule ainsi un corps de bâtiment principal plus imposant vers le boulevard périphérique et un corps de bâtiment secondaire, de gabarit plus petit côté Pré-Saint-Gervais s’ouvrant sur le quartier environnant. Les deux corps de bâtiments sont reliés par une galerie.

La composition du bâtiment principal propose un grand volume qui s’appuie sur l’articulation de trois volumes, définissant une cour protégée. Face au périphérique, particulièrement proche sur cette section, l’architecte oppose un grand bâtiment à la « muralité » affirmée, qui abrite l’aile d’enseignement. Il y dispose les espaces de distribution du côté du périphérique, faisant écran au sud pour réduire les nuisances sonores.

Au nord, côté Pré-Saint-Gervais, le collège développe et ouvre ses façades vers la ville avec un traitement architectural spécifique (ouvertures, ornementation, etc)
A l’est deux petits volumes articulés au porche monumental marquant l’entrée du collège reprennent l’échelle des maisons environnantes.
Les logements de fonction s’insèrent dans la rue Emile-Augier dans un tissu d’habitation, dont ils reprennent le gabarit et le principe des toitures, mais avec une écriture contemporaine (loggia*, doubles niveaux, poteau d’angle, etc.)


L'entrée du collège sur la place Giengen sur Brenz
© Caue 93
 

Vue perspective du bâtiment principal
Reuven Vardi
 

La façade côté périphérique
© Caue 93
 

Les logements de fonction
© Caue 93
 
Références et traitement architectural

Au sud, face au périphérique, le collège dresse ses grands murs de briques rythmés et allégés par des ouvertures sur toute la hauteur du bâtiment, traitées en façade-rideau* et éclairant les espaces de distribution.
Cependant, cette architecture simple et lisse du grand bâtiment d’enseignement côté périphérique est rehaussée, côté cour, par une écriture plus recherchée.
Sur la cour de récréation, la façade de brique avec ses fenêtres identiques disposées régulièrement, ayant pour seul motif un encadrement soigné est rythmée par des avant-corps à grands frontons et colonnades, créant le contraste et la surprise.
L’emploi d’ornements s’inspirant de l’architecture classique, tels les portiques, colonnes, frontons, les toits à pentes, sont des références au Mouvement postmoderne*. Ils signalent et mettent en valeur en façade les espaces dédiés à la collectivité : CDI, demi-pension, hall, etc.
En définitive, ces deux modalités de traitement utilisant soit l’ornementation, soit un langage plus épuré, permettent d’affirmer en façade le statut des espaces : sobre face au périphérique ; avec un décor lorsqu’ils se relient au cadre urbain de la ville et du quartier.

L’utilisation de la brique est aussi un des éléments d’intégration du collège dans son quartier. Elle rappelle non seulement, celle des ensembles de logements environnants, mais aussi celle des HBM parisiennes (Habitations à bon marché) de la ceinture des Maréchaux de l’autre côté du périphérique. Elle permet aussi d’intégrer l’isolation thermique du bâtiment, tout en étant un matériau peu salissant et qui résiste bien dans le temps.


Rythme régulier des percements en façade
© Caue 93

La façade côté cour et ses avant-corps à portiques et frontons
© Caue 93
 
Mouvement postmoderne ou postmodernisme : ce mouvement, qui se manifeste aussi bien en art que dans la pensée, apparaît à la fin des années 70 (néologisme de 1979) remettant en cause l’hégémonie du modernisme. Concernant l’architecture et l’urbanisme, il se revendique comme critique du Mouvement moderne dont le projet est considéré comme dépassé, car trop lié à la rationalisation de la machine et à la production industrielle de masse. Le post-modernisme voit en effet dans le Mouvement moderne la source des maux dont souffre alors la ville : architecture répétitive, indifférente au lieu qui l’accueille et au contexte, perte de l’urbanité due à l’absence de prise en compte de la dimension historique de la ville… Le postmodernisme va traduire cette critique dans un langage spécifique, reprenant à son compte, à travers un agencement et une valeur symbolique propres, des fragments de l’architecture classique. Ce langage peut se caractériser par l’éclatement, l’éclectique voire l’hétéroclite, le collage et la citation.


Traitement architectural côté périphérique
© Caue 93
 
façade-rideau : la façade-rideau ou mur-rideau est une façade légère qui ne participe pas à la stabilité de l'édifice. Elle est en général constituée de matériaux tels que panneaux métalliques, verre, panneaux de bois, de fibres, etc.

ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

Un corps de bâtiment principal accueille l’ensemble des fonctions du collège sauf la restauration, située dans un bâtiment séparé relié au premier par une galerie couverte.

Le bâtiment principal est organisé en trois niveaux : un rez-de-chaussée bas, un rez-de-chaussée haut et un étage 
La distribution des classes et des espaces du collège s’effectue par un couloir au sud côté périphérique desservant les salles de classes sur un seul côté. Cette disposition permet d’éviter d’exposer les classes aux nuisances sonores et au rayonnement solaire au sud en faisant du couloir un espace « tampon » entre les locaux d’enseignement et le boulevard périphérique. Elle permet également l’éclairage naturel des circulations.
Au sud sont également disposés les locaux techniques et les blocs sanitaires.


Coupe transversale sur le bâtiment principal
Reuven Vardi
 

Espace de distribution côté périphérique
© Caue 93
 

La cour haute et la demi-pension
© Caue 93
 
Rez-de-chaussée bas

A ce niveau sont regroupées les salles d’enseignement spécialisé : sciences, informatique, technologie . L’accès à la cour de récréation se situe à ce niveau


Plan du rez-de-chaussée bas
Reuven Vardi
 

La galerie de liaison
© Caue 93
 
Rez-de-chaussée haut

A proximité immédiate du hall d’entrée central sont distribuées les fonctions au coeur de la vie du collège tels que l’administration, la vie scolaire, la salle polyvalente, le CDI, et la demi-pension dans son bâtiment spécifique accessible par une passerelle.
Ce niveau plutôt dédié aux espaces collectifs du collège regroupe aussi les salles d’enseignement artistique et des salles d’enseignement général.


Plan du rez-de-chaussée haut
Reuven Vardi
 

Façade sud, demi-pension
Reuven Vardi
 

Façade nord, demi-pension
Reuven Vardi
 

Logements de fonction, plans et façades
Reuven Vardi
 
Premier étage

Ce niveau regroupe des salles d’enseignement général.


Plan de l'étage
Reuven Vardi
 
ESPACES INTÉRIEURS

Les espaces de distribution du collège sont traités avec soin. Le hall central et son grand escalier, lieu autour duquel s’articulent les différents espaces du collège a été conçu non sans une certaine majesté. Les circulations sont pensées de manière à éviter les couloirs interminables: desservies par le hall central, elles sont rythmées par les ouvertures en façade. Les composants de la structure comme les poteaux sont traités comme éléments de l’animation des couloirs.

Une attention particulière a également été portée à la qualité des espaces du CDI et de la salle polyvalente, grâce notamment à leur double hauteur. Le CDI est abrité dans un des avant-corps à fronton et colonnade. En situation de belvédère et éclairé par une grande verrière, il offre des vues agréables sur la cour plantée de magnolias et des vues plus lointaines sur le quartier. Il en est de même pour la salle à manger de la demi-pension en étage.


L'escalier principal, détail
© Caue 93
 

Le CDI sur deux niveaux
© Caue 93
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

structure : murs en béton et système poteaux-poutres en béton-armé
matériaux de façade : brique rouge en parement pour la plus grande partie des façades, béton enduit et béton peint pour les colonnades et frontons
toiture : de type traditionnelle à deux pentes (couverture tuile)
charpente en lamellé-collé* pour le CDI et la salle polyvalente
menuiseries : métalliques aluminium laqué noir (fenêtres, panneaux menuisés ou murs rideaux*), structures métalliques pour abri et galerie extérieurs.
A l’intérieur, revêtement mural en faïence à mi-hauteur, utilisation de la couleur pour différencier les étages.


La façade côté périphérique
© Caue 93
 

Espace de distribution à rez-de-chaussée
© Caue 93
 
lamellé-collé : poutre en bois ou élément de charpente réalisée par contre-collage de lames de bois. Cette technique permet de fabriquer des éléments porteurs extrêmement légers et résistants, indéformables et de grande portée.


 
L'ARCHITECTE DU COLLÈGE

Reoven Vardi

Diplômé de l’École spéciale d’architecture, après des études de philosophie, Reoven Vardi collabore avec des architectes reconnus en France (Eugène Beaudouin, Anger et Puccinelli, Zehrfuss), en Israël (Rozov à Haïfa) et aux États-Unis (Philip Johnson).
Sa première réalisation en son nom propre est un collège (Collège Mozart, Bois d’Arcy, 1970). Il est ensuite l’auteur de nombreuses constructions scolaires en région parisienne et en province, ainsi que de réalisations pour l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP). Il construit également des logements et des résidences particulières. Attentif à la qualité des projets artistiques accompagnant ses réalisations et intégrés au titre des 1% des constructions publiques, il a fait appel à des artistes comme Alechinsky, Krasno, etc. Il a également été actif hors de France (Londres, Haïfa, Israël, New-York) et a collaboré à la création de logos comme ceux de l’Unesco (Patrimoine mondial Unesco, Unesco World heritage) et des Monuments historiques.

Sélection de réalisations :

En Seine-Saint-Denis
Collège Georges-Braque, Neuilly-sur-Marne, 1977
Collège Langevin-Wallon, Rosny-sous-Bois, 1978
Collège Jean-Jacques-Rousseau, Le Pré-Saint-Gervais, 1985

À Paris et en région
Collège Mozart, Bois d’Arcy
Aménagement du Musée Cognacq-Jay, Paris 3e
Collège Blaise-Cendrars, Boissy-Saint-Léger
Lycée Darius-Milhaud, Villejuif
Collège Pierre-Ronsard, L’Haÿ-les-Roses
Lycée Antonin-Artaud, Marseille
Collège La Bourgade, La Trinité-Victor près de Nice,
Collège à Peyrolles-en-Provence
Collège à Miramas
Crèches, hôpital Tenon Paris 20e
Logements au Pré-Saint-Gervais

À l’étranger
Logements à Brooklyn, New-York, EU
Réaménagement du Lycée français de Londres
Logements à Haïfa, Israël

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Jean-Jacques Rousseau
1712-1778

L’un des plus illustres philosophes du siècle des Lumières.
Proche des Encyclopédistes et en particulier de Diderot, il développe cependant une oeuvre personnelle et originale, à travers de grands textes philosophiques comme le Discours sur les sciences et les arts (1750), le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755) et son oeuvre majeure : Du contrat social (1762)
Dans son oeuvre romanesque il expose ses idées sur l’éducation avec Julie ou la nouvelle Héloïse (1761) et L’Émile ou De l’éducation (1762)
Parmi ses dernières oeuvres seront écrites les Confessions puis les Rêveries du promeneur solitaire (publiés en 1782)

 

 
 
 
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