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COLLÈGE LANGEVIN WALLON



4-6 rue Konrad-Adenauer ROSNY-SOUS-BOIS
livraison 1978


programme : programme type du Ministère de l’Éducation nationale
code site IA : 0931723T
autre(s) collège(s) à Rosny-sous-Bois : Albert Camus, Saint Exupery



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Ville de Rosny-sous-Bois
Maître d'ouvrage délégué : Direction départementale de l'équipement de Seine-Saint-Denis
Architecte : Reuven Vardi
Architecte d'opération : E. Salomon
Artistes plasticiens : Anne et Patrick Poirier
Entreprise générale : SICRA


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface du terrain : 8200 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 15
salles de sciences : 4
salles de technologie : 2
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
logements de fonction : 4

Coûts

coût global de l'opération : 11 119 986 F valeur juin 1976


LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

La construction des ensembles de logements des Marnaudes-Bois-Perrier au nord de la commune a entraîné une augmentation de la population communale et en particulier de l’effectif d’élèves à scolariser, rendant alors nécessaire, au milieu des années 70, la construction d’un nouveau collège en complément des deux établissements existants Albert-Camus et Saint-Exupéry. Le collège Langevin-Wallon a été construit sur le seul terrain alors disponible au nord de la commune, pénalisé par d’importantes servitudes, en particulier par la voie ferrée à grand trafic qui le sépare du grand ensemble Bois-Perrier, les Marnaudes.
Il est situé dans un secteur formant un vaste « quadrilatère » bordé par de grandes voies de communication du département  (à l’est par la voie ferrée, au nord par la N302, l’A3 et l’A103, à l’ouest par l’A86) et caractérisé par un environnement assez hétérogène.
Le collège est en effet non seulement longé au nord-est par la voie ferrée, mais aussi bordé par le cimetière sur sa limite sud, et par le centre commercial « Rosny 2 » et son parc de stationnement au nord. Le quartier environnant compte aussi un secteur de pavillons.
Cette situation relativement enclavée ne confère que peu de visibilité au collège dans son quartier et ne lui permet pas de jouer le rôle de signal urbain généralement dévolu aux équipements publics d’importance.


Vue d'ensemble, le collège dans son site à sa construction
© SFT
 

Le quartier des Marnaudes-Bois Perrier
© Caue 93
 

vue aérienne
© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 
desserte, accès

Le collège est desservi par la rue Conrad-Adenauer, tant pour l’entrée principale que pour les accès de service et le stationnement du personnel.
L’entrée du collège donne sur un parvis au traitement soigné en retrait de la rue dont le prolongement naturel, une fois l’accès franchi sous une partie abritée, est le patio intérieur.


détail, structure et façade
© Caue 93
 

façade sur patio
© Caue 93
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

composition architecturale

Au moment de la construction de l’établissement, les collèges sont encore réalisés avec des procédés industrialisés agréés par le Ministère de l’Éducation nationale. Dans ce type de procédure, l’architecte qui se voit attribuer la conception du collège a en fait pour mission d’adapter le procédé de construction de l’entreprise. Pour le collège Langevin-Wallon, la maîtrise d’oeuvre est ainsi répartie entre deux architectes, l’architecte d’adaptation qui élabore son projet à partir d’une adaptation du procédé industrialisé et l’architecte d’opération qui suit l’exécution des travaux.

Ne disposant pas d’un vaste terrain, l’architecte du projet a pris le parti d’un ensemble assez compact et ramassé en plan qui s’oppose à la conception « fonctionnaliste*» alors couramment en vigueur de bâtiments constitués de simples parallélépipèdes disposés sur le terrain et abritant chacun les grandes fonctions du collège (enseignement, demi-pension, administration, logements).
Le collège se compose ainsi de trois corps de bâtiments qui s’articulent autour d’un espace central ouvert, selon une composition symétrique dont l’axe aboutit à l’amphithéâtre de verdure qui borde la cour de récréation.
Deux bâtiments de volumétrie identique et de trois niveaux se font face, reliés par un volume abritant l’un des escaliers. Ils accueillent les salles de classe, les logements, et l’administration. Le troisième bâtiment qui ferme la composition est composé de deux volumes de base carrée disposés en plan selon la diagonale.
La composition utilise le principe constructif industrialisé de manière inventive. Le système de modules et éléments répétitifs produits en série est mis à profit pour proposer un jeu de volumes où s’équilibrent décrochements, surplombs, et différences de hauteurs. Faute de pouvoir dialoguer véritablement avec son quartier, le parti pris est celui d’un bâtiment qui se retourne sur lui-même : le patio est un élément fort du projet qui permet ainsi de mettre l’accent sur l’intérieur de la composition, l’environnement n’offrant ni support, ni références architecturales sur lesquels s’appuyer.
Venant conforter ce principe, la composition met en oeuvre des façades sobres côté extérieur, sauf au niveau de l’entrée, et au contraire creusées et animées côté patio et côté cour de récréation.
Le collège s’offre comme un ensemble convivial, à l’échelle adaptée à son usage par des collégiens et proposant l’intimité des espaces de vie comme le patio.
Au niveau de l’entrée, le traitement architectural vient confirmer la vocation d’équipement public du collège et témoigne d’une volonté de faire participer le collège à l’acte éducatif tout en offrant une image accueillante de l’établissement : les murs de clôture ont ainsi reçu au niveau du parvis un traitement original. Ils incorporent des motifs de lettres de terre cuite avec le nom des dédicataires du collège, ainsi qu’une citation de Rabelais « Je ne bâtis que pierres vives et ce sont hommes » (Le Tiers livre 1546). Le choix de l’oeuvre artistique, figurant la ruine d’une colonne antique située dans le patio va aussi dans ce sens.


patio, l'amphitéâtre
© Caue 93
 

Plan du RdC d'origine
© Reuven Vardi
 
urbanisme fonctionnaliste, fonctionnalisme : principe d'organisation spatiale identifiant et séparant chaque fonction dans la ville (habiter, travailler...), par extension localisant les fonctions d'un collège (enseigner, se restaurer...) dans des bâtiments séparés .


Entrée du collège, détail
© Caue 93
 

aile sud-est
© Caue 93
 

aile nord-ouest
© Caue 93
 

façade nord-est, détail
© Caue 93
 
implantation sur le terrain

Côté rue, la construction se cale en léger retrait de manière à réserver l’espace du parvis. Cette implantation, alliée à la compacité du projet en plan, permet de placer la cour de récréation à l’arrière du terrain, entre les bâtiments du collège et la voie ferrée de manière à en limiter au mieux les nuisances. La jonction de la cour avec le talus longeant la voie ferrée est traitée en amphithéâtre de verdure qui dialogue avec la façade arrière et termine la composition symétrique autour du patio.
La limite avec le cimetière est aménagée en stationnement pour le personnel et les logements.


façade arrière et cour
© Caue 93
 

La cour
© Caue 93
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

La conception du collège cherche à rompre avec la rigidité des formes et la tradition des salles de classes distribuées par de longs couloirs qui prévaut jusqu’alors, s’inscrivant en effet dans un contexte où apparaît la notion d’espaces polyvalents et où sont valorisés les espaces de vie des équipements scolaires.
Les deux bâtiments principaux de volumétrie identique qui se font face et sont reliés par le volume plus bas des espaces de la restauration, s’élèvent sur trois niveaux (rez-de-chaussée et deux étages). Ils abritent salles de classe, administration et logements. Côté patio, ils sont conçus en pyramide inversée. Les premier et second étages ainsi en surplomb définissent un espace abrité au rez-de-chaussée servant de préau. Ce principe, intéressant pour la qualité des volumes et du patio, tend à réduire les apports de lumière naturelle dans les étages inférieurs.
Le bâtiment « charnière » entre les deux bâtiments d’enseignement s’élève sur un rez-de-chaussée et un étage. Constitué en plan de deux carrés qui s’imbriquent, il accueille les espaces de la restauration.

Les salles de classes sont distribuées par un couloir central largement dimensionné, éclairé naturellement par des puits de lumière. D’une manière générale, les espaces de distribution bénéficient de la lumière naturelle soit en façade soit par des puits de lumière.


Axonométrie et coupe
Reuven Vardi - © DAF-CAP/Centre d'archives d'architecture du XXe siècle
 

Bâtiment de la demi-pension
© Caue 93
 

structure poteaux-poutres
© Caue 93
 
au rez-de-chaussée

Autour du jardin-patio se développent les espaces de la vie scolaire et le pôle médico-social, les salles de sciences et technologie, la salle eps et la loge et le logement de gardien.


Plan du rez-de-chaussée
Caue 93 - © Reuven Vardi
 

Volumétrie
© Caue 93
 
au premier étage

Les deux bâtiments principaux sont reliés par le volume abritant la distribution, une aile recevant des salles d’enseignement scientifique, la salle d’art plastique et la salle de permanence, tandis que l’autre regroupe le CDI, les bureaux de l’administration à proximité des locaux des professeurs et la salle informatique.
Le bâtiment-charnière entre les deux ailes abrite la demi-pension. La salle de restaurant des élèves et celle du personnel s’ouvrent sur le patio.


Plan du premier étage
Caue 93 - © Reuven Vardi
 

façade arrière, détail
© Caue 93
 
au deuxième étage

Ce niveau est entièrement dédié à l’enseignement général et à l’enseignement musical. La seconde aile, dispose côté patio des salles d’enseignement général et distribue, de l’autre, les logements de fonction orientés au sud-est et s’éclairant également sur des patios-terrasses.


Plan du deuxième étage
Caue 93 - © Reuven Vardi
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

procédé de construction

Le procédé mis en oeuvre est un procédé de préfabrication lourde en béton armé, avec façade porteuse.
L’ossature des bâtiments est constituée de poteaux et poutres formant un « maillage » de 7m20 par 7m20.
Le plancher est en caissons préfabriqués modulé sur 1m80.
Façades et pignons sont constitués de panneaux porteurs de 3m60 de largeur, avec des joints marqués entre panneaux.


façade arrière et cour
© Caue 93
 

détail, structure et façade
© Caue 93
 
matériaux et couleurs

La polychromie* a été utilisée pour différencier et identifier les différents espaces et éléments constructifs du collège. La structure poteaux-poutres en béton est traitée en ton clair. Les façades en panneaux préfabriqués initialement teintés dans la masse, sont peints pour certains dans un ton rosé, les escaliers en jaune. Les menuiseries extérieures sont en métal brun foncé. De la même façon, à l’intérieur, des couleurs différenciées permettent d’identifier ailes et étages.
Le sol du parvis est en béton balayé dans une trame* carrée en briques.
Les espaces extérieurs végétalisés ont été traités avec soin, et la cour de récréation agrémentée de tilleuls.


Articulation aile nord-ouest et 1/2 pension
© Caue 93
 
polychromie, polychrome : résultat de l'association d'une variété de couleurs


Pignon de l'aile sud-est
© Caue 93
 
trame : réseau constitué en plan de la répétition d'éléments de dimensions égales - correspondant le plus souvent aux points d'appui de la structure porteuse d'un bâtiment - et formant une sorte de grille ou quadrillage.

1% artistique

Dans le cadre du 1% artistique* consacré aux constructions publiques, dédié à une oeuvre d’artiste et destiné à rapprocher art et publics de tous âges, les artistes Anne et Patrick Poirier ont réalisé une sculpture placée au coeur du collège, dans le patio, figurant les fragments épars d’une colonne romaine en ruine. Au-delà d’une évocation de la présence romaine et gallo-romaine sur le territoire séquanodyonisien, la colonne antique dialogue avec les colonnes « modernes » en béton de la structure du collège qui l’entourent pour nous faire réfléchir à l’inscription de l’activité humaine dans le temps.


Le patio et la colonne
© Caue 93
 

le patio, détail
© Caue 93
 
1 % artistique : depuis 1953, un dispositif législatif permet aux maîtres d'ouvrages des constructions publiques de consacrer 1% du montant HT des travaux de réalisation ou de réhabilitation d'un équipement au financement d'une oeuvre d'art par un artiste contemporain destinée à l'équipement réalisé.


 
L'ARCHITECTE DU COLLÈGE

Reoven Vardi

Diplômé de l’École spéciale d’architecture, après des études de philosophie, Reoven Vardi collabore avec des architectes reconnus en France (Eugène Beaudouin, Anger et Puccinelli, Zehrfuss), en Israël (Rozov à Haïfa) et aux États-Unis (Philip Johnson).
Sa première réalisation en son nom propre est un collège (Collège Mozart, Bois d’Arcy, 1970). Il est ensuite l’auteur de nombreuses constructions scolaires en région parisienne et en province, ainsi que de réalisations pour l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP). Il construit également des logements et des résidences particulières. Attentif à la qualité des projets artistiques accompagnant ses réalisations et intégrés au titre des 1% des constructions publiques, il a fait appel à des artistes comme Alechinsky, Krasno, etc. Il a également été actif hors de France (Londres, Haïfa, Israël, New-York) et a collaboré à la création de logos comme ceux de l’Unesco (Patrimoine mondial Unesco, Unesco World heritage) et des Monuments historiques.

Sélection de réalisations :

En Seine-Saint-Denis
Collège Georges-Braque, Neuilly-sur-Marne, 1977
Collège Langevin-Wallon, Rosny-sous-Bois, 1978
Collège Jean-Jacques-Rousseau, Le Pré-Saint-Gervais, 1985

À Paris et en région
Collège Mozart, Bois d’Arcy
Aménagement du Musée Cognacq-Jay, Paris 3e
Collège Blaise-Cendrars, Boissy-Saint-Léger
Lycée Darius-Milhaud, Villejuif
Collège Pierre-Ronsard, L’Haÿ-les-Roses
Lycée Antonin-Artaud, Marseille
Collège La Bourgade, La Trinité-Victor près de Nice,
Collège à Peyrolles-en-Provence
Collège à Miramas
Crèches, hôpital Tenon Paris 20e
Logements au Pré-Saint-Gervais

À l’étranger
Logements à Brooklyn, New-York, EU
Réaménagement du Lycée français de Londres
Logements à Haïfa, Israël

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Paul Langevin
1872-1946

Célèbre physicien nommé en 1934 à l’Académie des sciences en reconnaissance de ses travaux sur la relativité, les ultras-sons et le magnétisme.

 
Henri Wallon
1879-1962

Psychiatre et psychologue, il est l'auteur de travaux importants consignés dans des ouvrages de référence sur le développement psychique de l’enfant (L’ÉVOLUTION PSYCHIQUE DE L’ENFANT, 1941).

 

Ici, l’association des deux noms de Langevin et Wallon est un hommage à ces intellectuels non seulement pour leur engagement contre le nazisme et pour les droits de l’homme dès avant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi pour leur contribution à la Commission ministérielle pour la réforme de l’enseignement en tant que présidents. Toutefois, mise en place en novembre 1944 la Commission ne rendra son rapport qu’en 1947, après la mort de Paul Langevin.

 

 

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