bandeau atlas des collèges
atlas du patrimoine dossiers > atlas des collèges > notice de collège >
COLLÈGE ELSA TRIOLET



2 passage de la Colombe ; rue Paul Eluard SAINT-DENIS
construction 1990


programme : Collège 600
code site IA : 0931230G
autre(s) collège(s) à Saint-Denis : Jean Lurçat, Colonel Fabien, Pierre de Geyter, Henri Barbusse, Federico Garcia Lorca, La Courtille, Iqbal Masih, Intercommunal Pleyel en construction



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architectes : Ricardo Porro - Renaud de la Noue
BET structure : Marc Mimram
BET fluides : Berim
Entreprise générale : Revert SA
Economiste : Jean-Pierre Tohier


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre nette : 5 650 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 19
salles de sciences : 4
salles de technologie : 3
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
logements de fonction : 6

Coûts

coût global de l'opération : 29 875 000 F (1990)


Le collège Elsa Triolet a pris la forme inattendue d’une colombe aux ailes déployées. Ce bel oiseau est venu se poser à Saint-Denis à la faveur du projet de Ricardo Porro et Renaud de la Noue. Les deux architectes conçoivent leurs œuvres en mêlant étroitement dimension poétique et fonctionnalité. Formelle mais jamais gratuite, l’architecture de ce collège apporte une touche onirique à l’enseignement, sans jamais oublier cette activité première.

 
LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

L’établissement a ouvert ses portes en janvier 1990 pour les élèves auparavant scolarisés au collège République. Les bâtiments de ce dernier datant du début du XXe siècle, ont été réhabilités pour accueillir une école primaire. Pour le nouveau collège, les terrains avaient été gelés pendant 10 ans et c’est donc un projet de longue haleine qui a vu le jour à la suite des lois de Décentralisation en 86, quand le Conseil général a pris en charge 50% du financement, l’autre moitié revenant à la Ville de Saint-Denis. Un concours a été lancé en 1988, et le projet de Ricardo Porro et Renaud de la Noue a été choisi pour ses formes en courbes, en rupture avec l’orthogonalité des collèges industrialisés des années 70. Ce choix s’est fait en concertation avec les enseignants, les parents et les élèves.


Façade rue Paul Eluard
R. Porro et R. de la Noue
 
Implantation urbaine

Le collège est situé à proximité du centre ville de Saint-Denis, dans un quartier composé de rues relativement étroites bordées d’immeubles et de maisons de ville datant du tournant du XXe siècle. La plupart présentent des façades bien ordonnancées et dotées d’un décor soigné, témoignant de la présence à cette époque d’une population appartenant à la petite bourgeoisie. On remarque un patrimoine de brique et de céramique architecturale très intéressant. A ce paysage en place sont venus s’ajouter quelques immeubles de logement contemporain (rues Elsa triolet et Paul Eluard) à R+5 et R+6. Le quartier possède des monuments et des équipements de qualité, comme boulevard Jules Guesde : l’église néo-gothique Saint-Denis de l’Estrées construite par Viollet-le-Duc (1865) et le théâtre Gérard Philippe, installé dans l’ancienne salle des fêtes. C’est sur ce boulevard, au n° 46, qu’est né le poète Paul Eluard (1895-1952).
Saint-Denis, la ville des rois possède l’un des premiers édifices gothique de France, la basilique érigée par Suger au XIIe siècle. Poésie, trésors patrimoniaux, sont autant de références pour R. Porro qui affirme « Je ne crois pas à l’architecture sans culture ».


Vue du collège vers le nord
MF Laborde/CAUE93
 

Rue Paul Eluard
MF Laborde/CAUE93
 

Rue de Gesse
MF Laborde/CAUE93
 
Desserte, accès

Le quartier est desservi par le tramway, ligne 1, par la gare de RER D et il est aussi à peu de distance de la station de métro, Saint-Denis-Basilique, ligne 13. Le collège s’inscrit dans une parcelle irrégulière entre les rues Paul Eluard, des Moulins Gémeaux, Elsa Triolet et le passage de la Colombe. Ce dernier a été créé à l’occasion pour relier les rues Paul Eluard et des Moulins Gémeaux. Piétonnier, il serpente au cœur de l’îlot en suivant les courbes du collège, il se dilate pour former une placette devant l’entrée du collège, traverse une cour et se faufile sous un porche. Il a été voulu par les architectes comme un espace à la fois urbain et intime qu’ils ont pris soin d’équiper de bancs pris dans la maçonnerie des murs. Fermé aujourd’hui de chaque côté par des grilles, il n’est plus public mais seulement réservé aux usagers de l’établissement, dont l’entrée s’effectue rue Paul Eluard.


Plan de masse
R. Porro et R. de la Noue
 

Le bec de la colombe en 2012, usure de la brique
MF Laborde/CAUE93
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Insertion dans la parcelle

Le collège occupe les côtés sud et est de la parcelle. Sur les côtés ouest et nord sont implantés des parkings. Seule une partie de l’aile nord vient à l’alignement de la rue. Le centre du terrain est entièrement occupé par une vaste cour minérale. La végétation est cantonnée à la périphérie, jardinets sur la rue Paul Eluard et grands arbres le long du gymnase Maurice Bacquet à l’ouest.
Malgré l’originalité de son architecture, sa silhouette en forme de colombe, le collège n’offre pas de vue d’ensemble de l’extérieur. Si l’on vient avec cette image en tête, on ne peut la reconstituer qu’une fois à l’intérieur. La difficulté à percevoir l’édifice est accentuée par la complexité et la variété des formes qui le composent, et notamment en façades. Sa présence la plus marquante est rue Paul Eluard, où l’aile sud est implantée à l’alignement. La façade s’incurve vers le passage de la Colombe et se prolonge le long de la rue par une suite de volumes de formes différentes y compris celles des toitures. Cet ensemble, homogénéisé par la brique reste assez pittoresque et vient en contraste avec la linéarité des immeubles voisins.
Entre la rue Elsa Triolet et le collège est implanté le gymnase Maurice Baquet à l’architecture banale mais dont le parking permet une vue sur la cour du collège. Rue des Moulins Gémeaux, le collège est tenu à l’écart par un parking mais l’aile nord du bâtiment, plus fragmentée, vient se raccorder en douceur avec l’immeuble existant à la façade très classique. Cette présence fragmentée dans le quartier est revendiquée par R. Porro, qui conçoit l’architecture comme une succession d’espaces.
Etonnant bâtiment, qui apparaît et disparaît dans le paysage urbain. Il se démarque par ses formes toutes en courbes mais s’intègre par ses matériaux et notamment la brique et par ses gabarits. Les transformations de l’espace public l’ont privé de son accès direct et sa présence dans le paysage urbain en reste perturbée.


Façade rue Paul Eluard
MF Laborde/CAUE93
 

Les oriels, rue Paul Eluard
MF Laborde/CAUE93
 

Rue des Moulins Gémeaux
MF Laborde/CAUE93
 
Composition architecturale

Vu du ciel, le collège forme donc une colombe en vol, les ailes déployées. Symbole de paix cet oiseau représente aussi un hommage à une génération de poètes et d’écrivains dont Paul Eluard et Elsa Triolet. Pour R. Porro il évoque aussi « le feu de la connaissance et de la spiritualité ». L’architecte qui est également sculpteur, a poursuivi cette idée dans la sculpture en béton qui marque l’entrée : un livre monumental duquel s’échappent entremêlés, battements d’ailes et de pages.

 

Sculpture de R. Porro, à l'entrée
MF Laborde/CAUE93
 
Côté cour

C’est de la cour de récréation que l’on a la vision la plus explicite de la colombe avec la grande toiture qui coiffe d’un seul élément le corps central et les ailes qui descendent presque jusqu’au sol. Rarement, le mot aile en architecture n’a été si bien adapté. Ces dernières se déploient dans un mouvement général en courbe mais rythmé par des volumes différenciés. De même que l’orthogonalité est bannie, la symétrie n’est pas de mise. Les deux ailes sont différentes en volume comme dans le traitement des façades, y compris entre le côté cour et le côté rue.
Quelques volumes s’échappent de cette grande toiture et développent leur propre autonomie comme, côté sud (rue Paul Eluard), les salles d’enseignement artistique, le CDI et la salle polyvalente. Le CDI qui clôt la composition, est coiffé d’une toiture dont le « bec » reprend la métaphore de la colombe et par son échelle fait penser à un oisillon. Ces volumes ménagent des recoins équipés de bancs pris dans la maçonnerie. La salle polyvalente a une ouverture sur le parking ; elle est aussi accessible aux personnes de l’extérieur.
Côté nord (rue des Moulins Gémeaux), ce sont les salles de technologie qui s’émancipent de la composition générale pour prendre des formes aux arêtes vives.
Le corps central qui abrite le forum, se présente sous la forme d’un mur de brique aveugle* arrondi. Sur sa droite, la contre courbe que décrit la toiture abrite le préau grâce à un large débord. L’image de l’oiseau est explicitement affirmée par la trace au sol, en dallage, d’une queue dans le prolongement du corps central. La façade qui donne sur le préau est rythmée par la découpe en lignes brisées de l’escalier. La partie haute est blanche, percée d’un jeu de petites baies rectangulaires et la partie inférieure en brique. L’ensemble des façades abritées par les débords de la toiture est scandé par les puissants poteaux qui la soutiennent.


Façade sur cour en 1990
R. Porro et R. de la Noue
 

Façades sans le revêtement de brique, en 1990
R. Porro et R. de la Noue
 

La salle polyvalente et le CDI
MF Laborde/CAUE93
 
Mur aveugle : Mur sans ouverture


Le préau
MF Laborde/CAUE93
 
Côté rues

Depuis la rue Paul Eluard, le visiteur suit le mur de brique qui s’élève en s’incurvant. Des oriels disposés régulièrement donnent du rythme à ce long mur et semblent accompagner les pas du passant. De plan triangulaire, les oriels sont vitrés côté sud-ouest et fermés de l’autre par un mur en avancée dont la partie haute évoque des gargouilles*. A la base, des murets d’environ 2 m de haut et incurvés protégent les jardinets sur lesquels ouvrent les pièces du rez-de-chaussée. En plan, cette suite de murets évoque les plumes de l’oiseau, en élévation ils forment un mouvement régulier et accentuent l’aspect urbain de la façade. Aujourd’hui, la végétation qui déborde largement, ancre encore davantage la composition dans le terrain. La jonction entre chaque muret forme des recoins assez inattendus en milieu urbain quand d’une façon générale on essaie de lisser les aspérités et les creux et d’éviter les cachettes éventuelles.
Passé la grille d’entrée, le passage mène au parvis surplombé par le bec de la colombe qui forme un auvent monumental. Elément le plus étonnant de la composition générale il signale l’entrée du bâtiment. Mis en perspective depuis la rue Paul Eluard, il est cependant situé dans un étranglement. Le « bec » butte sur le bâtiment des logements de fonction et l’avancée de l’aile nord ferme la vue. Les architectes ont créé volontairement un lieu protégé, un parvis en forme de place urbaine très architecturée. La façade de l’entrée, sous les quatre arcs qui soutiennent l’auvent est blanche, percée de baies disposées symétriquement de part et d’autre d’un axe central.
Mais, le parvis n’est pas dans une impasse, le passage contourne la loge, traverse une cour circulaire et rejoint la rue des Moulins Gémeaux par un porche. Cette cour, de service, est bordée par l’aile nord du collège et par le bâtiment des logements de fonction. Ce dernier offre une façade revêtue d’enduit blanc à la composition assez pauvre et qui tranche avec l’ensemble du collège.
Les façades de cette aile nord rue des Moulins Gémeaux, se décomposent entre la partie de jonction avec l’immeuble existant à R+2, et en arrière plan par rapport à la rue, le volume du réfectoire, détaché de l’ensemble. Lové dans la pointe nord de la grande toiture, le réfectoire bénéficie d’une triple hauteur, en appentis. Sa façade sur cour, en brique, s’inscrit dans la continuité du reste du bâtiment. De ce côté du collège, toutes le façades sont blanches, à l’exception du soubassement, à l’alignement de la rue, qui est revêtu de briques.

Le bâtiment de logements de fonction, est implanté au cœur de l’îlot, dans une pointe en triangle que forme la parcelle à l’est du collège. Peu visible, il est enserré sur deux côtés par des immeubles. Il comprend cinq logements, celui du gardien étant en duplex au dessus de la loge.


L'entrée vue de cour de service
MF Laborde/CAUE93
 

Façade sud sur le passage de la colombe
R. Porro et R. de la Noue
 
Gargouille : Dégorgeoir en surplomb ménagé dans la corniche pour l'évacuation des eaux de pluie des toitures. Dans l'architecture des édifices religieux du Moyen Age, elles étaient fréquemment sculptées en forme d'animeaux fantastiques.


Les "gargouilles"
MF Laborde/CAUE93
 

Recoins et jardinets rue Paul Eluard
MF Laborde/CAUE93
 

Le passage de la Colombe, rue des Moulins Gémeaux
MF Laborde/CAUE93
 
Les fenêtres

Les différents mouvements des façades sont soulignés, voire accentués, par le jeu original des ouvertures à partir de deux types principaux de fenêtres :
- rectangulaires à un seul ouvrant*
- rectangulaires à deux ouvrants, plus grandes, et dont les petits-bois* peints en rouge forment des petits carreaux disposés asymétriquement.
Ces différentes baies sont généralement utilisées en série, par types ou combinées (réfectoire, hall d’entrée). Les fenêtres à un seul ouvrant remplacent ce qui aurait pu être une baie filante (3e niveau sur cour,) ou un mur rideau (préau)…Juxtaposées, elles suivent les mouvements des toitures (réfectoire, CDI, salle de musique) ou des escaliers. En façades cette multiplication des ouvertures, apporte une dimension géométrique supplémentaire. De l’intérieur, elle fragmente l’arrivée de la lumière, offre différents cadres au paysage et donc diversifie les points de vue. Ce parti pris d’ouvertures multiples disposées en fonction de la façade crée des ambiances particulières pour chacun des espaces concernés. La cage d’escalier qui dessert les salles de classe de l’aile sud, est percée d’un alignement continu de petites baies verticales qui fait face au même alignement éclairant en second jour les couloirs. Cette disposition transforme un long boyau (trois étages d’escalier en continu) et de banals couloirs en espaces dynamiques.


Couloir de l'aile sud, 3e étage
MF Laborde/CAUE93
 
Ouvrant : Partie mobile d'une fenêtre, d'une porte.


Façade de l'entrée. Les deux types de fenêtres
MF Laborde/CAUE93
 
Petit-bois : Petite pièce de bois divisant l'ouvrant d'une baie et enchassant la vitre.


Jeu de volumes et d'ouvertures, rue des Moulins Gémeaux
MF Laborde/CAUE93
 
ESPACES ET USAGES

A la complexité des volumes extérieurs répond une distribution simple et fluide des espaces intérieurs. Le plan s’organise autour du corps de l’oiseau, occupé par un vaste hall, les deux ailes étant dédiées, au sud à l’administration et aux salles d’enseignement général, au nord aux services et à l’enseignement spécialisé.

De ce hall, partent de chaque côté les escaliers qui desservent les étages, eux même reliés par les passerelles qui traversent le hall. Côté sud l’escalier est linéaire, imbriqué entre le mur de façade sur cour et les couloirs ; côté nord il est à deux volées.

Au rez-de-chaussée, dans l’aile sud, un couloir en courbe dessert les salles des professeurs, suivies par les salles du conseiller d’orientation et d’EPS, puis de cinq salles de classes. A l’extrémité du couloir, s’ouvrent les classes de musique et d’art plastique, et en face, le CDI et la salle polyvalente.
L’aile nord est occupée par la loge du gardien, le réfectoire en self-service, la cuisine et les pièces de service.

Aux premier et deuxième étages, l’aile sud comprend l’administration et six classes, tandis que l’aile nord abrite, outre le logement du gardien, trois salles spécialisées, math, techno et informatique.

Le troisième étage, partiel, sur l’aile sud uniquement, abrite quatre salles de sciences.


Rez-de-chaussée
R. Porro et R. de la Noue - R. Porro et R. de la Noue

1er étage
R. Porro et R. de la Noue
 

2e étage
R. Porro et R. de la Noue
 

3e étage
R. Porro et R. de la Noue
 
ESPACES INTÉRIEURS

Si déjà l’extérieur, et surtout le parvis, annonce un univers à part, l’entrée dans le hall procure un sentiment de dépaysement total. C’est sans doute un lieu unique en soit. Il englobe la totalité du corps central. Haut de trois niveaux, il se présente comme un volume libre traversé par d’immenses arcs en voile de béton évidé et des passerelles. Ces arcs dessinent des voûtes irrégulières reposant sur une seule colonne appuyée sur le mur du fond et irrigant tout l’espace. Le plafond suit la pente du toit et descend vers l’amphithéâtre niché dans l’ovale que forme le mur du fond. La lumière est diffusée par les fenêtres aux vitres colorées du grand mur qui le sépare du parvis. Cette lumière sculpte l’espace et participe à l’architecture des lieux. Le visiteur est aspiré vers le haut comme dans la basilique chère à R. Porro : « J’ai voulu donner de la dignité à ce lieu d’enseignement ; que l’enfant lorsqu’il pénètre dans cet espace soit traité comme un seigneur….J’ai voulu offrir…le confort à la fois du corps et de la dimension spirituelle ».

Certaines salles ont leurs volumes propres et sont à double, voire triple hauteur sous des toits à forte pente. Le type de percement des baies renforce pour chacun sa spécificité. C’est le cas pour les salles d’art plastique, de musique, le CDI et la salle polyvalente dans l’aile sud et du réfectoire dans l’aile nord. Le CDI, à double hauteur possède une mezzanine à laquelle on accède par un escalier hélicoïdal* qui s’enroule autour du pilier qui supporte la charpente. Certains meubles en bois ont été créés pour lui. Il a son propre jardin, cultivé certaines années en potager par les élèves.

Dans l’aile sud, toutes les classes prennent jour par les oriels qui surplombent la rue Paul Eluard. Les pièces du rez-de-chaussée ouvrent toutes sur les jardinets et aucune n’a exactement la même forme, de fait certaines ressemblent à des maisons.


Hall d'entrée, l'amphithéâtre.
R. Porro et R. de la Noue
 

Hall d'entrée
R. Porro et R. de la Noue
 

Hall d'entrée, une passerelle.
MF Laborde/CAUE93
 

Réfectoire
MF Laborde/CAUE93
 
Escalier hélicoïdal : Escalier dont la forme évoque celle d'une hélice. Le plan s'inscrit généralemnt dans un cercle.


Salle de classe, rez-de-chaussée, aile sud
MF Laborde/CAUE93
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

Construit en béton, le collège a pour l’essentiel des façades revêtues de plaquettes de brique. Certains murs, en contraste, sont blancs. Il s’agit de façades devant marquer des lieux précis comme l’entrée ou le préau. Les premières années, toutes les façades sur cour étaient blanches et seuls les piliers et le corps central étaient en brique ce qui faisait davantage ressortir les volumes. Les étages supérieurs qui émergent de la toiture sont également blancs. C’est donc le rouge brique et le blanc qui dominent avec des touches de noir et de rouge apportées par les menuiseries.
La toiture est composée d’une charpente en bois dont les poutres sont laissées apparentes. Ses 2000 m2 sont recouverts d’un élastomére-bitume qui assure l’étanchéité (Paradienne de Siplast) et lui donne son uniformité. Au fil du temps, la patine a estompé ses deux couleurs, vert et brique qui soulignaient les formes de l’oiseau.
A l’intérieur, le blanc règne en maître, sur les murs, les plafonds, les sols. Des touches de couleur vive sont apportées par les portes. Les menuiseries des fenêtres, épaisses et peintes en noir forment des cadres sur les murs blancs, dont le motif est le paysage extérieur.


Hall d'entrée, mosaïque du sol
MF Laborde/CAUE93
 

Rue Paul Eluard. Au premier plan, le CDI
MF Laborde/CAUE93
 

Couloir
MF Laborde/CAUE93
 
Architecture organique : Architecture inspirée de la nature, du corps humain, des animeaux ou du monde végétal.


 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

Ricardo Porro - Renaud de la Noue

Ricardo Porro et Renaud de la Noue sont associés depuis 1986. Ensemble, ils ont construit essentiellement des équipements, mais aussi des logements à Stains (1990) et à La Courneuve, (1996). Citons :
• collège colonel Fabien à Montreuil (1992) ;
• résidence universitaire, les Châteaux Saint-Sylvère à Cergy (1994) ;
• tribunal administratif de Paris (1994) ;
• collège de Cergy-le-Haut (1998) ;
• école Samira Bellil, L'Île-Saint-Denis (2004) ;
• commissariat à Plaisir (2007) ;
• hôpital psychiatrique aux Mureaux (2007);
• atelier des Arts et du Patrimoine au Puy-en-Velay (2008);
• école Jean Jaurès à Ermont (2009);
• lycée Julie Victoire Daubié (ex-Romain Rolland) à Argenteuil (2010).
• hôpital de long séjour aux Mureaux (2011).

Ricardo Porro (Cuba, 1925)
Ricardo Porro a commencé sa carrière à Cuba où il a construit entre autres, l'École des beaux-arts et l'École de danse moderne de La Havane. En France depuis 1966, il poursuit plusieurs activités, architecte, enseignant mais aussi peintre et sculpteur. Il exerce en France, à Cuba, au Liechtenstein. Il a enseigné à l’école d’architecture de Lille et poursuit une activité d’enseignant conférencier dans le monde entier : Rabat, Gratz, Tel Aviv et New York… Son architecture est qualifiée d'organique*, car inspirée par la nature. Ses constructions ont un aspect sculptural et parfois très sensuel. Il a reçu pour ses réalisations les titres de Chevalier des Arts et des Lettres, Chevalier de la Légion d'honneur, Commandeur des Arts et des Lettres.

Renaud de la Noue
Diplômé en 1984, Renaud de la Noue exerce seul ou associé avec Ricardo Porro.
Il est architecte de la mission archéologique de "Khirbet edh-Dharih", Mission de l'Institut Français du Proche-Orient (IFPO).
De 1986 à 1990 il a été rédacteur de la rubrique "architecture" du Journal 7 à Paris.
Il a reçu pour ses réalisations le titre de Chevalier des Arts et des Lettres.

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Elsa Triolet
1896-1970

Ecrivain et traductrice française d’origine russe, Elsa Triolet, née Elsa Kagan, était la sœur de Lily Brick, épouse du poète Maïakovski. Elle quitte la Russie en 1919 et épouse un officier français André Triolet avec qui elle habite à Tahiti où elle écrit ses premières œuvres. En 1928, elle rencontre Louis Aragon dont elle devient la femme et la muse. Membres du parti communistes, ils rejoindront ensemble la Résistance. Elle obtient le Prix Goncourt en 1944 pour Le premier accroc coûte 200 francs. Elle laisse 25 romans écrits en russe et en français. Son nom reste associé à celui de Louis Aragon qui a écrit pour elle un de ses plus célèbres poèmes Les yeux d’Elsa.

 

 
 
 
Accueil

Outils Plan du site Contacts / Crédits / Mentions légales
 
cadre bas