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COLLÈGE PIERRE DE GEYTER

programme d'origine : groupe scolaire
programme actuel : collège 600
code site IA : 0931231H
autre(s) collège(s) à Saint-Denis : Jean Lurçat, Colonel Fabien, Elsa Triolet, Henri Barbusse, Federico Garcia Lorca, La Courtille, Iqbal Masih, Intercommunal Pleyel en construction


CHRONOLOGIE

1954 : premières esquisses
1958 : dépôt du permis de construire
1959 : construction
1962 : livraison du groupe scolaire du Centre
1965-1967 : agrandissement du 2e étage
1972 : transformation du groupe scolaire en CES 600
1995-1998 : rénovation lourde en site occupé
1998 : rénovation ou extension


LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d’ouvrage (1962) : Ville de Saint-Denis
Architecte (1962) : André Lurçat avec Albert Michaut
BET (1962) : Semé, ingénieur de l’Ecole centrale de Paris (ECP)
Artiste 1% (1962) : Catherine-Anne Lurçat, artiste peintre, oeuvre murale en émaux de Murano
Maître d’ouvrage (1972) : Ville de Saint-Denis
Architectes (1972) : Ville de Saint-Denis, service d’architecture
Maître d’ouvrage (1995-1998) : Département de la Seine-Saint-Denis
Architectes (1995-1998) : Direction des bâtiments départementaux de la Seine-Saint-Denis


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 9870 m2
surface hors-oeuvre nette : 5344 m2
surface utile : 3804 m2
surface du terrain : 8000 m2

Coûts : non connus

A l’instar d’autres collèges de la Seine-Saint-Denis, le collège Pierre de Geyter est à l’origine un groupe scolaire primaire avec maternelle dénommé à sa construction « Groupe scolaire du Centre » du fait de sa situation au coeur historique de Saint-Denis. Cet équipement est l’œuvre d’André Lurçat appelé comme architecte en chef de la ville dès la Libération par le maire communiste Auguste Gillot, qui souhaite faire de la cité dyonisienne une « ville moderne ». Lurçat exercera cette responsabilité de 1945 jusqu’à sa disparition en 1970. Il construira pour la ville un nombre important de logements (4000) et de bâtiments publics, crèches, équipements sportifs, hôpital, et écoles, réalisations qui présentent de fréquentes similitudes formelles, caractéristiques de son oeuvre.
En retrait sur la parcelle mais le long du boulevard Marcel Sembat, un axe de circulation important de la ville dont il est séparé seulement par une clôture poreuse le collège de Geyter bénéficie d’une situation urbaine particulière qui lui confère une grande visibilité depuis l’espace public. Si la qualité de son architecture démontre l’évidence de sa présence d’équipement public, le collège de Geyter n’est ni écrasant ni monumental et offre ainsi une image à la fois rigoureuse, rassurante et accueillante de l’institution scolaire.
Parmi les ensembles scolaires remarquables réalisés à Saint-Denis par Lurçat, il faut aussi citer le groupe scolaire André-Diez et l’école maternelle Fabien.

 

façade principale
CAUE 93/CK - CAUE 93
 

1962 livraison du groupe scolaire du Centre

Maître d’ouvrage : Ville de Saint-Denis
Architecte : André Lurçat avec Albert Michaut
BET : Semé, ingénieur de l’Ecole centrale de Paris (ECP)
Artiste 1% : Catherine-Anne Lurçat, artiste peintre, oeuvre murale en émaux de Murano


Le contexte

Dès 1945, dans l’immédiat après-guerre, Saint-Denis voit sa population croître à un rythme régulier. Le centre ville est alors l’objet d’un développement important suite à l’établissement d’un plan d’aménagement approuvé en 1947 qui, outre la création de nouveaux quartiers d’habitations, prévoit de loger en centre ville un nombre important de mal logés des quartiers de la Plaine. Parallèlement, les équipements scolaires existants de la ville ne peuvent accueillir une population scolaire qui va en s’accroissant. Le groupe scolaire du Centre constitue ainsi la cinquième réalisation d’un programme qui envisage aussi la construction d’écoles dans les nouveaux quartiers. Le terrain pressenti est exigu mais c’est le seul disponible au centre ville. Il présente l’avantage de s’ouvrir visuellement à l’arrière sur le parc d’une congrégation religieuse, aujourd’hui l’école Jean-Baptiste de la Salle.
Entre les premières esquisses et la livraison de l’école, huit années vont s’écouler.

 

plan masse
CAUE 93 - © CG 93
 
Le programme

Le programme du groupe scolaire comprend un bâtiment principal de 2 étages sur rez-de-chaussée avec 8 classes primaires filles et salle d’enseignement ménager, 8 classes primaires garçons et salle de travail manuel, et une école maternelle de 4 classes avec salle de jeux. Par la suite le groupe scolaire devient uniquement une école de garçons tout en continuant d’accueillir l’école maternelle qui cohabita - y compris avec le collège - jusqu’à la rénovation de ce dernier en 1995. L’équipement comporte également une cuisine centrale, 3 réfectoires et une salle de gymnastique. Le projet assez compact rassemble ainsi les fonctions dans un même bâtiment sauf les logements de fonction situés dans deux pavillons le long du boulevard Marcel Sembat, à l’entrée du groupe scolaire et le cabinet médical dans un pavillon au nord ouest de la parcelle.

 

façade arrière
CAUE 93/CK - CAUE 93
 
L’organisation fonctionnelle

Les écoles de Lurçat sont aisément reconnaissables. Avec l’école Karl-Marx, la première qu’il réalise à Villejuif (1930-1933), Lurçat montre la voie et inaugure avec les architectes Beaudouin et Lods et leur école de plein air de Suresnes (1934) ce qui deviendra un modèle à l’après-guerre. Ces nouvelles écoles vont remplacer le modèle précédent fermé sur la rue par ses propres façades délimitant une cour fermée. Elles vont également innover par la mise en œuvre d’éléments industrialisés (escaliers, menuiseries, etc…). A Saint-Denis ce sont des établissements aux bâtiments fonctionnels, bien orientés avec de larges baies vitrées comme André-Diez, 1951-1958, Fabien (1952-1953), Wilson (1954-1958), Pierre-Sémard (1956), Irène Joliot-Curie (1956), Roger-Sémat (1960-1961), Victor-Hugo (1960-1966), Henri-Barbusse (1963), les Cosmonautes (1965).
Les écoles de Lurçat se présentent en général comme de longs bâtiments, organisés de façon symétrique, la symétrie jouant un rôle important dans l’œuvre de Lurçat. Concernant les écoles celle-ci résulte des programmes qui abritent dans un même bâtiment mais au sein de deux établissements distincts les écoles des filles et des garçons avec parfois l’école maternelle dans l’axe de symétrie comme à Geyter. Ils ont également en commun leur échelle accueillante. Le groupe scolaire de Geyter n’échappe pas à cette conception et la particularité du programme réside dans la localisation de la salle de sport au troisième et dernier étage.

La volonté de faire bénéficier les classes de l’orientation favorable au sud-ouest tout en évitant les nuisances sonores du boulevard Marcel-Sembat, le long duquel il est situé, a conduit Lurçat et Michaut à implanter l’équipement plutôt vers le fond de la parcelle,
parallèlement au boulevard. Cette volonté associée à la propre conception de Lurçat qui accorde beaucoup de soin au dessin des plans masse*, aboutit à une composition générée à partir d’un axe de symétrie, ici est-ouest, avec un corps de bâtiment principal accueillant l’école maternelle et, de part et d’autre, les écoles des filles et des garçons. Cours de récréation et aires de jeux des filles et des garçons sont séparées par l’école maternelle. A l’avant de la composition et à l’alignement sur le boulevard, se situent les logements de fonction, symétriques eux aussi.

Au rez-de-chaussée du bâtiment principal se trouvent l’école maternelle, la restauration de l’ensemble des écoles et les préaux, aux premier et deuxième étages les locaux d’enseignement des écoles de filles et de garçons. Le troisième étage est un niveau partiel qui accueille la salle de gymnastique.
Ayant reçu une affectation de cours complémentaire, le groupe scolaire avait alors été doté de salles de sciences, de laboratoires et des salles de cours commerciaux ou de dactylographie. Les classes ont une hauteur sous plafond de 3m26, la salle EPS au 3e étage est un bel espace de 11m50 et 4m50 de haut.
Le sous-sol est constitué d’un vide sanitaire, d’une chaufferie et d’une cave.

 

plan de rez de chaussée
André Lurçat - © archives départementales de Seine-Saint-Denis
 

plan du premier étage
André Lurçat - © archives départementales de Seine-Saint-Denis
 

plan du deuxième étage
André Lurçat - © archives départementales de Seine-Saint-Denis
 
plan de masse : plan qui situe l'implantation d'un ou plusieurs bâtiments sur leur terrain d'assiette

Composition architecturale

Comme dans nombre de ses oeuvres Lurçat parvient ici, en dépit de l’apparente simplicité du projet et de la rigueur du programme, à introduire complexité et richesse plastique dans la volumétrie et dans les détails. Malgré la normalisation grandissante affectant les constructions scolaires, ce sont des programmes où il est un brillant architecte. Le groupe scolaire est dimensionné à partir de la trame ministérielle de 1952 (1m75), mais il n’est pas régi par celle-ci. A l’instar des autres écoles qu’il réalise, une partie des éléments de construction est standardisée (fenêtres, portes, équipements divers) pour répondre à une nécessité d’exécution rapide et économique et les escaliers sont préfabriqués. Cependant, si sa propre réflexion et le contexte technique et économique le conduisent à opter pour la standardisation de certains éléments, Lurçat se refuse à la normalisation totale des bâtiments et s’en explique. Il écrit ainsi :« Je partis du principe que l’économie et la rapidité indispensables devaient s’obtenir par l’établissement d’éléments normalisés : classes, escaliers, blocs sanitaires, vestiaires, fenêtres, etc., judicieusement groupés et qu’il serait cependant possible dans chaque cas, de composer un immeuble original dans sa masse et dans son aspect, cela en fonction du terrain, de l’orientation, de l’importance du programme. » André Lurçat, Œuvres récentes, cité dans Points de Repères du Caue 93 n° 19 « André Lurçat ». C’est ce qui fait dire à Pierre et Robert Joly, deux de ses biographes que Lurçat paraît ainsi « s’engager sur une troisième voie : ni retour au passé ni glorification constructiviste de la technique ».

La composition d’ensemble harmonieuse et équilibrée adopte le parti sobre et net de grands volumes clairs. Elle offre des bâtiments d’échelle accueillante tout en proposant une volumétrie simple mais très différenciée entre l’avant du bâtiment sur le boulevard et l’arrière. Côté boulevard le bâtiment est conçu selon un schéma pyramidal symétrique, depuis les extrémités d’un seul niveau jusqu’au 3e et dernier étage partiel au centre de la composition. Ce parti pris – souligné par un avant corps d’un niveau au 1er étage permet de mettre l’accent sur la partie médiane du bâtiment où se trouve l’entrée de l’ancienne maternelle, aujourd’hui entrée principale du collège. En contrepoint, les deux préaux en creux à chaque extrémité du bâtiment allègent l’ensemble de la composition. En marquant ainsi les angles, ils offraient de surcroît une lisibilité aux entrées des filles et des garçons qui se trouvaient à l’origine aux deux extrémités en pignon, signalées par deux auvents. Les pignons eux-mêmes travaillés offrent de véritables façades (expression des extrémités des couloirs par de petits volumes en légère saillie marquant les verticales, traitement des anciennes entrées des écoles, etc.)
A l’arrière la composition propose une articulation plus complexe des volumes. Un corps de bâtiment central articule deux ailes sur lesquels s’accrochent deux pavillons flanqués chacun d’un petit bâtiment à rez-de-chaussée.
Le bâtiment du cabinet médical et les deux blocs de logements sont eux aussi traités avec soin

Pour qualifier l’architecture de Lurçat on pourrait reprendre comme l’évoque Renée Michel, sa propre analyse de l’architecture des maisons et petits châteaux de province, analyse qui inspire et résume avec justesse sa démarche créatrice. Pour Lurçat en effet « Les fonctions étaient exprimées par des formes simples où les proportions jouaient un rôle actif dans un volume bien compris. L’ornement y était rare mais bien placé lorsqu’il intervenait » (Renée Michel citée par R. et P. Joly « L’architecte André Lurçat »)

Le travail de composition semble ainsi traduire le double attachement de l’architecte aux recherches du mouvement moderne aussi bien qu’à la tradition constructive française - comme en témoigne notamment son attachement à la symétrie - dessinant une nouvelle forme de classicisme. Celle-ci est repérable dans son œuvre tardive, à laquelle se rattache ce groupe scolaire, réinterprétant un certain nombre de dispositifs de l’architecture moderne des années 30 (fenêtres en longueur, fenêtres d’angle, porte à faux et auvents, angles arrondis, corniches* en léger débord, encadrement des baies, enduit clair).

Le principe de symétrie qui organise la composition selon un axe médian règle aussi la composition des façades du bâtiment principal. Celles-ci correspondent aux plans des écoles des garçons et des filles, eux-mêmes rigoureusement symétriques. Accompagnant la composition des volumes, sur la façade principale, l’accent est mis sur la partie centrale avec un jeu de décalage des ouvertures et baies, tandis que l’ordonnancement simple adopte un rythme identique sur les trois niveaux des deux ailes encadrant la partie centrale. Le dernier niveau possède sa propre logique et les percements forment presque un bandeau vitré.
La qualité du dessin de la façade qui tient en partie à la finesse des menuiseries en métal d’origine a été altérée par leur remplacement par des châssis PVC. Celle-ci reste néanmoins lisible à travers la proportion des ouvertures, leur disposition, le détail de leur encadrement en légère saillie, seul relief avec les fins bandeaux en corniche sur les façades lisses qui mettent en valeur l’enduit clair. Les encadrements et d’autres détails comme les porches d’entrée, les auvents des préaux décollés des murs de façade ainsi que les angles arrondis d’un effet plastique indéniable sont autant de détails subtils et élégants qui pour certains constituent des leitmotive dans l’œuvre de Lurçat.

Le projet comporte en fait seulement 2 modèles de fenêtres et un de porte. Leur composition en façade illustre bien le fait que la normalisation et la sérialisation ne sont pas forcément synonymes de monotonie ou de pauvreté architecturale. Un modèle de fenêtre standardisée est composé d’une grande ouverture (2m10 x 5m80) redivisée en 5 modules selon un dessin rigoureusement symétrique et une division tripartite horizontale par des traverses avec ouvrants à l’italienne. Le second modèle, une fenêtre plus petite essentiellement mise en œuvre sur la façade arrière reprend le module de bas avec traverses de la grande fenêtre.

A l’intérieur le bâtiment se caractérise par la clarté du parti et de son organisation, la rigueur de son plan ainsi que par la qualité de la lumière naturelle qui pénètre largement et qualifie l’ensemble des espaces d’une grande luminosité. Baies et fenêtres offrent des transparences, des ouvertures sur la ville ou bien sur les jardins et plantations environnants tandis que de nombreuses prises de lumière éclairent et rythment à intervalles réguliers, les longs couloirs à chaque niveau.

L’ossature du bâtiment est en béton armé et mur portant, le toit traité en terrasse.
Les matériaux d’origine : sols en carrelage pour les pièces humides, entrées et escaliers, thermoplastiques pour les classes et couloirs.

Dans le cadre du 1% artistique une œuvre de l’artiste Anne-Catherine Lurçat, fille d’André Lurçat prévoyait l’installation d’un pylône triangulaire de 5m de haut revêtu de mosaïque. Le projet final est une fresque également en mosaïque sur le porche de l’ancienne maternelle qui met en valeur l’entrée principale du collège

 

pignon et ancienne entrée école primaire
CAUE 93/CK - CAUE 93
 

détail ancienne entrée
CAUE 93/CK - CAUE 93
 

espace de distribution
CAUE 93/CK - CAUE 93
 

détail de façade
CAUE 93/CK - CAUE 93
 
corniche : moulure en saillie plus ou moins importante qui couronne et protège une façade


1972 transformation du groupe scolaire en CES 600

Maître d’ouvrage : Ville de Saint-Denis
Architectes : Ville de Saint-Denis, service d’architecture


Au programme de cette opération ont été réalisés au rez-de-chaussée un restaurant scolaire et un atelier pour l’enseignement pratique
La maternelle occupe encore le rez-de-chaussée. Elle y sera maintenue jusqu’en 1995, date où sera entreprise la rénovation lourde de l’établissement.
Le premier étage accueille 2 classes de sciences, 2 classes d’enseignement artistique (dessin, musique), une classe de physique et technologie, 2 salles banalisées, une classe d’histoire et géographie, une bibliothèque, une salle des professeurs, une permanence.
Le deuxième étage, 9 classes d’enseignement général, 2 d’enseignement pratique.
Au troisième, la salle de gymnastique est maintenue à son emplacement initial.
Un projet de surélévation heureusement resté sans suite semble avoir été évoqué et préconisé à l’époque par les services de l’Etat à l’occasion de cette transformation. Cette décision a permis de ne pas altérer le bâtiment d’origine et de le respecter tel que Lurçat l’a pensé.
Le programme de travaux a également concerné la réfection des peintures et sols, la remise en état des menuiseries, la plomberie le chauffage et le ravalement.

 

façade principale
CAUE 93/CK - CAUE 93
 

coupe
André Lurçat - © archives départementales de Seine-Saint-Denis
 

1995-1998 rénovation lourde en site occupé

Maître d’ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Architectes : Direction des bâtiments départementaux de la Seine-Saint-Denis


Le programme de rénovation lourde a tenté d’allier respect de l’œuvre de Lurçat et exigence d’une remise aux normes techniques et de confort ainsi qu’une adaptation fonctionnelle de l’équipement à la seule fonction de collège qu’il remplit désormais, la maternelle ayant été déplacée. Cependant on peut regretter la disparition des menuiseries d’origine en acier avec le système des châssis à l’italienne* remarquables pour l’élégance et la finesse de leur profil. A la différence d’autres groupes scolaires elles n’ont pas pu être conservées et ont été remplacées par des menuiseries en PVC au profil beaucoup plus épais en dépit du respect du dessin des premières.
La restructuration fonctionnelle réorganise le collège par pôles et la distribution des locaux a été maintenue à partir des couloirs préexistants conservés, bien qu’assez étroits.
Au rez-de-chaussée, de part et d’autre du hall traité comme une rotule, sont distribués l’administration et les locaux des professeurs d’une part, de l’autre, le CDI, la permanence qui peut également accueillir des représentations théâtrales, et le pôle médico-social. Si la restructuration du hall lui permet de remplir son rôle fonctionnel, le traitement circulaire de l’espace avec un parement de briques et un plafond en lames métalliques est en rupture avec l’architecture d’origine.
Au premier étage sont regroupées les salles spécialisées (sciences, technologie, informatique, arts) au second, les salles banalisées et des dépôts. ascenseur a été installé à la place de l’un d’entre eux.

Au troisième étage la salle d’éducation physique et sportive reste inchangée mais a reçu une chape flottante* et un traitement acoustique pour éviter la gêne des bruits et vibrations dus à la nature des activités. A l’extrémité du bâtiment principal le centre vidéo a été installé.
Les murs intérieurs ont été habillés de brique, les plafonds de lames métalliques décoratives avec appareils d’éclairage intégrés, ces aménagements n’ayant que peu à voir avec le parti pris de l’œuvre de Lurçat.
Dans le bâtiment, accolé au bâtiment principal situé à l’arrière de la composition sont accueillis au rez-de-chaussée la restauration et la salle de sports. Le foyer des élèves et la vie scolaire assurent la jonction avec le bâtiment principal.


plan de rez de chaussée
CAUE 93 - © CG 93
 

hall d'accueil
CAUE 93/CK - CAUE 93
 

plan du premier étage
CAUE 93 - © CG 93
 

plan du deuxième étage
CAUE 93 - © CG 93
 

plan du troisième étage
CAUE 93 - © CG 93
 

couloir 2e étage
CAUE 93/CK - CAUE 93
 
SOURCES

Simonnot Nathalie, Service du patrimoine culturel de Seine-Saint-Denis, L’œuvre d’André Lurçat en Seine-Saint-Denis, Parcours du Patrimoine, Région Île-de-France, 2008
CAUE 93, Marie-Françoise Laborde, André Lurçat (1894-1970), Les Points de repère du CAUE 93 n°19, 1994
« Cent lieux pour 100 ans », UR CAUE de l’Île de France 2000
La Construction moderne, 1963 n°2, pp 44-49 « A Saint-Denis : un groupe scolaire »
Archives départementales de Seine-Saint-Denis
Centre d’archives de la Cité de l’architecture et du patrimoine
Chatelet Anne-Marie, Bensalah Karima, L’architecture scolaire en Région Ile-de-France, T. 1, Ecole d’architecture de Versailles, 1998 (dactyl)
Chabalier Hervé, « Une vie de prof », 1993, film, durée 1h34, reportage sur la vie du collège pendant un an.
« Le plus beau métier du monde », film de Gérard Lauzier fut tourné dans cet établissement qui dans le film porte le nom de collège Serge Gainsbourg

 

 
L'ARCHITECTE DU COLLÈGE

André Lurçat
Bruyères 1894 - Sceaux 1970

Originaire des Vosges, André Lurçat, frère du peintre Jean Lurçat (1892-1966), est diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1923. Entre 1924 et 1926, il réalise un ensemble de maisons d’artistes, Villa Seurat, à Paris 14e. Son talent lui vaut de jouer rapidement un rôle de premier plan au sein du Mouvement moderne international et il participe au congrès de la Sarraz (CIAM) en 1928. En 1932 il construit l’hôtel Nord-Sud à Calvi, quatre maisons dans la cité du Werkbund à Vienne en Autriche, et, l’année suivante, avec l’appui de Paul Vaillant-Couturier maire communiste de Villejuif, le groupe scolaire Karl-Marx qui aura un retentissement international et qui surtout deviendra un modèle pour les groupes scolaires d’après guerre. Communiste convaincu, de 1934 à 1937 il est à Moscou. Pendant l’occupation, revenu en France, il prend part à la création du « Front national des architectes résistants ». Membre du Conseil d’architecture auprès du MRU (Ministère de la reconstruction) en 1945, il sera responsable de la reconstruction exemplaire de Maubeuge. Figure majeure de l’architecture moderne du XXe siècle, présent près de 50 ans sur la scène architecturale, Lurçat a construit en banlieue parisienne, et surtout durant 25 ans en Seine-Saint-Denis notamment comme architecte de la ville de Saint-Denis, une œuvre importante. Il laisse aussi des écrits théoriques avec « Architecture » (1929) et « Formes, composition et lois d’harmonie (1953) issus de sa rencontre avec l’historien d’art et philosophe allemand Max Raphael.

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Pierre de Geyter
1848-1932

Pierre de Geyter est un ouvrier tourneur d’origine belge célèbre pour avoir composé la musique de « l’Internationale » dont les paroles sont dues à Eugène Pottier (1816-1887) qui l’écrivit après la répression de la Commune de Paris en 1871. Né à Gand, ville qui lui éleva une statue en 1998, il est mort à Saint-Denis.

 

 
 
 
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