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COLLÈGE HENRI IV



29-47 rue de Meaux VAUJOURS
livraison 1999


programme : Collège 600 intercommunal avec Coubron
code site IA : 0932301W



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architecte : Jean-Paul Dubuisson
Programmiste : Menighetti
BET : Ingema
Economiste : Alain Renaud
Entreprise générale : Petit


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 14 691 m2
surface hors-oeuvre nette : 7 544 m2
surface utile : 4 744 m2
surface du terrain : 12 000 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 14
salles de sciences : 3
salles de technologie : 5
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 253 m2
salle d'EPS : 318 m2
salle polyvalente : 149 m2
demi-pension : 380 m2
cour : 638 m2
plateau EPS : 1 055 m2
logements de fonction : 5

Coûts

coût global de l'opération : 6 220 106 € (valeur mai 2008)


Le collège Henri IV est un équipement au parti architectural sobre et contemporain, visuellement ouvert à la fois sur la ville et sur le parc forestier de la Poudrerie. Depuis la rue, son architecture - conçue comme des pavillons reliés pour former un front bâti sur la rue - est proposée par l’architecte comme une « succession de fenêtres ouvertes sur des jardins qui prolongent la forêt jusqu’au bord de la rue » plutôt que comme un front bâti opaque.

 

Vue d'ensemble rue de Meaux
A. Lejarre - © CG 93
 

LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

Le collège se situe à l’ouest de Vaujours, ville qui doit sa particularité à sa géographie spécifique (adossée au coteau boisé de l’Aulnoye), à sa petite taille (5807 habitants), à sa faible superficie urbanisée du fait de la présence de carrières ainsi que du premier site mondial de transformation du gypse (une usine de fabrication de plaques de plâtre ouverte en 1946) qui occupent une part importante du territoire communal. Un de ses atouts majeurs est la présence marquante de la nature avec les coteaux de l’Aulnoye et la forêt de Bondy au sud, avec le Parc de la Poudrerie au nord, une ancienne et remarquable manufacture nationale des Poudres, ouverte comme parc public en 1977. Cette ceinture verte autour de cette petite ville et son noyau ancien au pied et à flanc de coteau ont contribué à maintenir son caractère de bourg.

Le collège bénéficie d’une localisation privilégiée puisqu’il jouxte au nord le Parc forestier de la Poudrerie. Cette présence végétale contribue d’ailleurs à l’identité du lieu grâce aux transparences ponctuant le bâtiment et dégageant des vues traversantes de la rue jusqu’au parc.
L’établissement est desservi par la route de Meaux (ancienne N3), un axe de liaison important qui traverse la commune d’est en ouest et témoigne encore aujourd’hui dans ce secteur des activités liées à l’ancienne route Paris-Metz (relais de postes, auberges, etc) aussi bien qu’au commerce de la paille (maisons de pailleux, le dernier ayant cessé son activité en 1983)

L’implantation du collège en retrait a permis l’aménagement d’une contre-allée ainsi que d’un large parvis permettant l’accès des élèves en toute sécurité. Cette disposition, l’implantation biaise en particulier, met en scène l’entrée du bâtiment, elle lui confère également une bonne visibilité et permet de l’identifier clairement comme équipement public dans le quartier.


Photo aérienne
SPC - © CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 

Parvis et entrée du collège
AP - © Caue 93
 

Hall d'entrée, façade-rideau
AP - © Caue 93
 

Jardin
AP - © Caue 93
 

Façade sur rue
AP - © Caue 93
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

La forme triangulaire de la parcelle, un important dénivelé entre la rue et la cour, la proximité du Parc et, enfin, les contraintes locales d’urbanisme imposant un front bâti sur rue afin d’en maintenir le caractère continu, ont déterminé le parti architectural et l’implantation du collège.
Une organisation des bâtiments « en peigne » a ainsi été adoptée. Sur un long bâtiment orienté nord-sud reprenant l’alignement sur rue, s’articulent quasi perpendiculairement 4 ailes d’orientation nord-est/sud-ouest entre lesquelles s’intercalent les espaces libres traités en jardins ou cour. L’affectation des espaces découle naturellement de cette disposition et des données du site. Le grand bâtiment linéaire sur rue dédié aux espaces de distribution (halls, galerie, couloirs) est utilisé comme « espace tampon » de protection acoustique vis à vis de la rue de Meaux. C’est d’ailleurs cette fonction qui lui permet d’être percé de larges transparences vers le Parc . Directement à l’alignement sur rue, sa façade constitue de surcroît la limite entre l’espace public et l’espace du collège, faisant office de clôture.
Les ailes orientées vers le parc sont dédiées à l’enseignement et aux autres fonctions du collège. L’implantation en « peigne » permet un développé de façade important côté cour, donnant ainsi la possibilité de privilégier l’ouverture des salles de cours et des lieux de vie du collège vers le parc. Dans ce dispositif, les « patios-jardins » et la cour viennent comme des respirations entre les bâtiments, organisés toutefois selon une hiérarchie : l’espace extérieur principal est la cour de récréation située dans l’axe de l’entrée qu’elle prolonge ainsi visuellement ; ensuite viennent les jardins comme espaces plus intimes mais qui ne sont pas d’accès libre.
Ce principe génère une interpénétration entre les bâtiments et l’élément naturel du parc qui pénètre ainsi, grâce aux jardins et cour jusqu’au cœur du collège.
Les terrains d’EPS sont placés à l’est de la parcelle ainsi que le parking du personnel et les logements de fonction, desservis par l’accès de service de la rue Alexandre Boucher prolongée.

Le terrain présente une différence de niveau de 3m50 entre la rue et l’arrière de la parcelle, correspondant au niveau du parc. L’architecte s’adapte à la topographie en jouant sur l’implantation et les niveaux des bâtiments.
Ainsi, depuis la vaste entrée, la cour de récréation est en contrebas, dans le prolongement visuel du parc. Côté rue, le collège s’élève sur deux niveaux, un rez-de-chaussée et un étage, côté cour, sur trois niveaux (rez-de-chaussée haut, rez-de-chaussée bas et étage). Le sol naturel remontant ainsi vers l’extrémité ouest du collège, le dernier bâtiment en retour ne comporte qu’un seul niveau et le bâtiment des sciences, deux niveaux. Les différents espaces s’articulent autour du hall d’entrée y compris la cour de récréation en contrebas.

Les bâtiments s’intègrent dans leur environnement par une volumétrie franche et simple et une hauteur modérée (deux niveaux seulement côté rue) leur permettant de garder un rapport d’échelle juste et cohérent avec le bâti alentour. Le traitement architectural sobre recherche l’accord plutôt que le contraste, quitte à ne pas exclure une certaine banalisation (lignes droites, façades lisses et claires, menuiseries plus sombres). Sur rue, le collège développe un front bâti assez long où alternent parties pleines en béton et parties vitrées. D’une part, la façade sur rue ainsi ponctuée de transparences offre des vues sur les frondaisons du parc ; d’autre part, l’effet de longue barre est ainsi contrecarré par ces échappées qui fragmentent la grande façade sur rue : les parties pleines apparaissant plutôt comme de gros pavillons d’échelle proche du bâti environnant.

L’architecture qui se veut à la fois classique et contemporaine puise toutefois ses références dans le registre moderne : lignes droites et nettes, volumétrie épurée, pilotis, façades rideaux, façades claires, grand auvent de l’entrée. Le dessin des façades est simple et soigné. Côté rue, les ouvertures sont plus petites et leur rythme régulier, répondant au vocabulaire architectural environnant, côté parc et cour, le bâtiment affiche une diversité d’ouvertures : bandeaux, grandes baies, etc. et un traitement du rez-de-chaussée bas comme un socle soulevant le bâtiment sur ses pilotis*.


Perspective
© J.P.-Dubuisson

Coupe-façade
© J.P.-Dubuisson
 

Plan masse
© CG 93
 

Hall-galerie, détail
AP - © Caue 93
 

Bâtiment des lettres, façade cour
AP - © Caue 93
 

Le bâtiment des sciences
AP - © Caue 93
 

Façade sur cour, détail
AP - © Caue 93
 
pilotis, portique-pilotis : terme utilisé par l'architecte Le Corbusier pour désigner les piliers, poteaux ou supports en béton sur lesquels repose une construction. Dans l'architecture traditionnelle de certains pays (Mélanésie, Indonésie, Madagascar…) les maisons sont édifiées sur des pilotis en bois.


La cour de récréation
AP - © Caue 93
 

Vue d'ensemble rue de Meaux
A. Lejarre - © CG 93
 
ORGANISATION DES ESPACES

Les différentes unités fonctionnelles du collège sont accueillies dans des bâtiments spécifiques de part et d’autre du hall d’accueil et de la cour de récréation. L’implantation des bâtiments sur le terrain joue sur les niveaux pour absorber la différence altimétrique de 3m50 entre la rue et le terrain naturel du collège et génère de ce fait pour partie l’organisation du collège.
Les différents espaces s’articulent ainsi autour du hall d’entrée et de la cour de récréation qui la prolongent en contrebas. À l’est de celle-ci, une aile de trois niveaux (rez-de-chaussée haut, rez-de-chaussée bas et étage) abrite l’administration, la vie scolaire, les espaces de vie collective du collège (salle polyvalente, salle d’EPS, demi-pension). La salle EPS et la demi-pension donnent directement sur la cour de récréation. Comme la salle polyvalente, située quant à elle au rez-de-chaussée, elles peuvent être utilisées indépendamment des autres espaces du collège. Cette aile comporte également le logement de gardien à l’étage.

Les trois ailes au sud-ouest de la cour sont dédiées à l’enseignement. Elles sont reliées et distribuées par un hall-galerie prolongeant le hall d’entrée.
La première, de trois niveaux (rez-de-chaussée haut, rez-de-chaussée bas, étage) fait pendant à l’aile nord-est et referme la cour de récréation. Elle est attribuée aux lettres, langues, histoire et géographie. C’est le « pavillon » des lettres qui comporte aussi au rez-de-chaussée le CDI et les salles des professeurs et, au rez-de-chaussée bas, les salles de technologie.
Le sol naturel remontant vers l’extrémité ouest du collège, la seconde aile comporte seulement deux niveaux, c’est le «pavillon des sciences».
Le troisième et dernier bâtiment qui referme la composition du plan de masse ne comporte qu’un seul niveau. C’est le plus petit, il accueille les activités artistiques, arts plastiques et musique.


Plan du rez-de-chaussée haut
© CG 93
 

Galerie et jardin
AP - © Caue 93
 

Plan de l'étage
© CG 93
 

Plan du rez-de-chaussée bas
© CG 93
 

Passerelle du hall
AP - © Caue 93
 
ESPACES ET USAGES

Depuis le hall d’entrée, l’agencement des espaces offre une lecture claire de l’organisation et du fonctionnement du collège. Le hall est un vaste espace qui met en scène l’entrée du collège avec une certaine solennité, ce parti pris est appuyé par les gradins qui conduisent à la cour en contrebas. En contact direct avec le hall le CDI est en position centrale dans l’établissement.
La mise en valeur des espaces et la qualité de la lumière sont aussi, pour partie, dues à l’environnement, à la présence du parc qui permet de jouer des transparences et des vues. Dès l’origine du projet, l’intention de l’architecte a été de relier l’identité de chaque jardin s’intercalant entre les pavillons à la fonction hébergée par chacun d’eux: jardin des arts, jardin des sciences. Suivant ce principe la galerie de distribution du pavillon des arts bordant le jardin, avec sa colonnade, donne à cet espace des airs de cloître.


Hall-galerie de distribution
AP - © Caue 93
 

Hall d'entrée détail
AP - © Caue 93
 

Une salle de classe
AP - © Caue 93
 

Galerie et jardin
AP - © Caue 93
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

Un soin particulier a été apporté à la mise en oeuvre et à la qualité des matériaux. L’ossature du bâtiment est en béton armé, les parties pleines des façades sont en béton architectonique* ou poli, les parties vitrées sont des façades-rideaux* avec une structure en aluminium laqué. Les fenêtres et châssis sont en aluminium laqué gris. L’entrée est protégée par un large auvent métallique.
A l’intérieur comme à l’extérieur, la coloration est avant tout une variation sur le blanc et le gris, égayée de quelques taches de couleur vive, en général sur les portes, sur les mains courantes*, etc. Les éléments de structure, murs et poteaux, sols, garde-corps et éléments de serrurerie* sont clairs, en général blancs. Le carrelage mural à l’intérieur et les menuiseries sont grises, comme le listel qui souligne en façade le joint entre l’acrotère* et les façades. Le CDI se signale par son panneau courbe en medium* en parement*. À l’exception du gymnase, dont la couverture est réalisée sur une charpente en bois lamellé-collé*, les bâtiments sont couverts par des terrasses comportant isolation et étanchéité.


Hall d'entrée détail
AP - © Caue 93

Façade sur rue, détail
AP - © Caue 93
 
béton architectonique : éléments de béton - souvent blanc ou teinté - moulé par préfabrication avec une finition ou un parement pouvant comporter des reliefs, des motifs ou au contraire un aspect poli.

façade-rideau : la façade-rideau ou mur-rideau est une façade légère qui ne participe pas à la stabilité de l'édifice. Elle est en général constituée de matériaux tels que panneaux métalliques, verre, panneaux de bois, de fibres, etc.

Baies filantes : Baies ouvertes sur toute la longueur ou toute la hauteur d'une façade

acrotère : élément de façade situé au-dessus du niveau de la toiture en périphérie d'un bâtiment et formant des rebords ou des garde-corps pleins ou à claire-voie. La fonction de l'acrotère est non seulement esthétique mais technique car elle permet de traiter les relevés d'étanchéité d'une toiture en terrasse.

medium : utilisé en panneaux et d'aspect très lisse, le medium est fabriqué par compression à chaud de sciures de bois encollées.


Parement en medium
AP - © Caue 93
 
lamellé-collé : poutre en bois ou élément de charpente réalisée par contre-collage de lames de bois. Cette technique permet de fabriquer des éléments porteurs extrêmement légers et résistants, indéformables et de grande portée.


Escalier
AP - © Caue 93
 

 
 

Bibliographie :
 

Sources :

Jean-Paul Dubuisson ; note de présentation de l’architecte

 
 
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