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COLLÈGE JEAN DE BEAUMONT


14-19 rue du 8-Mai-1945 VILLEMOMBLE
livraison 2001-2002


programme : collège 600
code site IA : 0930043S
autre(s) collège(s) à Villemomble : Louis Pasteur



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architectes : Atelier François Guénon
Bureau d'études et économiste : Ingéma
Prévention incendie : Casso et Cie
Entreprise générale : Fougerolle


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre nette : 6058 m2
surface utile : 4306 m2
surface du terrain : 12270 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 17
salles de sciences : 3
salles de technologie : 3
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 198 m2
salle d'EPS : 399 m2
salle polyvalente : 111 m2
demi-pension : 401 m2
plateau EPS : 3700 m2
logements de fonction : 4 F4 - 1 F5

Coûts

coût des bâtiments : 7 879 344 € TTC


La construction de ce collège s’inscrit dans le cadre du programme de reconstruction des collèges « métalliques » du département. Il remplace sur le même site un ancien collège de 1967. La conception du projet a permis de maintenir le collège en fonctionnement pendant la réalisation des travaux.

 

Le collège ancien
Nussbaum - ©nussbaum/CG93
 
LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

Le collège se situe à l’extrémité Ouest de Villemomble, dans un quartier limitrophe des communes de Bondy et de Rosny-sous-Bois. Si Villemomble est avant tout une ville à dominante pavillonnaire, l’environnement immédiat du collège est quant à lui constitué d’un ensemble de logements collectifs.
Le site est de plus fortement marqué au sud par la présence d’un faisceau de voies ferrées (voie de Grande ceinture) le long de la limite communale avec Rosny-sous-Bois, instituant cette limite en véritable coupure urbaine.


La rue du 8 Mai 1945
© André Lejarre/CG 93
 

© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 
Desserte, accés

Le collège s’insère dans un îlot desservi par la rue des Marnaudes à l’est, la rue du 8-Mai-1945 au sud, et l’allée des Deux-Communes à l’ouest. Son entrée principale se situe sur la rue du 8-Mai-1945.
Un accès unique sur l’allée des Deux-Communes dessert la cour de service ainsi que le parking des personnels du collège. Les logements de fonction bénéficient d’un accès particulier.
Le collège est également accessible par des lignes de transport collectif régulières.

 

Le collège et son site
© André Lejarre/CG 93
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

composition architecturale

Face à un environnement architectural et urbain assez banal, mais fortement marqué par l’emprise des voies Sncf, le parti adopté par les architectes du collège témoigne d’une volonté de qualifier le site.
Le bâtiment d’enseignement se développe sur la rue du 8 Mai 1945 et la rue des Marnaudes de manière à constituer un front bâti à la présence affirmée dans un environnement immédiat d’immeubles imposants, d’une hauteur de 9 à 14 étages.
Cependant, en réponse à cet environnement, la composition ne propose ni un front linéaire continu ni un ensemble massif, mais plutôt l’articulation de plusieurs volumes, à l’expression franche et diversifiée.
L’effet recherché est ainsi celui du contraste avec l’environnement proche et ses immeubles aux formes simples, à la verticalité et à l’orthogonalité affirmées, en lui opposant une architecture occupant généreusement le site, déployant des bâtiments où domine l’horizontalité et d’où émerge un jeu de volumes.
Ce parti d’un « front bâti » à la volumétrie travaillée avec ses jeux d’avancées et retraits, de hauteurs, décrochements, angles vifs, courbes, escaliers extérieurs comme des éléments architecturaux, crée un rapport frontal moins direct avec la façade du collège. Le contact entre la façade et la rue est ainsi « adouci ». L’approche progressive du bâtiment ainsi proposée évite un surcroît de monumentalité de l’équipement.
La clôture participe également à cet effet. Traitée avec une grille métallique sur un muret, elle intègre au niveau de l’entrée une maçonnerie avec un parement* de céramique qui reprend le motif du mur de soubassement du collège donnant l’impression d’en conforter l’épaisseur. Le bâtiment semble ainsi reposer sur une assise solide, comme une métaphore de la pérennité de l’institution scolaire.

L’affirmation de la vocation d’équipement public du collège a amené les architectes à résoudre le paradoxe lié à la configuration du site et à la nécessité de trouver l’accès de l’établissement sur la rue du 8-mai-1945. Celui-ci, donnant sur l’espace non bâti des voies ferrées, en limite communale, ne se trouve pas dans une situation urbaine ordinaire, c’est-à-dire dans une configuration où il bénéficie de la visibilité directe et immédiate propre à un équipement public. Ainsi, le traitement architectural arrondi de l’angle des deux rues, accompagné d’une élévation de la façade et de la toiture, et le rythme vertical assez serré des ouvertures, conduit naturellement vers la façade principale rue du 8-Mai-1945, où se situe l’entrée du collège.
L’accent est mis sur le traitement de cette entrée. Signalée par une inflexion de la façade dégageant un porche surmonté d’un large auvent, elle est conçue comme un espace de transition entre la rue et le collège, animée par le jeu des larges auvents et par la transparence du hall vitré sur une hauteur de deux niveaux. L’entrée est également traitée à la manière d’un signal, comme en témoigne l’expression élancée du volume abritant le logement de gardien.

Le contraste entre la façade urbaine animée et ludique et la façade sur la cour de récréation avec ses lignes épurées souligne leur différence de fonction.
Côté rue, le travail de la volumétrie est souligné par la mise en oeuvre soignée de matériaux et couleurs diversifiés et d’un vocabulaire varié : diversité des ouvertures en façade (fenêtres-bandeaux ou verticales, hublots, murs-rideaux*), soubassement en céramique polychrome en opus incertum*, traitement des escaliers, auvents, jeu des pleins et des vides. La façade côté rue donne également à lire certaines des fonctions à l’intérieur du collège (salles d’art, logements, salles de classe, hall, etc.)
Côté cour, le traitement de la façade crée une ambiance plus calme, propice à la concentration des élèves. Si, au rez-de-chaussée, le principe de soubassement à redans revêtu d’un motif céramique est repris, apportant une note ludique et contribuant surtout à l’unité du bâtiment, le traitement à l’étage est sobre. La façade y est en effet simplement rythmée par les escaliers d’accès à la cour. L’enduit clair, qui encadre les fenêtres-bandeaux, file sur toute la façade qu’il unifie à l'instar de la sous-face de la toiture en bois qui apporte une note chaleureuse à l'ensemble.

Les logements de fonction, à l’architecture épurée, sont traités comme des maisons de ville que les décrochements exprimés en façade permettent d’identifier et individualiser. Leur architecture simple leur permet ainsi de s’insérer parmi les habitations environnantes.


Le traitement de l'entrée
© André Lejarre/CG 93

Entrée du college
© Atelier F. Guénon
 

Rue du 8 Mai 1945
© André Lejarre/CG 93
 
parement : face apparente d'un élément de construction lui donnant son aspect de finition


Les logements de fonction
© Atelier F. Guénon
 

La façade côté cour
© Atelier F. Guénon
 

Angle de la rue des Marnaudes et du 8 Mai 1945
© André Lejarre/CG 93
 
façade-rideau : la façade-rideau ou mur-rideau est une façade légère qui ne participe pas à la stabilité de l'édifice. Elle est en général constituée de matériaux tels que panneaux métalliques, verre, panneaux de bois, de fibres, etc.


Façade est rue des Marnaudes
Atelier F. Guénon
 

Traitement d'angle
© Atelier F. Guénon
 
Implantation sur le terrain

L’implantation de l’ensemble des bâtiments en périphérie de la parcelle permet de dégager un vaste espace libre en coeur d’îlot dédié à la cour de récréation et aux terrains d’éducation physique et sportive, situés dans le prolongement l’un de l’autre mais délimités chacun par le préau.
Le parti adopté d’un bâtiment d’enseignement en « L », le long des voies permet d’abriter la cour de récréation tout en l’ouvrant à l’ouest.
Les logements de fonction se situent au nord de la composition dans le prolongement d’un immeuble d’habitation en longueur de 4 étages, l’ensemble refermant le coeur d’îlot au nord. Ils sont également orientés vers le quartier pavillonnaire auquel ils se mêlent, profitant d’une double orientation nord-ouest, sud-est. Ils sont ainsi placés dans une situation de logements « ordinaires ».
La salle d’éducation physique et sportive borde la limite nord-ouest du terrain, non loin des installations sportives communales mises à disposition.


Coupe-façade nord sur CDI et façade ouest sur préau
Atelier F. Guénon
 

Vue d'ensemble côté cour
© Atelier F. Guénon
 

Vue d'ensemble
© Atelier F. Guénon
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

Le bâtiment d’enseignement du collège s’organise sur deux niveaux un rez-de-chaussée et un étage, dans un grand bâtiment en « L ». La distribution des locaux s’effectue selon le principe d’un couloir central scandé d’ouvertures permettant un éclairage naturel et offrant des vues extérieures. Ce parti génère une organisation fluide et une lecture aisée des espaces.

 
Au Rez-de-chaussée

De part et d’autre du hall, largement vitré, traversant et traité en double niveau, sont distribuées les différentes fonctions du collège. L’administration autour d’un patio et la demi-pension se développent sur la rue du 8 Mai ; le CDI avec son propre patio et les locaux de la vie scolaire sur la rue des Marnaudes.
À l’extrémité du bâtiment sur la rue des Marnaudes, les salles de technologie sont regroupées en un pôle scientifique avec les salles de sciences à l’étage.


plan du rez-de-chaussée
Caue 93 - Atelier F. Guénon
 

Le hall d'entrée
© André Lejarre/CG 93
 

Façade rue du 8 Mai 1945, volumétrie
© André Lejarre/CG 93
 
Au premier étage

Au premier étage sont regroupées les salles d’enseignement général, avec, au centre de la composition et mises en exergue, les salles d’enseignement artistique. Les salles de sciences sont disposées au dessus des salles technologie. Des escaliers permettent en plusieurs points un accès extérieur direct à la cour de récréation.


plan de l'étage
Caue 93 - Atelier F. Guénon
 

Espace de distribution, coursive sur le hall
© Atelier F. Guénon
 

Salle polyvalente, vue perspective
Atelier F. Guénon
 
ESPACES INTÉRIEURS

Une attention particulière est portée au traitement des espaces de distribution (hall, couloirs et coursives) tant au niveau de la dimension des couloirs et de la qualité de la lumière naturelle, qu’à celui de l’utilisation des matériaux et couleurs. Ces espaces sont traités avec un jeu de largeurs différentes, ponctués d’ouvertures, ces dispositifs permettant d’éviter la monotonie des grands couloirs. Les escaliers intérieurs sont partie prenante de l’architecture tout comme les escaliers extérieurs.

L’ensemble des espaces collectifs, CDI, demi-pension, etc. sont traités avec soin et bénéficient d’apports de lumière naturelle privilégiant plusieurs sources : prises de lumière latérale en façade et éclairage zénithal. Ils bénéficient pour certains de vues privilégiées sur les espaces extérieurs et sur des patios. La salle d’art plastique a également reçu un traitement spécifique tant au niveau de la qualité de son espace que de son éclairage naturel. Le mouvement d’élévation de la toiture qui marque l’angle des deux rues et le rythme des ouvertures en façade a permis de générer un volume intérieur à l’espace dilaté et lumineux, particulièrement adapté à l’enseignement qu’il accueille. De la même manière, la courbe de la toiture dote les salles de classe d’un plafond incurvé.


Espace de distribution
© Atelier F. Guénon
 

Le CDI
© Atelier F. Guénon
 

Le CDI
© Atelier F. Guénon
 

Escalier intérieur, détail
© Atelier F. Guénon
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

La diversité des matériaux mis en oeuvre et l’introduction de la couleur permettent de relever un environnement d’une tonalité générale assez neutre et monochrome.
Le soubassement du bâtiment principal est différencié de l’étage. Il est revêtu en céramique polychrome mêlant les tons de blanc, ocre, brique, et gris, et posé en « opus incertum » et traité en harmonie avec les tons utilisés à l’intérieur du collège. L’harmonie générale est d’une tonalité plutôt douce. La façade de l’étage est traitée en enduit clair.
Les menuiseries sont en aluminium de ton foncé.
La salle d’éducation physique et sportive est traitée en béton lasuré pour les façades, la toiture courbe est en bac acier thermolaqué
Les façades des logements sont revêtues d’un enduit de ton clair.


Détail de la sous-toiture
© Atelier F. Guénon
 

Matières en façade, détail
© André Lejarre/CG 93
 
opus-incertum : mise en oeuvre de dallage ou maçonneries au gré de la forme d'éléments aux contours irréguliers


La salle polyvalente, les gradins
© Atelier F. Guénon
 

 
LES ARCHITECTES DU COLLÈGE

L’Atelier d’architecture François Guénon

François Guénon et Patrick Esnault, architectes DPLG, ont installé leur atelier d’architecture au coeur de la cité de Rougemont à Sevran.
Depuis sa création il y a 25 ans, l’Atelier d’architecture s’est consacré à la conception et à la réhabilitation de logements ainsi qu’à la réalisation d’équipements publics scolaires ou à vocation sociale, essentiellement en Seine-Saint-Denis : collèges, groupes scolaires, crèches, centres de loisirs, EHPAD, MAPAD, etc.
Pour ces architectes, il s’agit « d’abord d’être à l’écoute des besoins des usagers, qu’ils soient habitants, enseignants, élèves ».
Parmi les réalisations récentes de l’Atelier d’architecture, on peut citer:

Équipements scolaires et socio-culturels :
Collège Jean-de-Beaumont, Villemomble, 2002
Collège 600 Livry – Sevran, en construction
École primaire et centre de loisirs Marie-Curie, Sevran, 2003-2004
Groupe scolaire André-Malraux, Tremblay-en-France, 1999
Centre de loisirs Foch, Villemomble, 2002
Gymnase, Tremblay-en-France, 1994

Logements :
31 logements PLUS, ZAC Hoche, Montreuil 2004
40 logements PLA et accession, ZAC Hoche, Pantin, 2000
86 logements PLA, Sevran 1995

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Jean de Beaumont
13ème siècle

Au XIe siècle l’actuelle Seine-Saint-Denis était sous le contrôle de châtellenies constituées chacune d’un domaine sur lequel le châtelain exerce le droit de justice. La châtellenie de Villemomble est l’une d’entre elles. Parmi les autres on comptait celles de Montmorency, de Gournay-sur-Marne, de Dammartin, et de Livry.
Jean de Beaumont est un des seigneurs illustres de Villemomble où il fait édifier un manoir vers 1215. Par ailleurs, sa charge de Grand chambrier de Louis IX (Saint-Louis) en fait un personnage important de la royauté. Cette fonction le rend en effet titulaire d’une des plus hautes charges de la couronne jusqu’à la suppression de celle-ci par François 1er qui la réunit avec celle de Chambellan.

Du fait d’alliances successives puis d’échanges ou d’acquisitions, le domaine passe ensuite aux mains d’autres familles.

 

 
 
 
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