bandeau atlas des collèges
atlas du patrimoine dossiers > atlas des collèges > notice de collège >
COLLÈGE FRANÇOISE DOLTO


2 rue Guy-Mousset VILLEPINTE
livraison 1991


programme : collège 600
code site IA : 0932038K
autre(s) collège(s) à Villepinte : Camille Claudel, Jean Jaurès, Les Mousseaux



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architectes : Marina Devillers - Léna Pérot
Entreprise générale : SCGC
Bureau d’études : BERIM
Economiste : Jean-Pierre Tohier SA


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 6498 m2
surface hors-oeuvre nette : 5539 m2
surface utile : 3534 m2
surface du terrain : 13 000 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 15
salles de sciences : 3
salles de technologie : 3
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
salles audiovisuelles : 1
CDI et locaux associés : 200 m2
salle d'EPS : 2000 m2
foyer des élèves : 80 m2
logements de fonction : 4

Coûts

coût des travaux : 32 000 000 F (4 870 000 €)


LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

Situé à l’est de la commune, le collège Françoise Dolto s’inscrit dans un site bordé par le boulevard Robert-Ballanger et par l’autoroute A 104.
Les différentes fonctions de ce quartier urbanisé depuis les années 80, se répartissent de part et d’autre du boulevard Robert-Ballanger. Des espaces verts et équipements sont installés au nord et notamment deux collèges dont le collège François Dolto, un lycée, un complexe sportif, un commissariat et un futur centre culturel. Au sud du boulevard s’étendent principalement les quartiers d’habitat collectif et individuel, avec quelques services de proximité et des équipements pour l’enfance (écoles maternelles et primaires).


Le terrain d'EPS
© Caue 93
 

© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 
Desserte, accés

L’accès du collège ne donne pas directement sur le boulevard Ballanger mais s’effectue par l’impasse Guy-Mousset, une voie secondaire qui permet d’assurer la desserte en toute sécurité.
L’implantation du bâtiment, en retrait par rapport à l’alignement, génère une placette publique canalisant le flux des élèves et permettant la circulation et l’attente devant le collège. Cette placette, traitée en enrobé* et plantée de marronniers, a une fonction d’espace de transition : par son caractère urbain, elle crée un lien entre l’établissement et la ville.
Une bande de stationnement destinée à l’attente des parents est implantée en vis à vis de l’entrée du collège.
Les logements de fonction, le parking du personnel et la cour de livraison sont également accessibles depuis l’impasse Guy-Mousset, par une entrée commune. Un accès piéton par le boulevard Robert-Ballanger dessert les logements de fonction.


Entrée depuis le parvis
©Caue 93
 

Logements de fonction
©Caue 93
 
enrobé : qualifie un revêtement de sol bitumineux, le bitume étant obtenu par mélange d'asphalte et de dérivés du pétrole.

PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

Implantation sur le terrain

Le parti d’implantation du collège sur son terrain permet de préserver les salles de classe et la cour des nuisances sonores générées par la circulation du boulevard Robert-Ballanger. Elles en sont en effet protégées par le bâtiment accueillant l’administration, et les espaces collectifs du collège : un bâtiment en longueur fractionné en différents volumes, implanté parallèlement au boulevard, mais en retrait de manière à ménager l’espace réservé au stationnement du personnel.

La disposition des bâtiments permet également de créer une placette à l’avant de la composition et, à l’arrière, de ménager les espaces de la cour de récréation et des terrains d’éducation physique et sportive.
Les quatre logements de fonction, légèrement à l’écart de la composition, sont traités en maisons de ville.


Plan de masse
Marina Devillers
 

Le bâtiment du refectoire et la toiture monumentale
©Caue 93
 
composition architecturale

La composition générale articule deux volumes principaux accueillant chacun les fonctions spécifiques du collège :

Un bâtiment dédié à l’enseignement en forme de « T » s’élevant sur 3 niveaux, protégé du boulevard.
Un bâtiment linéaire, qui se développe le long du boulevard Robert-Ballanger, accueillant l’administration et les lieux de vie collective.
Ce bâtiment est lui-même fragmenté en plusieurs volumes - néanmoins réunis grâce à une vaste toiture, élément aérien reposant sur une structure monumentale en béton. L’espace ménagé entre les volumes abrite le préau.
L’articulation de ces deux principaux bâtiments est assurée par un noyau abritant des fonctions qui trouvent un prolongement à l’extérieur : hall polyvalent et ses gradins, CDI, cour basse intime.

Le projet met aussi en oeuvre deux aspects contrastés du collège, mais complémentaires :
Côté ville, les façades sont ouvertes vers l’extérieur, traitées avec une monumentalité permettant d’exprimer le rôle de bâtiment public du collège. Les grands volumes détachés sont soulignés par des éléments monumentaux : entrée sous un volume sur pilotis, ligne filante de brise-soleil, large toiture débordante soutenue par de grands poteaux et poutres, abritant et réunissant deux volumes séparés.
Côté cour s’exprime le « versant » intime du collège. Les deux volumes principaux sont articulés par une figure géométrique circulaire dessinant à l’extérieur une petite cour au niveau bas, espace intime que prolongent à l’intérieur le CDI et l’amphithéâtre du hall polyvalent.

L’architecture du collège témoigne d’un certain éclectisme par ses identités et par ses références multiples aux mouvements suivants :
- Mouvement moderne*
- Post-modernisme* : la forme triangulaire et la forme circulaire sont par exemple affirmées, angles saillants sur certaines façades, oriels des salles de science, coque demi-cylindrique apparente de l’escalier principal
- « High-tech* » : bardage aluminium, coursive et escalier hélicoïdal métalliques   brise-soleil monumentaux décollés de la façade, garde-corps intérieurs et extérieurs en métal.
Les architectes affichent cependant leur préférence pour le Mouvement moderne et ses principes essentiels, plan libre, façade libre, etc. Les principes du plan libre et de la façade libre sont en effet adoptés. Concernant le plan libre, il s’agit d’un système où les poteaux et non les murs portent les planchers, les poteaux porteurs permettant de libérer les planchers des murs porteurs et de placer ainsi librement murs ou cloisons. Pour la façade libre : aucun élément de maçonnerie ne vient interrompre les longs bandeaux de fenêtres.
La plupart des détails sont également autant de références au Mouvement moderne : fenêtres-bandeaux recoupées d’éléments pleins, « les aérateurs », traitées avec des couleurs franches rouge / bleu et vert à la manière de Le Corbusier.
On trouve aussi d’autres références explicites comme les éléments maçonnés encadrant les portes d’accès au collège, détachés de la façade et l’assise de la rampe d’accès au réfectoire. Tous deux à l’origine colorés en bleu, ont été repeints en blanc.
Le toit terrasse est traité dans l’esprit des toits terrasses des Unités d’habitation de Le Corbusier. Deux voiles de béton*, l’un courbe, l’autre droit sont à la fois des sculptures dessinant des ombres sur le sol et des éléments fonctionnels, écrans protégeant des vues ou larges murets formants des assises.
Enfin, la simplicité de traitement des logements de fonction, de petites maisons mitoyennes, (façades lisses, lignes géométriques nettes et cubiques) s’inscrivent aussi dans la veine des Modernes.
Pour les deux architectes du collège, le parti pris de la composition reste néanmoins et avant tout de «  Faire vivre en harmonie la logique d’un lieu d’enseignement – la notion de classe, un lieu clair, simple et calme, qui laisse la place au travail – avec le désir de liberté [...] par rapport au plan libre, au besoin de s’échapper de l’enveloppe, désir qui, [...], est celui des enfants. » L’architecture qu’elles revendiquent  « peut-être qualifiée de « moderne », dans le sens du mouvement moderne. » (Marina Devillers, Léna Pérot « Les années-lumière », Conseil général de Seine-Saint-Denis).


Articulation des volumes autour de la cour
©Caue 93

Articulation des corps de bâtiment
©Caue 93

La terrasse
©Caue 93
 

La toiture monumentale du préau
©Caue 93
 

Façade impasse G. Mousset, pilotis et brise-soleil
©Caue 93
 
Le Corbusier : d'origine suisse, Charles-Edouard Jeanneret dit Le Corbusier, est un des architectes emblématiques du Mouvement Moderne, actif de 1917 à sa mort en 1965.


La façade et ses pilotis
©Caue 93
 
Mouvement moderne : le Mouvement Moderne désigne la nouvelle architecture de la première moitié du XXe siècle et dont les principes fondamentaux sont les formes plutôt cubiques et lisses, le fonctionnalisme et le rejet de l'ornement.


Jeu d'avancées et retraits en façade
©Caue 93
 
Mouvement postmoderne ou postmodernisme : ce mouvement, qui se manifeste aussi bien en art que dans la pensée, apparaît à la fin des années 70 (néologisme de 1979) remettant en cause l’hégémonie du modernisme. Concernant l’architecture et l’urbanisme, il se revendique comme critique du Mouvement moderne dont le projet est considéré comme dépassé, car trop lié à la rationalisation de la machine et à la production industrielle de masse. Le post-modernisme voit en effet dans le Mouvement moderne la source des maux dont souffre alors la ville : architecture répétitive, indifférente au lieu qui l’accueille et au contexte, perte de l’urbanité due à l’absence de prise en compte de la dimension historique de la ville… Le postmodernisme va traduire cette critique dans un langage spécifique, reprenant à son compte, à travers un agencement et une valeur symbolique propres, des fragments de l’architecture classique. Ce langage peut se caractériser par l’éclatement, l’éclectique voire l’hétéroclite, le collage et la citation.


Détail d'escalier en façade
©Caue 93
 
high-tech : terme anglo-saxon pour désigner une architecture dont la réalisation fait appel à la technologie avancée (souvent en métal).


Traitement d'angle
©Caue 93
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

Chacun des deux volumes principaux de la composition accueille les fonctions spécifiques du collège :
Le bâtiment en forme de « T » s’élevant sur un rez-de-chaussée et deux étages est exclusivement dédié à l’enseignement. Les salles d’enseignement spécifiques sont distribuées par matières et par niveaux, les salles d’enseignement général se répartissant entre le 1er et le 2e étages.

 

Coupe
Marina Devillers
 

Le rez-de-chaussée accueille le CDI, les salles d’enseignement informatique, technologique et les locaux des professeurs.


Plan du rez-de-chaussée
Marina Devillers
 

Le hall polyvalent
© Caue 93
 

Gradins et façade des espaces de desserte
©Caue 93
 

Le premier étage accueille l’enseignement scientifique (biologie et physique). Une terrasse de 200 m2 peut accueillir des activités de plein air. Cette terrasse est accessible depuis la circulation, depuis une salle de classe à ce niveau, et par un escalier depuis la salle d’art plastique.


Plan du premier étage
Marina Devillers
 

Façade impasse G.-Mousset, une travée
©Caue 93
 

La façade, vue depuis la cour
©Caue 93
 

Au 2e étage, outre l’enseignement général, on trouve la salle d’enseignement artistique (musique, arts plastique).


Plan du deuxième étage
Marina Devillers
 

© Caue 93
 

Les espaces « forts » de la vie du collège (CDI, hall polyvalent, cour basse et gradins...) occupent une position centrale, à l’articulation entre l’aile d’enseignement proprement dit et l’aile dédiée à l’administration, la vie scolaire et la restauration.
Le grand bâtiment linéaire est quant à lui fragmenté. Il abrite les fonctions administration, vie scolaire et demi-pension. L’espace ménagé entre les locaux de la vie scolaire et ceux de la demi-pension abrite le préau, lui-même dans le prolongement direct de la cour.

Le bâtiment comporte également un sous-sol partiel sous la demi-pension abritant les vestiaires de l’eps, les locaux techniques et réserves de la demi-pension.


Façade nord sur la cour
Marina Devillers
 

rampe reliant les deux cours et préau
©Caue 93
 
ESPACES INTÉRIEURS

La lumière naturelle est au coeur des préoccupations de la conception des espaces. Grâce au principe de distribution des classes avec un couloir latéral desservant une seule rangée de classes, l’ensemble des circulations des étages reçoivent la lumière naturelle diffusée par les fenêtres en bandeau et par les parois translucides des cages d’escalier, instaurant un jeu de transparence.

Les principes adoptés du plan libre et de la façade libres se traduisent dans le traitement des espaces intérieurs du collège.
Ceux-ci s’enchaînent les uns les autres de manière fluide tant sur le plan plastique que fonctionnel : la salle d’art plastique avec ses larges baies, est traitée à la façon d’un atelier d’artiste. Les activités peuvent être prolongées à l’extérieur grâce à la grande terrasse.
Le CDI, spacieux avec son double niveau et l’amphithéâtre du hall polyvalent se prolongent à l’extérieur par une petite cour circulaire au niveau bas, espace intime servant de transition avec celui plus animé et bruyant de la cour haute.
Le CDI est un élément-clé du projet , accessible à la fois depuis la cour et depuis le hall. Sa forme courbe, le plafond décaissé, sont autant de références aux bibliothèques de l’architecte moderne finlandais Alvar Aalto*. Son traitement sobre est agrémenté par la présence chaleureuse du bois blond et de la lumière naturelle zénithale. Construit sur deux niveaux, l’espace de lecture du niveau bas s’organise autour de banquettes et de tables de lecture le long des baies vitrées donnant sur la cour. Cet espace, baigné de lumière naturelle est très apprécié des élèves. Le niveau haut accueille le poste de la documentaliste, la salle de prêt, les tables de travail et les postes de consultation informatique. Ceux-ci sont installés sur un comptoir courbe donnant sur la salle de lecture en contre-bas.

Les espaces de vie collective regroupent notamment le foyer et sa mezzanine, une salle de permanence, une régie pour les spectacles et une pièce réservées à différentes activités et le hall polyvalent, sorte d’« agora fluide et transparente ». Celui-ci avec son amphithéâtre en RDC bas qui se prolonge à l’extérieur par la cour circulaire basse est un élément de convivialité situé en position centrale dans le collège, à la charnière entre les différents pôles.


Le CDI, niveau bas
© Caue 93
 

Le CDI, traitement de la lumière
© Caue 93
 

Espaces de distribution, escalier
© Caue 93
 
Alvar Aalto : (1898-1976) Architecte finlandais dont l'oeuvre remarquable et originale se situe dans la mouvance du Mouvement moderne tout en étant profondément atypique et indépendante.


Amphithéâtre du hall polyvalent
© Caue 93
 
MATÉRIAUX, COULEURS

Béton blanc et béton lasuré, menuiseries extérieures métalliques (aluminium).
Bardage métallique
Aérateurs de couleur (rouge / bleu franc / vert)
Stores extérieurs du même bleu franc
Réglite des cages d’escalier


Façade impasse G. Mousset, pilotis et brise-soleil
©Caue 93
 

Distribution, détail d'escalier
© Caue 93
 

Jeu de plans, matière, couleur et lumière
©Caue 93
 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Françoise Dolto
1908-1988

« Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences ».

Cette célèbre pédiatre et psychanalyste est surtout connue pour sa contribution à la psychanalyse des enfants et des adolescents. Déjà, sa thèse qu’elle passe en 1939 s’intitule « Psychanalyse et pédiatrie ».
A travers son importante oeuvre écrite, elle s’est surtout attachée à défendre la cause des enfants et des adolescents, selon ses propres mots . A la défense de cette cause, c’est à dire à une meilleure connaissance de l’enfance et de l’adolescence ainsi que des relations parents enfants ont aussi contribué les émissions de radio intitulées « Lorsque l’enfant paraît » qu’elle a tenues quotidiennement entre 1976 et 1978 sur France-Inter et qui l’on faite connaître auprès du grand public. Avec aussi la « Maison verte », elle fonde en 1979 un lieu de socialisation et d’écoute pour l’enfance.

Principaux écrits 
Le cas Dominique, Le Seuil, Paris, 1971
La cause des enfants, Robert Laffont, Paris, 1985
La cause des adolescents, Robert Laffont, Paris, 1988
Paroles pour adolescents ou le complexe du homard, Hatier, Paris, 1989
La difficulté de vivre, Gallimard, Paris 1995
Tout est langage, Gallimard, Paris 1995

 

 

1-3 sur 13 images


page 1 sur 5
 
page 1 sur 5
 
 
Accueil

Outils Plan du site Contacts / Crédits / Mentions légales
 
cadre bas