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COLLÈGE LUCIE AUBRAC



1 sentier du Clos VILLETANEUSE
livraison 2003


programme : Collège 500
code site CG93 : 49700990000 Lucie-Aubrac/49C
code site IA : 0932334G
autre(s) collège(s) à Villetaneuse : Jean Vilar



LES ACTEURS DE LA CONSTRUCTION

Maître d'ouvrage : Département de la Seine-Saint-Denis
Maître d'ouvrage délégué : Sodedat 93
Architecte : Jacques Soucheyre
Bureau d'étude technique : Ingema
Entreprise : Quillery


LE COLLÈGE EN CHIFFRES

Surfaces

surface hors-oeuvre brute : 8415 m2
surface hors-oeuvre nette : 6124 m2
surface utile : 4826 m2
surface du terrain : 11943 m2

Programme détaillé

salles d'enseignement général : 17
salles de sciences : 3
salles de technologie : 1
salle d'informatique : 1
salles d'enseignement artistique : 2
CDI et locaux associés : 287 m2
salle d'EPS : 300 m2
salle polyvalente : 150 m2
demi-pension : 750 m2
cour : 1440 m2 dont préau
plateau EPS : 2000 m2
parvis : 800 m2
logements de fonction : 5

Coûts

coût global de l'opération : 14,38 millions €


LE COLLÈGE DANS LE QUARTIER

situation du collège, contexte urbain

La ligne de chemin de fer qui traverse Villetaneuse d’est en ouest en son milieu sépare la commune en deux parties, une partie nord et une partie sud, (avec seulement 2 franchissements, un pont et un passage à niveau).
Le collège Lucie-Aubrac est situé dans la partie sud, plus précisément dans le secteur dit « centre-est » de la commune (ainsi qualifié au POS*), au lieu-dit « les Quinze-arpents » limitrophe de la commune de Pierrefitte. Il prend place entre deux ensembles paysagers importants : le Parc départemental au nord et le cimetière intercommunal des Joncherolles au sud-est .
Le secteur du collège, non loin de l’université Paris XIII, est constitué de zones d’activités anciennes et récentes, de quartiers pavillonnaires construits dès l’entre-deux guerres. Le quartier environnant le collège, calme, est essentiellement composé de pavillons. La présence végétale y est significative, mais le paysage est marqué par la présence de lignes EDF.
Les deux principales contraintes d’aménagement concernant le collège ont été son implantation à proximité de deux futurs équipements, sources de nuisances sonores : la route départementale (RD 28 prolongée autrefois appelée « voie des universités »), future voie de désenclavement Épinay-Villetaneuse-Pierrefitte, et la voie ferrée de la « Grande ceinture » appelée à recevoir, à terme, le trafic RER de la « Tangentielle Nord ».


Le quartier pavillonnaire environnant
© Caue 93
 

Plan de situation
© CG93 - InterAtlas - Cities revealed (licence n° 0393CG93)
 

Insertion du collège dans le site
© Atelier Jacques Soucheyre
 

Le quartier pavillonnaire environnant
© Caue 93
 
desserte, accès

La rue Jean-Alemane, un mail, accompagne la future route départementale, créant une perspective, qui met ainsi en scène la façade et l’entrée principales du collège.
L’entrée du collège se situe sur un large parvis, refermé par une clôture. L’accès de service s’effectue par la rue des Joncherolles, de même que l’accès aux logements de fonction.


Façade principale
© Caue 93
 

Les logements de fonction
© Caue 93
 

Desserte intérieure
© Caue 93
 
PARTI ARCHITECTURAL ET URBAIN

implantation des bâtiments sur le terrain

L’implantation du collège sur son terrain a été essentiellement commandée par les contraintes du site de manière à éviter, d’une part, les nuisances sonores de la voie ferrée et de la RD 28, situées au nord et, d’autre part, à troubler le moins possible la tranquillité du quartier pavillonnaire environnant.
Ainsi, écartant le parti d’un long développé de façade au nord, le long des voies bruyantes, la composition articule trois bâtiments formant un « U » autour de la cour de récréation ouverte au sud.
Tout en préservant un parvis d’accès généreux au collège, les constructions du collège sont « calées » au nord-ouest du terrain de manière à ménager des espaces extérieurs non construits, bordant la cour de récréation, séparant le collège des fonds de jardin des pavillons limitrophes.
La disposition des bâtiments en « U » permet par ailleurs de définir deux espaces extérieurs différenciés : celui de la cour de récréation d’une part et celui du terrain de sport d’autre part. Ce dernier, dans le prolongement de la salle EPS est conçu pour la pratique du hand-ball et du basket et comporte aussi une piste d’athlétisme. Il s’interpose entre le collège proprement dit et les logements de fonction, 4 maisons de ville, situées ainsi un peu à l’écart. Ces logements sont desservis par la rue des Joncherolles et s’intègrent dans le tissu pavillonnaire environnant. La rue intérieure de desserte des livraisons et du parking du personnel du collège s’intercale au nord entre la limite de terrain et le collège.


Plan masse
© Atelier Jacques Soucheyre
 

Implantation du collège sur le terrain - Vue axonométrique
© Atelier Jacques Soucheyre
 
composition architecturale

La situation du collège en entrée de ville depuis Pierrefitte en fait un repère urbain important.
Le collège affirme sa fonction de bâtiment public, toutefois il n’est pas écrasant. Par ses dimensions, il contraste avec le pavillonnaire environnant tout en s’accordant avec son échelle grâce à un principe de fragmentation des volumes et de décrochements en terrasses. Cette disposition permet également qu’aucune fenêtre n’entraîne des vues directes sur les fonds de jardins des pavillons voisins.
La composition articule des volumes simples tout en formant un ensemble équilibré où les lignes horizontales prédominent sur les verticales. Les références semblent être les années 30, en particulier l’architecture de Robert Mallet-Stevens : la composition d’ensemble et le vocabulaire architectural sont autant de références explicites à cette architecture. Il en est ainsi des lignes épurées et des angles vifs, des toits plats et façades presque blanches, de l’ornementation discrète, des fenêtres-bandeaux, des fenêtres d’angles et oeils-de-boeuf, des ouvertures en hauteur pour l’éclairage des cages d’escalier.


Façade principale
© Atelier Jacques Soucheyre
 

Volumétrie
© Caue 93
 

Articulation des bâtiments
© Caue 93
 
ORGANISATION DES ESPACES DU COLLÈGE

L’architecte a adopté un plan en « U » qui se développe autour de la cour de récréation sur 3 niveaux : un rez-de-chaussée et un 1er étage complet, un 2e étage partiel.
Pour faire écran à la voie ferrée et à la RD 28 et en éviter ainsi les nuisances sonores, la partie nord du collège ne comporte pas de classes mais les couloirs et les locaux techniques. Ceux-ci ainsi situés en « tampon », servent de protection acoustique.
On entre dans le collège par un hall vaste et lumineux conçu comme un prolongement du parvis et autour duquel s’articulent les différentes fonctions abritées dans deux ailes reliées par un corps de bâtiment central plus étroit.
Les différentes fonctions sont organisées par pôles au sein du collège

 

Le hall d'entrée
© André Lejarre/Le Bar Floréal/Département de la Seine-Saint-Denis
 
Au rez-de-chaussée

À proximité immédiate de l’entrée, l’aile comportant la façade principale du collège regroupe les fonctions d’administration, de représentation (salle polyvalente), et d’organisation de la vie scolaire. Les salles de science y sont également regroupées.
L’aile qui se développe à l’arrière et donne d’un côté sur la cour, de l’autre sur le terrain d’éducation physique, est consacrée à la restauration et aux sports. La demi-pension, aussi bien que la salle de sports, disposent de plus d’un accès indépendant à l’extérieur. Le corps de bâtiment reliant les deux ailes accueille les espaces de détente, comme le préau et le foyer


Plan du rez-de-chaussée
© Atelier Jacques Soucheyre
 
Au premier étage

Les espaces sont entièrement dédiés à l’administration et aux salles de cours banalisées et artistiques.


Plan du premier étage
© Atelier Jacques Soucheyre
 
Au 2eme étage

Ce niveau accueille les salles de cours banalisées, la salle des professeurs avec, à proximité, la salle informatique et le CDI. Celui-ci dispose d’espaces distincts pour la lecture, l’informatique, la documentation et l’orientation. Il bénéficie de plus d’une petite salle permettant le travail en groupe ainsi que d’un prolongement en terrasse.


Plan du deuxième étage
© Atelier Jacques Soucheyre
 
ESPACES INTÉRIEURS

L’apport et la maîtrise de la lumière semblent avoir été au centre des recherches de l’architecte. Depuis le hall d’entrée et les espaces de distribution (couloirs) jusqu’aux salles de cours, l’ensemble des espaces du collège bénéficie largement de la lumière naturelle que des dispositifs multiples permettent de capter : fenêtres d’angles, oeils-de-boeuf, façade-rideau* transparente, brique de verre, etc.
Les espaces de distribution ont été pensés de manière à éviter les longs couloirs rectilignes et monotones : ceux-ci comportent courbes et redans*, réalisés en pavés de verre.
Les espaces communs, ainsi que les classes sont traités avec attention (plafond rehaussé près des fenêtres pour mieux capter la lumière).
La salle de restauration bénéficie de vues sur la cour.
La salle de sports est équipé d’un mur d’escalade, ainsi que d’un miroir et d’une barre pour la danse. Le confort acoustique y est assuré par des parois absorbantes en briques alvéolaires


Liaison entre les 2 ailes principales
© Caue 93
 
façade-rideau : la façade-rideau ou mur-rideau est une façade légère qui ne participe pas à la stabilité de l'édifice. Elle est en général constituée de matériaux tels que panneaux métalliques, verre, panneaux de bois, de fibres, etc.


Couloir à redan
© Caue 93
 
redan ou redent : le redan ou redent désigne un décrochement, une avancée ou un retrait, dans un ouvrage en maçonnerie.


Vide sur le hall d'entrée
© Caue 93
 
MATÉRIAUX ET COULEURS

D’une manière générale, les matériaux sont mis en oeuvre avec soin, et leur calepinage* étudié en conséquence.

 
calepinage : détail des joints d'une façade, de panneaux ou de motifs associant plusieurs matériaux ou couleurs.

À l'extérieur

Le soubassement des façades est en béton désactivé clair formant un fruit*, traité avec un effet de matière, tandis que les parties courantes sont en enduit clair lisse. Les menuiseries sont en aluminium thermolaqué gris clair
La brique de verre est largement utilisée dans le bâtiment.


L'entrée du collège
© Caue 93
 

Façade principale, détail
© Caue 93
 
fruit : inclinaison d'un mur telle que l'épaisseur de ce mur diminue de la base vers le sommet de ce mur.

À l'intérieur

La couleur est non seulement utilisée, comme le bois, par touches pour « réchauffer » les espaces intérieurs mais aussi dans une fonction de signalétique. Chaque étage possède son code de couleur : gris au rez-de-chaussée, bleu au premier, jaune au second étage.
Les couloirs ont reçu revêtement mural en carrelage blanc rehaussé de couleurs sur les parties des murs les plus salissantes.
Les faux-plafonds des salles de cours ont été réalisés en panneaux acoustiques de couleur
Dans les salles de sciences, les paillasses ont reçu un revêtement en verre et non pas un traditionnel carrelage blanc


Espaces de circulation
© Caue 93
 

Espaces de circulation
© Caue 93
 

Matériaux et couleurs
© Atelier Jacques Soucheyre
 

Matériaux et couleurs, hall
© Atelier Jacques Soucheyre
 

 
L'ARCHITECTE DU COLLÈGE

Jacques Soucheyre

L’architecte J. Soucheyre aborde aussi bien les programmes d’équipements publics, de logements, d’architecture hospitalière, que les ouvrages d’art avec pour principe de « défendre une architecture agréable à vivre ». L’essentiel de ses réalisations sont à Paris et en Seine-Saint-Denis.
En Seine-Saint-Denis, celles-ci concernent avant tout l’architecture scolaire et le logement avec notamment, outre le collège Lucie-Aubrac, le collège Iqbal-Masih à Saint-Denis (1998) et des programmes de logements publics et privés à Villetaneuse et Saint-Denis. À Romainville, il vient d’achever une opération de logements pour étudiants.
À Paris, ses réalisations se répartissent aussi entre des programmes d’équipements et de logements, avec la crèche halte-garderie Furtado-Heine (XIVe), les équipements sportifs du lycée Paul-Valery (XIIe), et avec les logements, bassin de la Villette et boulevard Massena (XIIIe)
Enfin, pour le CHS (Centre hospitalier spécialisé) Paul Guiraud à Villejuif, il est lauréat du Palmarès de l’architecture SCIC 1995-1998

 

 
UN COLLÈGE UNE PERSONNALITÉ

Lucie Aubrac
1912-2007

Cofondatrice du Mouvement de Libération lors de la Deuxième guerre mondiale, Lucie Aubrac est une des héroïnes de la Résistance. Après la Libération, elle reprend son métier de professeur d’histoire et poursuit son engagement en faveur de la liberté et de la paix, qui s’est traduit par des actions auprès de pays luttant pour leur indépendance, d’abord en Indochine, ensuite en Algérie. Lucie Aubrac, qui a aussi accompagné les femmes du monde entier dans leurs revendications, reste une référence historique et un modèle pour la cause des femmes.

 

 
 
 
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